Que propose Vox, le nouveau parti d’extrême droite espagnol ?

Santiago Abascal Conde en 2018

 

 Résumé : l’essor de Vox au cours des derniers mois – à la faveur des prochaines élections en Espagne, de l’accroissement de l’immigration illégale et de la recrudescence du séparatisme catalan – est multifactoriel. Pourtant, au-delà des déclarations plus ou moins incendiaires de son président, Santiago Abascal, et de ce que peuvent en dire les médias, il est capital de s’intéresser de près à son programme, à ses sources et à ses implications. C’est ce que nous nous attacherons à réaliser ici.

 

Un parti en pleine ascension

Le récent essor du parti Vox[1], créé en 2013 par une série de militants de la droite espagnole et d’anciens cadres du Parti populaire (PP) – formation chrétienne-démocrate qui a donné deux présidents du gouvernement à l’Espagne – a attiré toute l’attention sur ce regroupement électoral et sur son actuel président le très charismatique Santiago Abascal. Tous les adjectifs et qualificatifs ont été utilisés pour caractériser Vox, aussi bien par ses partisans que par ses détracteurs, et c’est ce qui explique l’intérêt que l’on devrait porter en premier lieu à son programme pour mieux comprendre ce qui peut séduire un nombre croissant d’Espagnols dans ses propositions.

L’on ne peut bien entendu ignorer le contexte global de notre voisin ibérique : reprise économique fragile après une longue période de récession et d’explosion du chômage ; déclin des partis politiques traditionnels ; scandales de corruption à répétition dans les plus hautes sphères du pouvoir ; crise territoriale avec la recrudescence de l’indépendantisme catalan à partir de 2012-2014, etc.

La pauvreté de l’offre idéologique outre-Pyrénées a également contribué à l’engouement relatif autour de Vox. Un besoin de changement, même fantasmé, s’est donc fait jour au sein de la population espagnole. De la même façon, l’on ne peut écarter des facteurs explicatifs de la croissance de cette formation la personnalité et le parcours de Santiago Abascal : il s’agit d’un homme jeune (il est né en 1976), qui aime volontiers se présenter comme un défenseur des valeurs traditionnelles et de l’âme espagnole, qui se met régulièrement en scène dans des attitudes viriles ou sportives, qui sillonne le pays à la rencontre de ses habitants et qui montre à leur égard une empathie et une écoute (dont nul ne peut dire, bien entendu, si elles sont feintes ou sincères).

Toutefois, pour tenter de recontextualiser Vox, il convient, me semble-t-il, de s’attacher aux mesures que le parti affirme vouloir faire passer au cas où il remporterait les prochaines élections générales (qui, aux dernière nouvelles, devraient se dérouler au premier semestre 2020) et parviendrait à former un gouvernement.

L’on en est évidemment encore loin puisque selon un sondage en date du 12 novembre 2018, la formation devrait remporter un siège au Congrès des députés (chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol) avec 2,1 % des suffrages exprimés[2]. Il s’agirait cependant du premier élu national d’extrême droite depuis que Blas Piñar a obtenu un siège pour la province de Madrid en tant que tête de liste de Force nouvelle (Fuerza Nueva) aux élections générales de 1979[3].

Par ailleurs, plusieurs sondages placent Vox en bonne position pour faire son entrée au Parlement andalou lors des élections générales qui auront lieu le 2 décembre prochain : de 1 à 3 siège (et entre 1,5 % et 6 % des suffrages) selon les calculs[4], dans une assemblée de 109 sièges. De la même façon, selon une enquête d’opinion du 22 novembre, Vox pourrait obtenir 4 sièges au conseil municipal de Ceuta (l’une des deux villes autonomes d’Espagne) sur 25[5].

Le discours de Santiago Abascal et des proches (dont le secrétaire général de la formation, Javier Ortega Smith) séduit particulièrement dans les régions où l’immigration maghrébine ou africaine est la plus importante et où le tissu économique, plutôt fragile, repose pour l’essentiel sur des entrepreneurs et des indépendants[6]. Il surfe ainsi volontiers sur le thème de l’invasion migratoire et du grand remplacement. Raison de plus pour analyser d’un peu plus près les thèses politiques de la formation.

 

Faire renaître l’Espagne ? Un programme flou malgré des prises de position fortes

Une vue d’ensemble

Les réformes qu’il prône sont réunies dans un document téléchargeable en ligne[7], intitulé « 100 medidas para la España viva » (« 100 mesures pour une Espagne vivante ») et qui ressemble surtout à une liste de propositions très générales, une déclaration d’intention répartie en dix chapitres :

  • « España, unidad y soberanía » (« Espagne, unité et souveraineté ») ;
  • « Ley electoral y transparencia » (« Loi électorale et transparence ») ;
  • « Inmigración » (« Immigration ») ;
  • « Defensa, seguridad y fronteras » (« Défense, sécurité et frontières ») ;
  • « Economía y recursos » (« Économie et ressources ») ;
  • « Salud » (« Santé ») ;
  • « Educación y cultura » (« Éducation et culture ») ;
  • « Vida y familia » (« Vie et famille ») ;
  • « Libertades y justicia » (« Libertés et justice ») ;
  • « Europa e internacional » (« Europe et international »).

 

Ces mesures sont d’ordre global et, s’il est vrai qu’elles tranchent pour beaucoup d’entre elles avec une forme de consensus établi au sein de la politique majoritaire en Espagne, elles ne sont pas détaillées ni spécialement chiffrées (ce qui est l’un de leurs points faibles). Nous n’allons pas ici les analyser une à une mais plutôt essayer de les regrouper par grands thèmes et de commenter les plus significatives d’entre elles. Je m’appuierai pour cela sur l’intéressant travail réalisé par Álvaro Bernad, jeune citoyen espagnol, sur sa chaîne YouTube[8], qui classe les idées de Vox en trois catégories :

  1. territoire (territorio) ;
  2. pouvoir (poder) ;
  3. et population (población).

 

Il suit en cela l’ouvrage Introducción al derecho (littéralement, Introduction au droit), publié en 1968 par le grand juriste espagnol Ángel Latorre Segura (1925-1994), de tendance libérale[9].

 

L’organisation territoriale

Le premier grand groupe de propositions du parti de Santiago Abascal repose en premier lieu sur un rejet du système des communautés autonomes (comunidades autónomas), qui régit l’organisation territoriale en Espagne depuis l’adoption de l’actuelle Constitution, en 1978. Ce système unique en son genre dans le monde, qui est très éloigné du centralisme mais n’est pas fédéral au sens juridique du terme, a largement dépassé le cadre du fédéralisme, notamment en matière financière, au gré des cessions constantes de compétences et de crédits financiers de la part de l’État central au bénéfice des communautés autonomes.

Or, cette tendance toujours plus forte n’a pas permis d’assurer la stabilité et surtout la loyauté des composantes territoriales :

« La démocratie n’a pas permis que l’Espagne cesse d’être un pays socialement fracturé. Cette fracture est multiple et d’une complexité extrême ; elle traverse des idéologies diverses, est plus marquée dans certaines zones géographiques et sa conséquence la plus nette est la fragile cohésion du pays. […] Dans un climat de constante discorde, d’animosité réciproque, les possibilités d’un débat apaisé sont faibles. Les insultes ou accusations grossières ne sont pas rares au Parlement. L’État des autonomies a tu le problème pendant un temps. À long terme, c’est une solution coûteuse qui a donné lieu à une bureaucratie surdimensionnée, des griefs comparatifs entre les régions, des doublons institutionnels et une jungle de lois et de compétences. Dans la pratique, l’Espagne fonctionne quasiment comme un État fédéral »[10].

Les deux auteurs de cette citation poursuivent plus loin dans leur livre :

« Au total, la violence verbale des discours […] et les tiraillements incessants des « barons » autonomiques qui tous cherchent à favoriser « leur » communauté et « leurs » citoyens ont lézardé l’édifice institutionnel espagnol. Certes, l’Espagne peut être présentée comme un État fédéral car la part de budget des communautés autonomes dépasse désormais celle de certains pays fédéraux. Mais le fonctionnement institutionnel ne répond plus à des critères unanimement acceptés de partage et d’« égalisation » des conditions de développement territorial. Après une trentaine d’années de convergence des profils de richesse entre les régions et de hausse continue des dépenses publiques, les inégalités se creusent à nouveau. Les discours politiques se sont emparés de ces sujets et abordent, sans toujours dominer ces sujets complexes, les externalités fiscales verticales (c’est-à-dire les effets des transferts entre l’État et les communautés autonomes) et les circulations financières horizontales (c’est-à-dire les phénomènes de péréquation spatiale liés aux transferts territoriaux). On repère surtout deux réalités. La toile est tellement rapiécée, les dissensions sont tellement générales que le gouvernement peine à exprimer une vision et des choix clairs. Le ferait-il qu’il déclencherait des oppositions politiques très violentes et qu’il mettrait encore plus à nu la réalité : celle d’un pays où les citoyens ne veulent plus payer pour d’autres habitants dans un territoire voisin »[11].

C’est précisément pour mettre fin à ces complexités et, dit-il, vouloir assurer l’égalité entre territoires et citoyens que Vox veut abolir le système des autonomies et prône une forme de centralisme plus proche de ce que nous connaissons en France.

Il est certain que l’histoire des deux pays n’est pas la même et que le poids des régions y est traditionnellement bien différent. Il existe toutefois un mouvement d’opinion croissant au sein de la population espagnole en faveur d’un pouvoir central plus fort. Selon un sondage élaboré par IMOP Insights en février 2018, 44,2 % des personnes interrogées étaient favorables à un maintien du système des autonomies ou à son approfondissement… mais 40,1 % penchaient vers des solutions plus centralisatrices, chiffre inhabituellement haut outre-Pyrénées[12]. D’autres études montrent des résultats ou, à tout le moins, des tendances comparables. Le raidissement des positions séparatistes en Catalogne et l’organisation du référendum illégal du 1er octobre 2017 dans la région sont en cause, bien entendu, mais l’évolution remonte à plus loin et doit être comprise à la faveur de la crise économique et aussi des complexités et des inégalités générées par le système territorial espagnol.

Le succès croissant de telles propositions pousse Pablo Casado, président du PP, à courir derrière Vox en la matière et à défendre, par exemple, le retour des compétences en matière de santé ou d’éducation vers l’État central[13]. Il faut dire que dans ces deux domaines, l’efficacité des soins hospitaliers[14] ou la qualité des cours dispensés (pour ne pas parler de leur neutralité politique[15]) ont sérieusement pâti de la décentralisation des dernières décennies.

La proposition numéro 1 du programme de Vox est très clair en ce sens et fait directement référence à la situation catalane : « Suspension de l’autonomie catalane jusqu’à la défaite irrémédiable des putschistes et à l’épuration des responsabilités civiles et pénales » (« Suspensión de la autonomía catalana hasta la derrota sin paliativos del golpismo y la depuración de responsabilidades civiles y penales »).

Dans sa deuxième mesure, la couleur est là aussi annoncée : « Interdiction des partis, associations ou ONG qui prétendraient détruire l’unité territoriale de la nation ou sa souveraineté » (« Ilegalización de los partidos, asociaciones u ONGs que persigan la destrucción de la unidad territorial de la Nación y de su soberanía »).

Le sixième point est encore plus général et vise à une refonte en profondeur de l’Espagne telle que nous la connaissons aujourd’hui : « Transformer l’État des autonomies en État de droit unitaire que promeuve l’égalité et la solidarité en lieu et place des privilèges et de la division. Un seul gouvernement et un seul parlement pour toute l’Espagne. Comme étape préalable : retour immédiat vers l’État des compétences en matière d’éducation, de santé, de sécurité et de justice en limitant le plus possible la capacité législative régionale » (« Transformar el Estado autonómico en un Estado de derecho unitario que promueva la igualdad y la solidaridad en vez de los privilegios y la division. Un solo gobierno y un solo parlamento para toda España. Como paso previo: devolución inmediata al Estado de las competencias de Educación, Sanidad, Seguridad y Justicia limitando en todo lo posible la capacidad legislativa autonómica »).

Santiago Abascal et les siens font ici référence, entre autres choses, à l’existence de corps de police régionaux (les Mossos d’Esquadra en Catalogne, la Police forale en Navarre, l’Ertzaintza au Pays basque, etc.) dont le salaire est en moyenne plus élevé que celui de la police nationale ou de la Garde civile[16] et dont la loyauté envers la Constitution et les lois en vigueur est pour le moins douteuse[17]. Ils en demandent d’ailleurs la suppression dans le point 5 de leur programme. Mais ces réclamations vont plus loin : il s’agit aussi de mettre fin au concert fiscal (concierto fiscal) très avantageux dont disposent le Pays basque et la Navarre et qui pénalise les ressources des autres communautés autonomes[18] (dixième proposition du programme de Vox).

Cette ligne unitaire se retrouve aussi dans la volonté de récupérer Gibraltar, territoire britannique d’outre-mer situé au Sud de l’Andalousie et qui agit comme un véritable aspirateur fiscal et une plaque tournante de tous les trafics possibles et imaginables[19] (septième disposition).

L’objectif final affiché est de « défendre avant tout les besoins des Espagnols et de l’Espagne face aux intérêts des oligarchies, des caciques, des lobbies et des organisations supranationales » (« anteponer las necesidades de España y de los españoles a los intereses de oligarquías, caciques, lobbys u organizaciones supranacionales »), ainsi que le proclame la mesure 83.

Il s’agit d’un coin enfoncé dans la fameuse « construction européenne »[20] mais aussi d’un avertissement à l’égard de certaines personnalités précises qui symbolisent à son sens le mondialisme, comme le célèbre milliardaire américain d’origine hongroise George Soros[21].

En ce sens, Vox se dit très attaché aux symboles nationaux (drapeau sang et or, hymne national, etc.) et veut légiférer pour les protéger face aux outrages et aux attaques de diverses natures[22] (point numéro 3). Il se positionne par conséquent comme une formation ouvertement monarchiste[23], notamment à la suite de l’allocution télévisée très ferme prononcée par le roi Philippe vi le 3 octobre 2017. Il s’agit également de freiner puis de mettre fin à la marginalisation de l’espagnol, langue maternelle d’une très large majorité d’Espagnols (y compris en Catalogne ou au Pays basque), dans l’administration et l’instruction publique dans les communautés autonomes aux plus fortes velléités indépendantistes (quatrième proposition)[24]. Une telle volonté se retrouve également aux articles 62 et 64 du document « 100 medidas para la España viva ».

 

Unis dans l’histoire et la culture ?

Plus généralement, la formation d’Abascal cherche à réconcilier les Espagnols avec leur propre pays et leur histoire (huitième mesure) : « Plan intégral pour la connaissance, la diffusion et la protection de l’identité nationale et de l’apport de l’Espagne à la civilisation et à l’histoire universelle, avec un accent tout particulier mis sur les exploits et prouesses de nos héros nationaux (« Plan integral para el conocimiento, difusión y protección de la identidad nacional y de la aportación de España a la civilización y a la historia universal, con especial atención a las gestas y hazañas de nuestros héroes nacionales »).

Il s’inscrit dans un mouvement général porté depuis longtemps par certains groupements de penseurs très en pointe dans le domaine, comme ceux de l’école d’Oviedo – dont on l’a dit proche mais qui suit une ligne marxiste hétérodoxe éloignée de certaines de ses considérations[25].

C’est ce qui explique le rejet de sa part de la Loi de Mémoire historique votée en 2007 par le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero[26] et reprise par Pedro Sánchez[27] avec, entre autres mesures symboliques, l’exhumation de Francisco Franco, qui repose aujourd’hui dans son mausolée du Valle de los Caídos[28].

La formation d’Abascal l’exprime ainsi dans son programme (point numéro 9) : « Dérogation immédiate de la Loi sur la Mémoire historique. Aucun parlement n’est légitime pour définir notre passé et moins encore lorsqu’il exclut les Espagnols qui ne rentrent pas dans ses définitions. Le passé ne peut être utilisé pour nous diviser et, au contraire, il faut rendre hommage de manière conjointe à tous ceux qui, depuis des perspectives historiques différentes, ont lutté pour l’Espagne » (« Derogación inmediata de la Ley de Memoria histórica. Ningún parlamento está legitimado para definir nuestro pasado, y menos excluyendo a los españoles que difieren de sus definiciones. No puede utilizarse el pasado para dividirnos, al contrario, hay que homenajear conjuntamente a todos los que, desde perspectivas históricas diferentes, lucharon por España »).

Cet attachement à une histoire et à des traditions communes – à une patrie, finalement – qui doivent transcender les clivages politiques est aussi l’objet du point numéro 66 du programme de Vox, qui vise à favoriser et pérenniser les manifestations et fêtes régionales et locales, encore très vivaces outre-Pyrénées.

À cet égard, le parti de Santiago Abascal met l’accent sur l’appartenance l’Espagne à l’Hispanité, c’est-à-dire dans le vaste ensemble culturel et civilisationnel des pays de langue espagnole[29] : « Mettre en œuvre une loi sur le mécénat pour que les particuliers et les entreprises puissent participer à la création culturelle en augmentant les abattements fiscaux en matière d’investissements ainsi qu’en favorisant la restauration et la protection du vaste patrimoine culturel national. Au niveau culturel, œuvrer pour l’enracinement dans la terre et l’attachement aux manifestations folkloriques et aux traditions de l’Espagne et de ses villages dans l’optique d’une insertion dans l’Hispanité (« Impulsar una ley de mecenazgo, para que particulares y empresas puedan participar en la creación cultural, aumentando la deducción fiscal de las aportaciones así como la restauración y protección del extenso patrimonio cultural nacional. A nivel cultural, fomento del arraigo a la tierra, manifestaciones folclóricas y tradiciones de España y de sus pueblos dentro de la óptica de la Hispanidad »).

Il faut toutefois se montrer prudent à l’égard des annonces dans le domaine du mécénat en Espagne car l’idée de voter un texte de loi spécifique pour encourager un tel phénomène est un vieux serpent de mer de la politique nationale qui n’a jamais vraiment vu le jour sous une forme aboutie[30].

L’article 67 du programme de Vox va dans le même sens en réaffirmant la volonté de défendre la tauromachie comme une « partie intégrante du patrimoine culturel espagnol » (« parte del patrimonio cultural español »), ce qui rentre ainsi en opposition avec les mesures prônées ou mises en place par les séparatistes catalans[31] (qui n’ont par ailleurs jamais remis en cause d’autres pratiques tout aussi critiquables à l’égard des animaux, comme les correbous[32], puisqu’attaquer la corrida devait surtout servir à s’en prendre à un symbole jugé, à tort ou à raison, typiquement espagnol[33]) mais aussi par la gauche radicale espagnole[34] ou certaines formations spécifiques, comme le Parti animaliste contre la Maltraitance animale (PACMA) – fondé en 2003 et qui a dépassé 1 % des suffrages au niveau national aux élections générales de 2016[35].

 

La lutte contre l’immigration, pierre angulaire de la formation

Parmi les autres axes forts de Vox, le contrôle de l’immigration est un domaine essentiel qui a attiré dans ses rangs de nombreux adhérents, sympathisants et votants opposés aux flux migratoires des dernières années et, en particulier, à la crise de 2015.

La méfiance de Santiago Abascal est surtout dirigée contre les immigrants de confession musulmane venus d’Afrique ou du Moyen-Orient alors que le dirigeant politique est plus enclin à accepter des personnes venues d’Amérique hispanique (et ce pour des raisons linguistiques, religieuses et culturelles facilement justifiables de son point de vue)[36]. Les déclarations du chef de file de l’extrême droite espagnole sont très claires à ce sujet[37] et il a largement tiré parti de la réorientation des routes migratoires depuis l’arrivée au pouvoir en Italie de la coalition de la Ligue et du Mouvement 5 Étoiles[38].

En réalité, la formation politique propose davantage une restriction de l’entrée de migrants plutôt qu’une fermeture claire et nette des frontières, l’hermétisme de ces dernières étant de toute façon illusoire.

Sa mesure numéro 22 déclare ainsi : « Il faudra affronter l’immigration en prenant en compte les besoins de l’économie espagnole et la capacité d’intégration de l’immigrant. L’on établira des quotas d’origine en privilégiant les nationalités qui partagent la langue et d’importants liens d’amitié et de culture avec l’Espagne » (« La inmigración se afrontará atendiendo a las necesidades de la economía española y a la capacidad de integración del inmigrante. Se establecerán cuotas de origen privilegiando a las nacionalidades que comparten idioma e importantes lazos de amistad y cultura con España »).

De fait, il s’agit donc d’une préférence pour l’immigration choisie qui doit s’accompagner, comme l’indique la vingt-sixième proposition du programme de Vox, qui prône d’une part la construction de barrières infranchissables entre les villes autonomes de Ceuta et Melilla et le Maroc et, d’autre part, le renforcement de l’armement et des pouvoirs des forces de sécurité qui patrouillent le long de cette frontière.

Les articles 14 et 15 prévoient par ailleurs l’expulsion vers son pays natal de tout migrant illégal arrêté sur le territoire en Espagne ainsi que la même mesure pour tout migrant régulier qui commettrait un crime grave ou plusieurs crimes et délits légers. L’objectif affiché dans le dix-septième point s’appuie par conséquent sur les politiques dont nous venons de parler : « En finir avec l’appel d’air : tout immigrant entré illégalement en Espagne perdra à vie sa faculté de légaliser sa situation et, en conséquence, de recevoir tout type d’aide de la part de l’administration » (« Acabar con el efecto llamada: cualquier inmigrante que haya entrado ilegalmente en España estará incapacitado, de por vida, a legalizar su situación y por lo tanto a recibir cualquier tipo de ayuda de la administración »).

Vox désire donc réserver les seuls aides sociales et avantages financiers aux Espagnols et aux étrangers résidant légalement sur le territoire national.

 

Les réformes institutionnelles

Outre la suppression du système des communautés autonomes, que nous évoquions précédemment, Santiago Abascal et ses partisans souhaitent entamer toute une série de réformes institutionnelles qui visent les trois pouvoirs de base d’une nation démocratique :

  • le pouvoir législatif (poder legislativo), avec un changement de la loi électoral qui doit permettre de mieux représenter l’ensemble des provinces et territoires d’Espagne[39] (mesure numéro 11) ;
  • le pouvoir exécutif (poder ejecutivo), avec un contrôle beaucoup plus strict des finances des élus avant, durant et pendant leur mandat (« control de los cargos públicos antes, durante y después de su mandato», article 13), afin d’éviter la corruption et les enrichissements indus – ce qui est bien entendu applicable également aux membres du pouvoir législatif ;
  • le pouvoir judiciaire (poder judicial), dont Vox veut assurer l’indépendance réelle à l’égard des autres pouvoirs (mesure 93), exigence qui a été renforcée par plusieurs scandales qui ont touché cet univers dernièrement[40].

 

Le libéralisme conservateur en question

Vox a souvent été qualifié par les observateurs espagnols et étrangers de formation conservatrice-libérale, en ce sens où elle prônerait à la fois une politique économique libérale (c’est-à-dire favorable à un plus faible poids de l’État dans l’économie nationale avec des dépenses moindres et une imposition plus légère) et une politique sociétale plus conservatrice (donc plus méfiante à l’égard de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, de l’extension du droit à l’interruption volontaire de grossesse, de l’influence du féminisme, etc.)

Il y a évidemment, dans cette analyse, une part de vérité même s’il convient d’être plus nuancé et d’observer plus en détail ce que défend réellement ce parti.

Dans le domaine économique, Santiago Abascal souhaite mettre en place de nouvelles dépenses mais également réaliser des économies dans plusieurs secteurs :

  • les mesures 35, 36 et 82 s’orientent clairement dans le sens d’une certaine austérité par la réduction drastique de la dépense politique (« Drástica reducción del gasto político»), l’élimination de nombreux organismes et postes de l’administration, la fusion de bien des communes, la suppression de postes d’élus locaux et régionaux, la disparition de certains instituts publics ainsi que la fin des subventions aux partis politiques, aux syndicats, aux fondations que ces derniers entretiennent et à toutes les organisations ayant des visées idéologiques. En consonance avec ses convictions conservatrices, la formation d’extrême droite vise à dérembourser tous les actes chirurgicaux jugés « étrangers à la santé » (« ajenas a la salud »), comme le changement de sexe ou l’avortement (proposition 56). De la même façon, tous les migrants illégaux se verraient privés de la gratuité des soins (proposition numéro 59), ce qui avait déjà été voté par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy en avril 2012 avant d’être annulé par celui de Pedro Sánchez en juillet 2018[41].
  • le point numéro 65, au contraire, impliquerait de nouveaux postes de dépense avec la mise en place d’un « système de bourses généreux et exigeant pour les familles les moins fortunées » (« generoso y exigente sistema de becas para las familias con menos recursos») dans le domaine de l’instruction publique. La santé publique serait elle aussi concernées par ces investissements supplémentaires avec le caractère obligatoire et gratuit des vaccins pour les enfants (proposition 56) ou le remboursement total des soins odontologiques par la Sécurité sociale pour ces mêmes enfants (mesure 57). Dans le domaine du retour à l’emploi, Vox veut également se montrer plus dépensier afin d’accompagner les chômeurs de plus de 50 ans et les chômeurs de longue durée (point numéro 49). Le système de retraites de notre voisin ibérique (qui connaît des remous depuis plusieurs années en raison de la crise économique, du vieillissement de la population[42] et de son caractère très généreux[43]) devrait aussi être profondément transformé si Vox parvenait au pouvoir, puisque les pensions minimales seraient revalorisées et le système par répartition (reparto) serait complété par un système par capitalisation (capitalización), selon la disposition 53.

Le programme économique de Vox repose dans tous les cas sur une idée simple : la différence entre nouvelles dépenses et nouvelles économies tournerait en faveur de ces dernières. C’est ce qui permettrait à un cabinet d’extrême droite qui suivrait ces principes, selon les « 100 medidas para la España viva », d’enclencher une baisse substantielle des impôts et autres taxes, que ce soit sur le revenu (article 39), sur les sociétés (- 20 %, article 40), la taxe sur la valeur ajoutée pour les produits pédiatriques et gériatriques (article 41) ou encore sur les petites et moyennes entreprises (PYMES, article 42).

 

Une certaine vision de la société

En matière sociale et sociétale, les propositions de Santiago Abascal s’organisent en plusieurs catégories, dont la première est l’éducation.

Son objectif, très cohérent avec les positions de la droite conservatrice européenne, est de donner aux parents toute latitude pour choisir l’établissement de leurs enfants (ce qui est déjà une réalité dans la Communauté de Madrid, région de la capitale[44]). Par ailleurs, outre ce que déclare la disposition 61, une autorisation parentale écrite serait indispensable pour toute activité scolaire qui impliquerait un enseignement à caractère éthique, social, civique, moral ou sexuel (point numéro 63). Il faut comprendre de telles mesures dans le cadre du soutien que Vox apporte à toutes les associations qui combattent ce qu’elles estiment être une forme de propagande en faveur de la transsexualité ou, plus globalement, de la remise en cause du modèle traditionnel de la famille[45].

De fait, ce programme prône aussi, dans son article 71, la « promulgation d’une loi organique de protection de la famille naturelle qui la reconnaisse comme une institution antérieure à l’État » (« Promulgación de una ley orgánica de protección de la familia natural que la reconozca como institución anterior al Estado »).

Par conséquent, Vox désire également s’engager dans une politique plus nataliste, qui passerait notamment par un soutien financier aux familles nombreuses (proposition 72) et une protection accordée à l’être humain dès sa conception, et ce jusqu’à sa mort (proposition 75) – ce qui implique un rejet de la légalisation de l’euthanasie (contrairement à ce que souhaite mettre en place Pedro Sánchez[46]).

Le rôle du père serait également revalorisé par une défense systématique de la garde alternée (custodia compartida), selon ce qu’établit la disposition 81, et par l’interdiction des mères porteuses (vientres de alquiler), ainsi que le prône l’article 80 du programme.

C’est ce qui explique l’hostilité de Vox envers le féminisme en général et toutes les lois visant à une protection accrue des femmes : « Dérogation de la loi sur la violence envers les femmes et de toute norme qui discriminerait un sexe en faveur d’un autre. […] Suppression des organismes féministes radicaux subventionnés, poursuite effective en justice des fausses plaintes. Protection des mineurs lors des procédures de divorce » (« Derogación ley de violencia de género y de toda norma que discrimine a un sexo de otro. […] Supresión de organismos feministas radicales subvencionados, persecución efectiva de denuncias falsas. Protección del menor en los procesos de divorcio ») – article 70.

Enfin, en matière religieuse, Santiago Abascal se montre très belligérant à l’égard des mosquées financées par des États ou organisations à tendance fondamentaliste (dispositions 23 et 24).

 

La politique extérieure, parent pauvre du programme de Vox

Vox s’étend très peu sur la politique étrangère qu’il proposerait et est encore plus évasif sur certains sujets-clé, comme l’Union européenne (dont le devenir et l’influence sont pourtant déterminants dans le cours de la politique et de l’économie en Espagne).

Parmi les mesures-phare de ce programme, l’on retrouve la disposition 33 : « Suspendre l’espace Schengen jusqu’à ce que l’Union européenne garantisse qu’il ne sera pas utilisé par des criminels pour fuir la justice (comme l’ont fait les putschistes séparatistes) ni par les mafias de l’immigration illégale pour y introduire des personnes » (« Suspender espacio Schengen hasta que exista la garantía europea de que no lo utilizarán los criminales para huir de la justicia (como han hecho los golpistas separatistas) ni lo aprovechen las mafias de la inmigración ilegal para introducir personas »).

Une telle remise en cause du dogme de la libre circulation au sein de l’Union européenne n’est pas tout à fait inédite, puisque le président du Parti populaire, Pablo Casado, avait déjà demande des possibilités de suspension de l’espace Schengen[47]. Il faut dire que le « refuge » trouvé par l’ancien président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, en Belgique[48] (de même que le refus du haut tribunal du Land allemand de Schleswig-Holstein de l’extrader[49]), et par plusieurs autres anciens responsables séparatistes poursuivis par la justice espagnole (comme Clara Ponsatí en Écosse[50] ou Marta Rovira et Anna Gabriel en Suisse[51]), a été très mal pris par beaucoup d’Espagnols.

De façon générale, comme l’indique la disposition 96 de son programme, Vox cherche à renégocier les traités européens en s’alliant aux quatre pays du groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) : « Donner à Bruxelles l’impulsion nécessaire pour un nouveau traité européen, dans la ligne de ce que défendent les pays du groupe de Visegrád concernant les frontières, la souveraineté nationale et le respect des valeurs de la culture européenne, afin d’accroître significativement le poids de l’Espagne dans la prise de décision, tout du moins autant que le prévoyait le traité de Nice » (« Impulsar en Bruselas un nuevo tratado europeo, en la línea que defienden los países del grupo de Visegrado en cuanto a fronteras, soberanía nacional y respeto por los valores de la cultura europea y que aumente considerablemente el peso de España en la toma de decisiones, al menos tanto como lo hacía el tratado de Niza »).

Le but final n’est donc pas de sortir de l’Union européenne (ni même de l’euro) mais de tenter d’influencer les organisations communautaires de l’intérieur (notamment en évitant les ingérences dans les affaires internes des pays-membres, comme le propose la disposition 97) – avec toutes les limites que cela suppose, surtout dans un cadre légal aussi contraint et avec une telle domination du bloc germanique.

Enfin, à une échelle plus large, Santiago Abascal veut favoriser les relations bilatérales entre les pays et se passer le plus possible des organismes supranationaux (article 99). Il s’inscrit donc dans les pas de Donald Trump à ce sujet[52] et s’oppose à Emmanuel Macron au sujet du multilatéralisme. Une exception à ce sujet : la mise en œuvre d’un vaste Plan national de Coopération internationale (Plan nacional de Cooperación internacional) avec les pays de l’Hispanité (article 100), dans la droite ligne de ce que nous signalions plus haut.

En guise de conclusion

Un tel programme, s’il proclame donc toute une série de mesures et défend des valeurs, reste assez peu précis, que ce soit en matière de financement des propositions et de relations extérieures.

Santiago Abascal peut-il séduire un public plus large sur une telle déclaration d’intention ? Difficile à dire, car beaucoup de choses dépendront à l’avenir de sa personnalité, des erreurs de ses adversaires (aussi bien à gauche qu’à droite) et de l’amélioration ou, au contraire, de la dégradation de la situation en Espagne.

Il prône dans tous les cas un « populisme » un peu en décalage avec celui de ses coreligionnaires d’Europe occidentale, qui sont plus affirmatifs quant à la mise en œuvre de davantage de dépenses de la part de l’État et souvent plus modérés quant aux évolutions sociétales. Il faudra donc voir comment Vox infléchit sa ligne ou y reste fidèle dans les mois et les années à venir et surtout comment réagiront les électeurs d’ici à mai 2019.

 

Sources :

[1] Voir ma traduction pour le site Soverain, « Quatre raisons pour lesquelles l’essor de Vox va se poursuivre » : https://www.soverain.fr/quatre-raisons-pour-lesquelles-lessor-de-vox-va-se-poursuivre/.

[2] Voir « NC Report: empate PP/PSOE. Podemos conquista el País Vasco por la bajada del PNV », Electomanía, 12 novembre 2018.

[3] Voir ce récapitulatif sur le site espagnol Historia electoral : http://www.historiaelectoral.com/e1979.html. Blas Piñar se présentait alors au sein d’une coalition baptisée Union national (Unión Nacional), dont faisait partie Force nouvelle.

[4] Voir « SocioMétrica Andalucía: empate Ciudadanos vs Partido Popular en la segunda plaza. Vox puede entrar »,  Electomanía, novembre 2018 ; « CIS para Andalucía: el PSOE destacado, tres empatados por detrás y VOX pidiendo paso » Electomanía, novembre 2018 ; « GAD3 para Andalucía: PP y Cs pelean por la segunda plaza, Vox tiene opciones de entrar », Electomanía, novembre 2018 ; « SocioMétrica: bajón del PSOE, triple empate por detrás – Vox roza el 6% y entre 1 y 3 escaños », Electomanía, novembre 2018 ; « Top Position: Vox superaría ya el 6% de los votos en Andalucía », Electomanía, novembre 2018, etc.

[5] Voir « Ceuta: Vox entraría con 4 ediles y el 13%. Bajan PP y Caballas, sube el PSOE. Ciudadanos fuera del Consistorio », Electomanía, 22 novembre 2018.

[6] Voir, par exemple, Carvajal, Antonio, « El mensaje de Vox sobre inmigración que conquista Almería: «Son una invasión que viene a sustituirnos» », El Mundo, 24 novembre 2018.

[7] Voir sur le site officiel de Vox : https://www.voxespana.es/100medidas.

[8] Voir cette vidéo : https://youtu.be/_l1ruVkTQws.

[9] Voir la fiche de cet ouvrage sur Amazon.es : https://www.amazon.es/Introducción-al-Derecho-Ariel/dp/8434470632/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1543079122&sr=8-1&keywords=angel+latorre+introduccion+al+derecho.

[10] Baron, Nacima et Loyer, Barbara, L’Espagne en crise(s) – Une géopolitique au xxie siècle, Paris : Armand Colin, 2015, « L’Espagne, hier et aujourd’hui », pages 6-7.

[11] Ibid., « Montée des égoïsmes financiers, fragmentation des intérêts politiques », pages 60-61.

[12] Voir Romero, Juanma, « La mayoría defiende la España autonómica pero un 40% apuesta por la recentralización », El Confidencial, 6 mars 2018.

[13] Voir Lamet, Juanma, « Pablo Casado propone recentralizar las competencias educativas », El Mundo, 24 novembre 2018.

[14] Voir, par exemple, Moreno, Silvia, « El cirujano Reza Hosseinpour: «La sanidad pública quema mucho dinero por las autonomías» », El Mundo, 18 septembre 2018.

[15] Voir, par exemple, « Manifiesto de profesores contra el adoctrinamiento en Cataluña », El Mundo, 2 octobre 2018.

[16] Voir « Jusapol se concentra ante el Parlamento Europeo para reivindicar la equiparación salarial », El Heraldo, 21 novembre 2018.

[17] Voir, entre autres, « Trapero se sentará en el banquillo tras abrir juicio oral la Audiencia Nacional », El Español, 17 octobre 2018.

[18] Voir, notamment, Monasterio Escudero, Carlos, « El sistema foral: ¿derecho histórico o privilegio? » in Revista de libros, Madrid : Fondation des Amis de la Revista de Libros, 22 novembre 2017.

[19] Voir « Un diputado británico señala a Gibraltar como centro de blanqueo de dinero del narcotráfico », Diario de Sevilla, 5 novembre 2014.

[20] Voir « Vox participa en la cumbre de la ultraderecha europea contra la UE », La Vanguardia, 22 janvier 2017.

[21] Voir « La alerta de Abascal: «Provocará un efecto llamada frente a Ceuta y Melilla» », La Gaceta, 11 juin 2018.

[22] Vor, par exemple, « Casado pide apoyo al proyecto de ley de símbolos para acabar con los lazos amarillos y el ultraje a la Corona », Navarra Información, 13 novembre 2018.

[23] Voir, par exemple, « Bufido democrático de Vox en Vistalegre: con Morante y «Viva el Rey» », El Español, 7 octobre 2018.

[24] Voir « Vox denuncia la «marginación del español en las escuelas» de Cataluña », Las Voces del pueblo, 17 septembre 2018.

[25] Voir Orihuela, David, « Vox, el partido que bebe de Gustavo Bueno », La Nueva España, 5 novembre 2018.

[26] Voir, par exemple, De Prémonville de Maisonthou, Antoine-Louis, Chronopathie. La crise mémorielle et ses lois en Espagne de 1931 à nos jours, Mâcon : ALPM, 2012.

[27] Voir mon article à ce sujet sur le site Soverain : https://www.soverain.fr/le-gouvernement-sanchez-entre-faiblesse-et-autoritarisme/.

[28] Voir, par exemple, Berrod, Nicolas, « Espagne : l’encombrante dépouille de Franco », Libération, 19 novembre 2018.

[29] Voir García de Tuñón Aza, José María, « «Hispanidad»: historia y significación de la palabra » in El Catoblepas – Revista crítica del presente, Madrid : Nódulo Materialista, septembre 2004, n° 31, page 15.

[30] Voir, par exemple, « Cs relanza su Ley de Mecenazgo: incentivos fiscales, impulso al deporte y al voluntariado », El Confidencial, 25 octobre 2018.

[31] Voir, par exemple, « El Parlament de Cataluña aprueba gracias al voto de CiU prohibir las corridas de toros a partir de 2012 », La Vanguardia, 28 juillet 2010.

[32] Voir, par exemple, « Campagne pour l’abolition des lâchers de taureaux en Catalogne, ou correbous », CRAC Europe, 4 mai 2017.

[33] Voir, au sujet de la réception de la tauromachie en Espagne, Álvarez, Sandra, Tauromachie et flamenco – Polémiques et clichés (fin xixe-début xxe siècle), Riga : Éditions universitaires européennes, 2011.

[34] Voir, par exemple, « Pablo Iglesias (Podemos) demande un référendum sur les corridas », No Corrida, 1er septembre 2018.

[35] Voir le site officiel de la formation : https://pacma.es/pacma-hace-historia-de-nuevo-con-mas-de-282-000-votos-al-congreso/.

[36] Voir, par exemple, Sosa, Carlos, « Abascal (Vox): «No es lo mismo un inmigrante hispanoamericano que la inmigración de los países islámicos» », El Diario, 17 avril 2018.

[37] Voir, par exemple, Gracia, Ana, « Santiago Abascal: «Una nación es propiedad privada de los nacionales» », El Español, 20 août 2018.

[38] Voir, par exemple, Alonso, Cristina, « España, foco de la crisis migratoria: la llegada de «sin papeles» crece un 60% », El Economista, 23 juin 2018.

[39] Voir, par exemple, sur la nécessité d’une telle réforme, « Las claves de la reforma electoral que proponen Podemos y Ciudadanos », 20 minutos, 18 février 2018.

[40] Voir, par exemple, López-Fonseca, Óscar et Junquera, Natalia, « Ignacio Cosidó, el «mensajero» del PP que convivió con las cloacas », El País, 25 novembre 2018 ; et « El CGPJ se prepara para trabajar en funciones tras el fracasar el pacto político », El Diario, 25 novembre 2018.

[41] Voir De Benito, Emilio, « Los migrantes tendrán sanidad desde el primer día sin necesidad de padrón », El País, 17 juillet 2018.

[42] Voir, par exemple, « Pensiones, empleo, déficit… la compleja agenda económica de Sánchez », ABC, 3 juin 2018.

[43] Voir, par exemple, Acosta, Isabel, « La jubilación es sólo un 9% más baja que el salario tipo: el sistema español de pensiones es uno de los más generosos », El Economista, 29 juin 2018.

[44] Voir, par exemple, « La Comunidad de Madrid es la única en la que hay libertad de elección de centro educativo », Family Escool, 19 mars 2018.

[45] Voir, par exemple, « «Los niños tienen pene, las niñas tienen vulva»: el autobús en contra de la transexualidad infantil que causa polémica en España », BBC Mundo, 1er mars 2017.

[46] Voir Sanz, Luis Ángel, « La eutanasia, primera ley de la «era Sánchez» », El País, 27 juin 2018.

[47] Voir Aduriz, Íñigo, « El acuerdo Schengen que Pablo Casado pide derogar: un espacio para la libre circulación  entre 26 países », El Diario, 13 juillet 2017.

[48] Voir Comte, Jean, « Catalogne : depuis sa retraite de Waterloo, Carles Puigdemont cherche à rebondir », Le Figaro, 30 septembre 2018.

[49] Voir, par exemple, « Allemagne : Carles Puigdemont va retrouver sa liberté », Le Point, 6 avril 2018.

[50] Voir « La Fiscalía escocesa considera que Clara Ponsatí cometió traición y podría pedir su extradición », 20 minutos, 5 juillet 2018.

[51] Voir « Anna Gabriel y Marta Rovira podrán seguir en Suiza: invita la Generalitat », EsDiario, 25 juin 2018.

[52] Voir, par exemple, Arostegui, Martin, « Santiago Abascal uses Vox movement, connection to Steve Bannon to pull Spain to right », The Washington Post, 8 novembre 2018.

Agrégé d’espagnol et ancien élève de l’École normale supérieure (ENS) de Lyon, Nicolas Klein est actuellement professeur d’espagnol en classe préparatoire. Spécialiste de l’Espagne contemporaine, il est l’auteur d’un livre intitulé Rupture de ban – L’Espagne face à la crise (Perspectives libres, 2017), le traducteur d’Al-Andalus : l’invention d’un mythe – La réalité historique de l’Espagne des trois cultures, de Serafín Fanjul (L’Artilleur, 2017) et le rédacteur de nombreux articles sur les réalités espagnoles actuelles.


À l'attention de nos lecteurs:
  • Cet article a été rédigé par un membre de la communauté de Soverain. Il est possible que son contenu soit orienté, voire militant, en faveur d'un parti ou d'une couleur politique; ces articles sont en effet autorisés dans la Tribune libre. Néanmoins, la véracité des faits annoncés a été vérifiée par l'équipe de modération. N'hésitez pas à commenter et à partager vos impressions avec la communauté !
  • Cet article est soumis à la licence [Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International], vous pouvez donc le reproduire à des fins non commerciales.

2 Commentaires

  1. Ton 2) est bidon . Il peut évdemment renégocier les traiter , et pour ça il veut s’allier avec le groupe de visegrad. Donc tu ments.

  2. Aussi séduisant que soit son programme, Santiago Abascal Conde et son parti VOX peut s’essuyer les fesses avec car :
    1) ne voulant pas sortir de l’u.e ni de l’euro (clairement dit), la seule possibilité de mise en place de son programme consiste à une sortie de l’u.e (art. 50 du tue), donc il ment en faisant saliver le peuple espagnol. Equivalent à r.n(ex f.n) et f.i en france.
    2) vouloir renégocier les traités européens en s’alliant aux quatre pays du groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) ce qui est juridiquement impossible art.48 du tue( unanimité de tous les états membres pour modifier quoi que ce soit dans les traités).
    Conclusion: monsieur Santiago Abascal Conde ne connaît pas les traités européens (naïf) ou il en a pris connaissance et il ment effrontément au peuple qu’il souhaite représenter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.