La Commission européenne rejette le plan budgétaire italien pour 2019

Article paru sur ZeroHedge, traduit par Soverain

Un peu plus tôt ce matin, nous signalions que, selon les économistes de la Deutsche Bank – et pratiquement tout le monde, à l’exception de ceux qui agitaient les bons du Trésor italien hier – l’Italie se dirigeait vers une collision avec la Commission européenne. Le président Juncker déclarait hier que le budget italien serait approuvé si aurait lieu une « réaction violente » de la part des autres pays de la zone euro.

Il y a quelques instants, Der Spiegel le confirmait en annonçant que le « conflit entre la Commission européenne et le gouvernement populiste italien entrait dans une nouvelle phase » après l’annonce par le commissaire européen Guenther Oettinger que la Commission refuserait le plan budgétaire 2019, qui était incompatible avec la législation européenne.

« Il a été confirmé que le budget de l’Italie pour 2019 n’était pas compatible avec les engagements qui existent au sein de l’UE », a déclaré M. Oettinger. Le refus officiel du budget italien doit arriver à Rome jeudi ou vendredi sous la forme d’une lettre du commissaire économique et financier Pierre Moscovici.

L’Italie a présenté son projet de budget à la dernière minute ce lundi soir, donnant à la Commission deux semaines pour répondre, mais il semblerait qu’elle n’eut pas besoin d’un tel délai. Selon certaines informations, M. Moscovici ne soumettra pas de contre-propositions au budget italien, mais se contentera de signaler la violation des données-cadre convenues.

Pour rappel, la coalition des forces nationalistes et populistes italiennes prévoit d’augmenter le déficit du pays à 2,4% du PIB l’année prochaine pour financer ses promesses de campagne coûteuses. C’est trois fois plus que les 0,8% que le gouvernement italien précédent avait convenus avec la Commission européenne, et ce chiffre pourrait encore augmenter, puisque les prévisions de 2,4 % reposent sur les hypothèses du gouvernement italien, très optimiste en matière de croissance économique.

Pourtant, nombreux sont ceux qui ont accusé l’UE d’hypocrisie en réprimant l’Italie tout en laissant d’autres budgets tout aussi flagrants se dérober au cours des dernières années.

Commentant le budget italien, Goldman Sachs déclarait dans une note parue cette nuit que l’Italie n’était pas le seul pays à s’écarter des recommandations spécifiques de l’UE et à enfreindre ses règles budgétaires, la banque faisant remarquer que la France ne respectait pas non plus la règle de la dette publique. « Cela dit, le budget français ne viole pas la règle de référence en matière de dépenses ; en outre, la France peut justifier son écart par rapport à la trajectoire d’ajustement structurel sur la base des réformes structurelles qu’elle met en œuvre.

Il existe un facteur atténuant selon Goldman Sachs : « on pourrait soutenir que les écarts de la France par rapport à la trajectoire d’ajustement structurel reflètent l’objectif du gouvernement actuel de stimuler la croissance potentielle, en particulier par une augmentation du capital et du travail, il est plus difficile de faire la même remarque en Italie où les réformes sur les régimes des pensions supposent une dégradation à moyen terme de la viabilité des finances publiques ».

Goldman Sachs conclut que, bien qu’elle ne s’attende pas à ce que la Commission européenne engage une procédure formelle à l’égard de la France, elle enverra probablement un avertissement formel à l’Italie, l’invitant à engager une procédure dérogatoire significative. Bien qu’il soit peu probable qu’une telle procédure aboutisse à des amendes, elle entraînerait sans doute de nouvelles tensions entre l’Italie et la Commission ainsi qu’une volatilité accrue sur le marché des obligations souveraines italien. Une attitude différente à l’égard de la France pourrait également donner lieu à d’autres critiques de la part du gouvernement italien sur l’Union européenne et ses règles.

Par ailleurs, la nouvelle antérieure annonçant une baisse potentielle de la notation de la dette souveraine et la nouvelle du Spiegel ont fait grimper de 7 points de base le taux de rendement italien sur 10 ans, qui est revenu au-dessus des 3,50%, annulant la plupart des gains de la veille.

ZeroHedge

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