Pacte migratoire de l’ONU : « Droits de l’homme » contre « Totalitarisme mondialiste »

Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, assis aux côtés de Louise Arbour, Représentante Spéciale du Secrétariat Général de l'ONU pour les Migrations Internationales, durant la conférence des Nations Unies sur les migrations, le 10 décembre 2018, dans la ville marocaine de Marrakech
Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, assis aux côtés de Louise Arbour, Représentante Spéciale du Secrétariat Général de l’ONU pour les Migrations Internationales, durant la conférence des Nations Unies sur les migrations, le 10 décembre 2018, dans la ville marocaine de Marrakech.

164 états ont signé le pacte migratoire de l’ONU, constituant un engagement politique, lors d’un sommet au Maroc.

Cette législation internationale est teintée de controverse depuis qu’une bonne douzaine de pays ont changé d’avis dans les mois suivant la définition du texte l’été dernier, élaboré à l’époque par tous les états membres de l’ONU sauf les USA. L’Amérique a ouvert la marche sur l’éveil progressif face à la menace que ce pacte pourrait constituer envers les souverainetés nationales, les commentateurs pro-gouvernements soulignant le fait que si l’accord n’est pas formellement un engagement politique, il pourrait très bien se voir abusé par des institutions régionales, comme l’Union Européenne et surtout l’institution mondialiste que constitue l’ONU, pour mettre la pression sur les états qui ne s’y conformeraient pas, et les inciter à considérer les flux migratoires – y compris ceux qui sont illégaux – comme un « droit de l’homme » de facto.

On a également vu se lever de sérieux doutes quant aux instruments suggérés par le texte pour mettre en œuvre les objectifs supposément « volontaires », telle la création de sites web multilingues expliquant les politiques migratoires de chaque gouvernement, et des campagnes d’information coordonnées dans les états du « Grand Sud » pour remplir le troisième des vingts trois objectifs énoncés par le pacte, dont l’intitulé est : « apporter des informations exactes et opportunes à toutes les étapes des migrations ». Les critiques interprètent ce point comme ayant pour effet inévitable d’encourager les migrations illégales au lieu de leur porter un coup d’arrêt, car si l’on se réfère aux objectifs quinze et seize, qui stipulent que les états destinations devraient « offrir l’accès aux services de base pour les migrants » tels que services de santé et d’éducation, ainsi que « responsabiliser les migrants et les sociétés à réaliser une intégration complète et la cohésion sociale », qui constitue un euphémisme pour mettre en oeuvre des programmes de « discrimination positive ».

Pire encore, les sceptiques soupçonnent l’objectif dix-sept, qui concerne « l’élimination de toute forme de discrimination et la promotion d’un discours public basé sur des preuves pour modifier les perceptions des migrations » de pouvoir facilement être abusé par des moyens totalitaires, après que l’ONU a « suggéré » que les états signataires « sensibilisent et éduquent les professionnels des médias sur les sujets et terminologies liés aux migrations », et en cas d’échec sur cet objectif, « mettront un terme aux subventions publiques ou aux aides matérielles aux médias qui promeuvent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et toute autre forme de discrimination envers les migrants ». En d’autres termes, on demande aux états de laver le cerveau de leurs populations pour qu’elles acceptent plus de migrants avec tout ce que cela implique.

Il n’est pas surprenant d’avoir vu plusieurs pays sortir de ce pacte, et même si la Russie a fini par le signer, une source diplomatique a indiqué à ses agences médias nationales que Moscou « conservait le droit de ne pas tenir compte des dispositions du Pacte Mondiale qui pourraient contredire ses lois et intérêts nationaux, ou les obligations internationales auxquelles le pays a souscrit ». En d’autres termes, la Russie soutient en principe l’esprit de ce document, mais ne se laissera pas contraindre par lui à abandonner sa souveraineté aux instances mondialistes : elle pourrait tout aussi bien avoir signé ce document pour des raisons de soft power.

Andrew Korybko

Source : Oriental Review, traduit par Vincent


Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 14 décembre 2018.





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