Européennes : l’horizon politique français au plus bas !

Ah Europe, tu nous apportes tant de problèmes… Du coup d’un soir de Zeus, tu es devenue le centre du monde et depuis lors, nous condamnes nous autres européens, à être le sujet de toutes les attentions. Ci et là, dans cette campagne européenne 2019, on se bat en ton nom. À gauche, les drapeaux étoilés sont brandis et l’on ne jure que par ton aura, à droite, les bannières nationales se lèvent et l’on veut te quitter...

La misère intellectuelle des classes politiques te condamne, ma pauvre vieille Europe, à rester dans l’ombre des égos, privée de tes racines, privée de tes fondements. À coups de discours tantôt  technocrates, tantôt affectifs, on ne parle plus de toi que comme un objet de la mondialisation, oubliant la place de Terre nourricière que tu occupas pour nous, Européens.

Vous l’aurez remarqué, la campagne européenne bat à son plein. Alors que nous sommes à moins de vingt jours des élections, les sphères politiques et médiatiques se déchainent sous les regards hébétés du petit peuple, se demandant s’il va aller manifester samedi ou non. La gauche a semble-t-il trouvé son cheval de Troie comme une ultime tentative désespérée pour s’approprier le vote de quelques naïfs et bien pensants boboïsés. Ce sera la « transition climatique » , aka l’écolo-mondialisme bourgeois et pourfendeur de l’agriculture française. Car oui, c’est pas à coups de chaînes de magasins type « Bio c’bon » ou de salons de thés végan qu’on peut espérer agir pour l’environnement. Seulement, quand on écoute parler Raphaël Gluksmann, censé relever le parti Socialiste, on comprend vite que ce dernier ferait mieux de rester à terre. Le trentenaire écolo à la « Canada Goose » transpire l’escroquerie, tant politique qu’idéologique, à très grosses goutes.

Raphaël Glucksmann et Léa Salamé en couverture du magazine « Scoop »

En avançant un poil plus dans l’échiquier, on tombe sur le parti présidentiel. Évidemment, c’est catastrophique. La République en Marche et les idiots utiles du Modem, globalement, cherchent à attirer le même électorat que Glucksmann, les bourgeois mondialisés, en y ajoutant celui des ultra-capitalistes, défenseurs d’une économie toujours plus rentable, donc toujours plus mondialisée. Vous savez, ceux qui ne voient le monde que par le prisme de l’économie libérale, incapables de discerner chiffres et volontés populaires, ceux-là même qui la nuit, rêvent de TAFTA et de CETA[1].

Face à une gauche-centre absolument immonde, on aurait pu espérer que la droite s’en sorte mieux. Mais le tableau, quoiqu’un poil plus lucide, est loin d’être idéal.

D’abord, commençons par racler le bas du panier et nous débarrasser du plus mauvais : Les Républicains. François Xavier Bellamy, prenant ses consignes du ridicule Laurent Wauquiez, n’a pas tenu trois mois avant qu’on s’aperçoive de qui il était vraiment. S’il est vrai que l’agrégé de philosophie a pu flatter nos désirs littéraires à travers des essais écrits avec pertinence, « Les déshérités » par exemple, il a fallu quelques minutes durant lesquelles il a pris la parole, lors du premier débat sur l’Europe animé par France 2, pour que l’on comprenne à quel point l’homme était vide de toute conscience politique. Le programme de LR est d’ailleurs assez ambigüe, à l’heure ou les Français expriment massivement une nette lassitude du modèle européen mondialiste et libéral, le parti de Bellamy ne fait preuve d’aucune volonté de rupture avec celui-ci.

La pseudo-droite mollassonne de Wauquiez et Bellamy peine donc à convaincre et joue un dangereux jeu d’unijambiste en racolant à tous les bars l’électeur prêt à se vendre au plus offrant.

Allez, poussons un peu plus du côté droit pour titiller la fainéantise intellectuelle des cadres de Debout la France, le parti qui se dit « gaulliste », présidé par Nicolas Dupont-Aignan. On a dès lors à faire à un homme qui depuis décembre 2018 jouit d’une exposition médiatique assez inédite pour le représentant d’un parti dont l’influence reste marginale. Devenu régulier des plateaux de BFM TV et CNEWS, le député d’Essonne profite tout autant du relais de la « réinfo-sphère », « TVLibertés » en tête, à qui il a répondu à plusieurs invitations. Et malgré ces appuis médiatiques, NDA ne connait qu’un succès très timide. En effet, sa soumission permanente à l’intelligentsia du politiquement correct français et son manque de charisme probant le condamnent à ne pas dépasser la barre des 5%. Pourtant, le programme politique porté par Debout la France peut se montrer pertinent sur certains domaines, notamment pour ce qui est de la répression judiciaire sur la délinquance juvénile, en pleine explosion en France. En proposant d’abaisser rapidement la majorité pénale à 16 ans, voire à 15 ans, tout en maximisant les peines dans le cas des récidives, Nicolas Dupont-Aignan aurait pu donner quelques grammes d’espoir à un pouvoir judiciaire à l’agonie. Malheureusement, pertinence d’idée ne signifie par compétence politique. Debout La France, à peine lancé dans la course, parait déjà essoufflé et ne va pas au bout de ses « convictions ». Censé rassembler les droites, l’exclusion du CDI de la liste européenne reste en travers de la gorge de beaucoup.

Encore un pas sur le côté droit, et nous voilà au cœur du sulfureux Rassemblement National, inconditionnellement verrouillé par Marine Le Pen à la présidence, et qui n’a d’autres pions à faire valoir qu’un inintéressant Jordan Bardella. Ici, fini l’euroscepticisme, place à l’Europe des Nations[2]. Sur le papier, et malgré la platitude de la tête de liste, le RN peut se montrer un tant soi-peu alléchant pour l’électeur souverainiste que je suis. Effectivement, l’alliance avec Salvini ou le soutien politique aux Brexiters d’outre-manche font figure de positions pertinentes sur des problématiques européennes majeures. Toutefois, il semblerait que la personne de Marine Le Pen soit le véritable obstacle à un réel succès électoral du Rassemblement National. Car tout le monde le voit, la fille Le Pen refuse d’assumer l’héritage qui pèse sur ses épaules, celui que lui a  légué de gré son père, Jean-Marie. De plus, le RN s’appuie avant tout sur une base populaire, qui commence à s’agacer des facéties financières internes au parti, portées par des cadres aux salaires astronomiques ! Et puis bien sur, on s’esclaffe de mépris quand Mme Le Pen, interrogée sur la thématique du grand remplacement, répond : « Je ne connais pas de grand remplacement ». Sans revenir sur l’évidence démographique actuelle de l’Europe, dont la population native ne fait plus d’enfants et connait de plus en plus des problèmes de fertilité, nous rappelons que le maladroitement nommé « grand remplacement » n’est rien d’autre que le fruit des propos de l’ONU, prônant pour le coup une « migration de remplacement » pour combler le « déclin et le vieillissement des populations européennes »[3].

Il est donc assez cocasse de voir Marine Le Pen ouvertement ployer le genou face aux chevaliers de la bien-pensance, et donc leur offrir un soutien dans leur éternel combat visant à balayer toute pensée contradictoire. Bien sur, le RN communique d’une manière catastrophique et n’est jamais là ou on aimerait qu’il le soit, préférant bien souvent, polémiquer sur des histoires futiles et politiciennes.

Enfin, sans vraiment savoir ou les placer, nous touchons aux partis du Frexit, et constatons que la représentation électorale de l’idée reste bien mince. L’UPR de François Asselineau et Les Patriotes de Florian Philippot, à eux deux, ne dépassent par les 9% d’intentions de vote. Si la toute récente gesticulation du dernier et sa croisade pour trouver un allié à de quoi faire rire, les propos outranciers du premier font assez peur ! M. Asselineau semble avoir trouvé un moyen pour faire parler de lui : balancer des énormités historiques et les faire passer pour vérité. Ainsi, l’énarque cherche depuis quelques mois à propager la mensongère idée selon laquelle les Français seraient, culturellement et historiquement, plus proches de l’Afrique francophone ou du Magreb Arabo-musulman que des « Lituaniens et Estoniens » censés représenter toute l’Europe. Pour faire court, Asselineau cherche à donner du crédit idéologique au Frexit, ce qui n’est pas une mauvaise idée. Mais arguer d’un prétexte aussi fallacieux, à l’heure ou le peuple français exprime tout son ras-le-bol de l’immigration extra-européenne propageant sa propre culture, à l’heure ou les peuples africains, les vrais, ceux qui y vivent, expriment tout leur ras-le-bol de l’ingérence de la France dans leurs affaires, témoigne d’une nette déconnexion avec les sentiments nationaux. Asselineau pense naïvement que les Français n’aiment pas l’Europe, alors qu’ils n’en aiment pas l’élite. Il est évident que nous autres Français, avons bien plus en commun avec l’Allemagne, la Grèce ou l’Italie, avec qui nous partageons plus de mille ans d’Histoire, qu’avec des Pays dont les cultures, les religions, les habitudes sociales sont paradoxalement opposées à un modèle européen de paix et de civilisation communément acquis sur le Vieux Continent. Quoiqu’il en soit, les Français ne sont pas dupes de l’erreur idéologique d’Asselineau, qui semble plus être le gourou d’une secte dont les idées peinent à convaincre la masse.

Europe, fille d’Agenor. Notre mère à tous.

Ô Europe, pardonne nous donc de ne plus savoir honorer ton nom… Tu es avant tout une Terre, celle-là même qui a nourri les bouches de millions de celtes, germains, latins, grecques et danois… Celle-là même qui a vu naître l’idée de Nation : France, Angleterre, Autriche, Pays-Bas… Puis celle-là qui se fait berceau de la civilisation, défenseur du progrès, qu’il soit social, militaire ou scientifique. Puis dévastée par deux guerres les plus dramatiques de ton Histoire, tu es désormais muselée. Berceau de l’Occident, coupable de ton passé tout-puissant, tu sembles aujourd’hui condamnée à mourir dans le silence et la complicité de toute une caste de politiques plus incompétents les uns que les autres.


[1] Traités ultra-libéraux de libre-échange commercial. Ces traités ont suscités de vives polémiques, menaçant les principes démocratiques, l’agriculture française, ainsi que nos produits alimentaires quotidiens. Pour en savoir plus : CETA et TAFTA : les traités transatlantiques menacent nos choix démocratiques.

[2] ENL : parti politique européen dont fait parti le RN et militant pour une « Europe des Nations ».

[3] Document de l’ONU préconisant une « migration de remplacement »





À l'attention de nos lecteurs:
  • Cet article a été rédigé par un membre de la communauté de Soverain. Il est possible que son contenu soit orienté, voire militant, en faveur d'un parti ou d'une couleur politique; ces articles sont en effet autorisés dans la Tribune libre. Néanmoins, la véracité des faits annoncés a été vérifiée par l'équipe de modération. N'hésitez pas à commenter et à partager vos impressions avec la communauté !
  • Cet article est soumis à la licence [Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International], vous pouvez donc le reproduire à des fins non commerciales.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.