La zone euro n’admet pas avoir perdu une décennie – la France n’admet pas que l’austérité continuera en 2019

Article de Ramin Mazaheri pour le blog du Saker, traduit par Soverain

Qui pourrait penser que si l’austérité économique avait pris fin, elle aurait été clamée à haute voix ?

Après tout, elle dure depuis si longtemps, elle est si méprisée, si désastreuse sur le plan économique et a été à l’origine de tant de protestations, d’arrestations, de gaz lacrymogènes, de canons à eau, de violences policières et – certainement – de décès dus au manque de soins médicaux adéquats, au suicide dû à des dettes, etc. Cette situation n’est pas propre à la France, deuxième moteur économique de la zone euro, qui a connu deux années de grande récession catastrophique, puis sept années consécutives d’austérité budgétaire.

J’étais pratiquement tout seul en janvier pour souligner le fait que la zone euro a officiellement réalisé une « Décennie perdue » : son taux de croissance annuel moyen de 2008 à 2017 n’était que de 0,6%. LOL (sic), faut-il vraiment craindre que les politiques économiques socialistes puissent faire pire ? De toute évidence, le Vietnam, la Chine, Cuba, l’Iran et les quelques autres pays ont obtenu de bien meilleurs taux au cours des dix dernières années et souvent en dépit d’une guerre froide commerciale contre eux.

Mais apparemment, les Décennies perdues ne concernent que les non-Blancs, comme c’est le cas au Japon, qui aurait non pas une mais deux décennies perdues : 1,4% de croissance entre 1991-2000 et 0,7% entre 2001 et 2010 – la décennie perdue dans l’UE était pire encore.

Soit les journalistes occidentaux ne comprennent pas l’économie de base, soit ils ne peuvent tout simplement pas faire d’arithmétique de base dans laquelle une variable comme « x » est totalement absente, soit ils sont trop enclins à accepter la propagande des tenants du capitalisme qui sont aussi des supporters fanatiques et malhonnêtes de la science économique.

Ce sont les seules options possibles, car soit la France a mis fin à l’austérité – ce qui est une grande nouvelle pour la zone euro, qui reste le maillon faible de l’économie mondiale – soit elle poursuit son austérité en 2019 malgré son échec total, ce qui est aussi une grande nouvelle.

Pourtant, pour la première fois en sept ans, le budget économique annuel de la France est dévoilé et le mot « austérité » est introuvable ! Étonnamment, il ne s’agit pas seulement des reportages en anglais, mais aussi des reportages en français – la seule exception que j’ai trouvée était dans un éditorial de SudRadio. Ce ne sont pas des médias conventionnels, mais je note que le syndicat le plus à gauche en France, Force ouvrière, a été le seul à utiliser la traduction française de l’austérité – politique de rigueur.

Qu’est-ce qui se passe ? Le concept même d’austérité est-il dépassé ? Suis-je tout simplement gauche (un mot français qui signifie « gauche », mais qui, en anglais, signifie « peu sophistiqué et socialement maladroit ») pour en parler ?

La réponse courte est la suivante : les journalistes ont été impressionnés de voir Macron envoyer quelques miettes de réduction d’impôt à la classe moyenne afin qu’ils ignorent le festin sur la table des riches.

Impérialisme, sionisme, fascisme… ajoutez « austérité » à la liste des mots que les médias occidentaux ne peuvent expliquer

Commençons par définir les termes, afin d’éviter toute confusion. « L' »austérité économique » peut se résumer à trois idées essentielles : réduire les dépenses sociales (en pratique, cela signifie répercuter les coûts sur les ménages pour les prestations que le gouvernement assurait auparavant), refuser de réinvestir ou vendre des obligations dans des programmes d’infrastructure qui bénéficient au pays indépendamment du niveau économique, et augmenter les impôts pour financer une baisse des impôts des plus riches ou pour les entreprises en leur laissant le sentiment que ces réductions seront de bons promoteurs pour leur économie (évidemment, aucune contrepartie sous la forme de promesses de recrutement et d’investissement n’est exigée, car cela n’en ferait pas une austérité capitaliste, mais plutôt un socialisme avec des caractéristiques chinoises).

Cet ensemble de politiques se situe à l’extrême droite du spectre de la pensée économique, souvent appelé « néolibéralisme », qui est une reformulation au XXIe siècle de ce que l’on appelait autrefois « économie par retombées », car l’origine du « néolibéralisme » réside dans la sécurisation, la promotion, l’aide aux riches, l’encouragement et la protection de ceux-ci, les sociétés et les entreprises, dans l’objectif qu’elles s’engageront alors volontairement dans des activités économiques qui profiteront à la nation et qui créeront également une croissance économique (fondamentalement, ce taux de croissance devrait être supérieur à celui suggéré par ceux de gauche dans le domaine de la pensée économique, le socialisme économique).

Il ne fait aucun doute que ces deux derniers paragraphes sont tout à fait justes, facilement vérifiables et acceptés par tous.

Ce que je conteste dans cet article, c’est que les médias occidentaux dominants sont totalement incapables ou réticents à rendre compte du budget français de 2019 d’un point de vue économique honnête, ouvert, scientifique et sans parti pris.

Je peux résumer les principales mesures : 19 milliards d’euros de réductions d’impôts sans conditions pour les entreprises, 6 milliards d’euros de réductions d’impôts pour les ménages, combinés à des plafonds pour les retraites des seniors, des hausses d’impôts régressives sur les biens de consommation et des coupes sur des milliers de postes de la fonction publique.

Les gros titres et la vision des médias grand public anglophones perçoivent l’analyse de Macron d’une manière totalement non critique, comme si le journaliste ne s’occupait que des relations publiques. Reuters : Budget 2019 pour alléger la fiscalité des ménages et des entreprises ; AFP – Budget 2019 : le gouvernement dévoile des baisses d’impôts importantes comme moteur de croissance ; Financial Times : La France prévoit de réduire les impôts et de limiter les dépenses ; Radio France Internationale – le gouvernement français va mettre de l’argent dans les poches des gens en réduisant les impôts.

On voit qu’ils font référence aux baisses d’impôt pour les entreprises et les ménages. Ok, je comprends ça. Ce à quoi je m’oppose, c’est à leur tournure générale, à savoir que le budget 2019 contiendrait principalement des réductions d’impôts qui sont réparties de manière uniforme et équitable, ce qui est totalement faux. Et tout à fait évident : Même si nous croyons les chiffres du gouvernement sur parole (et nous ne devrions pas, comme je vais le démontrer), accorder trois fois plus de réductions d’impôts aux entreprises qu’aux ménages signifie assurément le maintien des politiques de rigueur fiscale !

Mais en se concentrant sur les réductions d’impôt, ce que les médias anglophones ont fait, c’est essentiellement dire : « Inutile de parler d' »austérité » parce qu’il y a des réductions d’impôts ici. » Pour eux, la question de l’égalité de ces réductions d’impôt n’est qu’un détail.

Je me demande… combien d’allégements fiscaux Macron devrait-il accorder aux ménages pour ne plus voir de telles déclarations sado-masochistes ? A mon avis : moins de 3 milliards d’euros. Pourquoi ai-je choisi ce chiffre ? Je ne sais pas – c’est juste que ça me semble juste ; vous ne pouvez pas me demander d’appliquer une logique à des déclarations qui sont totalement illogiques, hein ?

Les principaux médias francophones ont perroqueté la ligne pro-gouvernementale, mais les meilleurs ont dû creuser davantage, car ils vivent en fait en France.

La réalité, selon des sources médiatiques comme Mediapart, c’est qu’il ne s’agit pas de 19 milliards d’euros de réductions d’impôts pour les entreprises, mais plutôt de 46 milliards d’euros.

Ces réductions sont toutes sans condition, mais sont faites pour soutenir (je cite le gouvernement ici) « l’investissement et donc la création d’emplois »… qui est la même vieille logique d’austérité : si vous réduisez les impôts des riches, des multinationales et des entreprises, vous verrez apparaître par magie des investissements à long terme et la hausse des salaires et des créations d’emplois.

De nombreux médias français, comme le scandaleux faussement gauchiste Libération, ont accusé ouvertement le gouvernement de mentir sur les 6 milliards d’euros de réductions pour les ménages. Ils ont raison, parce que ces 6 milliards d’euros d’économies vont tout de même être prélevés d’une autre manière, et tous les médias français l’ont reconnu : le budget contient également des mesures fiscales régressives, sous la forme d’augmentations des taxes sur le gazole et le tabac.

(Ils sont « régressifs » parce qu’ils concernent tout le monde sur un même pied d’égalité, même s’ils prennent une plus grande part des revenus des classes moyennes et inférieures. « Les impôts « progressifs », qui relèvent à juste titre de la gauche du spectre économique, pénalisent ceux qui peuvent plus facilement se le permettre.)

Et en augmentant les retraites des personnes âgées de seulement 0,3 % l’année prochaine, alors que l’inflation est prévue à 1,4 %, c’est une autre taxe pour les 16 millions de retraités, car elle réduit leur revenu et représente une économie pour le pays de 3 milliards €.

Pour citer Mediapart, au cas où on ne me croirait pas : « Mais tout cela ressemble en fin de compte à un jeu à somme nulle pour les ménages. Comme c’est souvent le cas avec ce gouvernement (voir le plan de lutte contre la pauvreté, par exemple), on donne d’une main ce qu’on prend de l’autre. »

Par conséquent, non, la France ne met PAS fin à l’austérité par des réductions d’impôts pour les ménages, et seules des déclarations d’idiots diraient le contraire.

Il est regrettable que la réalité non dite du journalisme soit la suivante : des journalistes d’âge moyen, qui ont du cran et de l’expérience, sont poussés à la porte en faveur de jeunes gens de 23 ans qui ne savent rien faire et qui travaillent pour la moitié du prix juste pour s’assurer une carrière.

Plus de contes de fées, plus de « c’est la faute à Bruxelles »….plus de fausses justifications du tout !

Le déficit budgétaire global de la France est en fait en augmentation, bien que passant de 2,8% à 2,6%, et c’est ce qui en fait un budget  » non austère « , non ?

Juste un petit rappel de la situation : la raison initiale de l’austérité était de gagner les bonnes grâces de la « fée confiance » de la haute finance, mais depuis bien plus longtemps, c’est pour satisfaire la règle de l’UE que les déficits budgétaires ne peuvent dépasser 3% (ce chiffre est totalement arbitraire d’un point de vue économique, et était brisé à chaque fois par l’Allemagne et la France).

Mais les 46 milliards d’euros d’allègements fiscaux sans conditions consentis aux entreprises représentent 0,9 % du PIB français. Par conséquent, si ces cadeaux fiscaux n’étaient pas accordés, le déficit budgétaire de la France serait en fait ramené à un niveau de meilleur élève de la zone euro à 1,9% en 2019.

C’est tout simplement déplorable de se comporter comme si la France DEVAIT IMPÉRATIVEMENT accorder ces réductions d’impôts – qui représentent un coût social et économique énorme. Bien sûr, pour les journalistes de gauche, c’est la première question à aborder et à débattre.

C’est pourquoi nous pouvons toujours nous tourner vers l’anglo-canadien Reuters chaque fois que nous avons besoin d’un double langage économique. Les publications économiques, voyez-vous, sont obligées de bien couvrir l’actualité économique, mais cela ne veut pas dire que ce n’est pas une machine à mouvement perpétuel qui justifie l’économie de droite. Ils rejettent l’idée de céder cet énorme morceau de PIB sous prétexte que cela est inévitable (dans l’austérité) et qu’il s’agit d’une nouveauté en quelque sorte : « Le déficit budgétaire se rapprocherait ainsi du plafond de l’UE, bien qu’il s’établirait à 1,9 % à l’exclusion des prévisions à long terme, et de l’effet non récurrent des plans visant à transformer un système de crédit d’impôt sur les salaires en réduction permanente des impôts ».

Ne nous y trompons donc pas : La France n’augmente pas légèrement son déficit budgétaire, comme cela a été rapporté à plusieurs reprises, mais elle le fait de manière significative dans le seul but de transférer de la richesse aux entreprises. Cela aussi s’inscrit parfaitement dans le cadre des politiques d’austérité.

Alors….au sujet de la Décennie perdue de la zone euro dont j’ai parlé : est-ce que j’ai manqué la réunion où nous, journalistes, avons demandé de ne plus parler d’austérité ?

Bien sûr que non, mais revenons à la notion de « nouveauté » de Reuters, car il s’agit d’une conspiration intellectuelle qui passe souvent inaperçue.

Imaginez qu’il n’y ait pas de définitions ni d’histoire – vous pourriez croire que je divague

Il faut se souvenir d’un paradoxe crucial du capitalisme : il est largement accepté qu’il vacille de crise en crise, et pourtant chacune d’entre elle est toujours rapportée comme s’il s’agissait d’une nouveauté. La décennie perdue, au Japon, est radicalement différente de la décennie perdue de la zone euro, et ce malgré leurs innombrables similitudes tant au niveau des causes que des supposés « remèdes » politiques. Qu’avait précédé la crise japonaise ? Le boom et l’effondrement du dragon asiatique, qui fut autant une création de banquiers sans scrupules que la crise de la dette souveraine européenne – encore une fois, aucun lien ne peut être admis. Ce sont des concepts qui ont été explorés par des économistes à connaître absolument – enfin « à ignorer », selon nos médias grands publics – comme Richard Werner (qui a écrit Princes of The Yen) et Michael Hudson (auteur de nombreuses et superbes critiques du capitalisme néolibéral du XXIe siècle).

J’ai évoqué leurs idées l’année dernière dans une série de sept articles portant sur les conséquences de la fin de l’assouplissement quantitatif de la zone euro, et démystifièrent les faux-semblants de gauche de l’ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis, publié en 2016. Après une décennie d’analyse des faits en France, mon analyse de leurs politiques (et de celles des autres) peut se résumer au titre de la partie 7 : La récession forcée comme outil de guerre sociale contre 99% de la population.

La crise est – et personne ne le sait mieux que les Français, qui ne sont sortis que récemment d’une situation d’état d’urgence qui durait depuis deux ans (et ce, uniquement parce que Macron a banalisé presque tous les pouvoirs répressifs de la police) – un instrument de gouvernance au sein du capitalisme alors que le socialisme est la prévention sans répit des crises économiques par un dispositif central à long terme.

Le budget 2019 de la France s’inscrit parfaitement dans le cadre du projet néolibéral d’aspiration de la richesse des peuples de la zone euro vers les poches des 1% les plus riches au monde (le 1% américain en étant, proportionnellement, le plus grand bénéficiaire) et il s’agit là d’une répétition évidente des pratiques menées au Japon. C’est pourquoi nous devrions supposer qu’il y aura une seconde décennie perdue pour la zone euro également – il s’agit du même livre de jeux. Certes, rien n’indique qu’ils soient sur le point de changer leur politique néolibérale, et la structure suprêmement néolibérale de la zone euro elle-même, depuis 1989, rend cela impossible.

Rendez-vous vers la fin du livret des règles du jeu de ce néolibéralisme et vous verrez que l’austérité ne s’arrêtera pas tant que tous les gains sociaux réalisés entre 1917 et 1977 ne seront pas annulés.

C’est pourquoi le gouvernement français a ouvertement admis que l’objectif de ce budget était d’atteindre un autre objectif néolibéral : encourager les chômeurs à retourner au travail… tout en diminuant leurs salaires (car ils ne suivent pas l’inflation depuis plusieurs décennies) et même en réduisant la sécurité de l’emploi et les conditions de travail par de dites « réformes » du marché de travail.

L’autre moitié de la réduction de la « dépendance à l’aide sociale » est la prochaine priorité politique de Macron, malgré sa faible popularité record – plus de « déformations » de l’assurance chômage, c’est-à-dire rendre les « prestations » chômage plus basses encore que les pires salaires. Cela explique aussi pourquoi les emplois proposés par Pôle emploi sont inclus dans les 5 000 suppressions d’emplois annoncées dans le budget de 2019 – ils veulent que votre expérience à Pôle emploi soit aussi mauvaise que possible pour vous décourager de demander des « allocations ». Le Dieu néolibéral nous interdit de ne pas rendre la vie aussi misérable que possible à ceux qui préfèrent le chômage plutôt que d’être traités comme des chiens, et ce pour des salaires qui ne logent ni ne nourrissent même pas un chien.

La France est bien sûr derrière l’Allemagne niveau imitation anglo-saxonne. En effet, que nous apprendrait le livre de jeu néolibéral quand on a déjà eu des « réformes » du travail, comme en Allemagne ? Vous avez laissé entrer 1 million de Syriens hautement qualifiés afin de créer encore plus de concurrence capitaliste parmi les travailleurs et ainsi abaisser les standards d’acceptation d’un emploi. Cela a pour effet secondaire d’alimenter ce sentiment qui suscitent de nombreux articles pouvant détourner l’attention de votre Décennie perdue, mais qui ne font que mettre ses adeptes en colère – le nationalisme (et non le « patriotisme », qui ne doit être ni raciste ni islamophobe).

Qu’obtient-on quand on fait des cadeaux fiscaux sans condition aux riches ? Alors que nous espérons simplement qu’ils investiront dans la création d’emplois ? Quand on leur fait confiance sans leur imposer de supervision, de directives ou même de vagues suggestions ? Selon Mediapart, nous recevons 600 000 € (des contribuables) pour chaque emploi créé. Cet argent pourrait fournir environ 20 emplois décents au gouvernement (où les gens font réellement des choses pour vos enfants, vos grands-parents, votre société), ou 40 cas de chômage (non désirés) (la raison évoquée dans ce scénario alternatif est : au moins ils réinvestissent cet argent dans l’économie réelle en rachetant du luxe comme de la nourriture ou un logement, contrairement aux actions des entreprises ou des riches). Mais bon, c’est le socialisme et leurs grands gouvernements qui sont inefficaces, hein ? Et je croyais que les journalistes ne comprenaient rien à l’économie…

Je maintiens mon affirmation selon laquelle la logique du capitalisme veut que la fin de l’assouplissement quantitatif dans la zone euro, qui a (encore) été repoussée à décembre, déclenchera une hausse massive des taux obligataires pour des pays comme l’Espagne et l’Italie et nous ramènera ainsi à la crise de la dette souveraine de 2012. Pourquoi la haute finance internationale – qui ne se soucie pas du pays, mais seulement du profit – ne reviendrait-elle pas presser les nations vulnérables ?

Et l’assouplissement quantitatif, dû à la mise en œuvre simultanée de l’austérité capitaliste néolibérale au lieu de politiques sociales d’investissement, a été bien plus qu’inutile en termes de renforcement des fondamentaux économiques fragiles de la zone euro – il a plutôt ravivé des bulles insoutenables sur les marchés boursiers et immobiliers, ne s’adressant qu’au 1% (les plus riches). La zone euro est plus faible qu’elle ne l’était en 2012 : tout choc pour l’économie française et ces 46 milliards d’euros ne seront pas annulés, ils coûteront seulement beaucoup, beaucoup plus cher pour le citoyen moyen.

Je regrette de ne pas pouvoir annoncer la fin de l’austérité, mais d’autres sont tout à fait heureux de le faire, à tort.

Les médias occidentaux ont tout à coup oublié ce qu’est « l’austérité », mais je suis sûr que les Français comprendront que Macron a essayé de leur faire avaler le tout.

L’austérité n’est certainement pas un slogan vide de sens, mais elle doit être lancée avec force ; je refuse d’accepter que son utilisation puisse être si facilement abandonnée.

L’austérité reste un cri de guerre au sein des sociétés capitalo-impérialistes et un rappel aux pays d’inspiration socialiste des raisons pour lesquelles ils subissent des « sanctions », cette formule totalement fausse qui tente de donner un vernis juridique aux actes de guerre économique meurtriers et illégaux contre des sociétés innocentes.

Ramin Mazaheri

Ramin Mazaheri est le correspondant en chef de PressTV à Paris et vit en France depuis 2009. Il a été journaliste dans un quotidien aux États-Unis et a fait des reportages en Iran, à Cuba, en Égypte, en Tunisie, en Corée du Sud et ailleurs. Son travail a été publié dans divers journaux, magazines et sites Web, ainsi qu’à la radio et à la télévision. On peut le joindre sur Facebook.


À l'attention de nos lecteurs:
  • Soverain a réalisé cette traduction d'article pour vous faire partager un point de vue bien souvent non abordé par nos médias francophones. Les propos tenus par l'auteur ne reflètent pas forcément la ligne éditoriale de Soverain; dès lors qu'un article traite un sujet de façon intéressante, cohérente et vérifiée, il a sa place sur notre site.
  • Tous les articles/auteurs ayant un parti-pris, nous attirons votre attention sur le fait, qu'ici comme ailleurs, vous devez faire preuve d'esprit critique, et croiser plusieurs sources d'informations pour vous faire un avis personnel sur un sujet/événement.
  • Cet article est soumis à la licence [Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International], vous pouvez donc le reproduire à des fins non commerciales.