Réunion de La Sociale : compte rendu et désintox de l’article du Figaro – L’édito Rousseau #7

Arrivé sur place avec vingt minutes d’avance, je suis invité à prendre place dans la salle 9 de l’AGECA en attendant le début de l’événement. L’espace peut accueillir environ 170 personnes, et se remplit de façon progressive. Parmi les personnalités présentes l’on note Jacques Cotta, Bertrand Renouvin, Denis Collin, Antoine Berranger, Laurent Bras, Djordje Kuzmanovic, Michèle Dessenne, pour ne citer qu’eux.
La réunion se fait attendre une vingtaine de minutes, du fait du blocage de certains manifestants par la police aux abords de la capitale. Les forces de l’ordre ne laissent pas passer les automobilistes ayant arboré un gilet jaune derrière leur pare-brise. Mais l’ambiance est à la discussion et à l’échange, et l’attente est vite compensée.

MM. Cotta et Collin commencent la cérémonie en prenant la parole, pour évoquer la crise de régime en cours (partant du haut, avec MM. Benalla et Macron, pour arriver en bas avec les gilets jaunes). Face à cette crise, le président les a méprisé et ne leur a pas apporté de réponse dans la première quinzaine, pour ensuite les moquer, les pourrir, puis leur infliger douleur et souffrance avec des armements inédits. La foule qui se manifeste est « la réalité du peuple », celle qui a dit « non » en 1992 et en 2005. Jacques Cotta évoque aussi le fait qu’il est une erreur de séparer les bons des méchants parmi les gilets jaunes, et que toute manifestation a eu ses déboires de tous types. Que l’ensemble des revendications des manifestants au gilet est conditionné à la souveraineté nationale. Et Denis Collin, après avoir donné son avis sur un article du Figaro que nous détaillerons, a fait valoir que l’origine des règles économiques de l’Union européenne (dont le déficit de 3%) n’émanaient certainement pas des allemands, mais de messieurs Mitterand et Delors.

Après cette contextualisation, une dizaine de personnes volontaires du public se voient attribuer cinq minutes de temps de parole pour partager une expérience, appuyer un des points de la mise en contexte ou en apporter un autre, et parfois exprimer un désaccord. Parmi eux on retrouve beaucoup de personnes non encartées ou démissionnaires d’un parti (Parti communiste, les Patriotes, la France insoumise…) mais aussi des militants du Pardem (sa vice-présidente Michèle Dessenne), de RPS-FIERS (sa porte-parole Danielle Goussot) ou de l’UPR. Djordje Kuzmanovic est de ceux-ci.

Sur base de l’appel lancé par La Sociale et des prises de parole, les deux organisateurs proposent un texte, qui sera un appel à constituer un Collectif National pour la Souveraineté et la Justice Sociale. Cette association aura pour but de soutenir et rassembler toutes les tentatives de représentation du vrai peuple, par le peuple, pour le peuple, notamment en lien avec la souveraineté, les revendications sociales et écologiques. Un autre texte, « Pour la défense des libertés publiques et des droits démocratiques », qui se veut un appel aux forces de l’ordre et au pouvoir politique, et également soumis à l’approbation du public.

Ses membres pouvaient d’abord amender le texte en argumentant pendant quatre à cinq minutes, puis, lors d’une relecture, à main levée et plus brièvement. Parmi les interventions on peut noter celles d’Olivier Delorme, de Bertrand Renouvin, d’un ancien Insoumis et du porte-parole du Mouvement pour un Socialisme du XXIème siècle (Patrice Hemet). La réunion s’est terminée une fois les deux textes approuvés par l’assemblée.

 

Le seul article publié par la presse classique (excluant Soverain et de nombreux blogs) est un écrit du Figaro. Le titre : « Des souverainistes de gauche, ex-proches de Mélenchon, veulent lancer leur parti ».

Le témoignage que j’apporte évoque clairement qu’il ne s’agit pas d’un parti, et jamais il n’a été question dans cette réunion de présenter de candidats à quelque élection que ce soit. Et non seulement, le mot « parti » n’apparaît pas une seule fois dans l’article, mais aussi, il n’apparaît dans aucune des déclarations citées (dont on ne sait d’ailleurs pas d’où elles viennent, puisqu’aucune source n’est mentionnée. Seul le mot « mouvement » est évoqué, et encore, il est utilisé dans une flopée de contextes différents. À des années-lumières d’un parti, la « marche pour le climat » a régulièrement été qualifiée ainsi, par exemple.

Il est ensuite fait mention de la présentation de l’événement par Djordje Kuzmanovic, ce qui est contredit également par mon témoignage.

Il va de soi que toutes les comparaisons avec Nicolas Dupont-Aignan ou le Rassemblement National sont alors complètement hors de propos. Certains me citeront la page Wikipédia de la Nouvelle Action Royaliste (certains de ces membres ayant co-signé l’appel à cette réunion), disant que la NAR avait appelé à voter pour Dupont-Aignan en 2012 et 2017. Je leur opposerai qu’ils ont préféré François Hollande au second tour, et qu’ils avaient des réserves sur leur consigne de vote de 2017, dans ce contexte où l’on pouvait deviner l’effacement de l’ex-UMP derrière la candidate frontiste, et un attachement pour « la droite » qu’il n’avait pas autant cinq ans auparavant.

Quand aux citations entre guillemets, elles ne sont pas sourcées, donc l’on est dans l’impossibilité de savoir si elles ont été prononcées (ou écrites) dans un contexte (alors manquant dans l’article du Figaro) et, surtout, si elles sont au coeur d’un contexte ou en marge de celui-ci. Les compiler n’a alors que peu d’intérêt, si ce n’est celui de diffammer, ce que je ne souhaite pas. Les auteurs de ces citations sont libres de me contacter si elles souhaitent que des explications supplémentaires soient faites dans cet édito.

En attendant, je suggère à l’auteure de cet article, à l’avenir, de n’évoquer que ce qu’elle a pu vérifier. Quand on écrit un article avant un événement, il s’agit d’un article d’annonce, et il serait sensé de n’annoncer que ce qui apparaît dans les documents officiels relatifs au-dit événement.

 

Olivier Rousseau.

Je m’intéresse notamment à la politique française, mais aime parfois m’évader vers des sujets sociétaux ou internationaux. Hors du clivage gauche-droite, mais ceux qui veulent m’y coincer de force devront me définir comme étant de gauche patriote. Rédige également pour www.infopremiere.fr


3 Commentaires

  1. > Le témoignage que j’apporte évoque clairement qu’il ne s’agit pas d’un parti, et jamais il n’a été question dans cette réunion de présenter de candidats à quelque élection que ce soit.

    C’est bien dommage. Le souverainisme de gauche se condamne, encore une fois, à l’impuissance.

    (« soutenir et rassembler toutes les tentatives de représentation du vrai peuple » : quel verbiage… que veut dire une « tentative de représentation » ? et c’est quoi le « vrai peuple » ? une variation sur le bon chasseur et le mauvais chasseur – sketch bien connu des Inconnus ?)

    • Hélas, les meilleurs représentants du souverainisme de gauche (Polony, Cotta, Todd…) ne sont pas engagés en politique.
      Par tentative de représentation ils entendent toute initiative du type assemblée de gilets jaunes, cahiers de doléances ou autres initiatives venant directement des citoyens.
      L’ensemble devrait être détaillé avec les prochains billets de La Sociale, et un site internet (pour les CNSJS) devrait être lancé.

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