Dawn Sturgess, par Craig Murray

Article de Craig Murray traduit par Soverain

La mort terrible de Dawn Sturgess jette une nouvelle ombre sur l’affaire Salisbury. Dawn semble avoir été une femme appréciée et bien enracinée, avec des amis proches et des liens familiaux, dont la vie avait pris un tournant défavorable avant d’être cruellement interrompue.

Le récit illogique, incohérent et variable du gouvernement sur les événements de Salisbury et d’Amesbury était apparu si ridicule qu’il était tragi-comique. Tout sentiment d’amusement est maintenant soudainement dissipé. Mais peu d’entres nous examinent sérieusement et objectivement la position du gouvernement.

Savid Javid a déclaré aujourd’hui :

Nous savions en mars dernier que c’était les Russes. Nous savions que c’était un acte barbare et inhumain de la part de l’État russe. Encore une fois, pour cet incident particulier, nous devons en apprendre davantage et laisser la police faire son travail.

En fait, nous ne savons rien de tel et, contrairement à ce que prétend Javid, la police n’a présenté aucune preuve que c’était l’État russe.

Les médias semblent avoir complètement exclu du récit que Porton Down a déclaré expressément qu’ils ne peuvent pas déterminer l’origine du poison qui a attaqué les Skripals. L’OIAC non plus. Il y a des dizaines d’acteurs étatiques et non étatiques qui auraient pu produire l’agent neurotoxique. Aucune preuve n’a été produite quant à la personne physique qui aurait administré le poison. En bref, rien n’a été démontré jusqu’à présent qui conduirait toute personne raisonnable à conclure qu’une affaire contre l’État russe a été prouvée.

Je crois que ce qui suit est la version actuelle du gouvernement. Je pense que je ne me trompe pas trop :

  • La Russie a un programme secret vieux de plusieurs décennies de production et de stockage d’agents neurotoxiques novitchok. Il a également formé des agents aux techniques secrètes d’assassinat, et les services de renseignements britanniques ont une copie du manuel de formation russe, qui comprend des instructions sur la pulvérisation d’agents neurotoxiques sur les poignées de porte. Les Russes ont choisi d’utiliser ce programme d’assassinat pour cibler Sergei Skripal, un agent double qui avait été libéré de prison en Russie il y a huit ans.
  • Seuls les Russes peuvent faire du novitchok et seuls les Russes avaient un motif pour attaquer les Skripals.
  • Les Russes avaient mis sur écoute le téléphone de Yulia Skripal. Ils ont décidé d’attaquer Sergei Skripal alors que sa fille était en visite en provenance de Moscou. Leur(s) assassin(s) spécialisé(s) ont appliqué du novitchok sur la poignée de porte de la maison Skripal dans la banlieue de Salisbury. Avant ou après leur méfait, ils sont passés dans un lieu public au centre de Salisbury et y ont laissé un récipient scellé de novitchok.
  • Les Skripals ont tous deux touchés la poignée de porte et tous deux se sont comportés parfaitement normalement pendant au moins cinq heures, et ont même été capables de manger et de boire copieusement. Puis ils ont été frappés simultanément et instantanément par l’agent neurotoxique, à un endroit du centre-ville qui coïncidait avec l’endroit où les assassins ont laissé traîner un récipient scellé de novitchok. Même si l’agent neurotoxique était huit fois plus mortel que le Sarin ou le VX, il n’a pas tué les Skripals parce qu’il avait été appliqué sur la poignée de porte et affecté par la pluie.
  • Le sergent détective Rowley s’est rendu à la maison des Skripal et a également été empoisonné par la poignée de porte, mais plus légèrement. Aucun des autres policiers qui se sont rendus dans la maison n’a été touché.
  • Quatre mois plus tard, Charlie Rowley et Dawn Sturgess fouillaient les jardins publics, peut-être à la recherche de mégots de cigarettes, et sont accidentellement entrés en contact avec le récipient scellé de novitchok. Ils ont été empoisonnés et Dawn Sturgess est morte par la suite.

Je vais vous laisser réfléchir à cette histoire quelques temps. Je crois qu’il s’agit d’une présentation honnête du récit du gouvernement britannique. Je crois aussi que presque (mais pas entièrement) chaque phrase est de toute évidence fausse. J’espère publier demain une analyse détaillée expliquant pourquoi, mais je veux que vous l’examiniez d’abord vous-mêmes.

Une dernière chose. J’espère que Dawn Sturgess fera l’objet d’une enquête publique en bonne et due forme, conformément au processus juridique habituel, ce qui a été refusé à David Kelly. Je soupçonne que c’est quelque chose que le gouvernement cherchera à retarder le plus longtemps possible, voire indéfiniment.

Article de Craig Murray traduit par Soverain

Craig Murray est un auteur, diffuseur et militant des droits de l’homme. Il a été ambassadeur du Royaume-Uni en Ouzbékistan d’août 2002 à octobre 2004 et recteur de l’Université de Dundee de 2007 à 2010.

La biographie complète de l’auteur est disponible à cette adresse : https://www.craigmurray.org.uk/about-craig-murray/
L’auteur peut être contacté à l’adresse suivante : craigmurray@mail.ru

Partager cet article sur :

À l'attention de nos lecteurs:
  • Soverain a réalisé cette traduction d'article pour vous faire partager un point de vue bien souvent non abordé par nos médias francophones. Les propos tenus par l'auteur ne reflètent pas forcément la ligne éditoriale de Soverain; dès lors qu'un article traite un sujet de façon intéressante, cohérente et vérifiée, il a sa place sur notre site.
  • Tous les articles/auteurs ayant un parti-pris, nous attirons votre attention sur le fait, qu'ici comme ailleurs, vous devez faire preuve d'esprit critique, et croiser plusieurs sources d'informations pour vous faire un avis personnel sur un sujet/événement.
  • Cet article est soumis à la licence [Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International], vous pouvez donc le reproduire à des fins non commerciales.