Si nous en sommes là, c’est car les Remainers ont collaboré avec l’UE pour empêcher un accord convenable

Quelle expérience extraordinairement déprimante que d’être contraint de voir, à 12 000 milles de distance, les contorsions et les machinations de la classe politique britannique s’apprêtant à renverser la décision prise par le peuple britannique de quitter l’Union européenne.

Les pages de journaux comme The Guardian regorgent d’articles d’ « experts constitutionnels », explorant les diverses manières obscures dont les soi-disant « démocrates » pourraient manipuler les règles et pratiques constitutionnelles et parlementaires afin de déjouer la volonté du peuple en empêchant un Brexit « sans accord » – et tout cela supposément au nom de la démocratie !

Soyons très clairs. La campagne de l’arrière-garde visant à empêcher que le Brexit ne fasse l’objet d’un « no-deal » n’est qu’un écran de fumée pour le véritable objectif, qui est de faire échouer tout Brexit et, en fait, d’annuler le résultat du référendum. Malgré les protestations selon lesquelles ils se sont engagés à donner effet au référendum, les actions des Remainers nous racontent une autre histoire.

Ils estiment que si l’UE peut être persuadée de ne pas bouger sur les négociations en vue d’un accord, alors il y aura suffisamment d’opposition à un Brexit « no-deal » pour que le Parlement trouve un moyen de l’arrêter.

Leur mépris pour la démocratie n’est dépassé que par leur arrogance – leur conviction qu’ils sont les seuls à savoir ce qu’il y a de mieux – et par leur volonté de démontrer que leur véritable allégeance n’est pas à la démocratie et à l’autonomie britannique mais à « l’idéal » de l’Union européenne – et, dans l’intérêt de cet idéal, ils sont prêts à collaborer avec l’UE pour garantir que le Brexit ne trouve pas un accord acceptable pour lui.

Image sous licence CC0 1.0

Soyons clairs encore une fois. Un « no-deal » Brexit n’est rendu possible que parce que l’UE, dans le cadre de son accord tacite avec les Remainers, refuse de parler, et encore moins de négocier avec un gouvernement britannique qui s’est engagé à se retirer – une illustration dramatique de la mesure dans laquelle, lorsque nous ne pouvons même pas obtenir une position comme interlocuteur valable sur la question de notre propre décision de retrait, l’adhésion à l’UE continue à être une vassalisation du Royaume-Uni.

L’UE est encouragée dans cette intransigeance déraisonnable par les efforts continus des Remainers pour les convaincre que la bataille visant à renverser le résultat du référendum n’est pas terminée et pourrait encore être gagnée si un accord est placé hors de portée. Défaits lors du référendum et prétendant en respecter les résultats, ils n’en manifestent pas moins sans cesse – et en particulier à l’UE – leur détermination à rendre à tout prix les choses aussi difficiles que possible.

Que doit faire le peuple britannique de cette démonstration de mépris à son égard de la part de ses soi-disant dirigeants ? Pour beaucoup d’entre eux, le sentiment de ne pas être écoutés – qui, de l’avis de beaucoup, est à l’origine du résultat du référendum – aura tout simplement été confirmé.

Leur confiance dans les institutions démocratiques et dans leurs dirigeants sera encore ébranlée. Leur sentiment d’être de simples pions, manipulés sous le couvert de la démocratie dans l’intérêt de la classe politique, aura été validé.

Que peuvent-ils penser d’autre, alors que tant d’efforts sont consacrés par les politiciens à déjouer leurs désirs, et alors que ce qui devrait être une proposition raisonnablement simple – la fin de notre adhésion à l’UE – semble être au-delà de nos institutions et n’est même pas quelque chose dont l’UE est prête à discuter avec les principaux intéressés ?

Quoi que nous puissions penser d’un gouvernement mené par Boris Johnson, il doit y avoir une certaine sympathie pour sa position selon laquelle mettre fin à notre adhésion à l’UE, dans son essence, doit certainement relever de la compétence et du pouvoir du gouvernement britannique – négocier ou non.

La question de savoir s’il existe ou non un « accord » relève autant de la responsabilité de l’UE que de celle du Royaume-Uni. En l’absence de volonté de l’UE de négocier un accord, le Royaume-Uni ne peut pas être enfermé – comme un prisonnier qui ne pourrait s’évader. Un « no-deal » Brexit, si cela se produit, aura été conçu, non pas par Leavers, mais par l’absence de toute alternative, résultant de la collaboration des Remainers avec l’UE pour empêcher un accord acceptable d’être conclu.

Bryan Gould

Source : Brexit Central ; Traduit par XCN

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