L’Auld Alliance, la plus vieille alliance au monde

La France n’a pas attendu la création de l’Union européenne pour tisser des liens forts, sincères, avec d’autres peuples et nations. C’est notamment le cas de l’Ecosse, avec qui la France partage une longue histoire commune. Il y a 722 ans jour pour jour, la France signait avec l’Ecosse la Auld Alliance, reconnue aujourd’hui comme la plus vieille alliance du monde. Cette particularité écossaise explique en partie la tenue de discussions et de référendum (le dernier en date de 2014) pour l’indépendance de l’Ecosse.

L’Auld Alliance, la plus vieille alliance au monde

Qui n’a pas entendu parler de cette alliance Franco-Écossaise, contre l’Angleterre, dont le Général de Gaulle dira en 1942 à l’occasion d’un discours prononcé à Édimbourg, qu’il s’agissait de la plus vieille alliance au monde ? Le « Général » n’avait pas tort, les prémices de cette alliance entre l’Écosse, la France et la Norvège (on l’oublie souvent) datent de la fin du XIIème siècle. (La Norvège, concernée par sa souveraineté sur l’archipel des Orcades, ne semble y avoir jamais référence et n’avoir jamais engagé d’action concrète au titre de l’Alliance.)

Les écrits les plus anciens, sont un traité signé à Paris le 23 octobre 1295 par les ambassadeurs de Jean d’Ecosse et de Philippe Le Bel. A cette époque John Baliol était roi d’Ecosse (1292-1296). Comme la famille Baliol possédait beaucoup de terre en France, en effet, la famille est arrivée au temps des Normands au XIème siècle, Il est donc normal de réunir les deux pays contre leur ennemi commun. John Baliol était malmené par les médias et était considéré comme faible.

Mais comment John Baliol est-il devenu roi d’écosse ?

Du temps où Alexandre III gouverna l’écosse de 1249 à 1286, le pays était prospère et en paix. A sa mort, suite à une chute de cheval, Margaret , the Maid of Norway, petite fille d’Alexandre alors âgée de 3 ans devait lui succéder mais décéda pendant son retour au pays. John Baliol fut donc choisi comme Roi par le Roi d’Angleterre, Edward the first au détriment du célèbre Robert the Bruce. On en sait peu sur sa vie mais, lassés par son comportement dit « faible », les écossais ont élu un conseil de 12 personnes. Ce conseil a signé un traité avec la France l’Auld Alliance, ce traité sera ratifié par le parlement écossais le 23 février 1296. Ce document prévoyait que si l’un des États subissait une attaque de l’Angleterre, l’autre État envahirait l’Angleterre.

Ceci dans le but de :

  • Créer des liens de fraternité entre les sujets des Royaumes d’Écosse et de France.
  • Développer les échanges commerciaux et militaires entre ces deux Royaumes.
  • Sceller un pacte d’assistance militaire en cas d’attaque d’un des deux pays par l’Angleterre.
  • Former des soldats et marins des deux nations prêts à se battre pour défendre les Deux Royaumes.

C’est ainsi que les Écossais ont par exemple reçu le soutien des Français lors de la bataille de Flodden Field en 1513 (là, ce fut une défaite). Dans l’autre sens, les Écossais ont souvent prêté main-forte aux Français : L’histoire retient que des archers écossais aidèrent Jeanne d’Arc à lever le siège d’Orléans. La relation franco-écossaise, c’est aussi la garde personnelle du roi de France qui fut longtemps et uniquement une garde écossaise. Créée par Charles VII en 1422, la Garde écossaise, garde personnelle des rois de France perdura jusqu’au milieu du XIXe siècle. Sans oublier la malheureuse Marie Stuart, reine d’Ecosse par la naissance et de France par le mariage.

L’Auld Alliance était un traité militaire mais comprenait aussi un volet culturel.

Par exemple il prévoyait un échange universitaire : l’Écosse envoyait quatre étudiants en théologie en France et vice-versa. Les Écossais prirent goût aux meilleurs vins français. À cette époque, le bordeaux était, devant le whisky, la « boisson nationale » de l’Écosse. En décembre 1889, les professeurs Lavisse et Octave Gréard pour la France, Patrick Geddes pour l’Ecosse, créèrent un Comité de patronage pour les étudiants qu’ils placèrent sous la présidence de Louis Pasteur et l’ouvrirent aux étudiants de diverses nationalités. La participation la plus active se trouva être en la France et l’Ecosse, ce qui amena tout naturellement la création de la Franco-Scottish Society. Les relations inter-universitaires constituèrent la part la plus importante de l’activité de cette nouvelle association créée à Edimbourg en octobre 1895 et à Paris en Sorbonne en avril 1896.

Il est « officiellement » admis que le traité d’Edimbourg met fin à la vieille alliance en 1560, mais certains historiens remettent en cause le traité d’Edimbourg, d’une part, parce que les termes de ce traité ne visent pas clairement le traité ratifié en 1296, et d’autre part, le fait que Marie Stuart aurait refusé de signer le traité d’Edimbourg. En 2011, l’historienne britannique, Siobhan Talbott a publié le résultat de ses recherches sur l’Auld Alliance et a conclu que l’alliance ne fut jamais révoquée. De nos jours, l’Auld Alliance est surtout évoquée lors d’événements folkloriques ou sportifs (Tournoi des six nations en particulier). Aujourd’hui plus connue des Écossais que des Français, elle demeure pour les premiers l’une des marques de leur identité nationale les différenciant profondément des Anglais.

France Agora

Auld Alliance Site

Co-fondateur, traducteur et rédacteur sur Soverain.
Sympathisant de l’Action Française pour son école de pensée, de Debout la France pour l’embryon de rassemblement transpartisan, et de l’Union populaire républicaine pour ses analyses sur l’Union européenne.
Milite pour un large rassemblement des patriotes au delà des partis pour rétablir la souveraineté de la France sur les traités supranationaux. Être de droite ou de gauche c’est déjà se priver d’une partie de ce qui fait la France.