Ipso Facto Europa n°11 – Mai 2018

L’association citoyenne apolitique « Les Clés de l’Europe » propose d’apporter des informations fiables à tous les publics grâce à la diffusion de données officielles et historiques sur la naissance, l’évolution, les objectifs et l’avenir potentiel de la construction européenne. L’association publie chaque mois un condensé de l’actualité de l’Union européenne : le journal Ipso Facto Europa. Vous pouvez librement le diffuser par courriel ou en version papier format A4 afin de sensibiliser votre entourage, vos voisins, vos connaissances, au fonctionnement de l’UE. Retrouvez également tous les jeudis à 21h les Clés de l’Europe en direct sur leur page Facebook ou sur le mumble « Canal-Citoyen ».

Soverain diffuse ce journal en y rajoutant éventuellement des liens vers des articles plus complets et/ou des infographies.

Lien vers le fichier .pdf à diffuser très largement autour de vous

Albanie et Macédoine

L’UE propose d’ouvrir les négociations d’adhésion à l’Albanie et à la Macédoine et a repoussé les pourparlers avec la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo.

Albanie : 3 047 987 h
PIB-PPA/h : 12 500 $ (parité de pouvoir d’achat)
Salaire minimum : 155 € par mois
le plus faible d’Europe
salaire moyen de 355 euros
50% de la population travaille dans l’agriculture.
Chômage de 15% (de 30 % au nord et au nord-est du pays)

Macédoine : 2 032 370 h
PIB-PPA/h : 10 238 $
salaire moyen de 386 euros
Plus de 30% de chômage officiel (beaucoup de travail au noir), 44% de chômage des jeunes.
Championne de l’économie informelle : 40% du PIB.
La corruption est courante (la santé, la justice et la police) ; D’après l’OCDE : 470 € par an et par personne pour accéder aux services

Pour comparaison :
France : 67 795 000 h
PIB-PPA/h : 41 180 $

Pour rappel, les négociations sont déjà en cours avec la Serbie (depuis 2014) et le Monténégro (depuis 2012) pour une adhésion avant 2025.

Il n’y a plus que la Bosnie et le Kosovo de l’ex-Yougoslavie qui restent isolés.

Le principe des vases communicants et de la recherche du confort personnel nous laisse imaginer les futurs flux de populations.

Lien vers l’article du Huffington Post

Bilan des banques centrales

Dans le cadre du QE (Quantitative Easing ou assouplissement quantitatif), on entend « La BCE rachète des obligations d’Etat sur le second marché » (ce qui veut dire qu’elle les rachète à des banques, des assurances et autres investisseurs institutionnels).

En fait c’est juste une figure de style : Les banques centrales de chaque pays chargées de l’opération achètent exclusivement les obligations nationales.

En effet, la part de dette publique détenue par les étrangers est au plus bas depuis dix ans. La Banque de France achète de la dette pour le compte de la BCE.

D’après les dernières statistiques de l’institution monétaire, la BdF est probablement le plus gros créancier de l’État et son poids s’est encore accru. La Banque de France détient un peu moins de 20 % de la dette négociable de l’État, qui s’élève à 1 700 milliards d’euros. Pour mémoire, sa part était inférieure à 5 % à la fin 2014 ». …

En 2014, il y a 4 ans, la Banque de France détenait moins de 5 % de la dette nationale. Nous en sommes à 20 !

En fait si vous pouvez solder votre assurance-vie en euros ou vos fonds communs de placements en euros c’est grâce à de la monnaie de singe imprimée par la BdF pour le compte de la BCE.

Total des actifs de la BCE

Citation

Charles Sannat, éditorialiste de Insolentiae.com :
« Il faudra soit d’énormes efforts collectifs pour redresser la barre de nos finances, et je peux vous dire que les Français sont très loin d’avoir compris ce que signifiait dans les faits redresser les finances publiques, ou alors il conviendra de changer de cadre en retrouvant notre souveraineté monétaire pour rendre les choses plus supportables. L’Allemagne sait très bien qu’elle ne pourra sauver ni la France ni l’Italie, et quand bien même, elle ne le souhaite pas. »

Des nouvelles de Target-2

Rappel : Target-2 est le système de compensation interne à la zone euro.

La monnaie de chaque pays est émise par sa banque centrale. Quand vous avez 10 euros en poche, il y a une ligne équivalente en négatif dans les compte de la banque de France. Si cet argent est dépensé à l’étranger, en Allemagne par exemple, il y a un déséquilibre dans les comptes des banques centrales, et la Banque de France doit 10 € à la Bundesbank pour que les masses monétaires correspondent aux bilans des banques.

Au 1er mars 2018, la Bundesbank continue d’accumuler des créances sur le sud de l’Europe. Elles viennent d’atteindre 923,5 milliards d’euros. C’est un record depuis la création de l’euro. C’est une bombe à retardement, du moins un déséquilibre majeur qui effraie au plus haut point l’Allemagne.

Parallèlement, la position débitrice de la Banque d’Italie se dégrade toujours davantage. Les dettes Target-2 de la Banque d’Italie envers la Banque centrale européenne atteignaient 444,42 milliards d’euros à la fin du mois de février 2018, ce qui correspond également à un nouveau record absolu !

Estonie soumise

La présidente estonienne Kersti Kaljulaid a appelé mercredi 11 avril au déploiement de soldats américains et de missiles Patriot dans son pays, en précisant qu’il était nécessaire de rendre la dissuasion « plausible » face à la Russie.

Elle a estimé que le déploiement de personnels et de matériels américains renforcerait les effectifs de l’Otan déjà stationnés sur place. Une façon de réagir à la position de plus en plus belliqueuse de Moscou. Il est étonnant que la demande de soutien ne soit pas faite à l’UE ou à ses États membres ni même à L’OTAN, mais directement aux USA.

C’est une soumission incompréhensible alors que Bruxelles nous vante une défense européenne.

La poste : Le privé subventionné

En France, la Poste a été privatisée sous contrainte de l’article 106 du Traité de Lisbonne.

La Poste, devenue une société anonyme à capitaux publics depuis le 23 mars 2010, est l’opérateur postal historique en charge du service postal universel en France ainsi que de plusieurs missions de service public additionnelles, dont la mission de présence territoriale.

La mission de présence territoriale de La Poste vise à garantir une forte densité de la présence postale, au-delà des contraintes imposées par l’obligation de service universel, notamment dans les régions rurales. Cette présence est assurée au moyen d’environ 9500 points postaux, avec une substitution progressive de bureaux de poste par des points partenariaux (relais poste commerçant et agence postale communale) qui sont moins coûteux et qui contribuent donc à réduire progressivement le coût de la mission.

Cette mission semble trop lourde pour la société anonyme puisque que la France propose un abattement fiscal à la Poste pour la remplir.

La Commission européenne a conclu que cet abattement fiscal accordé pour la période 2018-2022, d’un montant de 900 millions d’euros, est conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’Etat. Elle sera enregistrée sous le numéro SA.49469 dans le registre des aides d’état.

La logique de la privatisation qui ne peut fonctionner qu’avec de l’argent public est de plus en plus compliquée à justifier.

Soyez certains qu’il en sera de même pour la future SNCF. Les prochains concessionnaires demanderont de l’aide, c’est à dire de l’argent public, pour maintenir les petites lignes.

Petit point sur l’état économique de la Grande Bretagne

Le taux de chômage est à 4,3 % et le taux d’emploi bat des records : 75,3 % contre 65 % en France (la moyenne OCDE étant à 67.8 %). Il s’agit de taux jamais atteints depuis 43 ans ! Le taux d’inactivité est à 21.2 %, le taux le plus bas depuis 1971.

Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) est à 10.7 % contre 16.7 % en moyenne dans l’UE et 26 % en France.

Selon l’Office for National Statistics, au Royaume-Uni les inégalités atteignent leur plus bas niveau depuis 30 ans. Les commandes dans le secteur manufacturier sont à leur plus haut niveau et les employeurs ont du mal à trouver suffisamment de personnel pour faire face à la demande. Même l’indice du bonheur national est à son apogée.

Contrairement aux prédictions, l’économie ne s’est pas effondrée en 2017 et a connu une hausse du PIB de 1 ,4 %.

Plus de 560 000 emplois ont été créés l’année passée, les Britanniques n’ont pas paniqué et ont continué à consommer comme si de rien n’était.

Il est vrai, néanmoins, que la livre sterling a perdu 10 % de sa valeur mais l’exode des banques et des financiers n’a pas eu lieu : on estimait à 100 000 le nombre de départs de la City juste après le Brexit, aujourd’hui, les estimations tournent autour de 3 000.

Les travailleurs européens – très nombreux au Royaume-Uni – sont restés et leur nombre a même augmenté : toujours selon l’Office for National Statistics, pour 1 départ, 7 travailleurs européens sont arrivés. Dans le domaine de la restauration, seulement 33 % des travailleurs sont originaires des pays membres de l’UE.

Si la trajectoire est confirmée, la GB va se détacher et laisser la France loin derrière.

Encore une blague sur la défense européenne

La Croatie a rejoint l’Otan en 2009 et l’Union européenne en 2013. Elle a signé jeudi 29 mars un contrat d’acquisition de 12 avions de chasse américains F-16, achetés d’occasion à Israël, pour un montant de 500 millions de dollars.

Les F-16 américains sont appelés à remplacer les avions de production russe MIG-21 obsolètes de l’armée de l’air croate dont 4 sur 12 restaient opérationnels.

Les premiers F-16 devraient arriver en Croatie d’ici à 2020 et l’ensemble des avions jusqu’en 2022.

En fait, après la Pologne (Black Hawk), le F35 (avion américain très en retard) devrait être livré à la Belgique (projet), au Danemark, aux Pays-Bas et à l’Italie mais aussi au Royaume-Uni et à la Norvège. La défense européenne se dirige doucement vers une extension du complexe militaro industriel des USA et de l’OTAN.

Exemple des avions de chasse en UE :
(* = européen)
415 Eurofighter Typhoon (*)
173 Dassault Rafale (*)
125 Saab JAS 39 Gripen (*)
273 Tornado (*)
144 Dassault Mirage 2000 (*)
148 F-18
396 F-16
68 Mikoyan MiG-29 (–)
18 Su-22
9 F-35 Lightning II (++)

Des salaires plus bas qu’avant la crise dans plusieurs pays de l’UE : (2017 par rapport à 2010)

Grèce : -19,1%
Chypre : -10,2%
Portugal : -8,3%
Croatie : -7,9%
Espagne : -4,4%
Italie : – 4,3%
RU : -2,4%
Belgique : -1,1%
Finlande : -1%

La grande hypocrisie de l’Initiative citoyenne européenne

L’initiative citoyenne européenne a été instituée par le traité de Lisbonne et conçue pour offrir aux citoyens la possibilité d’influer sur les programmes de travail de la Commission.

Une fois enregistrée officiellement, une initiative citoyenne européenne permet à 1 million de citoyens issus d’au moins un quart des États membres de l’UE **d’inviter** la Commission européenne à présenter une proposition d’acte juridique dans des domaines relevant de sa compétence.

Conformément aux conditions de recevabilité, telles que prévues par le règlement relatif à l’initiative citoyenne européenne, l’action proposée doit, pour être acceptée, manifestement relever des attributions de la Commission en vertu desquelles elle **peut** présenter une proposition d’acte juridique, et elle ne doit pas être manifestement abusive, fantaisiste ou vexatoire, ni manifestement contraire aux valeurs de l’Union.

La Commission européenne a adopté le 28 mars son deuxième rapport sur l’application du règlement relatif à l’initiative citoyenne européenne.

On estime qu’à l’heure actuelle 9 millions d’Européens des 28 États membres ont soutenu une initiative citoyenne européenne.

Quatre initiatives couronnées de succès ont recueilli à ce jour plus d’un million de signatures chacune ; la Commission s’est engagée à donner suite à trois d’entre elles.

La Commission oublie de dire que 48 initiatives ont été lancées et enregistrées dont 6 en cours. Cela ne représente que 60% des demandes totales. Sur les 48 initiatives enregistrées, 14 ont été retirées et 24 ont eu un soutien insuffisant.

Parmi les 4 initiatives citoyennes qui ont été soutenues par plus d’un million de citoyens, la Commission a pris des mesures législatives pour faire suite à l’initiative «Stop vivisection» ; En février dernier, elle a proposé une révision de la directive sur l’eau potable en réponse à l’initiative «Right2Water» et, à la suite de l’initiative intitulée «Interdire le glyphosate et protéger la population et l’environnement contre les pesticides toxiques», elle a annoncé une proposition législative visant à améliorer la transparence des études scientifiques et de la prise de décision.

• Right to Water (2012) : rien de concret, l’eau est un marché avec des normes pour l’assainissement.
• Un de nous (2012) (fin du financement des recherches sur l’embryon) : rejetée
• Stop vivisection (2012) : engagée à limiter davantage l’usage de l’expérimentation animale (sans échéance) dans l’UE, mais a jugé « prématuré » de la bannir. Elle n’a donc ni l’intention de présenter une proposition qui viserait à abroger la directive, ni de suggérer l’adoption d’un nouveau cadre législatif.
• Interdire le glyphosate (2017) : proposition législative pour améliorer la transparence des études scientifiques. Donc rien sur le Glyphosate.

Donc la commission se vante alors que le dispositif est coûteux, inutile, anti-démocratique et de pure hypocrisie.

Le seul système démocratique serait qu’une ICE réussie provoque de façon obligatoire un referendum au niveau européen avec un résultat contraignant rendant OBLIGATOIRE un texte de loi mettant en place le résultat obtenu.

Tout le reste n’est que de la poudre aux yeux pour bobos européistes.

 

Vous pouvez nous retrouver en direct tous les jeudis de 21h à 23h sur le Mumble de Canal-citoyen (audio interactif) ou sur la page Facebook de l’association « Les Clés de l’Europe » (vidéo).

Les informations contenues dans cet article (exceptés les liens vers des articles sources) sont la propriété de l’Association les Clés de l’Europe, et par conséquent n’engagent pas l’équipe de Soverain.

Sources : 

Les Clés de l’Europe

Ipso Facto Europa

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