La technocratie européenne est-elle une dictature?

Les referenda en France et aux Pays-Bas qui ont exprimé le refus du traité de Lisbonne ont été superbement ignorés par les technocrates européens qui ont le culot de se prétendre démocrates. Fouler ainsi aux pieds la démocratie n’est pas digne de nos représentants et remet en cause la légitimité de ceux-ci. Cette Europe-là n’est pas démocratique, et ne nous voilons pas la face, l’anti-démocratie une forme de dictature.

Europe de la paix ou Europe de la guerre?

Selon la presse courant principal, l’Europe aurait été un «facteur de paix». C’est oublier un peu vite que l’Europe a fait la guerre en Yougoslavie, renversé un régime démocratiquement élu (pas un modèle de démocratie à l’occidentale, certes ! ) en Ukraine et fait maintenant la guerre en Syrie. Méchamment belliqueux les soit-disant pacifistes !

Les journalistes de cette presse courant principal, qui nous assène à longueur de journée «l’Europe de paix», n’ont sans doute jamais ouvert un livre d’histoire. Car ils y auraient découvert qu’aucun papier signé, armistice ou traité, n’a jamais garanti la paix. Le traité de Vienne de 1815 n’a pas empêché la guerre de 1870 ni les révolutions de 1830 et 1848. Le traité de Rome, pas plus que le traité de Vienne, n’est un rempart contre la guerre. C’est la lassitude des peuples à faire la guerre qui est garant de la paix, pour un certain temps.

La mise à l’écart de Napoléon Ier, qualifié par l’Alliance d’Usurpateur, sur l’île de Saint-Hélène a certes évité que les canons se remettent à fumer trop rapidement. Mais ce qui peut de manière durable garantir la paix, c’est la prospérité économique. Et là, justement, l’Europe a failli.

La neutralisation de l’armée allemande, voulue par les Alliés et non par l’Union européenne, peut certes être vue comme facteur de paix au même titre que la réconciliation franco-allemande.

Toutefois, l’Europe de Hollande et Merkel, aux ordres de l’administration Obama-Clinton, fit la guerre à Bachar-el-Assad en soutenant al-Qaida en Syrie afin de faire baisser le prix du pétrole et de déstabiliser économiquement la Russie de Poutine. Angela Merkel accueillit ensuite à bras ouverts les déserteurs de l’ armée syrienne, sympathisants islamistes qui refusaient de se battre contre Daesh, pour le priver de ressources militaires. Elle refusa ensuite leur extradition alors que l’extradition de délinquants est autorisé par le droit international. La technocratie européenne fit enfin la guerre à Poutine par le biais de sanctions économiques, fit une ingérence dans le conflit ukrainien en renversant avec l’aide d’Obama le président démocratiquement élu Ianoukovitch dans ce qu’on ne peut qualifier autrement qu’un coup d’état. On peut raisonnablement appeler dictature technocratique l’abandon à la seule Allemagne (ou au couple franco-allemand) de notre souveraineté dans le domaine des affaires étrangères (Eurallemagne).

Le soutien à Al-Qaîda a permis à Daesh de s’implanter et à écouler du pétrole bon marché. Le laisser-faire de l’administration Obama-Clinton dans le conflit syrien pendant des années ressemble plus à un calcul sordide qu’à une fainéantise ou une incompétence.

La réussite et les grands dégâts européens

Au rayon des grands dégâts européens citons l’extinction de la sidérurgie, l’aide aux grands groupes agro-alimentaires en délaissant l’agriculture de qualité faite par des petits exploitants indépendants et en les poussant à la faillite par les accords CETA, l’immigration massive voulue non par bonté d’âme mais par souci d’exploitation de la misère à la seule fin d’obtenir de la main d’oeuvre très bon marché de style Hartz IV ou équivalent, et enfin l’explosion de l’insécurité lié au démantèlement des frontières tant intérieures qu’extérieures.

Certains accords de coopération inter-états, voire même certains projets nationaux, sont souvent imputés à la “réussite européenne”. Ce sont des fausses nouvelles, ces accords auraient eu lieu de toutes façons, que l’Europe ait existé ou non. Parmi ceux-ci Airbus et Ariane (coopération franco-allemande), Concorde (coopération franco-anglaise), mais aussi le TGV (développement français).

Les technocrates et bureaucrates européens, relayés par la presse courant principal, nous ont menti en affirmant “qu’il n’y avait aucun terroriste parmi les migrants” et donc qu’il n’y avait aucune raison de contrôler l’identité des migrants lors de leur passage aux frontières. Les victimes et familles des victimes du 13 novembre 2015 et du 22 mars 2016 ont dû apprécier leur incompétence aux conséquences criminelles.

Surtout après avoir observé certains politiciens à ce point aveuglés par les avantages électoraux et pécuniaires que représentent des migrants analphabètes qui n’ont aucune chance de trouver un emploi mais pour lesquels l’aide sociale qu’ils vont leur apporter sera le principal argument pour recueillir des voix.

La faillite économique de l’Europe

De la directive Bolkenstein (emplois sous-payés et délocalisés) à la décroissance généralisée du pouvoir d’achat en Europe en passant par la croissance linéaire et continue du chômage, tout nous indique un appauvrissement généralisé en Europe à quelques exceptions près (quelques joueurs boursiers et patrons de multinationales).

La directive Bolkenstein et les travailleurs détachés

On touche là un des sommets de l’ignominie européenne. La poudre aux yeux de la prospérité européenne pour tous a été remplacée par l’appropriation des richesses par quelques-uns et l’appauvrissement généralisé pour tous les autres. Si vous n’êtes pas fainéant spéculateur, vous n’avez aucune chance d’améliorer vos revenus. Le travailleur indépendant n’a aucune chance face aux multinationales. Dans le meilleur des cas, il maintiendra son niveau de vie. A l’école, on nous apprend à ne pas tricher. Dans le Monopoly géant que constitue l’économie mondiale, c’est le tricheur qui gagne. Au plus tu es salaud, au plus tu gagnes du blé. Au plus tu exploites de pauvres travailleurs en leur donnant des salaires de misère, au plus ta caisse se remplit. Et des politiciens serviles t’aideront même à ne plus payer d’impôt via les paradis fiscaux. Et sans compter les banques qui te donneront les algorithmes financiers, véritables martingales qui te permettront de gagner à tous les coups à la roulette financière que constitue la bourse. Ceux qui utilisent des martingales dans les casinos se font exclure. Mais pas dans la finance.

L’usurpation européenne

On peut raisonnablement considérer que les technocrates européens s’approprient de manière illégitime la relative accalmie guerrière en Europe. Les media de conditionnement de masse qui répercutent cette usurpation trompent l’opinion publique et sont de plus en plus délaissés pour cette raison au profit des nouveaux media liés à internet.

Relisons les livres d’histoire. Les deux guerres mondiales sont dues à la concurrence économiques de trois grandes puissances : l’Angleterre, la France, et l’Allemagne.

Aujourd’hui, trois grandes puissances rivalisent économiquement et risquent de se confronter militairement : les Etats-Unis, la Russie et la Chine. A la lecture des livres d’histoire, nous comprenons que l’accalmie guerrière en Europe ne provient pas de la technocratie européenne mais bien du fait que les grandes puissances économiques européennes de jadis sont devenues des puissances moyennes.

Lorsque le président Trump annonce fièrement «America’s first», nous sommes étonnés par le silence assourdissant des technocrates et ministres européens. Aucun ne dit «Europa’s first». Difficile pour ceux qui pensent «my pocket first», rêvant déjà aux monnaies sonnantes et trébuchantes fournies par les lobbies. Aucun ne défend nos entreprise, aucun ne défend le commerce local et équitable (dans le sens d’un emploi justement rémunéré et non un sous-emploi ubérisé) mais bien la mondialisation oligarchiquement profitable. Ce que ces politiciens serviles nous ont concocté est donc bien une soumission aux puissances de l’argent et non une défense des intérêts des citoyens qui pourtant les ont élus. Il faudra s’en souvenir aux prochaines élections européennes de ne plus voter pour ces politiciens serviles.





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