Turbulences politiques en Espagne

Le chef du gouvernement espagnol a annoncé vendredi devant la presse qu’il avait décidé de convoquer des élections législatives anticipées le 28 avril 2019.

La vie politique espagnole va continuer de subir des perturbations durant les prochains mois. En effet, le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez a déclaré vendredi 15 février avoir décidé de dissoudre le Parlement et d’organiser des élections législatives anticipées dont la date est fixée au 28 avril 2019. Il s’agit des troisièmes élections du même type en seulement 4 ans.

Cette initiative du dirigeant espagnol fait suite au rejet de son budget au Parlement par la droite mais aussi par les séparatistes catalans, qui lui avaient pourtant permis d’accéder au pouvoir 8 mois auparavant après le renversement politique par motion de censure de l’ancien chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy. Ce retournement intervient peu après le nouveau refus catégorique de Madrid d’organiser un référendum d’autodétermination de la Catalogne, refus qui va donc à l’encontre de la volonté des parlementaires séparatistes. Ainsi mis à mal, le socialiste Sanchez souhaite en convoquant rapidement les élections minimiser le “vote sanction” contre son camp et prendre de court la droite, qui selon plusieurs sondages pourrait être en mesure de former une majorité au Parlement grâce à l’alliance Ciudadanos/Parti Populaire/Vox, comme cela s’est déjà vu en janvier 2019 en Andalousie, où la gauche a été délogée de son fief historique.

 

Dans le cas où une majorité de droite ne verrait pas le jour, le blocage politique pourrait persister encore longtemps. En effet, à la crise catalane qui s’enlise s’ajoutent plusieurs enjeux importants. D’abord, l’implosion à venir du parti de gauche radicale Podemos entre les irréconciliables camps Iglesias et Errejon. Il est aujourd’hui la quatrième force du pays du haut de ses 15% d’intentions de vote. Ensuite, la montée fulgurante du parti de droite identitaire et centraliste Vox qui en 6 mois est passé de 1% à 12% dans les sondages (d’après Electromacia). Enfin, les tentatives de maintien électoral des trois plus grandes puissances politiques espagnoles que sont le PSOE (crédité de 24%, c’est le parti de l’actuel chef du gouvernement), le PP (parti conservateur crédité de 21%) et Ciudadanos (parti de centre droit donné à 19%).

Padam

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