Législative partielle, Mélenchon… – L’édito Rousseau #1

Désormais, Soverain vous propose un édito chaque semaine, revenant sur un à trois sujets de politique française écoulés sur les sept jours. Pour ce premier numéro nous avons choisi, exceptionellement, des sujets correspondant à une période un peu plus large que la semaine.

Qui pour succéder à Manuel Valls?

Quel est le comble de cette élection? C’est qu’elle est sous-médiatisée de façon disproportionnée par rapport à ce qui lui a donné naissance. Le départ de Manuel Valls de tous ses mandats français a, en effet, bien plus fait couler l’encre que le scrutin partiel lui-même. Onze candidats se disputent le siège de député.

Sont ainsi représentés, dans l’ordre des affichages électoraux, l’UPR, la FI (avec la médiatique Farida Amrani), LR, le PCF (soutenu par Génération.s comme l’année dernière), le réalisateur Rémy Courtaux, LREM (avec le maire divers gauche d’Évry Francis Chouat), EELV (soutenu par le PS ; ils sont représentés par l’ancienne députée Éva Sas), le RN, LO, le NPA et l’ancien directeur du cabinet d’Évry Mikaël Mantigou.

Parmi ces candidatures, l’on note :
– que seuls trois candidats étaient déjà présents en juin 2017 : Farida Amrani (FI), Michel Nouaille (PCF – G.s) et Jean Camonin (LO).
– qu’EELV, soutenant le PCF l’an dernier, a choisi cette fois de présenter une candidate, bénéficiant du soutien du PS. Ce dernier n’avait pas opposé de candidat à Manuel Valls l’an dernier.
– que la gauche est représentée par quatre candidats (FI, PCF, LO, NPA), cinq avec Francis Chouat (divers gauche – LREM), contre deux pour la droite (LR, RN).
– que si Francis Chouat est soutenu par tous les maires de sa circonscription, sa candidature a tout de même provoqué la dissidence de son ancien directeur de cabinet, Mikaël Mantigou.
– que Debout la France, le Mouvement 100%, le Parti Pirate et le Parti Ouvrier Indépendant Démocratique n’ont pas représenté de candidat pour cette élection partielle.

Enfin, l’on observe que le seul aspect de l’élection à être repris par les médias nationaux et locaux, est le duel Francis Chouat-Farida Amrani. Certes, la polémique Valls-Amrani avait fait parler d’elle l’an passé, à travers l’annulation, par le Conseil Constitutionnel, de 66 sur les 139 voix d’avance de Manuel Valls ; mais la représentation égale de tous les candidats serait un gage de démocratie que même les médias locaux semblent ignorer.

Toujours plus sur Mélenchon…

Bien après la perquisition des locaux de la France Insoumise, du Parti de Gauche et du domicile de Jean-Luc Mélenchon, ce dernier continue à alimenter les médias sur d’autres sujets. Par exemple, voici la déclaration de Mélenchon en réunion publique à Lille, suite à la hausse de la taxe diesel voulue par le Gouvernement :

« On dit aux gens d’utiliser moins de carburant. D’accord, mais est-ce que vous allez aussi rapprocher les écoles de chez nous? Ou bien nous emmener au centre commercial? Ceux qui utilisent du carburant le font parce qu’ils n’ont pas le choix »

Il convient d’admettre que taxer le diesel sans proposer d’alternative, ce n’est pas très adroit. L’on pourrait par exemple favoriser les recherches sur l’hydrogène et la fusion nucléaire. Mais il n’en demeure pas moins que Mélenchon entre ainsi en contradiction avec le programme de l’Avenir en Commun, qui était pourtant son projet présidentiel. Il y proposait effectivement… de hausser la taxe Diesel. Cependant, la presse n’est pas brillante sur le sujet, si l’on observe un article hébergé par Mediapart sans sources, et bourré de fautes d’orthographe, et l’article de Libération citant le compte Twitter controversé Team Macron, dont la rigueur informationnelle peut être remise en cause.

Autre sujet de la semaine : l’effondrement de la popularité de Mélenchon d’après la presse. Nous avons trouvé sidérant d’observer que nombre d’articles sur le sujet ne citaient… littéralement… aucun chiffre. Il nous a fallu nous rendre sur le site de la Dépêche pour trouver ceux d’un récent sondage de YouGov.

L’homme fort de la France Insoumise est selon eux la troisième personnalité politique la plus détestée avec 44% d’opinions négatives. Pourtant, cela ne date pas d’hier ; il est détesté à droite au même titre que Marine Le Pen est détestée à gauche, parce qu’il est marqué de son étiquette politique, acquise lors de la présidentielle de 2012. Et ça, la droite, si tenté que ce terme ait encore un sens aujourd’hui, ne l’a pas oublié.

Le deuxième chiffre cité par la Dépêche est : 62%, pour le pourcentage de français qui pensent que l’affaire de la perquisition affecte la France Insoumise. Nous ne contesterons pas ce chiffre, mais ne sommes pour autant pas sûrs que l’on puisse penser la même chose vis-à-vis de Mélenchon. Force est de constater que cette fois-ci, le prochain scrutin, les européennes de 2019, ne sera pas un scrutin de parti… mais un scrutin de personne, encore plus que cela ne l’était en 1999. Aujourd’hui, on peut presque citer tous les partis qui seront candidats et lesquels noueront des alliances. Mais aucun sondage ne vaudra puisque les têtes de liste sont presque toutes inconnues, et pire encore, des partis adverses ont proposé à la même personne d’être leur tête de liste (souvenez-vous Pierre Moscovici et Michel Barnier). Et ce n’est pas le parti qui participe au plus de débats sur les principaux médias, ce sont les têtes de liste. Il va sans dire que son charisme, sa prestance et son argumentation prévaudront largement sur l’image du parti…

 

Olivier Rousseau.

Je m’intéresse notamment à la politique française, mais aime parfois m’évader vers des sujets sociétaux ou internationaux. J’ai mon p’tit quart d’heure de folie chaque mois. Rédige également pour www.infopremiere.fr


4 Commentaires

  1. Bonjour, un programme est un tout cohérent. Augmenter le diesel dans le cadre de la planification écologique, du développement des transports en commun, du renforcement des services publics de proximité… etc… c’est pas la même chose que le faire dans le cadre d’une politique fiscale qui favorise les riches et tape sur le plus grand nombre et en particulier les plus modestes. Votre remarque sur l’avenir en commun est… disons pour être gentil, mal intentionnée car en dehors du contexte général.
    Cordialement

    • Pour info, ma remarque ne concerne pas l’Avenir en Commun, mais Mélenchon, parce que c’est lui qui a l’air d’avoir changé d’avis et non pas Mélenchon.

      Si votre but est de dire que la hausse de la taxe diesel est étonnante dans le cadre d’un programme non-écologique, je serai d’accord avec vous, c’est étonnant. Mais va t-on cracher AUSSI sur le 1% d’avancée parce qu’il est inclus dans 99% de recul? Et faire voir ce 1% d’avancée comme un 100ème % de recul? Cela me semble étonnant aussi.

      D’ailleurs, s’il critique l’aspect inégalitaire de la mesure, pourquoi Mélenchon ne défend-il pas la création de tranches socio-spatiales sur la taxe diesel (pour palier à la différence ville-banlieue et la différence riche-pauvre)?

  2. Un peu de rigueur… ce n’est pas un « article de Mediapart » mais juste le post d’un blog hébergé par Mediapart. En gros, c’est juste un article publié par un client de Mediapart, ça peut être n’importe qui.

    • Merci pour la précision, nous venons de corriger l’article (précisons tout de même que la personne en question n’avait pas rempli son profil). Pour poursuivre la réflexion, il peut sembler incroyable que Mediapart, qui vante l’exactitude de son information, ne trie pas un minimum les articles que son site internet héberge…

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