L’arrogance notoire de Macron se voit réprimandée par la Turquie

Par Adam Garrie – Le 25 décembre 2018 – Source eurasiafuture.com

Les relations bilatérales entre le président français et la Turquie sont tendues depuis le départ, suite aux maladresses diplomatiques répétées de Macron, qui révèlent, dans le meilleur de cas, la mollesse du président français face au PKK, organisation terroriste, ainsi qu’au YPG, sa branche syrienne.


En avril 2018, le président français avait déclaré que la France avait contribué à la fracture dans le partenariat tripartite d’Astana pour la paix en Syrie, qui rassemblait la Russie, la Turquie et l’Iran. Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avait répondu à cette insulte en déclarant :

Nous nous devons de maintenir des relations soutenues avec tous les pays… J’aimerais l’inviter (Macron) à gagner en sérieux.

Cet incident avait été éventé un mois après l’invitation par Macron du PYD, bras politique du YPG, lui-même une filiale du PKK, directement au palais de l’Élysée. Cette invitation ne constituait pas uniquement un risque ; il s’agissait d’une action diplomatiquement douteuse. Au XXIème siècle, aucun état abouti ne devrait s’entacher de relations avec des entité non-étatiques hostiles aux autorités de leur pays d’origine, ni ne devrait courtiser des entités non étatiques posant des menaces terroristes directes à leurs voisins. L’invitation par Macron de Khaled Eissa, « politicien » du PYD, au palais présidentiel français a cumulé ces deux faux-pas. Au final, Macron n’a rien fait d’autre que serrer la main d’un terroriste.

À présent, les autorités françaises insistent sur le fait qu’elles comptent maintenir leur présence au Nord-Est de la Syrie, malgré le retrait américain, ce qui a amené le ministre turc des affaires étrangères à admonester Paris de la manière qui suit :

Si la France reste pour contribuer à l’avenir de la Syrie, c’est parfait. Mais s’il s’agit de protéger le [YPG/PKK], cela ne profitera à personne.

Les derniers exploits militaires français en date démontrent que les armées de ce pays ne sont guère capables d’amener à des résultats tangibles sans soutien de leur partenaire américain, et la Turquie dispose d’une armée bien plus expérimentée que son homologue française dans la région (La Turquie, faut-il le rappeler, est le deuxième contributeur militaire de l’OTAN), si bien que l’insistance française à rester aux côtés du gouvernement de facto pro-YPG/PKK de cette zone constitue plutôt une nouvelle marque d’arrogance que le déroulement d’une stratégie militaire d’une quelconque utilité.

Alors que Trump déclare devant témoins que l’initiative de remplacer les soldats américains par des turcs au Nord-Est de la Syrie constitue un processus étroitement coordonné entre Ankara et Washington, la présence des soldats français dans la région ne s’apparente à rien de plus qu’à la proverbiale mouche du coche, détournant l’attention générale d’un processus par ailleurs bien coordonné et exécuté par les USA et la Turquie, en vue d’assurer une transition sans accroc sur l’échiquier militaire régional.

On ne saurait écarter l’explication qui voudrait que les gestes de défiance et d’arrogance de M. Macron au Nord-Est de la Syrie constituent une tentative de distraction de l’attention du public français loin des sondages d’opinion de son président, qui atteignent des niveaux abyssaux. Au moment où le mouvement des gilets jaunes ne montre aucun signe d’essoufflement et se poursuit dans toutes les grandes villes du pays, Macron a décidé d’aller fêter Noël avec des soldats français stationnés au Tchad, où il a été pris en photo, coupe de champagne et bûche de Noël à l’appui, avec des soldats en uniforme [Contrairement au début de son mandat, Macron était cette fois ci lui-même habillé en civil, son équipe de communication n’ayant sans doute pas jugé opportun de le déguiser en militaire, NdT].

Il se pourrait donc bien que Macron ne reste unilatéralement en Syrie que dans une tentative de créer autant de distractions que possible du chaos intérieur français, apparemment sans trop se soucier de la place opérationnelle que ses soldats prendront suite à ses décisions, face à la stratégie clairement coordonnée entre la Turquie et les USA dans la région. Macron, en allant se jeter dans les bras des militaires au cœur d’une période de crise nationale, se comporte comme l’ont fait au cours de l’histoire nombre de dirigeants détestés de leur population. Macron crée en ce moment une arme de distraction massive, mais à supposer qu’il persiste à agir de la sorte en Syrie sans aucune coordination avec la Turquie, les intérêts français vont sérieusement en pâtir.

Il serait sage de la part de Macron de consulter la Turquie sur la situation, plutôt que de poursuivre la dégradation des relations avec ce membre clé de l’OTAN et acteur régional de premier plan. Agir différemment constituerait une nouvelle marque suprême [jupitérienne? NdT] d’arrogance, et une nouvelle marque d’ignorance crasse des usages en relations internationales ; les relations entre France et Turquie en subiraient le contrecoup et la situation en Syrie s’en verrait détériorée. En d’autres termes, si Macron se met enfin à agir de manière adulte en Syrie, il pourra commencer à faire partie de la solution, au lieu de faire partie du problème.

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