Les Frexiters à Londres

29 Mars 2019. Brexit Day. Enfin, cela devait être le jour du Brexit. J’habite à Londres depuis bientôt 2 ans et tous les jours, j’en entends parler. Tous les jours. En bien, ou en mal. Plutôt en mal, vu que j’habite Londres et que les Londoniens sont majoritairement des Remainers, des pro-UE, des gagnants de la mondialisation. J’ai fini le travail en début d’après-midi, je voulais me préparer pour la réunion des Brexiteers qui se mobilisaient en masse pour que leur victoire de 2016 (52%) soit respectée. Je suis arrivé assez tard, ma femme étant à la bourre depuis la City, je devais prendre mon mal en patience.

On arrive vers 18h30. La fête est quasi finie, quelques ultras sont encore là à chanter et vibrer sous les intonations des speakers. Je prends quelques photos, la température, je troll mes amis sur discord et je décide enfin de me diriger vers ce pourquoi je suis venu : le Frexit !

A quelques pas de Parliament Square, il y avait en effet une fête en l’honneur du Brexit organisée par des Français, en nombre : 700, rien que ça ! La grande majorité venue de France et d’ailleurs. La soirée était organisée par François Asselineau et l’UPR, le parti qui milite pour le Frexit dans la prestigieuse Church House Westminster.

Arrivant un peu en retard, on nous dit que la grande salle est remplie et qu’il n’y a plus de place, nous devons alors aller sur les balcons. Déçus, on se réconforte avec la vue impressionnante de la salle, qui est splendide et chargée d’histoire. On repère deux places sur le côté plus bas, on se décide à redescendre et défier la dame de l’entrée, qu’on esquive intelligemment pour courir vers notre butin : deux places au 4e rang devant le pupitre du speaker. Nous voilà installés, prêts à encaisser les 4h de discours des intervenants.

S’ensuit un premier discours de François Asselineau rappelant l’amitié franco-britannique, le poids de l’histoire, 1940 et l’objet de la soirée qui devait être la fête du Brexit. Qu’importe le report au 12 avril++, le public est en feu et est venu apporter son soutien aux 17,4 millions de Brexiteers.

Les Britanniques se font rares dans la salle mais ils sont bien présents, aux premiers rangs et prestigieux : Lord Hamilton of Epsom (ancien parlementaire et ministre conservateur), Lee Rotherham (le directeur du think tank « The Red Cell » et de l’association « VOTE LEAVE), David Heathcoat-Amory (ancien ministre des Affaires européennes) et bien d’autres. John Redwood, que j’apprécie beaucoup, notamment ses joutes enflammées sur ITV avec des Remainers, n’est pas là bien qu’étant prévu sur la liste des invités.

Les speakers Britanniques livrent des messages d’espoir et expriment leurs sympathies à leurs homologues Frexiters. La salle bouillonne d’acclamations, la ferveur est palpable et on peut entendre les chants entonner tour à tour « Frexit » et « Brexit ». Une chose est claire : les militants UPR sont dévoués à leur cause et tiennent à ce que le continent le sache.

Après un premier tour de discours, nous avons le droit à une pause-dîner d’une heure, je dois alors partir à la chasse aux militants UPR, cette espèce rare de la scène politique français, omniprésente sur les réseaux sociaux. Tous très sympathiques, dévoués à la cause du souverainisme (terme qu’ils réfutent), ils sont très accessibles, je fait même la rencontre d’un financier français travaillant apparemment à la city. Désireux de rencontrer des Anglais qui auraient eu l’envie de partager leur mobilisation avec les Frogs, je suis reparti bredouille de ce précieux sésame. Point d’Anglois !

À la toute fin, quand les discours prenaient fin avec quelques cadres du partis, j’ai eu la chance de croiser Asselineau et de lui serrer la main, expliquant en quelques mots ma présence à leur soirée, tout en gardant Soverain en sous-marin. L’essentiel est bien là, je suis venu en curieux, je suis reparti conquis. Le Frexit a une machine bien huilée à sa disposition. Les Français doivent s’emparer du sujet. Les Britanniques y sont parvenus il y a voilà 3 ans, ils ne leur restent plus qu’à transformer l’essai. Aux Français de réveiller le « French flair » !

 

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