La BCE, une bonne raison de quitter l’UE

Alors que l’√©conomie de la zone euro s’oriente vers la r√©cession et qu’un nouvel effondrement bancaire potentiel est possible, Hugh Gunn alerte sur le fait que l’instabilit√© de la Banque centrale europ√©enne pourrait entra√ģner le Royaume-Uni dans des op√©rations de sauvetage si nous restons dans le cadre des dispositions transitoires.

Je crains que l’UE n’ait cr√©√© un monstre mon√©taire avec la BCE. L’Union europ√©enne a travaill√© dur pour cr√©er une unit√© au sein d’une zone euro rempli de forces centrifuges. L’un des principaux outils √† sa disposition a √©t√© l’argent, et la Banque centrale europ√©enne s’est alors retrouv√©e prise en otage.

Ces derni√®res ann√©es, le bilan de la BCE a grossi comme celui de la Royal Bank of Scotland √† son apog√©e, ce qui n’est pas forc√©ment de bon augure. Le bilan de la BCE a quadrupl√© depuis la crise bancaire de 2008. Plus de 90 % de l’augmentation des actifs de la BCE sont d√©tenus √† des fins de ¬ę¬†politique mon√©taire¬†¬Ľ, c’est-√†-dire pour soutenir les banques et faire tourner la planche √† billets. En y regardant de plus pr√®s, la croissance de l’actif refl√®te :

  1. Plus de pr√™ts et d’emprunts convetionnels
  2. L’accumulation de soldes de comptes courants entre banques centrales, par exemple des comptes Target 2
  3. L’assouplissement quantitatif (QE) massif, maintenant moins important, mais toujours pr√©sent dans le bilan
  4. Des prêts à taux réduit et des subventions à ceux qui ne pouvaient plus payer (donc des radiations)
  5. De nombreux programmes comme par exemple APP, PSPP, ABSPP, CBPP3, CSPP, …

Si les titres d√©tenus √† des fins de politique mon√©taire s’av√©raient essentiellement irr√©couvrables, il faudrait de nombreuses ann√©es pour les radier √©tant donn√© les exc√©dent que la BCE d√©gage. M√™me le renflouement ¬ę¬†mineur¬†¬Ľ de la Gr√®ce en 2011/12 a absorb√© environ une ann√©e enti√®re de surplus. Aujourd’hui, nous sommes confront√©s √† l’Italie et √† l’Espagne o√Ļ il y a un taux de ch√īmage des jeunes de plus de 30¬†%.

Dans une situation stable, ces soldes de contrepartie peuvent rester presque ind√©finiment, mais la BCE a un talon d’Achille. En cas de grande difficult√©, n’importe lequel des pays de la zone euro pourrait partir et cr√©erait tr√®s probablement alors une nouvelle monnaie. La BCE serait alors confront√©e √† d’importants abandons de cr√©ances suite √† une re-d√©nomination des soldes en euros du pays sortant vers la nouvelle monnaie. La question est de savoir qui encaisse ce coup.

En temps normal, bien s√Ľr, une banque centrale a des contribuables pour payer la facture. Quiconque se souvient des banques √©cossaises et des ravages qu’elles ont caus√©s √† LloydsTSB et au Tr√©sor britannique.

Aujourd’hui, personne n’assume la responsabilit√© directe de la BCE √† l’exception de l’UE (c’est-√†-dire les membres de l’UE par appel de fonds), le Tr√©sor allemand √©tant le cr√©ancier le plus important en dernier ressort. Les Allemands ont toujours l’inflation de Weimar √† l’esprit, de sorte que les niveaux de cr√©ation de monnaie n√©cessaires pour combler un manque important engendreraient l’effroi √† tant de niveaux qu’ils pourraient entra√ģner les Allemands raisonnables √† r√©duire leurs pertes et √† se retirer de l’euro.

Bien s√Ľr, cela pourrait √™tre fait en avance de phase par un autre grand pays de l’euro qui dirait que c’en est assez, qui √©lirait un gouvernement indisciplin√© et incontr√īlable qui √©mettrait sa propre monnaie. Il y aurait alors la possibilit√© qu’une partie de la dette souveraine libell√©e en euros devienne irr√©couvrable, car la probabilit√© que les √©conomies du sud de l’Europe enregistrent des exc√©dents est faible, tout comme d’autres soldes.

Il y a peut-√™tre un r√©el danger qu’une grande partie de ces nouveaux soldes mon√©taires ne soient en r√©alit√© que de la camelote.

Si un tel probl√®me se pose, la BCE se tournera d’abord vers l’UE pour obtenir son soutien, comme elle l’a fait lors de la derni√®re crise, puis vers tous ceux qui souscrivent aux appels de fonds de l’UE (y compris le Royaume-Uni). Elle se tournera ensuite vers les Allemands, qui sont les grands cr√©anciers, de sorte que ceux-ci et les autres, y compris les banques commerciales, partagent tous la peine. enfin, il y aura le risque d’un effet domino, si l’un de ces pays part, chacun partira √† son tour.

Les chiffres sont colossaux, c’est effrayant, et puisque nous pouvons l’√©viter, aucun d√©put√© comprenant le probl√®me ne devrait soutenir raisonnablement la continuation de cet √©norme exc√©dent de dettes douteuses et des soldes cr√©√©s que la zone euro a accumul√©s.

Ainsi, la derni√®re fois apr√®s la crise grecque, pourquoi le Royaume-Uni, qui a d’abord d√©clar√© qu’il n’aiderait pas, puis l’a fait, a-t-il vers√© de l’argent dans la zone euro ? Eh bien, le principe de ¬ę¬†protection civile¬†¬Ľ semble avoir √©t√© invoqu√©, et le Tr√©sor a accept√© qu’il est essentiel de payer en vertu de nos obligations contenues dans les trait√©s europ√©ens, nous avons donc pay√©. En outre, la Commission a la possibilit√© d’une taxe sur les transactions financi√®res, pour combler le manque, et cela toucherait en grande partie la City. Si aucun commentaire n’est fait √† ce sujet dans l’accord de Robbins [NdT : n√©gociateur en chef de Theresa May pour le Brexit], cela pourrait s’aggraver sans que nous n’ayons notre mot √† dire.

L’accord de M. Robbins contient √©galement une disposition dans les Principes qui nous enfermerait √† nouveau sous le coup de la ¬ę¬†protection civile¬†¬Ľ, et il ne fait aucun doute qu’ils essaieraient √† nouveau de le faire si nous leur permettons.

Pour moi, l’id√©e de tout √ßa n’est qu’un cauchemar.

Je crains que nous nous retrouvions √† devoir tout payer sans pouvoir dire quoi que ce soit, et une Union de plus en plus √©troite qui rendrait l’UE encore plus infernale pour nous. Je crains aussi que nous ayons √† subir des abus sans retour arri√®re possible, il suffit de voir √† quel point ils veulent nous envoyer en enfer car nous refusons de faire partie de leur enfer. L’UE d√©cadente s’attend √† ce que le Royaume-Uni vienne √† sa rescousse tout en nous donnant constamment des coups de pied (tout comme les Irlandais). Faites attention √† ce que vous voulez pour nous, Remainers.

Hugh Gunn

Source : Briefing For Brexit, traduit par XCN

0 0 voter
√Čvaluation de l'article
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur telegram
Partager sur vk