Si les députés rejettent l’accord sur le Brexit, la seule option pour un pays sérieux est de partir sans accord

Les institutions de l’UE sont conçues pour être imperméables aux forces démocratiques. Ils sont d’avis que rien de ce qu’une démocratie nationale pourrait faire ne peut changer les obligations du Traité qui incombent à tous les Etats membres. C’est ce qui fait d’eux une organisation si lourde et inflexible et c’est une des raisons pour lesquelles cette négociation a été si difficile.

Lorsqu’un référendum dans un État membre donne une réponse qui ne convient pas, l’UE est habituée depuis longtemps à attendre des citoyens qu’ils votent à nouveau jusqu’à ce qu’ils donnent la bonne réponse. Ils n’hésitent pas à humilier un gouvernement national, comme la Grèce l’a appris, même si, ce faisant, ils accumulent des problèmes politiques encore plus importants pour l’avenir.

Cette semaine, le Parlement aura une décision importante à prendre. Si l’accord du premier ministre n’aboutit pas, allons-nous nous écraser comme la Grèce l’a fait ? Allons-nous revenir en arrière, gentiment demander une prolongation, puis accepter docilement toutes les conditions qu’ils fixent à cette extension ? Ou allons-nous leur faire face, prendre calmement notre manteau et sortir par la porte ?

Il s’agit d’une décision très inconfortable à laquelle le Parlement est confronté, mais il n’y a qu’une seule option viable si nous nous considérons comme un pays sérieux. En l’absence d’un accord, nous n’avons pas d’autre choix que de trouver le courage de partir sans en avoir un et de faire tout notre possible pour atténuer les répercussions d’un départ sans accord. Si nous ne sommes pas psychologiquement prêts à partir sans accord, nous ne pouvons jamais nous attendre à obtenir un bon accord. Quoi qu’il en soit, « pas d’accord » est un terme inapproprié. Une description plus précise serait « pas d’accord, pour l’instant ». À bien des égards, l’idée que l’on peut aller n’importe où en négociant avec l’UE alors qu’on est encore membre a été mise à rude épreuve. S’il s’avère que cette approche a maintenant échoué, alors nous devrions essayer une autre approche, sortir d’abord et parler ensuite.

Il existe une approche qui atténuerait les effets de tout départ sans un accord et donnerait du temps et de l’espace pour que les pourparlers se poursuivent après notre départ. Nous devrions nous engager unilatéralement à nous aligner de manière résolue sur toutes les réglementations de l’UE, comme si nous étions toujours membres de l’UE, pour une période transitoire de neuf mois. De cette façon, l’UE n’aurait aucune raison réelle de mettre en place une infrastructure ou des contrôles complets aux frontières. Nous savons déjà qu’ils ne sont pas prêts à nous laisser partir.

Quitter l’UE sans accord poserait quelques défis à court terme, mais dans tous les scénarios auxquels j’ai participé en tant que ministre, la différence entre un scénario raisonnable dans le meilleur des cas et un scénario raisonnable dans le pire des cas se résume en fait à une chose : comment l’UE se comportera-t-elle ? S’ils agissent de manière proportionnée et pragmatique, la situation peut être gérée de manière à en atténuer les effets pour les deux parties. S’ils se comportent imprudemment et tentent d’imposer un blocus de facto au Royaume-Uni, les choses seraient évidemment plus difficiles – mais au moins, nous saurions où nous en sommes. La seule façon d’en être sûr est de le faire et de voir ce qui se passe.

Tout au long de mon parcours, j’ai toujours été favorable à un compromis pour parvenir à la réconciliation dans notre pays sur cette question, notamment en étant ouvert à l’utilisation de notre appartenance actuelle à l’EEE comme mécanisme de sortie. Le résultat du référendum a été une décision claire de quitter l’UE, mais aussi un résultat assez serré. Dans la manière dont nous mettons en œuvre le résultat du référendum, nous devrions essayer de calmer les inquiétudes de ceux qui ont voté « Remain » (Ndt: : ceux qui ont voté pour rester dans l’UE) afin de remettre notre pays sur pied. Mais si nous ne partons pas du tout, nous serons complètement ridiculisés.

 

George EusticeBrexit Central ; traduit par XPJ

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