La politique économique de l’UE a freiné le Royaume-Uni et lui a coûté 82 milliards de livres sur vingt ans

Les militants qui luttent pour renverser le résultat du référendum sur le Brexit parlent de l’UE comme si elle était la base même de la prospérité britannique et européenne.

L’UE aurait retenu 82 milliards de livres sterling à l’économie britannique.

Lorsqu’on l’examine à la lumière des éléments, une telle analyse est tout simplement insoutenable. Un nouveau rapport de Global Britain, intitulé « 82 milliards de livres sterling, les raisons pour lesquelles l’UE a retardé le Royaume-Uni« , montre comment.

Presque tous les aspects des performances économiques de l’UE – en particulier le commerce avec le Royaume-Uni – ont été lamentables, sous-performants régulièrement aux quatre coins du monde – qu’il s’agisse de pays avancés ou en développement – et ce depuis une très longue période.

Pour de nombreux pays du continent européen, la politique induite par l’UE – principalement destinée à maintenir l’euro – a directement entraîné des difficultés économiques, des niveaux de chômage socialement dommageables et une remise en question de leur tissu social. En a résulté une montée des politiques plus radicales et des personnes quittant leur pays d’origine à la recherche de meilleures opportunités économiques. Telle est l’antithèse de ce pour quoi l’UE a été fondée.

L’échec de la politique économique de l’UE n’a pas seulement affecté les pays de l’UE, il a également coûté au Royaume-Uni 82 milliards de livres sterling sur une période de vingt ans allant jusqu’en 2017 en raison de la perte d’opportunités économiques, la faible demande ayant un impact négatif sur les exportations britanniques vers la zone euro.

Pour comprendre l’échec de la zone euro, il faut remonter à une époque où elle n’existait pas encore. En 1994, les économies des États-Unis et de la future zone euro étaient d’une taille à peu près similaire, représentant respectivement 24,9% et 24,5% du PIB mondial. Aujourd’hui, l’économie américaine est 30% plus importante que celle de la zone euro. En termes simples, si la zone euro s’était développée au même rythme que les États-Unis, le Royaume-Uni aurait pu s’attendre à vendre 82 milliards de livres sterling de plus à l’exportation en raison d’une demande économique accrue. La triste vérité, c’est que les performances économiques de l’UE ont été à la traîne sur le plan mondial, à court comme à long terme.

À titre de comparaison, depuis la crise financière, l’économie britannique a réalisé des performances supérieures à celles de toutes les grandes économies européennes, y compris l’Allemagne. Globalement, elle a progressé de 19% sur cette période, contre 13% dans la zone euro. Cet écart de 6% vaut 120 milliards de livres sterling, soit un peu moins que le budget total du NHS (NdT : le système de santé britannique), pour illustrer ce que cette somme représente.

Pour le peuple britannique, la performance du pays a eu pour effet bénéfique une augmentation du nombre d’emplois. Le Royaume-Uni a obtenu des résultats nettement supérieurs à ceux de l’UE en matière de création d’emplois et de réduction du chômage. Le chômage au Royaume-Uni est à son plus bas niveau depuis 1974. Le taux de chômage français est 2,5 fois supérieur à celui du Royaume-Uni, celui de l’Espagne 4 fois et celui de la Grèce 5 fois supérieur. Depuis le référendum sur le Brexit, 750 000 personnes de plus travaillent au Royaume-Uni. Cela contraste avec les prévisions du Trésor de Sa Majesté (NdT : département exécutif britannique en charge des finances publiques et de la politique économique), qui prévoyaient 500 000 pertes d’emplois si le vote Leave l’emportait – leur prévision s’est donc révélée fausse, à 1,2 million d’emplois près.

Malgré des critiques mal placées, la croissance de l’emploi a été générale et non seulement dans l’« économie du spectacle ». Plus de gens travaillent dans les secteurs manufacturier, du bâtiment, des services publics, des TIC, de la santé, de l’éducation et des arts qu’avant le référendum. La croissance des salaires au Royaume-Uni a également commencé à s’accélérer et augmente en valeur réelle, et le salaire minimum du Royaume-Uni est le deuxième plus généreux de l’UE.

Les contre-performances de la zone euro peuvent être fermement imputées à l’UE elle-même. Fondamentalement, la zone euro n’est pas une zone monétaire optimale ; elle manque de transferts budgétaires et est faiblement contrôlée, ne disposant pas de Trésor central. La faiblesse structurelle et le déséquilibre de l’euro ont conduit à des choix politiques non optimaux dans la lutte pour soutenir sa monnaie. L’absence de volonté politique et de responsabilité démocratique lui rend presque impossible la correction de ses défauts. Il s’agit là de problèmes structurels qu’il ne sera pas facile de résoudre, qui conduiront à des résultats toujours divergents, à des niveaux de chômage socialement dommageables pour les pays du Sud et à une perte de compétitivité. Le problème est la construction de l’euro et il n’y a pas de solution facile. Les piètres résultats en découlent.

Les déséquilibres se creusent au lieu de diminuer, qu’il s’agisse des niveaux d’emploi, des tendances migratoires, de la solidité budgétaire, de la compétitivité et du système Target2 (soldes intra-pays).

Un grand mythe demeure : le marché unique serait au cœur de la prospérité du Royaume-Uni. Ce n’est pourtant pas le cas. Au cours des 20 dernières années, le commerce du Royaume-Uni s’est multiplié par 12 fois avec la Chine, par 3,1 fois avec le reste du monde hors UE, par 2,6 fois avec les États-Unis et seulement par 2 fois avec l’UE. En outre, le Royaume-Uni enregistre un léger excédent commercial avec le monde hors UE, mais un déficit de 96 milliards de livres sterling avec l’UE. N’est-il pas étrange que le commerce du Royaume-Uni non seulement croisse plus rapidement là où il est généralement régi par les règles de l’OMC plutôt qu’au sein du marché unique de l’UE, mais également qu’il soit excédentaire et ne souffre pas d’un énorme déficit ?

Les citoyens de l’UE votent avec leurs pieds. On estime à 3,5 millions le nombre de personnes qui se sont installées au Royaume-Uni au cours des 20 dernières années. Les échecs économiques ont directement conduit à une migration massive hors d’Italie, d’Espagne, du Portugal et de la plupart des pays d’Europe de l’Est. Les gens saisissent les opportunités qui se présentent à eux et, en général, ce n’est pas dans la zone euro. Une fois de plus, malgré les prétentions, le solde migratoire net de l’UE est resté positif pour le Royaume-Uni depuis le référendum sur le Brexit.

Les problèmes de l’UE sont structurels et non cycliques. Ils se sont en grande partie auto-infligés. La structure de l’euro est à l’origine du problème, avec une réglementation unique de plus en plus coûteuse qui ne fonctionne tout simplement pas pour une Union aussi disparate. Le prix de la préservation de l’euro devrait continuer d’entraîner une faible croissance et de mauvaises perspectives d’emploi. L’Italie, par exemple, a une économie plus faible qu’il y a 15 ans. Ces résultats épouvantables alimentent l’insatisfaction économique et politique en Italie même et dans l’ensemble de l’UE.

La question devrait être la suivante : alors que nous devons rester amis avec nos voisins européens, pourquoi nos décideurs politiques ne voient-ils pas que le projet européen a échoué en Europe ? La solution pour la Grande-Bretagne, c’est qu’elle redevienne une véritable nation commerçante à l’échelle mondiale.

Peter Lilley

Source : BrexitCentral, traduit par Jean





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