COVID-19 : Qui est en guerre contre qui ?

Voilà maintenant un mois que « nous sommes en guerre », du moins selon les dires de Macron. Oui, mais qui est en guerre contre qui au juste ? La France est en guerre contre un virus ? Depuis quand un virus mute-t-il en chevalier de l’apocalypse ?

Qui est ce « nous » en guerre ?

Ce dernier mois, nos chers politiciens n’ont pas lésiné sur le champ lexical de la guerre. S’armant de leurs mots les plus forts, certains comme au gouvernement parle de ceux qui sont « au front » ; d’autres décrivent la situation en réanimation comme relevant de l’indicible, digne d’hôpitaux en temps de guerre ; et d’autres encore, comme Jean-Pierre Chevènement, vont jusqu’à comparer la situation actuelle à la Grande Guerre, exhortant le pouvoir à constituer un « gouvernement de salut public » pour affirmer l’Union sacrée qui s’impose en temps meurtrier.

Mais de qui se moque-t-on ? Est-il simplement décent de mettre le bilan de la crise sanitaire actuelle en perspective avec celui de 14-18 ? Non, c’est une honte. Ce ne sont pas moins de 1,7 millions de Français qui sont morts à cette occasion, et plus de 4 millions de blessés, que l’on compare avec nos 17000 morts le 16 avril. Juste cent fois plus, donc trois fois rien, n’est-ce pas ?! Tandis que nos aïeuls enduraient la privation dans les tranchées, les gaz allant du toxique au mortel que les Allemands s’étaient permis d’utiliser en dépit du traité de La Haye, qu’ils allaient au devant du danger en se demandant quel organe ils préféraient y perdre pour faire partie des blessés rapatriés plutôt que des morts, qu’ils en venaient parfois à boire leur propre urine au milieu des rats lorsque la livraison d’eau faisait défaut, le front d’aujourd’hui serait des hôpitaux mieux équipés que l’arrière d’alors ? Oui, la comparaison s’arrête là, d’autant plus quand on voit la démonstration de force de notre armée : quelques unités de patients transférés par le ciel, des tentes montées en une semaine, et un Président satisfait du résultat. Une véritable farce dont on pourrait rire si elle ne venait salir la mémoire de nos arrières-arrières-grand-pères.

Cette mise en perspective, aussi affligeante puisse-t-elle être, n’est pas le fruit du hasard. Nous l’avons à maintes reprises constaté, Emmanuel Macron n’en à rien à faire du Français moyen, rappelons-le : il s’agit de quelqu’un « qui n’est rien ». Il y a une chose qui a beaucoup souffert avec cette crise, qui est en maintien de vie artificielle et qui est cher aux yeux du Président et de sa clique : les actions du monde financier. L’avenir nous dira si les aides d’État parviennent à les réanimer, mais jusqu’ici c’est bien sur ce plan que les dégâts enregistrés ont semblé colossaux et que les murs ont tremblé. Si certains ont sans le moindre doute profité de la crise pour s’enrichir plus que jamais, on ne peut nier que nos riches actionnaires ont vu leurs richesses tomber dans le coma de manière brutale.

Ce « Nous », ce n’est donc pas les Français qui affrontent collectivement une grippe violente, mais le monde des amis de Macron, celui de la finance et des gens qui n’en ont cure du Français divers. Une France victorieuse ne sera pas celle qui aura vaincu le virus, mais celle qui aura renoué avec la croissance et remonté le cours de ses actions : nous y arrivons, petit à petit, au fur et à mesure que les plans massifs de soutien se succèdent.

Pour qui ce « nous » est-il en guerre ?

Il convient dès lors de s’intéresser à la gestion de la crise faite par le gouvernement. S’il est malaisé pour les politiciens de l’opposition de ne point critiquer en vertu d’une union nationale dont la nécessité est plus que douteuse, les Français, aussi abreuvés des médias qu’ils soient en ce temps de confinement, ne sont pas pour autant crédules à propos des énormités qui leurs sont assénées. Ils ont sans doute bien observé un gouvernement qui ment sur les masques qui étaient inutiles puis finalement non ; qui ment sur un pic épidémique la semaine prochaine puis non plutôt la semaine d’après quoique oui c’était bien le week-end dernier et puis finalement qui devient un plateau ; qui ment sur un essai Discovery (n’appliquez pas le protocole Raoult, attendez Discovery voyons, c’est pour bientôt !) qui lui aussi chaque semaine donnera ses résultats dans les jours qui viennent ; qui ment sur une explosion du nombres de malades en Afrique qui n’arrive pas (comme si un continent qui lutte contre les virus en permanence et qui a vaincu Ebola n’était pas plus capable que nous). Et surtout qui ment sur l’état de l’épidémie en laissant penser qu’un virus (qui par définition survit grâce aux hôtes qu’il infecte) continuerait de circuler sur le territoire alors qu’il n’existe à cette heure probablement plus que dans les hôpitaux après un mois de confinement qui est supposé avoir endigué la propagation.

Eh bien, tout va bien alors ! Repartons de plus belle avant que les dégâts infligés ne deviennent trop lourd ! Déconfinons prestement voyons, du moins les régions où les cas sont minimes ! Mais enfin, pour quoi faire ? Quel intérêt à déconfiner au plus vite, ou disons-le mieux : quels intérêts peut-on servir en déconfinant au plus tard ? Celui qui gagne la guerre continue de se battre, il ne se rend pas mais projette l’usage qu’il fera de ses nouvelles possessions. Face au choc d’un début de crise brutal, ou bien volontaire tant il est grotesque d’avoir maintenu les élections municipales le dimanche 15 mars ou bien démontrant que nous sommes gouvernés par des incapables, le gouvernement a géré la crise dans la sidération. Mais cela ne peut durer, et il est évident que l’amateurisme des premiers jours a laissé place à la stratégie politique : c’est bien normal.

C’est donc habilement que le report de deux semaines a laissé place au report d’un mois alors même que les hôpitaux seront probablement vides les deux dernières semaines suite au confinement des Français. Habilement, là aussi, que l’on s’en réfère à des tests massifs pour les cas symptomatiques, c’est-à-dire presque personne puisque le virus est supposé être endigué par le confinement. Tout autant avec un vaccin qui n’existe pas mais dont on nous loue déjà les mérites sans jamais questionner son utilité bien qu’il nous coûtera un bras ou n’existera jamais, ou encore un confinement qui continue dans les régions où le nombre de cas est dérisoire pour ne pas dire grotesque. Et qu’un conseil scientifique qui selon le Pr Raoult ne fait pas de la science mais de la politique a été constitué et s’alarme de tout. Et que l’on a mis plus de 3 semaines pour faire le constat que ce Français quelconque tombant en service de réanimation sans avoir des antécédents ni être âgé, faisant partie des 50 % du lot ayant moins de 60 ans, est en surpoids : c’est vrai que ce n’était pas facile à voir, ils ne représentent que 83 % des patients en réanimation, et pire encore pour les obèses qui représentent 45 % à 50 % des patients en réanimation bien que formant environ 18 % de la population française. Et que l’on ne rappelle pas beaucoup que l’âge moyen des décès en France est de 81 ans.

Rien n’est laissé au hasard, et la propagande médiatique, digne d’une guerre je le reconnais volontiers, a si bien fait son travail que la dénonciation par les uns des autres qui ne respectent pas scrupuleusement le confinement bat son plein, et qu’ayant pris goût à vivre aux frais de l’État sans travailler certains jugent fou et honteux de déconfiner avant d’être sûr que le virus soit rayé de la surface de la Terre. Le violon ne cesse de jouer dès que l’on parle de l’Union Européenne, qui bien qu’elle détruise à petit feu la France depuis 30 ans, s’arroge toutes les vertus du monde : en témoigne la fermeture des frontières européennes pour nous protéger comme si une réponse nationale ne ferait pas l’affaire, ou bien ces prêts pour refinancer l’économie comme si nous ne pouvions, comme le Royaume-Uni l’a fait, revenir au moins provisoirement à un modèle usant de la création monétaire au service de la reconstruction de la nation. Aussi minable la gestion de la crise par l’UE puisse-t-elle être, c’est une image sérieuse et aimable que l’on nous en renvoie, ce qui nous donne une idée de ce qui pourrait être le véritable adversaire dans cette fameuse guerre.

Contre qui ce « nous » est-il en guerre ?

Si le fait de nommer le COVID a généré toutes sortes de réactions pour exposer le moins possible les populations, il est désormais criant que face au peu d’ampleur de la crise (rappelons que chaque année environ 600 000 français décèdent) le gouvernement fait sciemment perdurer la situation, du moins jusqu’à ce que les chiffres puissent laisser penser que cela est justifié. Chaque jour qui passe, les finances de l’État plonge toujours plus profondément et l’endettement devient colossal, mais c’est pour votre bien ! Enfin non, pas vraiment. Pas du tout en fait.

Car tandis que l’on barricade le pays et que l’on s’endette massivement pour, disons-le avec impertinence vu que c’est le bon lieu pour le faire, sauver nos vieux et nos gros dans deux régions de France en confinant tout le pays plutôt que seulement eux, ce sont d’innombrables entreprises qui font face à des difficultés. Pour cela, l’État aide : chômage partiel et report de charge, insuffisant mais c’est bien la moindre des choses vu qu’on leur empêchait d’exercer. Il s’agit donc de s’endetter non pas pour les prévenir de la faillite mais pour financer la mise en pause de leur activité.

Mais cela ne s’arrête pas qu’aux entreprises : l’État n’aide pas, il arrose. D’abord les personnels hospitaliers, oui cela est bien normal ils travaillent beaucoup en ce moment. Puis la police, on se demande bien en vertu de quoi, c’est déjà bien discutable. Puis une allocation pour payer la nourriture des pauvres qui ne peuvent plus manger gratuitement dans les cantines scolaires : délicate attention de la part d’un gouvernement qui n’en a jamais rien eu à faire d’eux. Et maintenant une prime pour les fonctionnaires mobilisés : travailler n’est donc plus quelque chose de normal ? Visiblement non, puisque l’on parle maintenant d’une prime pour les caissières (pour le moment payée par l’employeur mais bien défiscalisée) et que des élus socialistes ressortent le salaire à vie. Dans ce qui semblait être un rapport de force équilibré, c’était les syndicats qui réclamaient des primes et des revalorisations salariales de la part de l’employeur, syndicats qui d’ailleurs préfèrent passer plus de temps à jouer à la politique plutôt qu’à réclamer qu’on leur redonne la place qu’ils occupaient. Maintenant, méthode En Marche oblige, l’État n’écoute pas les syndicats quand ils gueulent mais donne quand il juge que c’est juste, il n’a besoin de personne pour rendre justice, il a toujours raison, et ça ne dérange personne !

Il a tellement raison sur tout qu’il juge donc opportun de prendre son temps et de donner de l’argent n’importe comment à n’importe qui. Mais cet argent que l’on distribue, c’est celui qu’on nous prête et qu’il faudra rendre. Car ne soyons pas dupes : si les dettes stagnent c’est de l’austérité que l’on subira pour les rembourser et payer les intérêts, et si nous la refusons ce sont nos épargnes qui en subiront les conséquences. Notre épargne est donc tout simplement prise en otage : c’est formidable, le chantage est en place il s’agit maintenant de vendre les bijoux de famille aux voyous de la finance. Voilà une crise dûment exploitée !

Reste à voir ce qui va être réclamé dans les années qui viennent, car ne nous y trompons pas, étant donné les taux de déficit public et d’endettement actuels, relativement similaires à ceux qu’avait pris en main Tchatcher en son temps, nous pouvons nous attendre à un mouvement massif de privatisations et de perte de souveraineté dans beaucoup de domaines. Notons que nous ne sommes déjà pas très souverains car appartenant à l’UE, et qu’en distribuant de l’argent tous azimuts ce sont nos biens qui perdent en valeur : non seulement l’argent gratuit n’achète que des choses qui ne valent rien, mais il dévalue celle de ce que l’on possède et que l’on s’est procurées en travaillant.

Ce confinement est aussi l’occasion d’imposer toute sorte de nouveautés : éducation à distance et e-learning dont la qualité est médiocre mais pour laquelle la situation fera office de précédent, début de disparition de l’argent liquide au profit du sans contact, télé-médecine, droit du travail allégé, flicage par drone, surveillance de masse pour l’heure sur la base du volontariat, mais la reconnaissance faciale était déjà en développement à l’échelle européenne, il s’agit simplement de continuer à avancer petit à petit… Sans parler d’un véritable test de soumission à l’autorité, car si les « quartiers perdus de la république » ne sont pas concernés, c’est un exercice d’une rare sévérité auquel les Français ont fait face : c’est une amende qui tombe si l’on fait du vélo, une autre si l’on se contente d’aller chercher son pain à pied, ou pire encore le survol des plages en hélicoptère au cas où le seul cas testé positif du coin ne vienne propager son virus sur la plage.

Conclusion

C’est donc (possiblement bien sûr car il n’est pas non plus déraisonné de penser que tout ce qui se passe puisse s’inscrire dans une logique suivant des pensées complexes) contre nous que Macron et les intérêts qu’il représente est parti en guerre. D’abord pris de court par ce qui s’annonçait comme étant une crise sanitaire à l’ampleur incertaine, il a très rapidement compris comment gérer l’affaire pour en tirer le plus gros bénéfice possible, à nos dépens naturellement. La France, déjà soumise à l’UE et aux mains d’un voyou, va continuer à se faire dépecer comme jamais pour rembourser des dettes méthodiquement gonflées. Les Français peuvent s’enivrer de toutes ces primes offertes sans travailler, la gueule de bois sera probablement très raide. Mais elle devra être l’occasion de remettre chaque entité à sa place pour repartir de bon pied et que chacun enlève son masque (qui nous fait défaut au passage…) : les entreprises qui produisent pour nous le font chez nous et non dans un autre hémisphère, les médecins en médecine et non dans un conseil scientifique politisé, les étrangers illégaux hors de France et non à errer dans les rues de Paris, la finance à la bourse et non dans notre gouvernement, les syndicats auprès des salariés et non dans la politique, les politiciens en politique et non dans la gestion des entreprises qu’ils apprécient, le peuple Français en France, ne cherchant pas à être « citoyens du monde », et les petits cons qui donnent leur avis sur internet au boulot et non confinés chez eux (sauf chez Soverain bien sûr).

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