Olivier Delorme : 30 « bonnes » raisons pour sortir de l’Europe

Olivier Delorme, agrégé d’Histoire et maître de conférences à Sciences Po Paris entre 2001 et 2008, fait partie de ces intellectuels eurocritiques, qui, encore trop peu visibles dans les médias (au même titre que Jacques Sapir, Coralie Delaume, David Cayla, etc.), apportent une bouffée d’air frais dans le paysage médiatique encore trop dominé par les eurobéats. La crise grecque et sa gestion désastreuse (pour ne pas dire despotique) par la Troïka (l’Union européenne (UE), le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Centrale Européenne (BCE)) fut l’élément déclencheur de la rédaction de son dernier livre : 30 « bonnes » raisons de sortir de l’Europe.

Je rassure tout de suite nos lecteurs qui s’emporteraient sur l’utilisation ici du terme « Europe » et non pas « Union européenne », il s’agit simplement d’une petite pointe d’humour adressée à nos élites europhiles qui confondent quand cela les arrangent notre vieux continent et cette union à marche forcée dont seuls les Allemands ont le secret.

Sorti en 2016, ce livre est loin d’être obsolète tant les critiques à l’égard de l’UE qu’il contient s’appliquent plus que jamais à la situation actuelle.  Le titre du livre pourrait laisser à penser que le contenu est succinct et s’adressant à M. tout le monde, tel « La sortie de l’Union européenne pour les nuls », il n’en est rien. Ce livre s’adresse autant aux personnes qui s’interrogent sur la finalité de l’UE qu’aux personnes convaincues qu’il faut en sortir.

Il ne s’agit pas ici de vous révéler quelles sont ces fameuses 30 « bonnes » raisons, mais de vous donner un aperçu du contenu du livre.

Sans surprises, la première partie de l’ouvrage traite de la construction de l’Union européenne après la Seconde Guerre mondiale. L’histoire de l’Union européenne n’a rien de palpitant quand on sait que cette construction s’est faite dans le dos des peuples européens, de son origine nazie, aux implications des États-Unis, à son utilisation de « base avancée » de l’OTAN contre le communisme… qui se poursuit de nos jours avec la Russie pour ennemi commun, afin de consolider le vernis d’une supposée solidarité européenne. Cependant, et pour le bonheur de tous les lecteurs, la plume de l’auteur arrive à rendre cette partie historique digeste et intéressante. Les phrases percutantes et les pointes d’humour distillées ci et là ont vite fait de nous amener a bout de ces 120 pages incontournables pour comprendre la naissance et l’objectif de l’union européenne.

En réalité, pour la caste au pouvoir, l’Europe est le moyen de faire admettre aux Français qu’ils ne peuvent plus être maîtres de leur destin et n’ont rien à dire au monde.
– Olivier Delorme

Vient ensuite la seconde partie, le cœur de l’ouvrage, qui aborde plus largement la question de l’euro, ou plutôt les problèmes de l’euro, avec l’exemple grec comme fil conducteur. Contrairement à la première partie historique assez abstraite pour les lecteurs peu à l’aise avec la géopolitique et l’histoire, cette seconde partie sera bien plus aisée à parcourir.

Ce dont il s’agit, c’est de ligoter étroitement les peuples dans un réseau de contraintes techniques, réglementaires, financières, économiques, élaborées par des instances technocratiques, hors de tout contrôle démocratique réel, de sorte que ces peuples [européens] ne puissent plus, à terme, prendre aucune décision en contravention avec les cadres Européens.
– Olivier Delorme

Et enfin, la troisième et dernière partie, plus courte et qui selon moi devrait faire l’objet d’un ouvrage à part entière, traite des moyens politiques pour sortir de l’Union européenne. Datant de 2016, cette partie n’est, logiquement, plus tout à fait à jour. À cette date là, le Front national soutenait encore une sortie de l’union européenne, essentiellement soutenu par la ligne philippotiste du parti. Depuis, le parti des Patriotes est né et le Rassemblement National semble avoir mis de côté la sortie de l’UE. La France insoumise était très virulente sur l’UE et semblait être une bonne option pour les élections nationales à venir, avant que le fameux plan A puis plan B voient le jour et enterrent un Frexit qui semblait pourtant acquis, ce qui a été confirmé post-électoralement avec l’exclusion en 2018 de la LFI de personnalités jugées trop souverainistes. En 2016, l’UPR avait pour sa part une dynamique relativement faible et ne semblait pas en mesure de rivaliser avec la LFI et le FN pour la présence au second tour des élections présidentielles.

Depuis 60 ans, au nom de l’Europe, on n’a cessé de discréditer la nation – l’endroit où le débat politique a un sens, une communauté d’histoire, de valeurs, d’action et de projet ; une communauté qui donne envie de s’y agréger, de s’y assimiler.
– Olivier Delorme

Depuis 2016 il y a eu beaucoup de nouveautés sur le plan européen, le Traité d’Aix la Chapelle, la Coopération structurée Permanente (PESCO), l’Assemblée parlementaire franco-allemande, les discussions sur le « partage » de la dissuasion nucléaire française et du siège français au Conseil de sécurité de l’ONU, autant de sujets qui pourraient faire l’objet d’une nouvelle analyse d’Olivier Delorme.

La rétraction continue de notre réseau diplomatique et culturel, instrument irremplaçable d’information sur le monde et d’action dans le monde, a induit un recul continu de notre influence, de la crédibilité de notre parole – au Proche-Orient comme ailleurs, y compris en Afrique.
– Olivier Delorme

Olivier Delorme fait parti de ces intellectuels qui peuvent (et qui doivent) tendre des ponts entre les militants souverainistes de la rive droite et gauche, en dehors de toute ambition partisane, pour précipiter la chute de l’UE et enfin permettre à la France de rayonner de nouveau.

Être convaincu du caractère néfaste de l’UE est une chose, arriver à convaincre nos concitoyens est déjà plus difficile. C’est pourquoi ce genre d’ouvrage (on pourrait citer également le livre de Coralie Delaume « Le couple franco-allemand n’existe pas » et le livre de Jacques Sapir « L’euro contre la France, l’euro contre l’Europe ») est un support idéal pour informer votre entourage, et je vous encourage à titre personnel d’acquérir un de ces ouvrages de temps à autre, autant pour consolider vos connaissances mais surtout pour soutenir ces intellectuels qui consacrent du temps à défendre une cause qui nous est chère !


Pour approfondir les positions d’Olivier Delorme sur l’Union européenne et les autres questions géopolitiques, vous pouvez consulter les ressources en ligne suivantes :

Interdit d’Interdire – Brexit : à quel prix peut-on sortir de l’Europe ? 

Entretien avec Le Cercle des Patriotes Disparus :

 

 




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