Dans quelle direction vont les Verts ?

Ce dimanche, la toile s’enflamme lorsque paraît une interview de Yannick Jadot pour le magazine Challenges. Le titre indique que Jadot souhaite « incarner l’écologie de gouvernement, favorable à la libre entreprise et à l’économie de marché », et à travers l’URL, l’on devine l’ancien titre : « Jadot nouvel apôtre écologiste du ni-droite ni-gauche ». Cette ligne indépendante avait déjà été portée par Antoine Waechter lors de l’élection présidentielle de 1988, mais avait été abandonnée au profit d’une écologie qui serait forcément à gauche. Pour autant, Waechter ne soutiendra pas Yannick Jadot cette année.

Son explication à ce discours, il l’avait déjà donnée lors de son passage chez KTO TV : selon lui, ni la droite de 2007 à 2012, ni la gauche de 2012 à 2017 n’ont su prendre au sérieux les enjeux écologiques.

Il assure aussi distinguer un pôle « productiviste » engluant le PS, LR et LREM, un pôle « populiste » regroupant la France insoumise et le Rassemblement national, et le pôle écologiste autour de sa candidature. C’est alors qu’il indique pourtant… qu’il est « favorable à l’économie de marché », celle-là même qui est le terreau du productivisme. La même tête de liste des Verts annonce, le jour même, continuer de prôner un protectionnisme vert, chose qui donnerait certainement à Pierre Moscovici l’envie de le traiter de nationaliste. L’on observe donc plusieurs illustrations d’un « en même temps » comparable au style macronien, avec en prime un abandon de la gauche et de la droite, et un arrêt assez flou du soutien au mouvement des gilets jaunes.

Ce dernier sujet divise encore le parti entre les partisans de Jadot, et ceux de Michèle Rivasi, qui n’appelle pas à manifester mais continue de soutenir le mouvement spontané.

Par ailleurs, l’on a appris par un communiqué que l’Alliance écologiste indépendante, de Jean-Marc Governatori, avait acté une candidature commune avec Europe Ecologie Les Verts. Le même Governatori qui devrait financer la liste de gilets jaunes de Francis Lalanne.

Alors, les Verts veulent se voir rallier les déçus du macronisme, tel Matthieu Orphelin? Avec un tel discours, le nom du parti devrait s’arrêter à « Europe », parce que c’est le mot qui revient le plus dans la bouche de son leader, et que le lecteur avisé de Soverain connaît les entorses que les traités européens infligent à l’écologie.

Une chose est sûre ; c’est que le libéralisme, et le poids des lobbies sur la chose politique, ont été les raisons du départ de Nicolas Hulot du gouvernement.

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