La vérité sur le nombre de migrants en Grande-Bretagne

Article de TruePublica, traduit par Soverain

Le Bureau de la Statistique Nationale (ONS) n’a pas encore mis à jour ses statistiques démographiques pour 2017, mais son dernier rapport de juillet 2017 indique qu’en 2016, le Royaume-Uni comptait 65,6 millions d’habitants, soit la population la plus importante de son histoire.

L’ONS a également déclaré que « la population du Royaume-Uni devrait continuer à croître, atteignant plus de 74 millions d’habitants d’ici 2039 ».

Les dernières statistiques de migration nette montrent qu’au cours de l’année se terminant en septembre 2017, la migration nette vers le Royaume-Uni était de 244 000.

Dans un rapport de 2016, l’inspecteur des frontières et de l’immigration a signalé qu’au cours des six mois qui se sont écoulés jusqu’en septembre 2015, 6 400 migrants ont été découverts en tant que passagers clandestins au Royaume-Uni, soit plus du double de l’année précédente.

En 1998, le gouvernement travailliste de l’époque a mis fin au système de contrôle de sortie des migrants non ressortissants de l’UE, ce qui signifie que pendant près de 20 ans, jusqu’à son rétablissement en avril 2015, il a été impossible de déterminer qui se trouve encore dans le pays.

En 2010, Migration Watch UK a estimé la population d’immigrants illégaux à 1,1 million (voir ici). En 2017, un ancien responsable de l’application des lois sur l’immigration, David Wood, et un ancien rédacteur de discours au ministre de l’Intérieur de l’époque (Theresa May) Alisdair Palmer, ont affirmé que le Home Office estimait que, chaque année, entre 150 000 et 250 000 ressortissants étrangers ne retournaient pas chez eux quand ils rentraient illégalement, augmentant d’autant le nombre de migrants en situation irrégulière. (Pour lire le rapport complet de Wood et Palmer, cliquez ici) (Ce n’est pas l’augmentation annuelle du nombre d’immigrants illégaux dans le pays car certains peuvent décider plus tard de rentrer chez eux ou de régulariser leur séjour).

Tous ces chiffres fournis par les agences gouvernementales et même Migration Watch UK risquent d’être très éloignés de la réalité.

En octobre 2007, The Independent a publié une histoire fascinante, qu’aucun autre journal n’a jugé digne de faire l’objet d’une enquête plus approfondie, qui démystifie complètement les chiffres de la population nationale et qui, si elle augmentait trop rapidement, mènerait à la conclusion embarrassante que le gouvernement avait non seulement perdu le contrôle de ses frontières mais avait été totalement submergé.

Le résultat est le suivant. En 2007-2008, les représentants du gouvernements britannique ont annoncé au grand public que la population du Royaume-Uni était d’environ 61 millions d’habitants. Ce chiffre n’était pas confirmé par les grandes entreprises qui nourrissent le pays et qui ont affirmé très clairement que la population se situait alors entre 77 et 80 millions d’habitants.

Avec d’énormes conséquences pour la vie sociale et politique du pays, cette histoire a été censurée ou, au mieux, massivement étouffée.

Le journaliste en question dans ce rapport, Martin Baker, a écrit : « Mes sources (pour la déclaration ci-dessus) sont bonnes, mais j’ai peur de révéler la vérité de crainte de subir la colère de Whitehall. C’est comme la méthode la plus efficace pour surveiller la consommation de drogues illégales : oubliez les déclarations pieuses des ministres – la méthode infaillible est d’échantillonner notre eau et les effluents qu’elle contient. C’est de loin la meilleure façon de surveiller ce que le pays a consommé. La consommation – c’est LE signe. D’après ce que nous mangeons, une grande chaîne de supermarchés estime qu’il y a 80 millions de personnes vivant au Royaume-Uni. La demande de nourriture est un indicateur fiable ; comme le dit Sir Richard Branson, on peut avoir tout l’argent du monde, mais on ne peut manger qu’un déjeuner et un dîner ».

Le supermarché en question faisait du lobbying privé auprès de la Commission de la concurrence pour lui permettre d’accroître sa part de marché. L’argument, assez logique, était que le marché était beaucoup plus grand que ne le pensait l’organisme de réglementation, de sorte que le développement du réseau était justifié.

Baker a ajouté qu’il disposait d’une deuxième source très respectable pour étayer sa théorie. Une grande institution agricole non commerciale estimait à l’époque qu’il y avait 77 millions de personnes au Royaume-Uni. Encore une fois, son calcul était basé sur ce que l’on consommait.

Baker continue d’expliquer pourquoi ces chiffres ont été censurés par la presse britannique : « En termes politiques, donner du crédit à ces statistiques reviendrait à jeter une grenade dans une cuve d’essence. Les gens seraient traqués à cause de leur travail (journalistique) pour alarmisme. »

Ce qui est intéressant, c’est ce que Baker dit ensuite. « Si les vrais chiffres étaient révélés, les Petits Anglais et les xénophobes débarqueraient en force au sujet des maux provoqués par l’immigration. Mais c’est ce qui a fait la grandeur de l’Amérique au XIXe siècle, et c’est une force motrice de notre économie à l’heure actuelle. C’est aussi un anti-inflationniste. Et quand je dis ‘anti-inflationniste’, je veux dire qu’ils reçoivent un salaire pourri. Sous le vocable de ‘main-d’œuvre bon marché’, les hordes cachées se débrouilleront bien pour le secteur des services, entre autres. Les gens sont des ressources – pour entretenir et être entretenus – de sorte que notre Nation devienne plus riche ».

Chaque village et chaque ville d’un bout à l’autre du pays a le sentiment d’avoir un nombre extraordinaire de migrants, qu’il s’agisse de restaurateurs, de caissiers, de laveurs de voitures ou de techniciens de nettoyage. Pour tous les effets positifs engendrés par le phénomène migratoire, tels que l’augmentation de l’activité économique et la demande induite par la consommation, il y a un inconvénient considérable.

La crise du logement est néfaste pour les gens, mais bénéfique pour l’industrie de la construction. La crise du système de santé est néfaste pour la population, mais bénéfique pour la privatisation et les entreprises qui en profitent. Le réseau de transport de la Grande-Bretagne est étouffé et son système éducatif en panne – tout cela à cause d’une population que les politiciens ne veulent pas admettre avec un budget qu’ils ne peuvent tout simplement pas supporter.

L’autre point intéressant à retenir ici est le suivant. Le Brexit portait en grande partie sur le thème de l’immigration et la pression sur l’infrastructure qui en résulte. Si, comme le gouvernement a promis « le Brexit veut dire Brexit » – un grand nombre de travailleurs migrants seront forcés de quitter le Royaume-Uni, et même si cela n’est pas fait, un grand nombre d’entre eux seront empêchés d’arriver à l’avenir. Il en résultera clairement une réduction de la consommation – également connue sous le nom de récession. Il n’est donc pas dans l’intérêt des gouvernements de refouler un grand nombre de migrants ou de les empêcher de venir, qu’ils soient illégaux ou non.

On ment au public au sujet de l’inflation et du chômage, ainsi que sur d’autres indicateurs de la richesse et de la prospérité de la nation – pourquoi pensiez-vous qu’ils diraient la vérité sur leur capacité à contrôler leurs propres frontières, maintenant ou à l’avenir ?

Article de TruePublica, traduit par Soverain

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