Le bluff pathétique du moulin à paroles Juncker sur les sanctions iraniennes

Le président de la CE, Jean-Claude Juncker, déclare que l’UE va activer un « statut de blocage » pour éviter les sanctions contre l’Iran.

Il y a cinq heures, Reuters a annoncé que l’UE commencera le processus législatif de blocage des sanctions à l’encontre de l’Iran vendredi.

« En tant que Commission européenne, nous avons le devoir de protéger les entreprises européennes. Nous devons maintenant agir et c’est pourquoi nous lançons le processus d’activation du « statut de blocage » de 1996. Nous le ferons demain matin à 10h30 », a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

« Nous avons également décidé de permettre à la Banque européenne d’investissement de faciliter l’investissement des entreprises européennes en Iran. La Commission elle-même maintiendra sa coopération avec l’Iran », a déclaré M. Juncker lors d’une conférence de presse après une réunion des dirigeants de l’UE.

La solidarité est déjà rompue

Il y a deux heures, le Nasdaq a rapporté que Macron refusait toute modification des règles du commerce extérieur pour l’accord avec l’Iran.

Le président français Emmanuel Macron a exclu jeudi toute guerre commerciale avec les Etats-Unis pour son retrait de l’accord nucléaire iranien alors qu’une vague d’entreprises européennes quittaient les affaires avec Téhéran, craignant la portée mondiale des sanctions américaines.

M. Macron a reconnu la situation difficile des entreprises qui veulent faire du commerce avec l’Iran ou y investir, en particulier les multinationales qui ont des liens commerciaux étroits avec les États-Unis. Mais il a clairement indiqué qu’il y avait de plus gros enjeux.

« Nous n’entamerons pas une guerre commerciale stratégique contre les États-Unis au sujet de l’Iran », a-t-il dit en arrivant pour la deuxième journée d’un sommet de l’Union européenne en Bulgarie. « Nous n’allons pas prendre de contre-sanctions contre les compagnies américaines, ça n’aurait pas de sens. »

« Tous les États membres de l’Union européenne continuent de soutenir cet accord, malgré le fait que les États-Unis ont décidé de ne pas le faire, et nous poursuivrons les pourparlers avec les États-Unis », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel aux journalistes lors du sommet de l’UE.

Les actions sont plus parlantes que le bluff

L’UE peut prétendre qu’elle honore toujours l’accord, mais en fin de compte, c’est aux PDG des entreprises qu’il appartient de prendre la décision. Et nous avons vu la réponse.

Soren Skou, directeur général de la société danoise A.P. Moller-Maersk, a fait cette déclaration : « Avec les sanctions que les Américains vont imposer, vous ne pouvez pas faire des affaires en Iran si vous avez aussi des affaires aux États-Unis, et nous avons cela à grande échelle. Je ne connais pas les détails exacts du timing, mais je suis certain que nous allons aussi fermer. »

Le sidérurgiste italien Danieli a annoncé qu’il a interrompu ses travaux pour trouver une couverture financière pour les commandes remportées en Iran d’une valeur de 1,5 milliard d’euros (1,8 milliard de dollars). « Avec le retrait des États-Unis du traité, les banques ne sont plus prêtes à financer des projets iraniens par crainte de sanctions secondaires », a déclaré le PDG de Danieli, Alessandro Trivillin.

La réaction pathétiquement faible de l’UE face à Donald Trump

Eurointelligence s’est moqué de la réponse de Juncker hier soir, avant même que Juncker ne se prononce.

Il est vraiment triste de voir le manque de bon sens de la part des dirigeants de l’UE face aux menaces de Donald Trump.

Le principe fondamental de la politique allemande sera de protéger les intérêts de l’industrie en général et de l’industrie automobile en particulier. Cela limite clairement la capacité de l’UE à tenir tête à Donald Trump et de risquer un conflit commercial majeur.

Le sommet de l’UE qui s’est tenu hier à Sofia a convenu d’une vaste stratégie de, ni l’un ni l’autre, pour faire face à Trump. Les dirigeants ont réussi à s’entendre sur le fait qu’ils n’entameront pas de négociations commerciales si les États-Unis appliquent des droits de douane sur l’acier et l’aluminium à partir du 1er juin, date d’expiration de l’exemption actuelle et finale.

Les dirigeants se sont également mis d’accord sur la stratégie improbable de préparer la protection des entreprises européennes contre de nouvelles sanctions américaines envers les entreprises de l’UE qui traitent avec l’Iran. Mais ils n’ont donné aucun détail sur la façon de procéder. Comme FAZ l’a récemment souligné, les seules entreprises désireuses et capables de résister à la pression américaine seront les importateurs européens de tapis persans.

Jean-Claude Juncker a même évoqué la possibilité d’invoquer le statut de blocage. C’est le bluff ultime. Le statut permettrait à l’UE d’imposer des sanctions aux entreprises européennes qui se conforment aux sanctions américaines. En d’autres termes, cela donnerait aux entreprises de l’UE un choix entre la peste et le choléra. Inutile de dire que cela n’a pas été adopté. Et ça ne sera jamais le cas. C’est un signe de l’impuissance et de la panique des dirigeants de l’UE que d’en parler.

Les moulins à paroles Juncker, Merkel, Macron

Le rôle de Merkel en Europe est désormais essentiellement le même que celui de Juncker. Les deux ne sont rien d’autre que des moulins à paroles pathétiques avec une puissance décroissante.

Macron veut être le sauveur européen, mais il n’est qu’un autre moulin à paroles qui s’incline devant Trump au niveau international tout en n’accomplissant rien au niveau national.

Néanmoins, cette histoire n’est pas encore terminée. À un moment donné, l’UE sera forcée de réagir et les résultats ne seront pas jolis.

 

Source : Mike Mish Shedlock via ZeroHedge

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur telegram
Partager sur vk