Le sommet Trump-Poutine répond aux attentes : il ravive l’espoir d’un avenir meilleur

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Article de Andrei Akulov, sur Strategic Culture, traduit par Soverain

Il ne fait aucun doute que le sommet Trump-Poutine d’Helsinki est un pas en avant significatif. Comme prévu, il n’y a pas eu d’avancées et le vent n’a pas vraiment tourné, mais les garde-fous de la relation bilatérale ont été rétablis pour ouvrir la voie à des progrès substantiels.

De toute évidence, seul un sommet à part entière pouvait arrêter la détérioration des relations bilatérales et cela s’est produit. Certes, il fut trop court pour permettre des grandes avancées, mais il a créé une atmosphère positive permettant de lancer le processus de réparation des dégâts. La rencontre a répondu aux attentes de ceux qui souhaitaient l’amélioration des relations bilatérales.

L’importance de la coopération entre les armées a été soulignée. Sans aucun doute, elle se resserrera et s’intensifiera désormais. Les équipes de sécurité nationale relanceront le dialogue tant attendu sur une série de questions brûlantes, y compris des discussions à part entière sur la cybersécurité. Le sort du nouveau traité START (NDT : Traité de réduction des armes stratégiques) sera abordé afin de prévenir l’érosion de la maîtrise des armements. Il s’agit d’un élément très important et opportun. Les deux parties coordonneront leurs actions en Syrie. Le Président Poutine a souligné la nécessité de relancer la diplomatie publique pour renforcer les relations entre les peuples. Ce sont là des résultats tangibles. Comme l’a dit le président Trump lors de la conférence de presse, la relation était au fond du gouffre, mais elle a maintenant changé.

Le soutien du législateur est indispensable à la mise en œuvre des projets du président. Donald Trump aura-t-il l’appui du Congrès pour sa politique d’entente avec Poutine ? Cela met en évidence la question des chances du Parti républicain pour les élections américaines de mi-mandat le 6 novembre, qui sont une sorte de référendum sur la prestation de Donald Trump. À cette date, les Américains répondront à la question de savoir s’ils font confiance au président Trump, y compris sa politique à l’égard de la Russie.

L’Alabama a déjà tenu son deuxième tour des primaires le 17 juillet, lançant le processus à l’échelle nationale qui se poursuivra jusqu’à la mi-septembre. Le parti au pouvoir perd généralement des sièges au Congrès suite au élections de mi-mandat. Les démocrates misent là-dessus. Depuis l’époque de la guerre civile (1861-1865), le parti du président sortant s’est incliné lors de 36 des 39 élections de mi-mandat à la Chambre. Au cours des 21 dernières élections de mi-mandat, le Parti républicain n’a obtenu que deux fois des sièges dans les deux chambres.

Si les Démocrates remportent une victoire et obtiennent la majorité dans l’une des chambres, l’affaire de l’ingérence Russe dans les élections sera un frein au développement de leur relation. Avec une majorité démocrate au Sénat, les traités avec la Russie auront peu de chance d’être ratifiés et de nouveaux obstacles sur la voie de normalisation des relations apparaîtront, même si cela signifie une intrusion dans les prérogatives présidentielles.

Aujourd’hui, le Parti républicain a une majorité avec 236 sièges contre 193 à la Chambre des représentants et une majorité de 51 sièges contre 47 au Sénat. Deux sénateurs sont indépendants. Ils ont tendance à se ranger du côté des démocrates. Selon le Cook Political Report, il y a quelques jours à peine, les Républicains auraient de bonnes chances de remporter la Chambre. Il y a 36 places dans la chambre inférieure, dans la catégorie « indécis » ou « proche ». Un autre rapport publié ce mois-ci indique que le parti Républicain préservera son actuelle majorité au Sénat. Les Républicains ne peuvent se permettre de perdre qu’un seul siège au Sénat pour préserver leur pouvoir. Les Démocrates ont 26 sièges au Sénat pour une réélection sur 35. C’est une chance d’augmenter leur avantage. Les candidats du Parti républicain sont en tête dans le Dakota du Nord et en Floride. Une victoire Républicaine donnerait une chance au Sénat d’approuver Brett Kavanaugh, nommé par Trump à la Cour suprême pour renforcer la position du président.

En effet, un succès des Républicains serait sans précédent, mais il semble tout à fait réalisable à l’heure actuelle. Beaucoup de choses peuvent influencer l’opinion publique, mais aujourd’hui la plupart des Américains veulent voir les relations avec la Russie s’améliorer. Ils le voient comme un succès supplémentaire au tableau de chasse du président Trump. Malgré tous le battage médiatique autour de l’ingérence électorale russes, le pourcentage des américains considérant la Russie comme un allié ou un ami des États-Unis a augmenté de 26% à 31% depuis 2014. Il n’y a pas eu de changement dans la proportion d’Américains identifiant la Russie comme ennemie ou hostile à leur pays. Le nombre de républicains affirmant que la Russie est un allié ou un État ami est passé de 22 % à 40 % depuis 2014.

Les perspectives économiques sous Trump sont positives et cela augmenterait les chances des républicains. « Au cours du premier semestre de cette année, l’activité économique globale semble s’être développée à un rythme soutenu », a conclu la Réserve fédérale dans son récent rapport.

Avec une majorité Républicaine au Congrès, le Président Trump pourrait faire beaucoup plus pour améliorer les relations avec Moscou. Une victoire Républicaine ouvrirait la voie à l’approbation par le Sénat des accords de maîtrise d’armement et de sécurité.

En espérant que les résultats du sommet ne seront pas simplement un simple feu de paille qui disparaîtra avec la prise de fonction d’un autre président. Les faits présentés ci-dessus indiquent la chose principale – Donald Trump est loin d’être un « lame duck » (NDT : élu en poste dont le mandat arrive à terme, alors que son successeur est déjà élu mais n’occupe pas encore le poste). C’est un interlocuteur sérieux qui peut faire avancer sa cause et le faire avec un appui solide au Congrès et parmi les électeurs. L’amélioration des relations avec la Russie était la promesse de Donald Trump faite au peuple américain qui l’a élu. Comme on peut le constater, le président américain reste fidèle à sa parole.

Andrei Akulov

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