Le Coup d’État, hier et aujourd’hui (3/5) par Anton Chaitkin

Soverain publie un dossier exclusif en Français sur les origines de l’impérialisme américain. Ce dossier a été traduit par la rédaction de Soverain à partir d’un article d’ampleur écrit par l’historien américain Anton Chaitkin et publié sur The Saker.

L’auteur peut être contacté à l’adresse suivante : antonchaitkin@gmail.com

Lien vers la deuxième partie

Troisième partie

4. En collision frontale

De nos jours, qui se souvient comment John Kennedy a ébranlé la scène politique pour devenir aussi populaire dans le monde entier ?

Il s’adressa au Sénat des États-Unis le 2 juillet 1957 au sujet de « l’Impérialisme – L’ennemi de la liberté » [26]. Alors que les Américains s’apprêtaient à célébrer le 4 juillet, anniversaire de leur guerre révolutionnaire pour l’indépendance, Kennedy révoqua l’alliance américaine avec l’impérialisme européen qui réprimait violemment les émancipations africaines et asiatiques – comme en témoigent la différence des actions américaines sur la question de Suez en comparaison avec la guerre d’Algérie qui faisait rage à l’époque.

Ce discours, et la réaction qu’il a suscitée ont mis Kennedy sous les feux de la rampe comme lorsqu’Abraham Lincoln avait débattu la question de l’esclavage avec Stephen Douglas un siècle auparavant. De la même manière quand Lincoln avait alarmé les principaux dirigeants pro-esclavagistes, maintenant l’alarme retentit au White’s Club de Londres, dans les centres de commandement de l’OTAN et parmi ceux qui se considéraient comme le gouvernement permanent des États-Unis. Depuis ce moment jusqu’à son assassinat en 1963, JFK était en collision frontale avec les ennemis de l’Humanité.

Les troupes françaises, soutenues par l’OTAN et équipées d’hélicoptères américains, bombardèrent, brûlèrent, torturèrent et assassinèrent les Arabes luttant pour l’indépendance de l’Algérie. Mais Kennedy dit que les troupes impériales ne pourraient jamais l’emporter sur les rebelles qui représentaient les espoirs de la population indigène. L’échec impérial était aussi certain qu’au Vietnam, où nous avions « versé de l’argent et du matériel… dans une tentative désespérée de sauver pour les Français une terre qui ne voulait pas être sauvée, dans une guerre où l’ennemi était à la fois partout et nulle part en même temps ».

Kennedy rapporta qu’il avait entrepris « une étude approfondie du problème » pendant plus d’un an. Il présidait le sous-comité sénatorial des affaires des Nations Unies, et il avait élaboré le discours du 2 juillet en coopération directe avec les dirigeants rebelles algériens. Il souligna qu’il critiquait depuis longtemps la politique américaine, en dénonçant la trahison des intérêts américains de nos intérêts tant par les démocrates de Truman que par les républicains de Dulles.
Il contesta le principe dominant selon lequel tout autre intérêt devait être sacrifié au profit de la guerre froide anticommuniste. Pourquoi ce conflit n’était-il pas terminé depuis longtemps ?

 

 

« On nous a dit que la guerre n’était maintenue qu’en raison de l’ingérence et de la fourberie du colonel Nasser… ou de l’ingérence russe et communiste en Algérie. Aucune de ces explications qui chercheraient à faire de ces étrangers les véritables commanditaires de la rébellion algérienne ne sont convaincantes, comme le montrent les tentatives de réprimer les journaux critiques et les commentaires émanant de l’opinion publique…

Si nous voulons assurer l’amitié entre les Arabes, les Africains et les Asiatiques – et nous le devons, malgré ce que le secrétaire d’Etat John Foster Dulles dit de notre absence de popularité -, nous ne pouvons espérer y parvenir […] en leur vendant la libre concurrence, en décrivant les dangers du communisme ou la prospérité des États-Unis, ou en limitant nos négociations à des accords militaires. Non, la force de notre appel réside dans notre philosophie traditionnelle et profondément ancrée de liberté et d’indépendance pour tous les peuples du monde entier ».

Kennedy inséra dans ce discours un indice historique remarquable. Cela nous aide à voir comment son « étude intensive du problème » l’avait inspiré à faire revivre, depuis le regretté Franklin Roosevelt, la tradition américaine du leadership anti-impérial. JFK parla du « Sultan Ben Youssef, avec lequel le Président Roosevelt s’était entretenu lors de la Conférence de Casablanca. »

En 1943, FDR avait sollicité ce sultan du Maroc pour l’assurer du soutien des États-Unis au développement économique de son pays et de son indépendance par rapport à la France. La rencontre avait profondément ému le Sultan, un favori de FDR qui s’était opposé aux tentatives du gouvernement français de Vichy d’exiler l’immense population juive marocaine dans les camps de la mort nazis. Le Sultan a ensuite attribué à FDR le mérite d’avoir galvanisé son mouvement nationaliste et d’autres mouvements pour l’autonomie. En 1956, il avait réussi à négocier en faveur de l’indépendance marocaine avec la France et l’Espagne. Un mois après le discours révolutionnaire de Kennedy, le Sultan prit le titre de roi Mohammed V.

Kennedy conclut en proposant une résolution du Sénat, appelant le Président Eisenhower et le Secrétaire d’Etat Dulles à mettre l’influence américaine en arrière-plan, soit par le biais de l’OTAN « soit par les bons offices du Premier ministre tunisien et du sultan du Maroc », pour avancer vers l’indépendance algérienne et la fin de cette guerre atroce. Le discours de Kennedy enthousiasma les nationalistes africains. Un groupe de dirigeants africains, arabes et asiatiques vint alors s’entretenir avec le jeune sénateur, qu’ils voulaient voir élire à la présidence américaine [27]. John Foster Dulles contre-attaqua Kennedy en raison du contexte nouveau de la guerre froide, tout comme le firent le New York Times, Dean Acheson et d’autres démocrates anti-FDR.

Les dirigeants impériaux français et leurs Nazis récupérés « stay-behind » de l’OTAN étaient particulièrement furieux : JFK avait manifestement fait cause commune avec des Français de bonne volonté qui étaient d’accord avec son point de vue, mais qui avaient peur de s’élever contre les partisans de la ligne dure proto-fasciste qui dirigeaient le gouvernement français.

Les éléments les plus farouches de l’armée et des services secrets français étaient les partenaires opérationnels du MI6 britannique et de la faction de Dulles depuis 1946, combattant en Indochine puis en Algérie. En 1958, les rebelles arabes algériens provoquèrent la répression, les tortures et les assassinats les plus sauvages, à la manière hitlérienne, par les forces françaises, jetant l’Algérie et la France dans le chaos.

 

 

Les partisans de la ligne dure organisèrent un coup d’État en Algérie contre le gouvernement « affaibli » de Paris. Charles de Gaulle sortit de sa retraite pour résoudre la grande crise nationale. Il créa une nouvelle République, la Cinquième République, en devint le Président, et sorti le pays du désastre de l’impérialisme – façon britannique – et de la guerre permanente. Les tenants de la ligne dure et leurs partenaires britanniques et américains, qui s’attendaient à ce que de Gaulle s’accroche à la colonie algérienne, crièrent à la « trahison » de de Gaulle et jurèrent de se venger. Le siège de cette furie était le siège de l’OTAN à Paris, en France.

Tout au long de cette période, la guerre froide était devenue de plus en plus dangereuse. Les forces soviétiques écrasèrent la révolte de 1956 soutenue par les Anglo-Américains en Hongrie. La course aux armements nucléaires se renforça après que les Soviétiques aient mis en orbite le premier satellite, Spoutnik, en 1957. La stratégie insensée de la « guerre nucléaire limitée » gagna alors en crédibilité au sein de l’OTAN.

5. À une époque de terreur, la nouvelle frontière

Le sénateur Kennedy annonça sa candidature à la présidentielle le 2 janvier 1960. Alors que Kennedy faisait campagne, le président Eisenhower s’apprêtait à rencontrer le premier ministre soviétique Nikita Khrouchtchev lors d’une conférence cruciale Est-Ouest-Sud, le 16 mai à Paris. Le Président français de Gaulle et le Président indien Jawaharlal Nehru avaient planifié la réunion pour promouvoir le désarmement nucléaire et la coopération Est-Ouest pour l’aide aux pays sous-développés [28].

Mais deux semaines avant le sommet, la CIA de Dulles envoya un avion espion U2 en mission photographique au-dessus de l’URSS. Il fut abattu ; son pilote fut capturé et avoua sa mission le 1er mai, ce qui embarrassa profondément Eisenhower et provoqua l’annulation de la tenue de la réunion au sommet Eisenhower-Khrouchtchev. Khrouchtchev, se sentant agressé par les États-Unis, annula son invitation à Eisenhower pour aller à Moscou en juin.

Pendant ce temps, Kennedy remporta les élections primaires démocrates, remportant la célèbre Virginie-Occidentale le 10 mai, et se dirigeait alors vers une victoire électorale en novembre. Les partenaires de l’OTAN s’empressèrent d’empêcher toute modification sérieuse des arrangements impérialistes.

L’Afrique centrale était leur première cible.

En janvier 1960, le leader nationaliste congolais Patrice Lumumba proclama l’indépendance du Congo par rapport à la Belgique. Les Britanniques étaient la puissance prédominante au Congo, exerçant leur contrôle par l’intermédiaire de la société « Union Minière du Haut Katanga », propriétaire de la plupart des minérais précieux du Congo, y compris l’uranium.
Appelant à l’utilisation des ressources de son pays pour sortir son peuple de la misère – précisément le programme du sénateur Kennedy -, Patrice Lumumba devint le premier Premier ministre élu du Congo en juin 1960. En juillet, les Britanniques déclenchèrent la guerre contre le Congo : la province du Katanga sous contrôle britannique, qui contient alors la majeure partie des richesses minières du Congo, déclara sa sécession de la nation nouvellement indépendante.
Quelques jours plus tard, le Parti démocrate nomma Kennedy au poste de président.

Le 14 septembre, le gouvernement congolais élu fut renversé par les forces paramilitaires belges et anti-nationalistes parrainées par le pouvoir britannique localisé au Katanga avec leurs partenaires de la CIA. Le Premier ministre Lumumba fut kidnappé, puis s’échappa et fut enfermé à plusieurs reprises, resaisi par ses futurs assassins.

Opérations spéciales de Lemnitzer

En octobre 1960, le général Lyman Lemnitzer fut nommé président de l’état-major interarmées. Les deux hommes qui avaient trahi le président Roosevelt lors de l’opération Sunrise siégeaient maintenant au sommet de l’appareil stratégique américain, Dulles à la CIA et Lemnitzer au Pentagone.

Lemnitzer avait montré à sa faction ses aptitudes pour ce rôle en août dernier, lorsque, en tant que chef d’état-major de l’armée, il avait annoncé que l’armée était prête à « rétablir l’ordre » aux États-Unis après une guerre nucléaire avec l’Union soviétique afin de rétablir la « normalité », tout comme le font les militaires après une inondation ou une émeute [29].
Pour se rapprocher un peu plus de cette guerre nucléaire « ordonnée », Lemnitzer entreprit alors son projet d’installer des missiles balistiques nucléaires américains en Turquie [30], à la frontière de l’Union soviétique.

Pendant ce temps, Lemnitzer et Dulles procédèrent à des arrangements secrets pour une invasion de Cuba et le renversement de Fidel Castro. Le mouvement rebelle de ce dernier avait pris le pouvoir à Cuba en 1959, et Castro avait confisqué des propriétés appartenant à des étrangers, y compris les plantations de la compagnie Dulles, United Fruit. Les Russes avaient alors fourni à Castro une aide militaire pour lutter contre une contre-révolution américaine prévue. Des militaires russes étaient sur l’île. Une invasion aurait pu déboucher sur des tirs entre les deux grandes puissances, toutes deux maintenant équipées d’armes nucléaires mille fois plus meurtrières que la bombe d’Hiroshima – et toutes deux les faisaient exploser lors d’essais en plein air.

 

 

 

L’opinion publique américaine débattait alors partout de la menace de l’apocalypse.

En juin 1960, deux journalistes chevronnés de Washington avaient publié un livre sensationnel sur les bombardements nucléaires américains contre le Japon en 1945. Fletcher Knebel et Charles Bailey avaient utilisé des sources d’archives nouvellement disponibles et avaient interviewé des participants au processus de prise de décision dans le domaine nucléaire. Ils montrèrent que de nombreux dirigeants militaires et gouvernementaux concernés n’avaient pas été autorisés à prendre connaissance de l’évolution de la bombe ou des plans d’attaque ; et que les avertissements des scientifiques critiques avaient été écartés lorsque Truman, encouragé par Churchill, avait fait l’appel à cet armement. Knebel et Bailey indiquèrent clairement que la bombe atomique avait changé à jamais la logique de la guerre à grande échelle, parce qu’une nouvelle guerre mondiale serait le suicide de la civilisation.

John Kennedy fut élu président le 8 novembre 1960. Il dépêcha des représentants en Afrique pour annoncer l’engagement renouvelé des États-Unis en faveur de la souveraineté nationale. Ils rapportèrent que les foules africaines de partout clamaient « Kennedy! Kennedy! Kennedy! »

Il disposait de dix semaines pour composer un gouvernement, avant son investiture le 20 janvier 1961. En Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine, les attentes émergeaient en faveur de ce nouveau rôle des États-Unis qui permettrait alors de dissiper les craintes.

Cherchant à prendre le pouvoir et à amorcer une sorte d’initiative sans provoquer une insurrection ouverte de l’establishment Anglo-américain, Kennedy annonça qu’Allen Dulles resterait aux commandes de la CIA, et J. Edgar Hoover resterait au FBI. Pour apaiser Wall Street, il fit du banquier d’affaires Douglas Dillon le secrétaire du Trésor [32]. Le mandat de Lyman Lemnitzer en tant que leader du Comité des chefs d’état-major interarmées devait se poursuivre jusqu’en 1962 et, selon la tradition, il serait ensuite prolongé.

Mais JFK amena aussi des personnes intensément fidèles à ses promesses d’une nouvelle direction. Son frère Robert, qui était à ses côtés depuis la tournée anti-impériale de 1951, allait devenir procureur général.

Le 17 janvier, trois jours avant l’inauguration de Kennedy, le chef du service de renseignement britannique MI6 au Congo, Mme Daphne Park, donna le signal aux troupes que les Anglo-Américains avaient rassemblées, et le chef de l’Etat congolais Patrice Lumumba fut assassiné dans un lieu isolé où il avait été d’abord kidnappé. Le nouveau président des États-Unis ne fut pas mis au courant de ce plan et il ne fut informé du meurtre que deux mois plus tard (13 février).
Le 17 janvier 1960, le jour où les Anglo-américains assassinèrent Lumumba, le président Eisenhower prononça son discours d’adieu. Il avait alors prévenu :

« Dans les instances gouvernementales, il faut se prémunir contre la prise d’influence injustifiée… par le complexe militaro-industriel. Le risque d’une montée désastreuse d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou nos processus démocratiques. Nous ne devons rien tenir pour acquis. Seul un citoyen averti et responsable peut faire plier l’énorme machinerie industrielle et militaire de défense avec nos méthodes et objectifs pacifiques, afin que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble [34]. »

Dans son discours d’investiture du 20 janvier [35], le président John F. Kennedy appela à un revirement de situation face à la guerre nucléaire avec la Russie et annonça clairement le retour de la mission fondatrice américaine : « L’Homme tient entre ses mains mortelles le pouvoir d’abolir toutes les formes de pauvreté humaine et toutes les formes de vie humaine. Et pourtant, les mêmes croyances révolutionnaires pour lesquelles nos ancêtres se sont battus sont toujours en jeu dans le monde entier…. »

Il a éveillé chez les jeunes, en particulier, une passion pour l’amélioration du monde. Les dirigeants des pays en voie de décolonisation le connaissaient déjà mieux que la plupart des Américains et étaient ravis des perspectives de progrès soudainement améliorées.

Kwame Nkrumah arriva à Washington le 8 mars 1961, devenant ainsi le premier chef d’État étranger à rendre visite au président Kennedy. Ils commencèrent à travailler ensemble pour surmonter les obstacles politiques et financiers au grand projet de Nkrumah : un barrage sur le fleuve Volta à travers le Ghana, pour produire de l’électricité bon marché pouvant aider à industrialiser l’Afrique de l’Ouest [36].

 

Fin de la troisième partie

 

Sources (an Anglais) :
26. https://www.jfklibrary.org/Research/Research-Aids/JFK-Speeches/United-States-Senate-Imperialism_19570702.aspx
27. Kennedy would later meet with Guinea’s nationalist President Sékou Touré, and became his confidant. Most importantly, Kennedy opened channels of communication with Ghana’s President Kwame Nkrumah, who had lived for 10 years in FDR’s America, and returned to lead the struggle against Britain. In March 1957, Nkrumah had declared Ghana’s independence as the first black African nation to overthrow colonial rule.

28. “De Gaulle and Nehru Hold ‘Useful’ Pre-Summit Talk,” New York Times, May 9, 1960.
29. Binder, Lemnitzer, pp. 245-246, quotes from Mark S. Watson, Baltimore Sun, August 8, 1960: “There was no question in the minds of the public that many thousands, even millions, of civilians would die in a nuclear attack; what was not clear was how order would be restored afterward…. The chief of staff stated: ‘As proved by the handling of lesser peacetime disasters over and over again, the surest means of broad-scale relief and recovery is the nation’s military organization—organized, disciplined and of all establishments the best equipped for that urgent responsibility.’”
30. The Turkey missiles were officially a NATO project, carried out with the support of two key NATO officials who were factionally close to Lemnitzer: Sir Evelyn Shuckburgh, a high official of the British foreign-policy establishment who was then Assistant Secretary General of NATO, stationed at NATO headquarters in Paris; and French Air Force General Maurice Challe, Commander-in-Chief of Allied Forces in Central Europe, who had led the brutal counter-insurgency against the Algerian Arabs.Shuckburgh and Challe were old imperial dance partners. Years earlier, Sir Evelyn had confided to his diary, “the Americans are not backing us anywhere. In fact, having destroyed the Dutch empire, the United States are now engaged in undermining the French and British empires as hard as they can” (quoted in Dorril, MI6, page 497). Tony Shaw, Eden, Suez and the Mass Media(London: I.B. Tauris & Co., 1966), p. 67 reports that in 1956, Gen. Challe had visited with UK Prime Minister Anthony Eden (whom he served as principal private secretary) to propose that Britain, France and Israel should jointly invade Egypt to overthrow President Nasser, and pretend it was just an Israeli defensive move. President Eisenhower forced their withdrawal from Egypt in the Suez Crisis.
31. Fletcher Knebel and Charles W. Bailey II, No High Ground (New York: Harper & Row, 1960).
32. Kennedy chose Douglas Dillon even though he had been the pro-imperial Ambassador to France until 1957. In Kennedy’s famous 1957 speech on Algerian independence, Kennedy had named Dillon as part of the problem of the Dulles-dominated American policy.
33. The following letter by Lord David Lea to the London Review of Books (April 11, 2013) politely reviewed Britain’s culpability, a half century after Lumumba’s assassination.“WE DID IT“[Quoting a previous letter:] ‘The question remains whether British plots to assassinate Lumumba … ever amounted to anything. At present, we do not know’…. Actually, in this particular case, I can report that we do. It so happens that I was having a cup of tea with Daphne Park—we were colleagues from opposite sides of the Lords—a few months before she died in March 2010. She had been consul and first secretary in Leopoldville, now Kinshasa, from 1959 to 1961, which in practice (this was subsequently acknowledged) meant head of MI6 there. I mentioned the uproar surrounding Lumumba’s abduction and murder, and recalled the theory that MI6 might have had something to do with it. ‘We did,’ she replied, ‘I organised it.’“We went on to discuss her contention that Lumumba would have handed over the whole lot to the Russians: the high-value Katangese uranium deposits as well as the diamonds and other important minerals largely located in the secessionist eastern state of Katanga. Against that, I put the point that I didn’t see how suspicion of Western involvement and of our motivation for Balkanising their country would be a happy augury for the new republic’s peaceful development. David Lea London SW1.” Lord Lea’s letter sparked a political row, featuring an ambiguous response from the BBC.
34. http://avalon.law.yale.edu/20th_century/eisenhower001.asp
35. https://www.jfklibrary.org/Research/Research-Aids/Ready-Reference/JFK-Quotations/Inaugural-Address.aspx
36. During his ten years in the USA, Nkrumah had seen how FDR’s Tennessee Valley Authority dams had helped end backwardness in the South; he saw this could be done once Ghana was free to improve itself.

 

Anton « Tony » Chaitkin (né en 1943) est un auteur, historien et militant politique du mouvement LaRouche. Il est éditeur historique de la revue Executive Intelligence Review.