Les États-Unis de l’hystérie fasciste

Ce fut quelques semaines passionnantes pour Antifa et le reste de la résistance néolibérale. OK, ils n’ont pas encore réussi à renverser le Gouvernement d’Occupation Poutino-Nazi (ci-après « GOP »), mais ils ont définitivement « les fachos » en fuite.

L’hystérie du « fascisme » se propage comme une traînée de poudre. La mafia du progrès de Twitter est à la recherche de sang. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que le géant endormi de la normalité ne réveille et ne purge l’Amérique de la gangrène fasciste qui a Poutino-Nazifié cette nation autrefois grande.

Antifa était à l’avant-garde du combat, écrasant les fachos sur les côtes Est et Ouest.

À Portland, où une bande de néo-fascistes anti-masturbation connus sous le nom de « Proud Boys » s’étaient rassemblés pour un combat de rue auto-promotionnel qu’ils avaient surnommé la « Bataille de Portland 2 », les militants d’Antifa ont identifié avec certitude et lynché de manière préventive un journaliste nommé Andy Ngo.

Pour empêcher qu’il ne les dénonce aux flics fascistes (qui bien évidemment travailleraient main dans la main avec le GOP), ils l’ont cambriolé pour mieux se protéger, l’ont aspergé de ficelles pour clown et lui ont lancé des milkshakes végétaliens.

Donc maintenant, avant de vous mettre en colère contre Antifa pour agression et vol de journalistes, il faut que vous sachiez une ou deux choses.

Tout d’abord, selon les porte-parole d’Antifa, et ces foules progressistes assoiffées de sang sur Twitter, Andy Ngo est un « fasciste par proximité », et peut-être même un crypto-fasciste.

Un représentant d’Antifa, Alexander Reid Ross, affirme que Ngo est personnellement responsable de l’inscription des noms des gens sur une « liste de meurtres » nazie (ou du moins que les écrits de Ngo ont été publiés par Quillette, qui a publié un article d’un autre auteur que certains fascistes ont lu et depuis lequel ils auraient copié les noms des gens), donc, en gros, il mérite de mourir.

De plus, attaquer et voler Ngo était techniquement de la « légitime défense préventive » (vous savez, la même chose que lorsque nous avons envahi l’Irak pour nous défendre contre ces armes de destruction massive). Malgré leurs casques et leurs gilets pare-balles, et le fait que Ngo est un petit homosexuel pâteux, sa présence parmi eux dans une rue publique faisait que les militants d’Antifa « ne se sentaient  plus en sécurité ».

Ils n’ont donc pas eu d’autre choix que de le frapper sans raison, de lui voler sa caméra et de lui donner jeter des milkshakes végétalien.

Comme l’explique l’expert du mouvement Antifa Mark Bray, quand on est Antifa, « riposter est toujours de la légitime défense, même si on donne le premier coup« .

(Cette logique ne s’applique qu’aux antifascistes, bien sûr, comme Antifa et l’armée américaine, et non pas, vous savez, aux gangs de voyous, ou aux auteurs de guerres d’agression.)

L’agression défensive d’un journaliste par Antifa a apparemment effrayé le GOP, car une semaine plus tard, à Washington, le président Hitler a appelé les chars et la Luftwaffe et annoncé qu’il allait organiser une reconstitution d’un procès de Nuremberg juste devant le Lincoln Memorial.

L’intelligentsia du progrès a pété les plombs. C’en est trop maintenant !

Poutine avait donné à Trump le feu vert pour déclarer la loi martiale et se déclarer Führer. L’Apocalypse Poutino-Nazi tant attendue allait enfin commencer !

Malheureusement, le Jamboree du 4 juillet de Trump s’est avéré être une affaire plutôt insipide. Il a même failli réussir son discours sans se ridiculiser. C’était extrêmement décevant pour les progressistes, qui espéraient qu’il deviendrait un Hitler à part entière, qu’il peindrait des « têtes de mort » sur les tourelles des Bradley et une Svastika sur la queue de l’Air Force One, et qu’il ordonnerait à l’ICE [Immigration and Custom Enforcement] de commencer à rassembler les Juifs.

Le week-end n’a pas été une déception totale, cependant. Les Proud Boys (qui sont cherchent clairement la punition), ont organisé un autre événement d’autopromotion, celui-là appelé « Défense de la liberté d’expression ». Quelques centaines de personnes sont venues écouter les discours d’une poignée de clowns d’extrême-droite qui tentent désespérément de relancer leur carrière. Ils étaient en infériorité numérique d’un facteur 2 devant les antifas, Black Lives Matter, divers drag queens et un trans indigène bi-spirituel de couleur, qui aurait « interprété un discours » sur la signification du terme « latinx ».

La police de Washington (qui est encore plus fasciste que la police fasciste de Portland qui est restée les bras croisés pendant que des antifas tabassaient et volaient un journaliste) a empêché fascistiquement les militants d’Antifa de se jeter dans le rassemblement Alt-right et de dégommer tout ce qui aurait été dans le champ de vision.

Ainsi, les antifascistes n’avaient pas d’autre choix que d’attaquer de manière préventive un distributeur de journaux, ce qui les faisait probablement se sentir « en situation d’insécurité », ou qui diffusait la propagande du GOP, ou quelque chose d’autre.

L’un d’eux a essayé de brûler un drapeau, mais il n’a pas trouvé comment utiliser ses allumettes.

D’autres actes hilarants d’action directe révolutionnaire ont suivi. Apparemment, la stratégie d’Antifa était d’écraser les fachos en les faisant mourir de rire.

Crédit photo: Paul Weaver, licence CC BY-NC-SA 2.0

Pendant ce temps, les actions militantes de la Résistance contre les « camps de concentration » du GOP se poursuivent. La ville de New York, San Francisco et d’autres zones métropoles progressistes se sont presque complètement vidées, les progressistes affluant vers la frontière sud pour libérer les prisonniers survivants.

Les conditions dans les camps sont maintenant plus qu’inhumaines. Selon Alexandria Ocasio-Cortez, les migrants sont contraints de boire dans les toilettes, et soumis à une « cruauté systémique » (on peut donc comprendre pourquoi les progressistes mettent physiquement leur corps en danger pour mettre fin à cet horrible sadisme, et pas seulement en restant assis sur Internet à crier « camps de concentration » quand ils se rendent dans leurs locations de vacances sur Martha’s Vineyard ou dans les Hamptons, ou que sais-je d’autre)

Non, ces « camps de concentration » Poutino-Nazis ne ressemblent en rien aux « centres de détention » gérés par l’administration Obama, bien qu’ils soient rigoureusement identiques. Bien sûr, des milliers d’enfants migrants ont été séparés de leurs parents, dans des cages, et il y a eu des dizaines de milliers d’incidents de viols, d’abus sexuels, de passages à tabac, etc., mais, sinon, ces « centres de détention » d’Obama ressemblaient plus à de grands hôtels 2 étoiles ou à des résidences universitaires, donc pas la peine pour les progressistes de se mettre en colère et les comparer aux endroits comme Dachau et Buchenwald.

En plus, voici une photo de personnes mortes ! Regarde cette photo ! Ces gens sont morts ! Alors, tais-toi sur Obama !

Assez avec l’histoire, la pensée critique et les aspects pratiques de la politique d’immigration ! Il est temps d’abolir toutes les frontières nationales, de délivrer à chacun un passeport américain et de transcender le concept de souveraineté nationale… ou du moins de fournir aux classes dirigeantes capitalistes un approvisionnement sans fin en main-d’œuvre non qualifiée, bon marché, sans papiers et extrêmement servile.

Ces pelouses de Bel Air ne vont pas se tondre toutes seules !

Franchement, je n’arrive pas à croire que je viens d’écrire ça. Les camps de concentration et les morts ne sont pas un sujet de plaisanterie.

Il n’y a pas de mal, cependant, à les utiliser cyniquement pour pousser les gens dans un paroxysme d’hystérie du fascisme de masse fabriqué. Les classes dirigeantes néolibérales et les médias ne feraient jamais fait cela.

Non, ils n’auraient jamais tenté à plusieurs reprises d’évoquer notre haine des nazis actuels (et de leurs camps de concentration actuels… où les gens ont été traînés hors de leurs maisons, chargés dans des trains et embarqués, et que vous ne pouviez quitter volontairement) afin de court-circuiter notre pensée critique, ou bien de nous manipuler émotionnellement pour soutenir leur Guerre contre le populisme.

Non, le gouvernement d’occupation Poutino-Nazi n’est pas seulement une hystérie de masse fabriquée par les classes dirigeantes néolibérales. Donald Trump est vraiment un nazi. Il y a un portrait d’Hitler dans le Bureau ovale. Poutine contrôle vraiment l’Amérique. Poutine et sa cabale de nazis russes. Ils sont partout. Les banques leur appartiennent. Ils contrôlent les médias. Ils contrôlent les élections. Ils sont le « Gouvernement Mondial Invisible ». (Est-ce que tout cela vous semble vaguement familier ?) Ils sont en train d’élaborer la solution finale au problème de l’immigration en ce moment même. C’est ce qu’ils font à Mar-a-Lago, où Trump a fait graver un grand « Black Sun » sur le sol en marbre.

Donc, si vous êtes sérieux dans votre antifascisme, c’est le moment de sortir vos ficelles pour clown, vos lunettes de ski, masques, gros gants, et à tout ce que vous utilisez pour faire ces milkshakes.

Le GOP est peut-être en marche en ce moment, mais il y a une saison électorale qui approche, alors nous devons être prêts à tout. L’important, c’est de rester hystérique et d’être prêt à répondre aux stimuli émotionnels que les classes dominantes nous envoient au visage. Le sort de la démocratie est en jeu.

Oh, et prenez garde aux distributeurs de journaux fascistes !

CJ Hopkins

Source : Off Guardian ; Traduit par XCN

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