La version officielle de l’affaire Skripal : un canard mort

L’un des aspects les plus frappants de la version officielle de l’affaire Skripal est la façon dont ses aspects les plus invraisemblables ont été communiqués aux médias grand public pendant une longue période, afin de gérer leur impact. Ainsi, par exemple, la reconnaissance par la police que le flacon de parfum que Charlie Rowley a trouvé était scellé et ne pouvait pas être le contenant utilisé sur les Skripals est relativement récente, et il nous a fallu neuf mois pour apprendre que, par une merveilleuse coïncidence, la première personne à trouver les Skripals malades sur le banc était le Chef infirmier de l’armée britannique.

J’ai entièrement couvert ces points dans mon article sur les dix points auxquels je ne crois pas dans la version officielle – un article que personne n’a cherché à réfuter, sinon à crier « théorie du complot », comme si c’était un argument.

Mais aujourd’hui, nous apprenons du Guardian (qui cite le New York Times) que Donald Trump n’a été convaincu de soutenir la ligne du gouvernement britannique qu’après avoir vu des photos de canards morts et d’enfants hospitalisés par la directrice de la CIA Gina Haspel.

Il est dit qu’elle aurait présenté l’expulsion de 60 diplomates russes accrédités – la décision qu’elle a finalement retenue – comme « l’option forte ».

Elle a également montré au président des photos de jeunes enfants hospitalisés à la suite de l’attaque de Salisbury, ainsi que des photos de canards qui avaient été tués à cause de la négligence des deux agents des services de renseignements russes qui auraient commis l’attaque.

« M. Trump a fixé les photos des enfants malades et des canards morts. À la fin du briefing, il a adopté l’option forte » dit le rapport.

Le problème, c’est qu’il n’y avait pas d’enfants hospitalisés. Aucun enfant n’a été signalé comme étant tombé malade à la suite de l’alimentation des canards avec les Skripal. L’un des parents a dit que la police leur avait montré des images extrêmement claires de l’alimentation des canards, qui n’ont jamais été rendues publiques. Si l’enfant avait été hospitalisé, le parent ne l’aurait-il pas mentionné ?

Monsieur, pour donner suite à votre papier (« L’exposition au poison a engendré la prise en charge de 40 patients pour qu’ils reçoivent un traitement » du 14 mars), je souhaite souligner qu’aucun patient n’a montré de symptôme présageant d’un empoisonnement par des agents innervant à Salisbury et qu’il n’y a jamais eu que trois patients empoisonnés. Plusieurs personnes sont venus aux urgences pensant qu’elle auraient pu être exposées. Aucune n’a présenté des signes d’empoisonnement ni n’a eu besoin d’un traitement. Les analyses sanguines effectuées n’ont rien montré d’anormal. Aucune personne publique n’a été contaminée par l’agent en question.

La lettre du Dr Stephen Davies du Salisbury Hospital du 16 mars 2018 au Times a été expliquée comme étant mal rédigée ou éditée, en relation avec la cause de la maladie des Skripal. Quoi qu’il en soit, une chose que la lettre du médecin fait sans l’ombre d’un doute, c’est d’exclure la possibilité d’enfants hospitalisés.

Il n’y avait pas d’enfants hospitalisés.

Nous savons aussi que l’alimentation des canards était l’époque où « Boshirov et Petrov » étaient physiquement les plus proches des Skripals. Mais c’est la première fois qu’il est fait mention d’un empoisonnement des canards. Les canards morts auraient été remarqués par le public.

Il est possible que le Guardian et le New York Times inventent des balivernes, comme dans l’histoire de la rencontre de Manafort avec Assange. Ce serait en soi inquiétant. L’autre possibilité est que les services de sécurité aient produit de fausses photographies d’enfants hospitalisés et abattu des canards, afin de convaincre Donald Trump. Si cette dernière explication est vraie, alors toute la saga Skripal semble de plus en plus être mise en scène.

 

Craig Murray ; traduit par XCN





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