Un Instant de France #10 – la guerrière de France

 

«  Et je la vis, son destrier gravissant peu à peu les marches de la cité fortifiée. La fumée obscurcissait le ciel, le faisant devenir cauchemardesque bien que la longue nuit touchait à sa fin. Ils s’étaient bien défendus, mais, tout comme sa présence semblait chasser les ténèbres autour de nous, notre guide les avait boutés de nos terres à la gloire de notre Seigneur et de notre souverain. Personne ne vit détermination plus grande que dans ses yeux quand elle brandissait notre étendard immaculé au sein de la mêlée. Cette nuit de feu et de fureur était notre, mais la guerre était loin d’être terminée ou gagnée. Cette longue nuit allait encore voir nombre de valeureux guerriers tomber au nom de notre patrie, mais chacun savait qu’une seule personne se tiendrait debout, jusqu’au bout du combat. Car telle était sa façon d’être. Car telle était, celle que l’on nommait la Pucelle d’Orléans. Car telle était Jeanne d’Arc, celle qui chassait les ténèbres autour de nous.  »

Statue de Jeanne d’Arc à Compiègne

Avant de raconter qui était Jeanne d’Arc, il est important de rappeler ce qu’elle représente aujourd’hui. Pour beaucoup, Jeanne est la France. Elle symbolise le courage du simple français, face à l’envahisseur. Nous pourrions raccrocher ce symbole à Astérix, sauf que l’un est un personnage fictif alors que Jeanne a bel et bien existé. La bravoure dont elle a fait preuve face à l’ennemi et son dévouement à sa mission sont admirables et on aime à penser que nos grands héros français sont dans ce logiciel. C’est avant tout un symbole de résilience, de résistance. Ce dernier mot possède une consonance étrange pour chaque Français qui aime la France. Oui, l’histoire de France est jonchée de héros qui ont refusé de se soumettre. Il est donc naturel de voir que nous avons créé des héros fictifs avec cette qualité première. Et quel meilleur exemple de ces héros réels, que Jeanne d’Arc, la sainte pucelle. Nous ne parlons pas d’un Général de Gaulle, qui avait un entrainement à la guerre, nous ne parlons pas d’un Jean Moulin qui avait également un entrainement militaire. Nous ne parlons pas de Vauban qui, toute sa vie, s’est battu pour créer des forteresses imprenables pour défendre son pays  : la France. Non. Nous parlons d’une jeune femme sans entrainement militaire, sans grande vie, sans passé glorieux. Nous parlons d’une jeune femme qui a empoigné l’épée pour sauver le royaume de France. Sans même évoquer Dieu ou des voix qu’elle entendait ou non. Nous parlons du simple fait qu’elle a eu le courage de se soulever.

D’une règle générale, Jeanne d’Arc est une figure qui transcende les mentalités des Français. En effet, il est plutôt rare qu’un Français insulte la Pucelle. C’est impensable et pour cause, elle est l’une de nos plus grandes héroïnes, voir la plus grande figure de notre histoire. Les brumes d’ignorances qui recouvrent cette période accentuent encore plus cette femme, la faisant passer du statut d’héroïne réelle à une stature plus épique, plus mythique. Il est donc tout naturel de considérer cette simple femme, comme le plus grand symbole de la France. Cette simple vérité fait d’ailleurs passer certains discours de féministes extrêmes comme dérisoires, mais passons. À mon sens, pour comprendre pourquoi on est arrivé à un tel niveau d’admiration de la Pucelle, il faut comprendre le peu que nous savons sur sa vie.

Statue de Jeanne d’Arc à Paris

C’est en l’an de grâce 1429 que Jeanne d’Arc arriva à Orléans, accompagnée par un simple convoi de ravitaillement. Nulle armée ne lui fût confiée et pourtant, sa simple présence et sa foi inconditionnelle réussirent à redonner une rage de vaincre aux soldats français qui subissaient le siège anglais. Cette énergie nouvelle, qui força l’armée anglaise au repli dans la nuit du 7 au 8 mai, fût insufflée par une humble paysanne née à Domrémy vers 1412 et qui fût investie d’une mission divine  : remettre Charles VII sur le trône de France et bouter l’envahisseur anglais du territoire. De son arrivée à Chinon, pour y rencontrer le Dauphin le 25 février 1429, jusqu’à son arrestation et procès pour hérésie dans le château de Rouen, jamais la libératrice d’Orléans ne perdit sa foi. Cette foi qui avait donné tant de victoires à la France, Jeanne d’Arc la garda précieusement. Elle ne faiblit pas, même en ce jour du 30 mai 1431 où elle fût brulée vive sur le bûcher. Voilà le récit d’une femme qui n’a jamais trahi ses convictions ou son pays. Entrant dans l’histoire, sa légende perdure encore aujourd’hui jusqu’au point d’être encore le symbole de la France ne ployant jamais le genou.

C’est en connaissant tout ceci, et en aimant l’histoire de France, qu’un tel acte, comme celui de la Ligue de défense noire africaine, ne peut être toléré. Les insultes, qu’ils ont proféré envers une grande femme de notre nation, ne doivent pas être excusées ni être excusables. Ils haïssent Jeanne d’Arc pour une simple raison, qu’ils disent eux même d’ailleurs  : elle est un symbole de la France. C’est donc une attaque envers la France. Sous couvert de vouloir dénoncer BHL ou même N.Sarkozy, ils osent attaquer notre sainte Pucelle. Qu’est-ce que vous attendez  ? Vous pouvez accepter cela au nom de la liberté d’expression à outrance  ? Un appel à la haine de la France et à ses symboles  ? Et nous ne parlons pas d’artistes ici, nous parlons bien de militants anti-France et anti-Français. Nous parlons de gens qui crachent sur nos valeurs, qui crachent sur notre histoire et qui crachent sur nos ancêtres. Ces ancêtres qui, comme Jeanne d’Arc, comme les Résistants et bien d’autres, ont donné leur vie pour que vive la France. Car Jeanne d’Arc c’était cela  : l’image de la France qui ne ploiera jamais le genou face à la menace et à l’intimidation. Elle est morte pour que la France reste la France. La Résistance française a donné ses courageux fils pour que la France demeure la France. Et ces individus, sous couvert de dénoncer, d’être des gens racisés, viendraient insulter nos morts  ? Vous savez, on disait à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, que ceux qui avaient aidé les Allemands par leur silence étaient tout aussi coupables que les collabos. Aussi je me demande une simple question  : allez-vous insulter, tout comme eux, Jeanne d’Arc et nos morts, en défendant ces appels à la haine et ces insultes, au nom de la liberté d’expression  ?

«  Sur l’amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n’en sais rien, mais je suis convaincue qu’ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre.  »

Jeanne d’Arc à son procès en l’an de grâce 1431, le 15 mars.

Écrivain, amoureux de l’histoire de la France et gamer à ses heures perdues. Curieux personnage que voici, vagabondant d’un genre à l’autre, d’une idée à une autre, ne se ralliant qu’à ceux qui aiment la France.