Le Coup d’État, hier et aujourd’hui (2/5) par Anton Chaitkin

Soverain publie un dossier exclusif en Français sur les origines de l’impérialisme américain. Ce dossier a été traduit par la rédaction de Soverain à partir d’un article d’ampleur écrit par l’historien américain Anton Chaitkin et publié sur The Saker.

L’auteur peut être contacté à l’adresse suivante : antonchaitkin@gmail.com

 

Lien vers la première partie

Deuxième Partie

2. Kennedy voit la tragédie de l’après-guerre

En avril 1945, alors que la guerre mondiale annonçait une fin déchirante et incertaine, John F. Kennedy [15] fut choisi par le Hearst Newspapers comme rapporteur spécial de la très stressante conférence de Potsdam près de Berlin qui a eu lieu entre Churchill, Staline et Harry Truman, le successeur de Roosevelt, du 17 juillet au 2 août 1945.

Dans les coulisses, les Anglais poursuivaient la logique de l’opération Sunrise (NDT : lever du soleil). Roosevelt mort, Churchill avait donné l’ordre de mettre sur pied un plan militaire top secret, l’opération Unthinkable [NDT: (opération Impensable en français)] [16], dans laquelle les armées allemandes, plutôt que d’être démobilisées, devaient être mises en service aux côtés des divisions britanniques et américaines en vue d’une une guerre totale contre l’Union soviétique. Le rapport final de l‘Impensable parvint à Churchill le 11 juillet.

Le 16 juillet, la veille de la conférence de Potsdam, les États-Unis mirent à l’épreuve avec succès la première bombe atomique (au Nouveau-Mexique). Churchill était alors dans le secret, ce qui engendra des conséquences encore plus graves pour l’opération Impensable. Churchill remarqua que Truman, disposant désormais de l’arme nucléaire, exultait à la conférence de Potsdam et qu’il était en train de mettre Staline au pas. Au milieu de la conférence, le 26 juillet, le chef du parti travailliste britannique, Clément Attlee, remplaça Churchill comme Premier Ministre. L’opération Impensable fut mise de coté – mais les Soviétiques n’oublièrent pas pour autant les intentions de l’élite britannique.

Alors que Truman revenait aux États-Unis, le 6 août, Hiroshima fut détruite par une bombe atomique [17]. Une ombre de peur couvrit rapidement la Terre. En 1953, les États-Unis et les Soviétiques développèrent des bombes à hydrogène capables de mettre fin à toute vie humaine.

Des années plus tard, alors qu’il venait d’obtenir un siège au Congrès, John Kennedy indiqua qu’il contemplait déjà avec amertume le monde sombre que sa génération avait hérité. Il eut du mal à comprendre ce qui avait mal tourné. Comment la politique pacifique de Roosevelt avait-elle pu être détruite ? Il pensait que le communisme soviétique déformait l’histoire et violait la nature humaine mais que la propre mission de l’Amérique – celle d’élever l’humanité – était enterrée dans la division du monde entre deux blocs qui commençait alors à s’établir.

JFK gagna son siège au Congrès en 1946. Au sein de sa famille, il assumait le rôle politique de premier plan que son frère Joseph devait jouer avant qu’il ne meurt au cours de la guerre, et l’hypothèse grandit dans l’esprit de Kennedy qu’il devrait lui-même prendre la responsabilité de conduire la nation hors du désastre ou elle avait été amenée.

Le problème que Kennedy devait affronter était que le système impérial de Londres que FDR avait cherché à abolir, subsistait après sa mort sous la forme d’un appareil de pillage financier mondial, qui contrôlait les continents sans formellement contrôler les gouvernements coloniaux. La préservation et l’expansion de ce système furent à l’origine des activités des agences de renseignements secrets anglo-américaines et de la structure de l’alliance militaire de l’Atlantique (OTAN) après la Seconde Guerre mondiale.

La Special Operations Executive (SOE)

Nous pouvons observer les réalités de cette gouvernance énigmatique en examinant l’origine des forces militaires et politiques « récupérées » que les Britanniques, avec l’aide de Dulles, Lemnitzer et de certains anciens nazis, ont mis en place partout en Europe. La Special Operations Executive (SOE) était une agence britannique mise sur pied en 1940 afin d’assurer des opérations d’espionnage, de sabotage, et d’assassinat dans les zones occupées par les nazis. La SOE a été dirigée principalement par deux hommes, le commandant de la SOE, Roundell Palmer, et le directeur, Charles Hambro. Ils étaient des figures reconnues dans le centre financier de la ville de Londres et de l’appareil impérial.

Roundell Cecil Palmer, le troisième comte de Selborne, est né au sein du pouvoir impérial en tant que fils du Haut-Commissaire pour l’Afrique du Sud [18], le neveu et le protégé de Lord Robert Cecil et le petit-fils de Lord Salisbury (Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil), qui avait été Premier Ministre britannique trois fois entre 1885 et 1902. Les Palmers étaient l’une des familles qui composaient le «Cecil Bloc», le «grand centre de pouvoir, d’influence et de privilège contrôlé par la famille Cecil» qui «a été omniprésente dans la vie britannique depuis 1886» [19]. Roundell Palmer et ses ancêtres étaient aussi la principale famille hiérarchique dans la société la plus prospère de Mercers, le classement le plus élevé des entreprises de la société secrète des « Écuries » (« livery ») qui dirige la City of London Corporation. Ces groupes « d’Ecuries » sont le cœur de l’appareil centenaire pour la gestion des fonds, reliant la famille royale, les banques de Londres et leurs entreprises coloniales. Roundell Palmer était directeur de la société Union Minière du Haut Katanga au Congo, en association avec les exploitations d’Afrique centrale de la famille royale. En tant que ministre de la guerre économique, Palmer choisit Hambro, son collègue de la Cité, pour diriger les opérations de la SOE.

Sir Charles Hambro, issu d’une vieille famille banquaire anglo-scandinave, avait été un directeur puissant de la Banque d’Angleterre. Il avait notamment travaillé avec Montagu Norman pour mettre sur place et entretenir le régime hitlérien en Allemagne et avait fondé la Banque des règlements internationaux en Suisse (avec plusieurs Nazis au conseil d’administration) dans laquelle le butin des fonds nazi et SS serait utilisé pour des objectifs d’après-guerre.

La Special Operations Executive (SOE) était officiellement dissoute après la capitulation nazie. Mais Roundell Palmer insista pour que son personnel, les capacités d’assassinat, les atouts, et les renseignements puissent continuer leurs opérations clandestinement en Europe de l’Ouest, dans une quasi-guerre contre l’Union soviétique.

La nouvelle « communauté des renseignements » allait être gérée depuis le Conseil privé, le dispositif du gouvernement permanent qui contrôlait le Cabinet et les affaires étrangères, le club White’s, et depuis le repère de Mercers et des conseils d’administrations de la Citée, indépendamment des élections ou des partis politiques. L’existence même du MI6, les services secrets britanniques, ne sera officiellement reconnu qu’en 1994.

Le mariage des États-Unis avec l’Angleterre impériale pour diriger la guerre froide amènera le National Security Act en 1947 à créer la Central Intelligence Agency (CIA) et le département de la défense des États Unis. En réaction au retrait des forces britanniques de Grèce, les États-Unis annoncèrent la « doctrine Truman » en mars 1947 qui engageait les États-Unis à développer une présence antisoviétique en Europe. Le plan Marshall fondé pour la reconstruction de l’Europe était aussi partiellement canalisé dans l’intrigue géopolitique de la guerre froide, tandis que l’Union soviétique dévastée après la guerre, était exclue d’une telle aide financière.

L’Union de l’Europe occidentale, l’OTAN et l’ascension des Dulles

La profonde connexion britannique du général Lyman Lemnitzer faisait de lui le choix naturel pour que le Secrétaire à la Défense, James Forrestal l’envoie en 1948 comme l’observateur américain dans les conversations secrètes établissant l’Union de l’Europe occidentale (UEO), une alliance militaire entre la Grande-Bretagne, la France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les séances de planification étaient tenues aux quartiers généraux du général britannique Montgomery à Fontainebleau en France.

Au cours de l’année suivante, un comité clandestin de la branche militaire de l’UEO, l’Organisation de la défense de l’Europe occidentale (ODEO), fut mis en œuvre sous la direction du directeur du MI6, Stewart Menzies [20].

L’ODEO elle-même fut par la suite transformée en Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), dans le cadre de la stratégie britannique opérant aux États-Unis comme suit :
Commençant en 1948, le Président Harry Truman était conseillé par Sir Oliver Franks, l’ambassadeur britannique. Franks avait fortement aidé la reconnaissance de la nouvelle alliance atlantique par le gouvernement britannique, outrepassant les objections souverainistes des politiciens du parti travailliste. Franks avait été envoyé à Washington pour surmonter les mêmes réticences en Amérique. Le secrétaire d’État anglophile, Dean Acheson, se vanta dans ses mémoires de ses rencontres régulières en secret avec Franks et avait fait de lui un membre virtuel du cabinet présidentiel.

Les partenaires qui signèrent à Washington le Traité de l’Atlantique Nord, le 4 avril 1949. Le Président Truman est au centre.

Truman nomma John Fister Dulles comme conseiller au Département d’État, et Allen Dulles à la CIA comme directeur des opérations clandestines. Le Sous-secrétaire d’État Robert A. Lovett (partenaire d’Averell Harriman et client des frères Dulles dans le financement d’Hitler) dirigea les négociations américaines pour l’Alliance atlantique. Sous la forte pression britannique, le Congrès vota pour que les États-Unis rejoignent l’OTAN en 1949. Kim Philby, un agent soviétique travaillant pour les Britanniques, vint ensuite à Washington comme premier secrétaire de l’Ambassadeur Franks et comme agent de liaison entre le MI6 et la CIA. Philby nourrit la paranoïa soviétique en fournissant des rapports sur des actes diaboliques américains, et ainsi consolida l’alliance anglo-américaine dans ce contexte de guerre froide. Sir Oliver Franks revint par la suite à Londres pour devenir le président de la banque Lloyds.

L’Organisation de la défense de l’Europe occidentale (ODEO), une structure clandestine mise en place sous Sir Stewart Menzies persista sous les auspices de l’OTAN. Elle géra les armées secrètes du MI6 et de la CIA avec leurs vieilles composantes nazies et fascistes italiens qui infesteraient l’Europe pour les prochaines décennies. Le général Lemnitzer, faisant les va-et-vient entre Washington et l’Europe à la fin des années 1940, s’était vu doté du contrôle logistique de l’approvisionnement militaire du dispositif Union occidentale/OTAN [21].

3. JFK lance l’Offensive

Le député John F. Kennedy visita le Moyen-Orient et l’Asie en 1951, accompagné de son jeune frère Robert. Kennedy enrageait de voir que les États-Unis abandonnaient leur propre héritage révolutionnaire, au bénéfice des britanniques et autres intérêts impériaux.

Parmi les endroits qu’il visita, il y avait l’Iran, où le Premier ministre Mohammad Mossadegh venait de nationaliser la compagnie pétrolière anglo-iranienne pour mettre fin à la domination britannique et à l’appauvrissement du pays. Le président Roosevelt avait été à Téhéran huit ans plus tôt. FDR avait commandé le rapport Hurley afin que l’Iran puisse utiliser ses propres ressources et devenir un modèle de souveraineté nationale pour toutes les anciennes colonies contre l’impérialisme [22]. Mais à cette époque, Dean Acheson était en rapport avec Sir Oliver Franks pour mettre sur pied une équipe conjointe de la CIA-MI6 et pour planifier un coup d’état contre Mossadegh, dont le courage inspira alors des révoltes nationalistes en Égypte avec notamment Gamal Abdel Nasser et d’autres dans le reste de l’Afrique du Nord. Kennedy alla en Israël et dans les pays arabes, qui furent impliqués dans le conflit amer mené par les Britanniques dans la région.

JFK et son frère Robert.

Après Yalta, Roosevelt avait fait appel au développement économique des pays musulmans désespérément pauvres, basés sur l’utilisation souveraine de leurs ressources pétrolières comme seul moyen d’assurer la paix dans cette région [23]. Mais à cette époque, des masses d’exilés palestiniens désespérés s’étaient réfugiées dans des camps, et l’alliance anglo-américaine de la guerre froide avait enterré les plans de FDR pour le progrès.

Au Vietnam, le député Kennedy fit appel aux ressources américaines, françaises et vietnamiennes afin de contourner les justifications officielles derrières les politiques qui allaient bientôt conduire les États-Unis à un désastre. FDR et son allié vietnamien Ho Chi Minh avaient recommandé l’indépendance pour ce pays. Mais en 1945, l’armée britannique avait pris le Vietnam des griffes du Japon et en avait redonné le contrôle à l’empire français. Lorsque Truman s’associa aux empires, Ho se tourna vers les communistes pour obtenir de l’aide, et la guerre, de nouveau, consuma la région. De retour aux États-Unis, Kennedy diffusa un rapport radiophonique retentissant sur la fragilité de l’alliance américaine avec ses adversaires impériaux. Six ans après la mort de son commandant en chef, Kennedy fit justement écho aux avertissements de FDR contre les objectifs impérialistes.

[Le monde colonial de l’après-guerre] est un domaine dans lequel la pauvreté et la maladie prolifèrent, où l’injustice et l’inégalité sont anciennes et enracinées, et les feux du nationalisme si longtemps dormant ont été attisés et sont maintenant enflammés. C’est une région du monde qui depuis cent ans et plus a été la source de l’empire pour l’Europe occidentale – pour l’Angleterre, la France et la Hollande…

C’est un centre de commande du Moyen-Orient fonctionnant sans la coopération et le soutien des pays du Moyen-Orient… qui non seulement intensifierait toute force anti-occidentale actuellement active dans ce domaine, mais d’un point de vue militaire serait vouée à l’échec. Les sables mêmes du désert se lèvent pour s’opposer à l’imposition d’un contrôle extérieur sur les destinées de ces gens fiers…

Le véritable ennemi du monde arabe est la pauvreté et le besoin… Notre intervention en faveur des investissements pétroliers anglais en Iran a porté davantage sur la préservation des intérêts en dehors de l’Iran que sur le développement de l’Iran elle-même, notre volonté avérée d’assumer une responsabilité militaire presque impériale pour la sécurité de Suez, notre incapacité à traiter efficacement après trois années la terrible tragédie humaine des plus de 700 000 réfugiés arabes, ce sont des choses qui n’ont pas réussi à s’entendre avec les désirs arabes et à rendre caduques les promesses de la voix de l’Amérique…

En Indochine [Vietnam], nous nous sommes alliés à l’effort désespéré d’un régime français pour qu’ils s’agrippent aux restes de l’empire… Prendre garde à l’expansion communiste vers le Sud, ca se comprend, mais pas seulement en se basant sur la force des armes…

Nous trouvons que trop de nos représentants font des concessions aux objectifs à court terme d’autres pays de l’Ouest, sans expressément chercher à comprendre les vrais espoirs et désirs des peuples auxquels ils sont accrédités. Ils s’alignent trop souvent et trop définitivement avec les « possédants », tout en considérant les actions des « non-possédants » comme étant non pas des formes de défenses contre l’injustice mais comme des actions sinistres et subversives.

L’Est d’aujourd’hui n’est plus l’Est de Palmerston de Disraeli et de Cromer … Nous voulons, nous pouvons avoir besoin d’alliés au niveau des idées, des ressources et même des armes, mais si nous devons avoir des alliés, nous allons d’abord avoir à nous rassembler en tant qu’amis. [24] »

Kennedy devint sénateur en 1953. Pendant ce temps, le président Eisenhower nomma John Foster Dulles en tant que secrétaire d’État et Allen Dulles en tant que directeur de l’Intelligence centrale, et commença à faire passer le général Lemnitzer, la cohorte Dulles-British à l’opération Sunrise, à des commandements successivement supérieurs.

Ainsi, malgré les meilleures intentions que le président Eisenhower a pu avoir, révéla dans des politiques telles que l’initiative Atoms for Peace qu’il fit aux Nations Unies en décembre 1953, qu’il y avait une continuité terrible du contrôle impérial britannique sur les fonctions cruciales du gouvernement américain, allant de l’ère Truman jusqu’à la Présidence d’Eisenhower. Cette continuité a été personnifiée par les frères Dulles. Les effets se sont fait sentir rapidement, partout dans le monde.

Le gouvernement iranien fut renversé en 1953 par le British Intelligence et la CIA de Dulles. Une dictature macabre mis le Premier ministre Mossadegh en isolement et il mourra plus tard en résidence surveillée. Le géant pétrolier britannique sauvé changea son nom en British Petroleum. La fureur anti-occidentale alla mener finalement à la révolution islamique d’Iran de 1979.

En 1954, la CIA renversa le président guatémaltèque Jacobo Arbenz pour renverser la nationalisation de la United Fruit Company, dont les plantations avaient mis la population en retard sur les autres. Parmi les accusations lancées contre le gouvernement, il était proposé de détourner une rivière utilisée par une plantation pour construire une station hydroélectrique. Le cabinet d’avocats Dulles représentait la United Fruit, et Allen Dulles était membre du conseil d’administration de la société. L’opération assura la pauvreté dans toute l’Amérique centrale ce qui par la suite engendra la contrebande de drogue, les insurrections violentes et les migrations de masse sans espoir au nord jusqu’aux États-Unis.

Les Français furent expulsés du Vietnam en 1954, malgré le soutien des États-Unis. Au cours de la bataille de Dien Bien Phu, le secrétaire d’État John Foster Dulles proposa de bombarder le champ de bataille avec une bombe nucléaire, mais le président Eisenhower s’opposa au plan. Un nouveau régime soutenu par les États-Unis a ensuite été installé dans la moitié sud du Vietnam. La guerre s’embourba et traîna pendant des années.

En 1955 (deux ans après la fin de la guerre de Corée), Lyman Lemnitzer devint commandant des forces de l’armée américaine en Extrême-Orient. Il introduisit des armes nucléaires tactiques en Corée. [25] Ces missiles nucléaires de champs de bataille de 1957 seront retirés de Corée seulement dans les années 1990. Le régime communiste nord-coréen, de plus en plus paranoïaque, commença à développer ses propres armes nucléaires.

En 1956, le président Eisenhower décida de mettre un terme à l’ingérence de l’Amérique dans les opérations coloniales d’outre-mer, en exigeant la fin de l’invasion impériale britannique en Égypte. Par la suite, il entreprit une intervention diplomatique avec l’Union soviétique et sous pression économique de forcer la Grande-Bretagne, la France et Israël à retirer leurs troupes qui avaient envahi l’Égypte pour saisir le canal de Suez et qui avaient entrepris de renverser le président Nasser. Eisenhower n’a jamais osé agir directement pour contraindre le pouvoir des Britanniques et de leurs partenaires américains, mais avec JFK, cette faction ennemie vit surgir sur la scène américaine un nouveau challenger plus menaçant.

 

Fin de la deuxième partie.

 

Sources (en Anglais) :
15. Navy Lieutenant John F. Kennedy had been honorably discharged on March 1, 1945, due to painful injuries sustained when a Japanese destroyer had smashed through his tiny patrol boat. For a summary account of Kennedy’s public life, see Anton Chaitkin, “John F. Kennedy vs. the Empire,” Executive Intelligence Review, August 30, 2013.
16. Operation Unthinkable: “Russia: Threat to Western Civilization,” British War Cabinet, Joint Planning Staff—Draft and Final Reports: 22 May, 8 June, and 11 July 1945, Public Record Office, CAB 120/691/109040 /001.
17. The decision to A-bomb Japan was reached without the approval of senior U.S. military leaders. General Dwight Eisenhower wrote:“[I]n [July] 1945 … Secretary of War Stimson … informed me that our government was preparing to drop an atomic bomb on Japan. I was one of those who felt that there were a number of cogent reasons to question the wisdom of such an act…. During his recitation of the relevant facts, I had been conscious of a feeling of depression and so I voiced to him my grave misgivings, first on the basis of my belief that Japan was already defeated and that dropping the bomb was completely unnecessary, and secondly because I thought that our country should avoid shocking world opinion by the use of a weapon whose employment was, I thought, no longer mandatory as a measure to save American lives. It was my belief that Japan was, at that very moment, seeking some way to surrender with a minimum loss of ‘face’…. ” [Dwight D. Eisenhower, Mandate for Change: The White House Years, 1953-1956 (New York: Doubleday, 1963), pp. 312-313.]Norman Cousins, a consultant to General Douglas MacArthur in the American occupation of Japan, wrote:“MacArthur’s views about the decision to drop the atomic bomb on Hiroshima and Nagasaki were starkly different from what the general public supposed. When I asked General MacArthur about the decision to drop the bomb, I was surprised to learn he had not even been consulted. What, I asked, would his advice have been? He replied that he saw no military justification for the dropping of the bomb. The war might have ended weeks earlier, he said, if the United States had agreed, as it later did anyway, to the retention of the institution of the emperor.” [Norman Cousins, The Pathology of Power (New York: W.W. Norton, 1988), pp. 65, 70-71.] Admiral William D. Leahy, Chief of Staff to Presidents Franklin Roosevelt and Harry Truman, wrote:”It is my opinion that the use of this barbarous weapon at Hiroshima and Nagasaki was of no material assistance in our war against Japan. The Japanese were already defeated and ready to surrender because of the effective sea blockade and the successful bombing with conventional weapons. The lethal possibilities of atomic warfare in the future are frightening. My own feeling was that in being the first to use it, we had adopted an ethical standard common to the barbarians of the Dark Ages. I was not taught to make war in that fashion, and wars cannot be won by destroying women and children.” [William Leahy, I Was There (New York: McGraw-Hill, 1950), p. 441.]The outstanding U.S. nuclear chemist Glenn T. Seaborg was one of a group of the scientists on the bomb’s development who wrote (in their Franck Committee report):“We believe that … the use of nuclear bombs for an early, unannounced attack against Japan [is] inadvisable. If the United States would be the first to release this new means of indiscriminate destruction upon mankind, she would sacrifice public support throughout the world, precipitate the race of armaments, and prejudice the possibility of reaching an international agreement on the future control of such weapons.” (Political and Social Problems, Manhattan Engineer District Records, Harrison-Bundy files, folder # 76, National Archives.) As President, John F. Kennedy would make Glenn Seaborg chairman of the Atomic Energy Commission, to push for global, peaceful use of nuclear power, and against the nuclear arms race. The above quotations from Eisenhower, MacArthur, Leahy and the Franck committee are cited in Doug Long, “Hiroshima: Was it Necessary?” (http://www.doug-long.com/quotes.htm).
18. William W. Palmer, 2nd Earl of Selborne, succeeded Alfred Milner as High Commissioner for South Africa and ran “Milner’s Kindergarten” of rising imperial rulers; they would form the Round Table strategy circle, associated with gold magnate Cecil Rhodes, the British Crown and the Rothschild family.
19. Carroll Quigley, The Anglo-American Establishment, from Rhodes to Cliveden (San Pedro: Books in Focus, 1981), p. 15.
20. Nick Must, “The Western Union Clandestine Committee: Britain and the ‘Gladio’ networks,” in Lobster magazine, 1972.
21. Binder, Lemnitzer, pp. 162-165.
22. Anton Chaitkin, “FDR’s Hurley Memorandum,” Executive Intelligence Review, November 30, 2012.
23. Roosevelt press conference Feb 23, 1945, op. cit.
24. Papers of John F. Kennedy. Presidential Papers. President’s Office Files. Special Events Through the Years. Radio report on trip to Middle and Far East, 1951.
25. Lee Jae-Bong, “US Deployment of Nuclear Weapons in 1950s South Korea & North Korea’s Nuclear Development: Toward Denuclearization of the Korean Peninsula,”Japan Focus: the Asia Pacific Journal, February 17, 2009). “Commander-in-Chief of the [United Nations Command] Lyman Lemnitzer sent a telegram dated January 30, 1956 to the Department of the Army in which he suggested that it was highly desirable for the U.S.F[orces]K[orea] to possess weapons with atomic delivery capability in order to alleviate the imbalance of strength between the opposing forces in Korea…. U.S. diplomatic correspondence during the 1950s [shows that] the U.S.F.K. started deploying nuclear weapons in January 1958 at the latest. But according to a secret report written by the U.S. Pacific Command, nuclear weapons were first deployed to South Korea in 1957 and withdrawn in 1991. The Washington Post also reported in October 2006 that ‘In 1957, the United States placed nuclear-tipped Matador missiles in South Korea, to be followed in later years … by nuclear artillery…’