Le long cycle électoral espagnol – Quel bilan tirer de la séquence décembre 2018-août 2019 ?

La longue séquence électorale qui s’est déroulée en Espagne au cours des derniers mois, et qui a donné lieu à d’infinis commentaires et négociations de toutes parts, est provisoirement terminée, même si certains nuages s’amoncellent à l’horizon.

Cet article se propose, durant ce court intermède, d’analyser brièvement les résultats des scrutins qui ont été organisés depuis décembre 2018 et de tirer certains enseignements de ce qui a pu être constaté outre-Pyrénées.


Entre le 2 décembre 2018 et le 29 août 2019, l’Espagne a connu un long cycle électoral, captivant pour tous les médias mais épuisant pour certains citoyens1, qui a consisté à renouveler, dans l’ordre chronologique :

  • le Parlement régional andalou (Parlamento de Andalucía)1, le 2 décembre 2018 ;
  • le Parlement national (Cortes Generales), le 28 avril 2019 ;
  • le Parlement régional de la Communauté de Valence (Cortes Valencianas), le même jour ;
  • l’ensemble des Conseils municipaux ainsi que douze des Parlements des communautés autonomes restantes (toutes à l’exception de la Catalogne, de la Galice et du Pays basque) et des villes autonomes de Ceuta et Melilla, le 26 mai 2019 ;
  • la délégation espagnole au Parlement européen (appelé Parlamento Europeo ou Eurocámara dans la langue de Cervantes) par la même occasion.

Depuis l’accession de Pedro Sánchez (Parti socialiste ouvrier espagnol) au poste de président du gouvernement à la suite d’une motion de censure en juin 20183, toutes les formations politiques attendaient impatiemment ces échéances électorales, espérant en tirer profit et, si possible, remplacer le social-démocrate à la conduite des affaires.

Alors que notre voisin pyrénéen est toujours sans gouvernement de plein exercice et pourrait retourner aux urnes en novembre prochain4, un premier bilan peut être établi afin de déterminer quels sont les gagnants et les perdants de ces scrutins mais également où semble aller l’Espagne. Si un vote national anticipé dans les prochains mois n’est pour le moment pas certain, les citoyens espagnols devront dans tous les cas retourner aux urnes autour de septembre 2020, et ce dans deux communautés autonomes : la Galice et le Pays basque5. Cette (brève ?) période de pause semble donc propice à la réflexion à ce sujet.

L’Union européenne et le niveau national, terrains de jeux de Pedro Sánchez ?

Le triomphe continental

S’il y a bien un scrutin qui a souri à Pedro Sánchez, ce sont les élections européennes du 26 mai dernier, qui visaient à renouveler les 54 députés nationaux espagnols6 au Parlement de Strasbourg et Bruxelles. Sa formation, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), est en effet arrivée nettement en tête avec plus de 7,3 millions de voix et 20 sièges (soit 6 de plus qu’en 2014)7. Elle est devenue le parti préféré des électeurs dans la quasi totalité des provinces espagnoles (exception faite de celles de Lugo et Orense, en Galice ; de celles d’Ávila et de Salamanque, en Castille-et-León ; de la ville autonome de Melilla ; des trois provinces basques ; et des quatre provinces catalanes8).

Emmenée par le ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération en exercice, Josep Borrell9, la liste sociale-démocrate a largement devancé la droite classique du Parti populaire (PP), qui n’a engrangé « que » 4,5 millions de bulletins et 12 sièges (contre 16 cinq ans auparavant). Au niveau de l’UE, le PSOE s’est même payé le luxe de devenir la quatrième formation par le nombre d’électeurs, derrière la Ligue (Italie), la CDU et les Verts (Allemagne), mais largement devant le Parti démocrate (Italie), le SPD (Allemagne), le Rassemblement national (France) ou encore le Parti du Brexit (Royaume-Uni)10.

Représentant, de fait, le principal parti de l’Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen (S&D), le PSOE a pu en désigner la présidente, Iratxe García11, tandis que Pedro Sánchez a considérablement renforcé son influence au sein des institutions européennes12, dont il était déjà l’un des hérauts13. C’est tout naturellement qu’il a été en mesure de faire désigner par le Conseil européen sortant Josep Borrell en tant que haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, alors que ce responsable avait déjà été président du Parlement européen de 2004 à 200714.

Au niveau national : des résultats bons mais inutiles ?

Lors des élections générales anticipées du 28 avril dernier, convoquées à la suite d’un blocage autour du vote du budget de l’État15, les sondages plaçaient le PSOE en bonne position pour conserver la présidence du gouvernement. C’est d’ailleurs ce qui semble s’être produit au soir du scrutin, puisque la formation de Sánchez a décroché 123 sièges (contre les 85 élus qu’il avait auparavant) au Congrès des députés (chambre basse du Parlement espagnol), pour un total de 28,7 % des suffrages exprimés (soit environ 7,4 millions de voix)16.

Divisée en trois grandes forces (PP, Citoyens et Vox), la droite espagnole n’a pas été capable de s’imposer en dehors de Melilla ainsi que des quatre provinces qui constituent ses fiefs les plus fidèles (Salamanque, Ávila, Lugo et Orense).

Dirigé par Pablo Casado, le Parti populaire a enregistré un résultat catastrophique (16,7 % des bulletins exprimés et 66 sièges), tandis que Vox a légèrement déçu (10,3 % pour 24 députés) et que Podemos s’est effondré (14,3 % pour 42 élus)17. Cela faisait onze ans que les socialistes espagnols n’étaient pas arrivés en tête d’un scrutin national18.

Pour autant, en Espagne, il ne suffit pas d’être le premier parti en nombre de sièges pour être assuré de gouverner. Encore faut-il obtenir la majorité absolue du Congrès des députés (176 élus) à soi seul… ou construire une coalition à même d’y parvenir. Deux solutions crédibles s’offraient au chef de l’exécutif sortant :

  1. être soutenu par les élus de son propre parti et ceux de la formation libérale et centriste Citoyens (Ciudadanos en espagnol, souvent abrégé C’s ou Cs), qui dispose en effet de 57 élus depuis les dernières élections générales (soit un total de 180 députés sur 350) ;
  2. s’attirer les bonnes grâces d’Unidas Podemos et de plusieurs partis régionalistes et indépendantistes (Parti régionaliste de Cantabrie, l’alliance valencienne Compromís, Bildu, le Parti nationaliste basque et la Gauche républicaine de Catalogne, notamment).

Or, la première éventualité a vite été écartée par les militants socialistes eux-mêmes19 et par Cs 20, lequel est engagé dans une tactique de domination du centre droit, en concurrence avec le PP21. L’hypothèse d’une grande coalition (gran coalición) étant totalement exclue en raison de l’absence d’accord avec les conservateurs et de tradition en la matière22, seule subsiste l’alliance avec la gauche et les séparatistes/nationalistes. Elle est d’autant plus dangereuse et incertaine que les formations catalanes et basques (voire d’autres communautés autonomes) risquent de monnayer très cher leur ralliement23. La Gauche républicaine de Catalogne (ERC) s’est très vite montrée disposée à une alliance avec Pedro Sánchez en échange de deux gestes fondamentaux : la grâce de tous les prévenus du procès de l’indépendantisme catalan et l’organisation d’un référendum sécessionniste légal24. Des exigences très lourdes de conséquences à la fois pour le PSOE et l’ensemble de l’Espagne.

Dans tous les cas, jusqu’à présent, les socialistes et la gauche « radicale » n’ont pas été capables de se mettre d’accord, avant tout pour des questions de rivalités personnelles et de postes ministériels25. La première séance d’investiture à laquelle s’est présenté Pedro Sánchez, à la fin du mois de juillet dernier, a été un échec et n’a débouché que sur l’exposition au grand jour des dissensions au sein de la gauche26.

En vertu de l’article 99.5 de la Constitution espagnole de 1978 (« Si, un délai de deux mois étant écoulé depuis le premier vote d’investiture, aucun candidat n’a obtenu la confiance du Congrès, le roi dissoudra les deux chambres et convoquera de nouvelles élections avec le contreseing du président du Congrès »), les députés ont désormais jusqu’au 23 septembre prochain pour trouver une solution. Dans le cas contraire, les citoyens espagnols seront contraints de retourner aux urnes le 10 novembre 2019, et ce pour la quatrième fois en quatre ans (après les élections générales du 20 décembre 2015, du 26 juin 2016 et du 28 avril 2019)27.

C’est peut-être ce que cherche Pedro Sánchez, qui ne semble pas pressé de négocier concrètement avec Pablo Iglesias28. Les dernières enquêtes d’opinion semblent de plus lui réserver des résultats encore meilleurs en cas de nouveau scrutin national, tandis que Podemos chuterait une fois de plus29. En conséquence, le PSOE paraît lancé dans une stratégie aux répercussions encore incalculables.

L’échelon régional et municipal – Une victoire à la Pyrrhus pour les socialistes

Des résultats apparemment encourageants

Si la victoire du bloc de droite aux élections andalouses anticipées du 2 décembre 2018 a constitué un choc majeur pour le PSOE (qui gouvernait la communauté autonome depuis plus de trois décennies), au soir du 26 mai dernier, les socialistes avaient le sourire aux lèvres. Et ce n’était pas uniquement en raison des résultats du scrutin européen. Aux élections municipales et régionales, la principale formation sociale-démocrate du pays a progressé quasiment partout, devenant comme première force dans la quasi totalité des communautés autonomes qui renouvelaient leur Parlement ce jour-là.

Moins d’un mois auparavant, le très beau résultat de la gauche dans la Communauté de Valence permettait au candidat sortant, le socialiste Ximo Puig, d’être reconduit à la tête de la région30. En Estrémadure31 et en Castille-La Manche32, les deux présidents sociaux-démocrates en place, qui se présentaient à leur propre succession, ont fait un tabac et obtenu une majorité absolue – ce qui n’existait jusqu’alors que dans la très conservatrice Galice. Par le jeu des alliances, le PSOE a reconquis le gouvernement régional des îles Canaries après 26 ans de domination de la Coalition canarienne (CC), formation régionaliste de centre droit33. Le constat est le même dans les îles Baléares34, en Aragon35, dans les Asturies36, en Navarre (où la candidate socialiste, María Chivite, n’est pourtant arrivée qu’en deuxième position)37 ou encore dans La Rioja, où Concepción Andreu est devenue présidente le 29 août 2019, mettant ainsi fin à 24 ans de règne des conservateurs38.

En Cantabrie, les régionalises de Miguel Ángel Revilla ont pu être reconduits au pouvoir grâce à leurs alliés sociaux-démocrates39 tandis qu’à Melilla, leur soutien a été décisif pour chasser du pouvoir le baron conservateur local, Juan José Imbroda, qui gouvernait depuis l’an 200040.

Au niveau municipal, le PSOE a une fois de plus été le gagnant de la soirée électorale puisqu’il a remporté l’essentiel des capitales de province du pays. Il a même fait très fort en Galice en conservant ou reconquérant la plupart des grandes villes, menaçant ainsi l’assise territoriale du président régional, Alberto Núñez Feijóo (PP)41. À Vigo, le social-démocrate Abel Caballero a obtenu des résultats historiques et une nette majorité absolue42.

Le Parti des Socialistes catalans (PSC), allié du PSOE national, a fait un carton dans les grandes villes (Badalona, Hospitalet de Llobregat, Santa Coloma de Gramanet, Cornellá de Llobregat, San Baudilio de Llobregat, etc.) de la « ceinture rouge » (cinturón rojo) de Barcelone43. Il est en allé de même dans la « ceinture rouge » de la banlieue méridionale de Madrid (Móstoles, Fuenlabrada, Getafe, Leganés, Alcorcón, etc.)44.

Dans les 80 villes les plus peuplées d’Espagne, un maire socialiste a été porté au pouvoir ou conforté dans son fauteuil d’édile, tandis que le Parti populaire a dû se contenter d’une quinzaine de municipalités45.

Une victoire avec un certain arrière-goût

Pourtant, le triomphe de Pedro Sánchez et de son équipe le 26 mai au soir était loin d’être total et les semaines qui ont suivi ont confirmé que la première impression était trompeuse46.

En effet, le Parti populaire, qui s’était fait distancer presque partout, a pu conserver le pouvoir en Castille-et-León et dans la Région de Murcie, deux de ses territoires-clé, et ce grâce au jeu des alliances à droite47. Par ailleurs, bien que les socialistes gouvernent davantage de régions, les conservateurs se sont assurés la direction des autonomies les plus peuplées, avec un total de 21,7 millions d’habitants pour un budget cumulé de 83 milliards d’euros48.

Les sociaux-démocrates ont donc été pris au piège qui leur avait tant bénéficié lors des élections régionales et municipales de 2015 : celui des pactes à deux, trois, quatre ou cinq formations permettant de s’imposer en dépit de résultats moyens49.

Surtout, outre les régions déjà citées, le président du PP, Pablo Casado, a pu reconquérir la ville de Madrid et garder dans son giron la Communauté de Madrid, les deux « joyaux de la couronne » de la droite classique en Espagne. Un résultat d’autant plus honorable que les conservateurs étaient donnés perdants dans les deux cas50. Ajoutons que le nouveau maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida (qui a battu l’emblématique Manuela Carmena, soutenue par Podemos), et la nouvelle présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, sont deux proches de Casado. Cela lui permet de se renforcer en interne alors qu’il était contesté après l’écroulement au niveau national le 28 avril 201951.

De façon générale, si la gauche a été capable de conserver certaines grandes villes comme Barcelone, Valence et Séville (respectivement deuxième, troisième et quatrième communes les plus peuplées d’Espagne), elle a perdu des places importantes : Saragosse (Aragon), cinquième ville d’Espagne52 ; Cordoue (Andalousie)53 ; Badajoz (Estrémadure)54 ; ou encore Grenade (Andalousie)55.

Dans de nombreuses communautés autonomes, le Parti populaire a aussi conservé des municipalités emblématiques, notamment dans le Sud-Est de l’Andalousie, à Almería56 et à Málaga57. C’est également le cas à Murcie, fief historique des démocrates-chrétiens58.

Le résultat n’est donc qu’en demi-teinte pour les socialistes de Pedro Sánchez tandis que le pire a été évité pour le PP de Pablo Casado59. Le célèbre dessinateur José María Nieto (alias Fe de Ratas) ne s’y est pas trompé dans une caricature pour le grand quotidien de droite ABC : il y représente le siège du Parti populaire totalement dévasté par un séisme ou une tornade. Pourtant, au milieu des ruines, Casado retrouve, à son grand soulagement, son poisson domestique nommé Liderazgo (littéralement, Leadership), dont le bocal a été protégé par deux cadres, l’un représentant le drapeau de la Communauté de Madrid et l’autre figurant les armoiries de la capitale60.

Quelques mots de conclusion

Ce long cycle électoral espagnol a accentué certaines des tendances que l’on observait déjà depuis 2015 (année de l’irruption au niveau national de deux nouvelles grandes formations, Citoyens et Podemos) : la raréfaction des majorités absolues et la nécessité de se prêter aux contorsions parlementaires les plus étonnantes pour gouverner ; l’instabilité de l’exécutif national ; des bisbilles parfois violentes entre formations.

Dans le même temps, certains maires de villes moyennes ont décidé, pour des raisons idéologiques ou personnelles, de quitter le parti dans lequel ils militaient parfois depuis longtemps et de se présenter sous une étiquette individuelle et circonstancielle. Certains d’entre eux ont d’ailleurs triomphé grâce à cette manœuvre, à l’image du conservateur José Manuel Sánchez Cabrera à Ávila (Castille-et-León)61, du socialiste Jordi Ballart à Tarrasa (Catalogne)62 ou de José Juan Franco à La Línea de la Concepción (Andalousie)63. Ces succès traduisent la personnalisation toujours plus grande de la politique que l’on observe dans toute l’Espagne (et même dans d’autres pays).

Malgré tout (et un peu paradoxalement), le bipartisme PSOE-PP parvient de nouveau à fidéliser ses électeurs (qui s’étaient faits plus volatiles en 2015 et 2016), avec un taux de loyauté de près de 80 %64.

Désormais, cependant, aussi bien les sociaux-démocrates que les démocrates-chrétiens doivent aller constituer des alliances là où ils le peuvent et n’hésitent plus à négocier à l’extrême gauche et à l’extrême droite. D’un côté, la droite « radicale » de Vox a permis au Parti populaire de reprendre des couleurs depuis quelques mois65. De l’autre côté, le Parti socialiste ouvrier espagnol s’allie volontiers non seulement à Podemos mais aussi aux séparatistes catalans lorsque c’est nécessaire66 ou même à EH Bildu, formation des héritiers de l’ETA (organisation dont ils n’ont jamais condamné la violence)67.

Cette polarisation de la vie politique (qui est aussi celle de l’électorat et, plus généralement, de la société) ne présage pas forcément d’un apaisement du débat dans les mois et années à venir.

Nicolas Klein

Références

1 Voir, notamment, Klein, Nicolas, « Du 28 avril au 26 mai : la course aux élections en Espagne », Soverain, 18 février 2019.

2 Voir, notamment, Klein, Nicolas, « Le tremblement de terre andalou », Soverain, 3 décembre 2018.

3 À ce sujet, voir Klein, Nicolas, « Le gouvernement Sánchez, entre faiblesse et autoritarisme », Soverain, 24 août 2018.

4 Voir, par exemple, Valdés, Asunción, « Hay que salir del bucle de la inestabilidad », El País, 2 juillet 2019.

5 Voir, par exemple, « ¿Por qué Cataluña, País Vasco y Galicia no celebran elecciones autonómicas el 26 de mayo? », El Periódico, 26 mai 2019.

6 Ce nombre ne tient pas compte des modifications qui auront théoriquement lieu une fois devenue effective la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne – l’Espagne en récupèrera cinq supplémentaires à ce moment-là.

7 Voir les résultats de ces élections européennes pour l’Espagne sur le site d’El País : https://resultados.elpais.com/elecciones/2019/europeas/.

8 Voir cette carte publiée sur Wikipedia : https://es.wikipedia.org/wiki/Elecciones_al_Parlamento_Europeo_de_2019_(España)#/media/Archivo:2019_European_election_in_Spain_-_Simple.svg.

9 Voir, par exemple, « Josep Borrell será cabeza de lista del PSOE a las elecciones europeas », La Información, 26 février 2019.

10 Voir, par exemple, Guisado, Paula, « El PSOE arrasa en el Parlamento europeo con una subida de seis escaños », El Mundo, 27 mai 2019.

11 Voir, par exemple, « La española Iratxe García presidirá a los socialistas en el Parlamento Europeo », El País, 17 juin 2019.

12 Voir, par exemple, Redondo, Javier, « Sánchez se corona en Europa », El Mundo, 28 mai 2019.

13 Voir Klein, Nicolas, « Sánchez : la nouvelle coqueluche de l’Union européenne », L’Incorrect, 17 juillet 2019.

14 Voir Morel, Sandrine, « Le retour politique du Catalan Josep Borrell, à la tête de la diplomatie européenne », Le Monde, 3 juillet 2019.

15 Voir Klein, Nicolas, « Pedro Sánchez – Touché coulé ? », L’Incorrect, 14 février 2019.

16 Voir les résultats des élections générales de mai 2019 sur le site d’El País : https://resultados.elpais.com/elecciones/generales.html.

17 Voir, par exemple, Klein, Nicolas, « Neuf choses que nous ont apprises les élections générales espagnoles du 28 avril », L’Incorrect, 29 avril 2019.

18 Voir les résultats des élections générales de 2008 sur le site d’El País : https://resultados.elpais.com/elecciones/2008/generales/congreso/.

19 Voir, par exemple, Escolar, Ignacio, « Con Rivera, no », El Diario, 29 avril 2019.

20 Voir, par exemple, Ramírez, Pedro José, « Albert Rivera: «No vamos a pactar con el PSOE ni con Sánchez, les echaremos y punto» », El Español, 3 mars 2019.

21 Voir, par exemple, García de Blas, Elsa, « Ciudadanos asume que no puede acabar ya con el PP », El País, 27 mai 2019.

22 Voir, par exemple, Nieto, Silvia, « ¿Por qué una Gran Coalición es tan difícil en España cuando en Alemania ya ha habido tres? », ABC, 3 mars 2018.

23 Voir, par exemple, Ferreras, Belén, « Pedro Sánchez contenta a PRC y PNV licitando el tren Bilbao-Santander », El Mundo, 29 août 2019.

24 Voir, par exemple, Catà, Josep et Baquero, Camilo, « Las condiciones de ERC: mesa de diálogo, hablar de referéndum y levantar las causas judiciales », El País, 29 avril 2019.

25 Voir mon intervention pour le journal télévisé de TV Libertés le 26 juillet 2019 : https://youtu.be/_-4EryuaWFo.

26 Voir, par exemple, Cruz, Marisa, « El fracaso en la investidura de Pedro Sánchez condena a España a la paralización », El Mundo, 26 juillet 2019.

27 Voir, par exemple, Amón, Rubén, « La ruleta del 10 de noviembre », El País, 4 juillet 2019.

28 Voir, par exemple, Fernández, Victoria, « Sánchez da por rotas las negociaciones con Iglesias ante su «mascarada» de consulta a las bases », El Español, 15 juillet 2019.

29 Voir, par exemple, « El CIS de Tezanos da una aplastante victoria al PSOE con un 41,3% de votos », La Razón, 30 juillet 2019.

30 Voir, par exemple, « El socialista Ximo Puig, reelegido presidente de la Generalitat Valenciana », RTVE, 13 juin 2019.

31 Voir, par exemple, Morán Breña, Carmen, « Fernández Vara gana con mayoría absoluta en Extremadura », El País, 27 mai 2019.

32 Voir, par exemple, « García-Page recupera la mayoría absoluta para el PSOE en Castilla-La Mancha », RTVE, 27 mai 2019.

33 Voir, par exemple, « El PSOE recupera Canarias tras 26 años de nacionalismo », El Plural, 12 juillet 2019.

34 Voir, par exemple, Tchernokojev, Peter, « Francina Armengol, reelegida presidenta del Govern hasta 2023 », Cadena SER, 27 juin 2019.

35 Voir, par exemple, Ortega, Javier, « Javier Lambán, reelegido presidente con los votos del PSOE, Podemos, CHA, PAR e Izquierda Unida », El Mundo, 31 juillet 2019.

36 Voir, par exemple, « El socialista Adrián Barbón, elegido presidente de Asturias sin el apoyo de Podemos », La Vanguardia, 15 juillet 2019.

37 Voir, par exemple, « La socialista Chivite es elegida presidenta de Navarra gracias a la abstención de EH Bildu », RTVE, 2 août 2019.

38 Voir, par exemple, « Concha Andreu, elegida presidenta de La Rioja », ABC, 27 août 2019.

39 Voir, par exemple, Vivar, Rubén, « Revilla, reelegido presidente de Cantabria por cuarta vez con el apoyo del PSOE y la abstención de Vox », El Diario, 27 juin 2019.

40 Voir, par exemple, « El único diputado de Cs presidirá Melilla en un «todos contra Imbroda» que lo saca de la política », El Español, 15 juin 2019.

41 Voir Vizoso, Sonia, « El bastión inexpugnable del PP se agrieta por sorpresa », El País, 10 juin 2019.

42 Voir, par exemple, Picatoste, Mauro, « Abel Caballero, reelegido alcalde de Vigo », Cadena SER, 15 juin 2019.

43 Voir, par exemple, Piñol, Àngels, « El PSC tiñe de rojo el cinturón tras la caída de los comunes y la CUP », El País, 28 mai 2019.

44 Voir, par exemple, Fernández, David, « El PSOE gana en el cinturón rojo del sur y el PP logra mantener sus bastiones del oeste », El Confidencial, 27 mai 2019.

45 Voir, par exemple, Grasso, Daniele et Alonso, Antonio, « El reparto del poder municipal: quién va a gobernar en 80 grandes ciudades », El País, 15 juin 2019.

46 Voir, notamment, Klein, Nicolas, « Espagne : petite victoire pour Pedro Sánchez », L’Incorrect, 27 mai 2019 ; e Varela, Ignacio, « La amarga victoria de Sánchez y la dulce derrota de Casado », El Confidencial, 27 mai 2019.

47 Voir, par exemple, Calleja, Mariano, « Los pactos devuelven al PP el poder territorial perdido », ABC, 3 août 2019.

48 Voir Junquera, Natalia, « El PP gobierna sobre 21,7 millones de españoles gracias al apoyo de C’s y Vox », El País, 18 août 2019.

49 Voir, par exemple, Martínez, Ainhoa, « El PSOE bajo el «efecto boomerang» tras las elecciones », La Razón, 16 juin 2019.

50 Voir, par exemple, Fernández, David, « La izquierda gana en Madrid: Gabilondo y Carmena podrían gobernar con apoyos », El Confidencial, 9 mai 2019.

51 Voir, par exemple, Mateo, Juan José, « Díaz Ayuso apuntala a Casado al frente del PP », El País, 14 août 2019.

52 Voir, par exemple, « Jorge Azcón, un alcalde de Zaragoza bregado en política municipal », El Heraldo, 14 juin 2019.

53 Voir, par exemple, « José María Bellido, del PP, nuevo alcalde de Córdoba con el apoyo de Ciudadanos », EFE, 15 juin 2019.

54 Voir, par exemple, Aroca, José, « El tripartito llega a Extremadura: Fragoso alcalde de Badajoz con los votos de PP, Cs y Vox », El Diario, 15 juin 2019.

55 Voir, par exemple, « Luis Salvador (Cs), alcalde de Granada con el apoyo de PP y Vox », Europa Press, 15 juin 2019.

56 Voir, par exemple, « Ramón Fernández-Pacheco (PP) revalida la alcaldía de Almería con los votos de Cs y Vox », EFE, 15 juin 2019.

57 Voir, par exemple, Cenizo, Néstor, « Francisco de la Torre, reelegido alcalde de Málaga », El Diario, 15 juin 2019.

58 Voir, par exemple, « José Ballesta es reelegido alcalde de Murcia con el apoyo de Cs, con quien firma un acuerdo de gobernabilidad », Europa Press, 15 juin 2019.

59 Voir, par exemple, Alberola, Miquel, « La conquista de grandes municipios quita presión a Pablo Casado », El País, 27 mai 2019.

60 Ladite caricature est disponible à cette adresse : https://abcblogs.abc.es/fe-de-ratas/vinetas/pablo-casado-no-perdio-todo.html.

61 Voir, par exemple, « El nuevo partido XAV romperá con 28 años de alcaldes del PP en Ávila », República, 27 mai 2019.

62 Voir, par exemple, « Jordi Ballart vuelve a ser elegido alcalde en Terrassa », El Periódico, 15 juin 2019.

63 Voir, par exemple, Cañas, Jesús, « El triunfo del alcalde «indepe» de La Línea », El País, 3 juin 2019.

64 Voir Ferrer, Lorenzo, « Análisis – PP y PSOE conservan hasta el 80% del voto », La Razón, 28 mai 2019.

65 Voir, par exemple, Calleja, Mariano, « El centro-derecha recupera poder frente a Sánchez con los pactos de PP, Cs y Vox », ABC, 16 juin 2019.

66 Voir, par exemple, Anguera de Sojo, Iva, « Pactos locales PSC-ERC: las otras consecuencias del veto republicano a Iceta », El Independiente, 22 mai 2019.

67 Voir, par exemple, « Traición a las víctimas de ETA en Navarra: denuncian el abandono por parte del PSN tras aferrarse a Bildu », El Español, 30 juillet 2019.

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