Un Jules César à l’américaine ? La révolution conservatrice de Tucker Carlson

Article paru sur The Unz Review, traduit par Soverain

Depuis la fin de l’automne 2016, les Démocrates et d’autres personnes de gauche ont qualifié le président Donald J. Trump « d’anormal » et de « menace pour la démocratie ». Bien sûr, ce sont des foutaises de la pire espèce. Les mêmes personnes qui fustigent Trump pour son supposé « autoritarisme » sont les mêmes qui ont créé l’oligarchie américaine moderne. Tucker Carlson, le populaire éditorialiste de Fox News avait écrit le plus brillant et le plus avant-gardiste article sur le phénomène Trump : « Donald Trump est choquant, vulgaire, il a raison | Et mes chers compatriotes, tout est de votre faute, Tucker Carlson, par Politico, 28 janvier 2016″.

Ship of Fools, le nouveau livre de Tucker Carlson

Cela avait déjà été écrit, notons-le. Le triomphe à deux chiffres de Trump lors des primaires du New Hampshire a toujours été annonciateur. Aujourd’hui, Tucker Carlson s’attaque à la classe oligarchique américaine dans le livre qu’il vient de publier : Ship of Fools (Comment une classe dirigeante égoïste mène l’Amérique au bord de la révolution).

Pour Carlson, la pourriture morale et sociale aux États-Unis vient du sommet, là où les Démocrates et les Républicains maintiennent le pouvoir des élites impopulaire. Carlson compare cette élite américaine à des capitaines ivres aveugles conduisant un navire en train de couler. Pire encore : le fait que, conformément à ce parallèle nautique, « Quiconque signale les conséquences de ce qu’elle fait[l’élite] se fait quereller. » Gavin McInnes (banni de Twitter) et Alex Jones (banni de partout) en conviendront.

Ship of Fools n’est pas une apologie du Trumpisme. En effet, Carlson qualifie Trump de « vulgaire et ignorant ». Mais il souligne à juste titre que Trump « n’a pas envahi l’Irak ni renfloué Wall Street. Il n’a pas abaissé les taux d’intérêt à zéro, n’a pas ouvert les frontières, n’est pas resté silencieux pendant que le secteur manufacturier s’effondrait et que la classe moyenne mourait. » En fait, Donald J. Trump n’est pas un politicien américain moyen. Dieu merci.

Dans la plupart de Ship of Fools, le coeur de Carlson semble battre pour le centre gauche. Certains utilisateurs impertinents de Twitter pourraient même qualifier son dernier livre de « national-bolchévisme ».

Pourquoi ? Et bien parce que Ship of Fools dénonce le capitalisme financier et la classe qui a constamment récolté les bénéfices économiques du labeur des travailleurs Américains sans rien apporter de concret au corps politique américain. Les Démocrates furent le parti des populistes comme Huey Long et Al Smith.

Mais Carlson souligne que « le Parti démocrate est maintenant le parti des riches. » Plutôt que de s’en prendre aux très riches comme Jeff Bezos d’Amazon ou Tim Cook d’Apple, la gauche américaine moderne tombe complètement sous le joug de l’argent et du pouvoir des grandes entreprises. Cela nuit à tous les Américains qui ne se situent pas dans les tranches de revenu supérieures.

Tucker Carlson s'interroge sur la diversité dans son émission Tucker Carlson Tonight

Les Républicains ne valent pas mieux. Ils restent attachés à l’idée d’être le parti des affaires, et en tant que tels, de nombreux élus républicains soutiennent l’idéologie sans frontièriste parce que cela fournirait à leurs mécènes une main-d’œuvre à bas coût et en croissance constante. Cet appui se faisant au détriment de la colère de la majorité des électeurs Républicains.

En somme, les deux partis ont renoncé aux travailleurs américains autochtones. Et, à partir de 2016, ces travailleurs ont commencé à reculer devant les urnes.

Si Ship of Fools est un livre sombre, il est également bien meilleur que l’habituel couvert servit par les experts de Fox News. Carlson y raconte des vérités inconfortables et aborde des sujets qui, jusqu’à tout récemment, n’étaient considérés que par des « marginaux d’extrême droite » (tel VDARE.com).

Prenons par exemple le déplacement des Américains blancs, en particulier des Américains blancs de la classe ouvrière. L’Amérique est une nation de 200 millions de blancs. Ces blancs, de souche, paient plus d’impôts, fournissent la majorité des soldats, navigateurs, marines et aviateurs à l’Amérique, et sont les descendants des bâtisseurs de ce pays. Pour ce travail acharné et cette loyauté, les rédacteurs en chef, d’origines étrangères, du New York Times tweetent « #CancelWhitePeople« , des hordes d’antifas encouragent le déplacement des indigènes blancs, alors que l’élite politique ne fait rien pour lutter contre la hausse des décès et des suicides par overdose dans le midwest, le nord-est rural et le sud. Comme le prévient Carlson, « La politique identitaire blanche ne sera qu’une réponse à un monde dans lequel la politique identitaire est le seul jeu qui soit. »

Et, au fur et à mesure que le ressentiment anti-blanc augmente et qu’ils sont rétrogradés du statut majoritaire, Carlson prédit que des groupes d’intérêt blancs se formeront et se muscleront quand ils se sentiront le dos au mur.

À plusieurs reprises dans Ship of Fools, Carlson pleure sincèrement la perte du Parti de gauche-libérale de son enfance. Il s’ennuie des environnementalistes qui se souciaient des déchets, et non de cette chose abstraite appelée changement climatique. Il regrette la gauche qui pleurait sur l’injustice du monde plutôt que de se lamenter sur ordre des élites et délire devant elles. Sans une gauche honnête, l’Amérique pourrait sombrer davantage dans une anarchie tyrannique menée par les entreprises, un endroit où les celles-ci contrôleraient la liberté d’expression et où seul un petit nombre de personnes profiterait des avantages de l’économie moderne et high-tech.

Ship of Fools se termine par un avertissement : ou vous pratiquez la démocratie, ou bien soyez prêt pour un régime autoritaire.

« Pour survivre, les démocraties doivent rester égalitaires », affirme Carlson. « Quand le butin semble s’accroitre, la majorité se révolte en signe de protestation. »

Le fait que les démocraties soient instables et sujettes à l’autodestruction est explicité dans cette critique de la classe dirigeante de l’Amérique. Dans l’Amérique moderne, l’élite ne s’occupe pas de la population, une stigmatisation raciale cynique est utilisée pour gagner des suffrages au détriment de la paix interne, et les hypocrites comme Max Boot et William Kristol sont toujours adulés dans les médias principaux malgré leur réputation désastreuse pour avoir encouragé des erreurs militaires qui firent des milliers de victimes américaines. (Sans parler de leur opposition fanatique à Trump, malgré sa victoire à la présidentielle où leurs protégés McCain et Romney ont échoué de façon ignominieuse). Ship of Fools note que c’est précisement à cela que ressemble un empire dans ses derniers jours.

En ce sens, les élites ont peut-être raison de qualifier le président Trump de populiste. Après tout, Jules César a donné au commun des mortels l’ordre, la sécurité et le pain face à un système froid et stérile. En tentant de démanteler le consensus de l’élite, Trump, le « Trumpisme » et « l’America First » ne seraient peut-être que les premières entrées dans une nouvelle ère d’un « césarisme » entièrement américain.

Il ne nous reste qu’à être aussi chanceux !

Jake Bowyer


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