Les railleries de Trump sont destinées à provoquer paradoxalement une réaction nationaliste de la France

Les trollages de Trump sur twitter constituent un coup de génie habile, qui expose les attaques récentes de Macron envers le nationalisme pour ce qu’elles sont : des courbettes devant l’élite libérale-mondialiste.

Le président français Macron a insulté quelques milliards d’habitants du monde entier il y a quelques jours, en déclarant que « le nationalisme est une trahison ». La déclaration est déjà en soi contradictoire de par la définition même de la trahison, qui constitue un crime contre l’état même que les nationalistes tiennent à protéger : selon Macron, exprimer publiquement sa fierté d’appartenir à un pays, et appliquer des politiques dans la défense d’intérêts nationaux seraient équivalents à « trahir » son pays.

Comme on pouvait s’y attendre, Trump a pris pour lui les mots de Macron – ainsi que pour son style de gouvernance – et c’est pour cela qu’il a balancé quelques tweets ce matin, raillant son rival libéral-mondialiste. Voici ce que Trump a trouvé à dire sur la France :

Emmanuel Macron propose de mettre en place sa propre armée pour protéger l’Europe des USA, de la Chine et de la Russie. Mais lors des deux guerres mondiales, c’était l’Allemagne. Comment ça s’est passé pour la France? Ils en étaient à apprendre à parler allemand à Paris quand les USA ont débarqué. Commencez par payer votre du à l’OTAN !
– Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 13 Novembre 2018

Parlons commerce. La France produit d’excellents vins, mais c’est aussi le cas des USA. Le problème, c’est que la France a positionné des barrières douanières insurmontables à l’importation de nos vins, alors que les vins français sont faciles à vendre aux USA. C’est injuste, et cela doit changer !
– Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 13 Novembre 2018

Le problème d’Emmanuel, c’est sa quote de popularité qui s’élève à 26% en France, et son taux de chômage qui frôle les 10%. Il voulait tout simplement parler d’autre chose. Autre chose, aucun pays n’est plus nationaliste que la France, c’est un peuple très fier – et qui a raison de l’être!…… »
– Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 13 Novembre 2018

……MAKE FRANCE GREAT AGAIN!
– Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 13 Novembre 2018

Il devait être limpide aux yeux des observateurs que Trump essaye simplement de provoquer une réaction nationaliste de la part de son opposant idéologique, réaction qui mettrait en lumière la pure rhétorique de ses attaques récentes contre le nationalisme, qui n’avaient pour but que de courber l’échine devant l’élite libéral-mondialiste. Macron essaye de faire de l’ombre à Merkel dans la défense de cette cause, d’où sa sortie, odieuse et polémique, à l’égard du nationalisme. Trump y a vu l’opportunité parfaite d’attirer l’attention de l’hypocrisie totale de Macron en la matière, et a essayé de l’amener à formuler une réponse en défense de la France.

Même si le piège est trop gros, et que Macron le détecte, Trump pourra toujours continuer à piloter Macron en insistant sur le nationalisme économique pratiqué par la France. En fin de compte, le public mondial comprendra que Trump ne parle pas dans le vide, et que le nationalisme ne constitue pas une « trahison », chaque dirigeant de nation pratiquant le nationalisme d’une manière ou d’une autre.

En l’occurrence, ce sont bien les politiques libérales-mondialistes, sacrifiant les intérêts nationaux à de vagues objectifs idéologiques (ou pire), qui répondent à la définition de la trahison, et ce bien plus justement que le nationalisme : il est monnaie courante de voir ces politiques porter des bénéfices à des pays tiers et/ou à une élite transnationale, aux dépens du peuple « national » du dirigeant qui les mène. Les peuples ont commencé à ouvrir les yeux sur ce simple fait, et c’est cela qui est en grande partie à l’origine de la résurgence récente des mouvements pro-souveraineté (« nationalistes ») ; ces mouvements ont prouvé leur capacité à mettre en échec les forces libéro-mondialistes dont des étendards bien en vue furent Hillary Clinton, les « Bremainers », et la Plateforme civique, « parti d’opposition » polonais soutenu par l’Allemagne.

C’est ainsi que, respectivement, Trump, le Brexit et le parti au pouvoir en Pologne Loi & Justice représentent les menaces les plus importantes contre le libéral-mondialisme, chacun pour ses raisons socio-politiques propres. C’est de là que vient le désespoir qui a inspiré Macron à insulter leurs soutiens en les qualifiant de « traitres » dans un effort ultime d’empêcher d’autres peuples du monde (en particulier en Occident) de s’inspirer de leurs succès. La probabilité est grande qu’il en viendra à regretter son hyperbole rhétorique, car on peut compter sur Trump pour qu’il démontre le niveau d’infamie du langage de Macron, non sans en avoir dévoilé le degré d’hypocrisie.

Andrew Korybko

Source : Eurasia Future, traduit par Vincent


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