La lettre de Boris Johnson et des Brexiteers radicaux à Theresa May

Note de Soverain : Nous reproduisons en intégralité la lettre ouverte de plusieurs Brexiteers « radicaux » (ou dira-t-on, ceux qui sont sur la ligne d’un Brexit clair et net) adressée au Premier ministre britannique, Theresa May. Ils expriment leur opposition franche par rapport au plan du Premier ministre, appelé « le plan Chequers » et formulent le souhait d’un changement de stratégie pour permettre un Brexit clair et sans ambiguïté afin de remplir leur devoir face à la décision du peuple britannique qui s’était exprimé démocratiquement sur cette question fondamentale, un certain jour de juin 2016. Nous assistons probablement à un moment critique dans le cycle des négociations sur le Brexit.


Monsieur le Premier ministre,

Nous entrons maintenant dans la phase la plus critique des négociations sur le Brexit. Les principes fondamentaux de la façon dont nous gouvernons notre pays sont en jeu.

Le plan du Chequers est vicié pour des raisons bien connues. Il ne donne pas ce pour quoi le pays a voté et cela signifie que le Royaume-Uni restera lié par les règles de l’UE, même si nous n’avons pas notre mot à dire à leur sujet.

Ses propositions relatives à un règlement commun, à un régime douanier simplifié et à un contrôle de la Cour de justice de l’Union européenne font que ce ne serait pas un « Brexit ».

Il a aussi peu de partisans – ce qui était évident à la Chambre des communes lundi. Il a été formellement rejeté par l’UE, plus de 400 députés s’y opposent et il est moins populaire auprès du public que la Loi sur la fiscalité.

C’est maintenant l’occasion pour le gouvernement de se ressaisir, de cesser de considérer le Brexit comme un exercice de limitation des dommages et de fournir plutôt le Brexit pour lequel les gens ont voté.

Il y a deux ans, le peuple britannique a voté pour reprendre le contrôle et quitter l’UE. L’accord final doit aboutir au résultat pour lequel les citoyens ont voté : contrôle des frontières, contrôle des lois, contrôle de la monnaie, contrôle du commerce.

Cela signifie qu’il faut chercher à négocier un accord de libre-échange de type Canada amélioré avec l’UE. Michel Barnier et Donald Tusk ont tous deux déclaré qu’il s’agissait d’une des options de négociation avec l’UE.

Nous devons insister pour qu’il soit disponible dans tout le Royaume-Uni. Ce n’est qu’en agissant de la sorte que nous pourrons tirer parti de la vaste gamme d’opportunités commerciales disponibles en dehors de l’UE et nous libérer de la charge réglementaire de l’UE.

Nous avons tous été élus sur la base d’un manifeste visant à obtenir une indépendance totale en quittant l’union douanière et le marché unique. Il est essentiel que nous tenions ces promesses.

Nous vous prions de bien vouloir préciser que vous n’engagerez pas le Royaume-Uni dans le purgatoire de l’adhésion perpétuelle à l’union douanière de l’UE, que ce soit par un filet de sécurité ou tout autre moyen.

Au lieu de cela, nous devrions veiller, comme vous l’avez sagement dit à Lancaster House, à ce que « le commerce en franchise de droits avec l’Europe et le commerce transfrontalier […] soient aussi sans friction que possible ».

Cela exige que nous concluions un accord de libre-échange pour les biens et services avec l’UE, sur le modèle des accords « meilleurs de leur catégorie » conclus avec le Canada, la Corée du Sud ou le Japon, par exemple, et que nous envisagions de nouveaux accords de libre-échange lucratifs à long terme avec d’autres pays, par exemple la Chine, les États-Unis, l’Inde et les autres pays du Commonwealth.

C’est le « Trophée du Brexit ».

Parler d’un filet de sécurité britannique ou d’un filet de sécurité nord-irlandais va à l’encontre de notre statut d’État-nation souverain. Les deux sont inutiles : il s’agit en effet d’un piège tendu par l’UE, dans lequel il est vital que nous ne tombions pas.

En utilisant les techniques et les processus existants, avec la coopération politique, nous pouvons garantir la poursuite des échanges commerciaux entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord.

Les procédures nécessaires peuvent toutes être mises en œuvre dans les cadres juridiques et de fonctionnement existants de l’UE et du Royaume-Uni.

Des approches rationnelles et pragmatiques peuvent garantir le maintien du commerce transfrontalier. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait une menace à l’accord du Vendredi Saint et de Belfast.

Nous vous exhortons à ne pas vous engager dans une démonstration de résistance et un argument chorégraphié suivi d’une reddition et d’un effondrement dans une version du filet de sécurité et du Chequers.

Au lieu de cela, nous vous demandons instamment de dire à l’UE lors du sommet : « Convenons que nous devons reprendre nos négociations. Notre objectif est un accord de libre-échange qui profite au Royaume-Uni, à l’UE et à des millions de nos citoyens. »

Cela permettrait d’obtenir une majorité au Parlement, contrairement à l’impopulaire Plan Chequers. Saisissons l’occasion et créons un avenir meilleur pour le Royaume-Uni.

Nous sommes proches du moment de vérité. Le Brexit offre le prix d’un avenir meilleur, d’accords de libre-échange mondiaux et d’indépendance politique.

Mais si ces gains potentiels sont sacrifiés à cause des intimidations de l’UE et du désespoir du gouvernement d’obtenir un accord, le peuple britannique ne nous le pardonnera pas.

Bien à vous,

David Davis, député
Iain Duncan Smith, député
Boris Johnson, député
Owen Paterson, député
Priti Patel, député
Jacob Rees Mogg, député

 

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