Le culte religieux que les Remainers vouent à l’UE

L’Union Européenne échoue sur tous les tableaux, et pourtant les Remainers (NdT: les pro-UE) persévèrent dans le déni. Comme les partisans d’une secte, ils font usage de la peur et de la coercition pour faire pression sur les Leavers (NdT: les pro-UK) afin qu’ils changent d’avis.

 

 

Il n’y a aucun bénéfice à rester dans l’UE

Depuis l’annonce du référendum il n’y a pas eu un seul argument positif qui ait émergé en faveur du maintien dans l’UE ni même pour l’UE tout court. À une exception près, peut-être : il est nécessaire d’empêcher une autre guerre en Europe. Je suppose que l’on peut qualifier ce cas de positif, même s’il s’avère que c’est une erreur : c’est l’OTAN et non l’UE qui a empêché une guerre européenne au cours des 70 dernières années.

La peur et la coercition sont les seuls moyen à disposition des Remainers

L’argument en faveur du maintien a toujours été fondé sur la peur. Les exemples les plus marquants en sont les campagnes « Project Fear » menées par le Trésor sous George Osborne et Philip Hammond. Vous vous souviendrez qu’Osborne a présenté la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en mai 2016, un mois avant le référendum, qui a déclaré que quitter l’UE aurait des « conséquences assez graves à très, très graves » pour le Royaume-Uni – ce qui pourrait entraîner un « arrêt soudain » des entrées de capitaux dans le secteur financier, qui entraînerait une baisse de la valeur de la livre et une forte hausse des taux d’intérêt, une baisse des prix des propriétés et des locaux commerciaux, une érosion du rôle de centre financier mondial que Londres a dû assumer à la récession technologique. Rien de tout cela ne s’est matérialisé, si ce n’est la chute de la livre sterling qui a été bénéfique tant pour les exportations que pour le tourisme.

L’argument en faveur du maintien dans l’UE est également fondé sur l’exercice d’une forme de contrôle coercitif que Yanis Varoufakis, dans Adults in the Room, a appelé l’effet Hotel California : vous pouvez régler votre note, mais vous ne pouvez jamais partir. Les principaux partisans de cette forme de contrôle vont de Lord Heseltine – qui, le lendemain du résultat du référendum, a déclaré, avec la confiance absolue d’un fanatique religieux, que Brexit n’aurait jamais lieu – jusqu’aux gens comme Blair et Mandelson en passant par les promoteurs d’un second référendum ou du People’s Vote – qui veulent nous donner une seconde chance de rédemption avant notre condamnation éternelle et que nous passions le reste du temps en enfer. C’est ainsi que l’UE s’illustre. Elle vous incite à voter encore et encore jusqu’à ce que vous preniez la bonne décision – comme elle l’a fait en Hollande, en France et en Irlande.

La peur et la coercition sont précisément ce que les sectes utilisent pour garder les masses sous contrôle. Quitter, c’est de l’apostasie qu’il faut éviter à tout prix.

La rationalité a disparu des argumentaires

Les Remainers ont été autorisés à définir le langage du débat sur le Brexit et, naturellement, ils ont inventé des termes comme « s’écrouler », « bord de la falaise », et « sauter dans l’inconnu ». Ils ont même imaginé des distinctions comme « hard » et « soft » Brexit pour semer la confusion. David Cameron lui-même a dit que la décision serait « in or out » – rien ne pourrait être plus clair. Il ne peut y avoir qu’un seul Brexit et c’est un Brexit souverain propre – ce pour quoi les gens ont voté, bien qu’on leur ait dit un million de fois qu’ils ne comprenaient pas pour quoi ils votaient. Pourtant, on dit aujourd’hui qu’il n’y a pas d’accord (« no deal ») et trois ministres du Cabinet du camp du Remain – Greg Clark, Amber Rudd et David Gauke – ont menacé de démissionner à moins que le no deal soit retiré de la table.

Tout sens de l’argumentation rationnelle a disparu. Il en résulte un environnement dans lequel les déclarations absurdes sont prises au sérieux. En voici quelques exemples :

  • « Le prix des denrées alimentaires augmentera après le Brexit ». L’UE a les prix alimentaires les plus élevés au monde parce qu’elle impose un droit de douane moyen de 17% sur les aliments importés – dans le cas de certains aliments, comme le poulet, ce droit est supérieur à 70%. Ainsi, la seule façon dont les prix des denrées alimentaires augmenteraient après Brexit serait que le gouvernement britannique augmente encore les droits de douane sur les denrées alimentaires. Mais l’une des principales raisons de quitter l’UE est de réduire ces tarifs ridiculement élevés – qui étaient initialement fixés pour protéger les agriculteurs français inefficaces de la concurrence mondiale.
  • « Des gens mourront à l’hôpital parce que des médicaments vitaux ne seront pas importés » et « le Brexit causera 12 000 décès par manque de fruits et légumes », selon une étude publiée dans le British Medical Journal. Cela ne se produirait que si le gouvernement français empêchait les camions transportant des médicaments, des fruits et des légumes de quitter Calais ou si le gouvernement britannique empêchait les camions d’atterrir à Douvres. Jean-Marc Puissesseau, le chef du port de Calais, a déclaré à plusieurs reprises qu’ « il n’y aura pas de retard » à Calais.
  • Le 21 février 2019 dans World at One sur BBC Radio 4, Justin King, ancien patron de Sainsbury, a déclaré  à Sarah Montague que dans le cas d’un Brexit sans accord, « nous remarquerons la différence dans nos magasins en un petit nombre de jours. […] Les chaînes qui assurent l’approvisionnement de nos rayons, en particulier les magasins d’alimentation au Royaume-Uni, sont des machines incroyablement efficaces. Une laitue cultivée en serre dans le sud de l’Espagne se retrouve en rayon dans les deux jours. Ce n’est plus possible si votre camion est coincé à Douvres pendant 48 heures ». De toute évidence, la géographie n’est pas l’un des points forts de M. King.
  • « En raison de la complexité des chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile, les constructeurs automobiles britanniques seront contraints de s’installer sur le continent si le Royaume-Uni quitte l’union douanière ». Ce n’est qu’une autre émanation du Project Fear. Des chaînes d’approvisionnement tout aussi complexes existent entre les tigres asiatiques [NdT: nouveaux pays exportateurs d’Asie] et la livraison juste à temps des composants fonctionne efficacement, sans que ces économies ne fassent partie d’un marché unique ou d’une union douanière. Il en sera de même après le Brexit et de nouvelles chaînes d’approvisionnement plus efficaces se développeront.
  • « Le Royaume-Uni doit rester dans l’Union douanière, le marché unique et l’UE pour préserver la paix en Irlande du Nord ». Encore une fois, cela ne pose pas de problème si les gouvernements irlandais et britannique collaborent – comme ils le font actuellement dans le cas des blanchisseurs de carburant qui enlèvent la teinture du diesel rouge à bas prix utilisé dans les véhicules agricoles pour le revendre à des prix plus élevés comme carburant ordinaire. Mais la situation est devenue complètement incontrôlable à cause de l’incompétence du premier ministre en matière de négociation. De nombreuses études montrent qu’il ne s’agit pas d’un problème – y compris le rapport Smart Border 2.0 présenté au Parlement européen par Lars Karlsson, ancien directeur adjoint des douanes suédoises – mais toutes ces études sont écartées au profit de la « pensée magique ».

Chaque fois qu’une de ces absurdités est soulevée, la Brussels Broadcasting Corporation [NdT: reformulation caustique de la BBC] donne des occasions infinies aux politiciens de rester sur place pour en parler. Il ne faut donc pas longtemps à Anna Soubry pour monter sur ses grands chevaux et s’excuser auprès du peuple irlandais pour « ce que mon pays a fait ». Ou pour Ken Clarke de dire que le filet de sécurité « doit durer pour toujours » si ce n’est plus. Récemment, l’UE a annoncé qu’elle allait harmoniser les seuils de TVA pour les petites entreprises à travers l’Europe et immédiatement les politiciens pro-Remain ont crié que les gens n’ont pas voté pour cela et ont exigé un second référendum.

Ils ne font qu’aboyer – et ces politiciens le savent très bien.

Mais ça devient encore plus bizarre. Nous pouvons demander à Heseltine de se lever à un rassemblement People’s Vote et de dire que ce sont les Remainers qui sont les vrais patriotes. Mandelson – grassement rémunéré par l’UE – a également déclaré qu’il est un patriote, tandis que Leavers sont des nationalistes. Et plus bizarre encore. Il y a clairement beaucoup de gens qui deviennent hystériques à l’idée que des Leavers veuillent pouvoir élire (et congédier) les gens qui décident des lois auxquelles ils doivent obéir et choisir librement avec qui ils font du commerce. Vous n’avez qu’à lire quelques-unes des réactions aux articles publiés sur les sites Web de Conservativehome ou du Daily Telegraph. Ces Remoaners [NdT: contraction de Remainers et moan qui signifie gémir] veulent que le Brexit – s’il a lieu – soit un échec total. Ils veulent voir des camions reculer sur la M20. Ils veulent que l’économie s’effondre. Ils veulent la famine et la peste. Ils veulent pouvoir dire « nous vous l’avions dit ». C’est dingue !

Il est temps de révéler les sales petits secrets qui se cachent derrière le culte : les Remainers veulent nous garder piégés…

Les Remainers ont vraiment besoin de savoir à quoi ils s’exposent si nous restons dans l’UE. Il y a beaucoup de raisons d’avoir peur. Comme je l’ai dit ailleurs sur Briefings for Brexit [NdT: lien Soverain], de très sérieuses crises politiques, économiques et financières se profilent à l’horizon. Telles sont les conséquences inévitables des incohérences dans la manière dont l’UE a été construite – des incohérences qui ne pourront jamais être résolues.

… dans une crise politique

Au niveau politique, il y a l’incohérence entre le fait que les États membres soient des nations indépendantes – ce qui est la seule base sur laquelle les électeurs de chaque pays donnent une légitimité aux gouvernements nationaux qu’ils élisent – et le fait que ces mêmes nations doivent céder leur pleine souveraineté à la Commission européenne de Bruxelles pour que l’UE fonctionne. Une « union toujours plus étroite » n’est pas une expression ambigüe. La Commission s’empare progressivement de plus en plus de pouvoir en avançant masquée. L’exemple le plus notoire en est le traité de Lisbonne, qui a introduit une constitution européenne – avec une présidence unique de l’UE, une politique étrangère, une armée et un hymne – alors que celle-ci avait été clairement rejetée lors des référendums nationaux. Dans le cadre de cette prise de pouvoir, l’UE devient de plus en plus antidémocratique et autoritaire.

Mais la situation pourrait empirer si la recommandation d’un participant à un récent débat d’experts sur le BBC World Service était mise en œuvre – je n’ai pas entendu le début de la discussion, donc je ne connais pas son nom. L’auteur de la contribution a déclaré qu’il était essentiel pour l’avenir de l’Europe que le Conseil européen soit supprimé – ne laissant que la Commission européenne et la Cour de justice européenne (CJCE) comme seuls décideurs. Cela enlève tout rôle aux gouvernements nationaux dans l’élaboration des politiques futures de l’UE. Le véritable pouvoir reviendrait donc à des bureaucrates non élus à la Commission qui proposent de nouvelles lois et à des juges non élus à la CJCE qui se prononcent sur les lois existantes en utilisant la méthode de « l’approche contextuelle ». Cela leur permet d’interpréter et de réinterpréter le libellé de la législation communautaire en fonction des intentions (souvent changeantes) de la Commission.

L’arrêt de la CJCE selon lequel le programme d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne entre 2015 et 2018 était conforme à l’article 123 (du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) qui interdit le financement monétaire des déficits budgétaires publics en est un exemple. Mais si l’assouplissement quantitatif n’est pas le financement monétaire des déficits budgétaires publics, alors rien ne l’est !

Un exemple plus récent est l’arrêt de la CJCE selon lequel l’article 50 (du traité sur l’Union européenne) pourrait être abrogé par le Royaume-Uni, alors que l’intention initiale était que cela n’était pas possible, car il permet aux autres États membres de menacer d’utiliser l’article 50 s’ils n’aiment pas ce que la Commission propose.

Ce système de gouvernement très continental, voire napoléonien, était justifié par le fait qu’il y avait deux niveaux de démocratie (c’est-à-dire la « double démocratie ») – au niveau national (représentée par le Conseil) et au niveau individuel (représentée par le Parlement). Donc, si notre contributeur du BBC World Service obtient ce qu’il veut, l’UE sera réduite à une « démocratie unique ». Mais le risque est que cela devienne rapidement une « démocratie zéro » car très peu de gens savent qui sont leurs députés européens et la grande majorité des gens ne votent pas aux élections européennes.

Dans son livre Against Elections : The Case for Democracy de 2016, l’historien belge David Van Reybrouck décrit le Parlement européen comme l’un des « conseils du peuple » des empires coloniaux de l’entre-deux-guerres de la Belgique, des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne ou de la France – le pouvoir réel reposant sur un exécutif impérial distant. Ce n’est donc pas un hasard si Bruno Le Maire, ministre français des finances, a récemment appelé l’Europe à devenir un empire pour défier des superpuissances comme les États-Unis et la Chine. Vous ne voudriez que la démocratie l’empêche, n’est-ce pas ?

Qu’en est-il des gouvernements nationaux ? Ils gênent également les bâtisseurs d’empire à Bruxelles. Les pères fondateurs de l’UE ont toujours voulu faire passer l’Europe d’un groupement d’États-nations à un groupement de régions. Pour rendre aux pères fondateurs ce qui leur revient, il est vrai que l’État-nation est responsable d’un grand nombre des atrocités commises dans le passé récent de l’Europe. Mais croire que la solution à ce problème est de faire de l’Europe une Europe de régions – comme la Catalogne, la Corse, l’Écosse et la Wallonie – tout en espérant que les loyautés nationales se transforment en une loyauté plus grande envers un empire européen, dirigé par un nouveau Napoléon comme Jean-Claude Junker, est courir au devant d’une catastrophe encore plus grande que la Première Guerre mondiale ou la Deuxième Guerre Mondiale. Elle pourrait finalement conduire à une guerre civile – et comme nous l’avons vu en Syrie, une guerre civile est bien pire qu’une guerre entre nations.

Ce n’est pas non plus la réponse aux défis internationaux auxquels l’Europe est confrontée – une Russie ultra-nationaliste toujours en colère contre le rôle de l’Europe dans l’éclatement de l’Union soviétique et des millions de personnes au Proche-Orient et en Afrique qui voient combien il est facile avec suffisamment de détermination d’entrer en Europe pour trouver une vie meilleure. L’UE a montré qu’elle est incapable de sécuriser ses propres frontières extérieures. Quel empire !

… dans une crise économique

Au niveau économique, il existe une incohérence entre les désirs des États membres de mettre en œuvre des politiques qui font croître leur économie et des règles au niveau de l’UE qui introduisent un biais déflationniste dans l’économie européenne. Il y a deux explications principales à cela. Le premier est l’euro. Lorsqu’elle a commencé en 1999, l’Allemagne a adhéré à un taux de change trop bas, tandis que d’autres pays comme l’Italie et l’Espagne ont adhéré à un taux de change trop élevé. Cela a donné à l’Allemagne un avantage concurrentiel qui lui a permis d’accumuler des excédents commerciaux non seulement avec le reste de l’UE, mais aussi avec le reste du monde, puisque la valeur internationale de l’euro est abaissée par les membres les moins compétitifs. En conséquence, l’Italie et l’Espagne sont depuis lors en récession permanente. Et ne parlons même pas de la Grèce.

La deuxième est que l’UE ne dispose d’aucun mécanisme permettant d’utiliser la politique fiscale pour stimuler les économies en récession. Cela nécessiterait l’union fiscale des États membres de l’UE – la fixation des budgets et des taux d’imposition des États membres de façon centralisée à Bruxelles. Il existe également des limites quant à l’ampleur des déficits budgétaires des États membres – ils ne doivent pas dépasser 3 % du produit intérieur brut (PIB) ou 2,2 % si l’État membre fait également partie de la zone euro – et des dettes publiques – elles ne doivent pas dépasser 60 % du PIB. Ces limites empêchent les Etats membres d’utiliser eux-mêmes la politique fiscale pour stimuler leur économie.

… dans une crise financière

Sur le plan financier, la plupart des banques de la zone euro sont insolvables. Il y a trois raisons principales à cela. La première est que ces banques, en particulier dans les économies les plus faibles et les plus endettées, détiennent une part substantielle de leurs actifs dans les obligations de leur propre gouvernement. Les règles de l’UE supposent que les obligations des États membres sont sans risque et que les banques n’ont donc pas besoin de détenir du capital-risque sur ces participations. Mais ces obligations sont loin d’être sans risque, surtout en Italie, en Espagne et en Grèce. En temps de crise, les marchés font baisser les prix des obligations les plus risquées et les banques doivent soit lever des capitaux supplémentaires – ce que les banques les plus faibles ne sont pas en mesure de faire – soit réduire les prêts, ce qui nuit à la croissance économique. Cela crée ce que l’on appelle une « doom loop », un cercle vicieux dans lequel l’économie s’affaiblit, les entreprises font défaut, les banques réduisent leurs prêts et l’économie s’affaiblit encore davantage.

La deuxième raison est la contagion. Les banques françaises, par exemple, ont accordé des prêts importants aux banques italiennes, de sorte qu’elles sont également exposées à un risque en cas de faillite des banques italiennes. La troisième raison est la fuite des capitaux, qui se produit lorsque les résidents de pays comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce perdent confiance dans leur système bancaire et transfèrent des fonds vers des banques dans des États plus forts, comme l’Allemagne. Cela provoque d’énormes distorsions sur les marchés financiers européens, car l’Allemagne est inondée d’argent qu’elle ne peut utiliser de manière productive et il y a une pénurie correspondante de fonds pour les investissements dans les pays méditerranéens. Les taux d’intérêt allemands sont négatifs depuis 2014. Une étude de la Postbank allemande estime que les épargnants allemands ont ainsi perdu 125 milliards d’euros de revenus en intérêts entre 2011 et 2015.

Pourquoi les Remainers ont-ils une foi aussi aveugle ?

Les Remainers sont certainement familiers avec au moins certaines de ces questions. Peut-être ne veulent-ils tout simplement pas voir les lignes de fracture dans le monde onirique créé par les pères fondateurs de l’UE. Un monde de rêve – construit sur la paix et le respect de l’environnement – qui a créé un nirvana tant pour les travailleurs que pour les capitalistes. C’est la seule raison qui me vient à l’esprit pour laquelle les Remainers sont une bande de gauchistes et de droitards si bizarres.

L’UE prétend être à la fois un paradis pour les travailleurs – étant donné les protections sociales qu’elle garantit aux travailleurs – et un paradis pour les capitalistes – étant donné l’efficacité avec laquelle les entreprises peuvent faire du lobbying sur Bruxelles pour lever des barrières contre les importations moins chères en provenance de pays tiers. La preuve la plus frappante en est le soutien apporté par la Confédération de l’industrie britannique et l’Institut des directeurs au dirigeant travailliste Jeremy Corbyn – qui a consacré toute sa carrière politique à détruire le capitalisme – dans son ambition de maintenir le Royaume-Uni dans l’union douanière après le Brexit. Ils ne peuvent pas tous les deux avoir raison à propos de l’UE.

Faisons un test de réalité. Angela Merkel a souligné un jour que « l’UE compte 10% de la population mondiale, 25% du PIB mondial et 50% des prestations sociales mondiales ». Ce chiffre du PIB est un peu dépassé, il avoisine aujourd’hui les 20% et se rapprochera de 15% du PIB mondial lorsque le Royaume-Uni partira, mais l’UE dispose encore de 50% des prestations sociales mondiales. Cela explique pourquoi la part de l’UE dans le revenu mondial a diminué et continuera à diminuer. Cela explique également pourquoi, dans de nombreuses régions de l’UE, les taux de chômage dépassent les 10% et les taux de chômage des jeunes les 30%. Dans le même temps, les consommateurs européens paient les prix les plus élevés au monde pour les marchandises qu’ils achètent en raison des 13 000 droits de douane que les producteurs européens imposent à Bruxelles sur les importations.

Cela ne peut pas être durable, surtout lorsque les frontières sont de facto ouvertes et que le reste du monde veut mettre la main sur certains de ces avantages sociaux. L’UE ne tient pas la route. Il y a des échecs à tous les niveaux, politiques, économiques et financiers. Quelle que soit la mesure objective, la crédibilité de l’UE est en lambeaux, mais les Remainers s’en fichent. Ils lui ont donné le statut de culte religieux et ils sont devenus imperméables à la critique. Nous avons des jeunes au Royaume-Uni qui participent à des marches de protestation et brandissent des pancartes qui disent que le référendum a « volé leur avenir ». Curieusement, les jeunes du continent sont aujourd’hui assez hostiles à l’UE. C’est peut-être parce qu’ils ne trouvent pas de travail dans le paradis des travailleurs. Alors réfléchissez et faites attention à ce que vous souhaitez.

Tout cela met Remainers dans un état de déni. Il n’y a pas de meilleur exemple que la Brussels Broadcasting Corporation et ma propre profession d’économiste.

La BBC accorde beaucoup plus de place aux Remainers, tout en faisant preuve d’une condescendance sans fin à l’égard des Brexiteers qui osent critiquer l’UE – comme l’a souligné le député David Jones. On vient d’apprendre que la BBC a reçu un financement de 4,8 millions d’euros de la part de l’UE dans le cadre de son programme Horizon 2020, qui accorde des subventions pour la recherche et le développement. L’une des conditions pour recevoir de telles subventions est de ne pas critiquer l’UE. Pas étonnant que notre radiodiffuseur national soit si prompt à couvrir les discours critiquant le Brexit de personnes comme Guy Verhofstadt, le représentant du Brexit au Parlement européen, tout en refusant de couvrir ceux des députés britanniques, comme Nigel Farage.

Un langage similaire est utilisé par les économistes : « aucun économiste sérieux ne pense que quitter l’UE ne sera autre chose qu’une catastrophe économique pour le Royaume-Uni ». Certes, la plupart des économistes le croient. Pourtant, ce sont les mêmes économistes qui ont déclaré que ce serait un désastre si le Royaume-Uni ne rejoignait pas l’euro et qui ont déclaré que les prévisions ridicules d’Osborne et de Lagarde concernant l’économie en cas de non étaient « raisonnables ». Ils avaient tort à l’époque et ils ont toujours tort aujourd’hui.

Aucun déni ne peut empêcher l’UE de s’effondrer. Et la peur et la coercition non plus. Rester dans l’UE aura des « conséquences assez graves à très, très graves » pour nous tous. Mais cela n’empêchera pas les Remainers de vouloir nous enfermer indéfiniment dans ce culte religieux.

Et ce n’est pas seulement les Remainers d’ici qui partagent ce point de vue. Donald Tusk, le président du Conseil européen le fait aussi. Comme il aime à le dire : « Il y a une place spéciale en enfer pour les Brexiteers ».

 

Source : Briefing For Brexit, traduit par XCN





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