Ipso Facto Europa n°12 – Juin 2018

L’association citoyenne apolitique « Les Clés de l’Europe » propose d’apporter des informations fiables à tous les publics grâce à la diffusion de données officielles et historiques sur la naissance, l’évolution, les objectifs et l’avenir potentiel de la construction européenne. L’association publie chaque mois un condensé de l’actualité de l’Union européenne : le journal Ipso Facto Europa. Vous pouvez librement le diffuser par courriel ou en version papier format A4 afin de sensibiliser votre entourage, vos voisins, vos connaissances, au fonctionnement de l’UE. Retrouvez également tous les jeudis à 21h les Clés de l’Europe en direct sur leur page Facebook ou sur le mumble « Canal-Citoyen ».

Soverain diffuse ce journal en y rajoutant éventuellement des liens vers des articles plus complets et/ou des infographies.

Lien vers le fichier .pdf à diffuser très largement autour de vous

La fuite en avant budgétaire de l’UE

La Commission européenne vient de présenter sa proposition de budget à long terme. Le budget proposé est celui pour la période 2021-2027. Il est qualifié de nouveau, moderne et pragmatique pour l’Union à 27. On remarquera les termes nouveau (qui est une évidence) et de moderne (qui est un anachronisme). Quant à pragmatique … on va juger sur pièce.

Le budget sur 7 ans (2014-2020) est de 1 087 milliards d’euros. Le départ du Royaume-Uni qui y contribuait à hauteur d’environ 15 milliards d’euros par an, ou encore 16% des ressources de l’UE,  fait passer son montant pragmatique (proportionnel) à 27/28 ème, donc 1 048 Md€ ou à 913 Md€ si on enlève les 16% des recettes venant du Royaume-Uni.

Que propose la Commission européenne ?

1279 milliards. Mais comme on passe de 28 à 27 l’augmentation réelle sera de 22%.

Nouveautés en recettes

Les recettes budgétaires de l’Union viennent des droits de douane, des contributions des États membres fondées sur la  TVA et sur le RNB ; TVA+RNB = 80% des ressources. Les droits de douane sont perçus aux frontières extérieures de l’UE et versés directement au budget de l’UE.

Le taux sur le RNB passerait de 1% à 1,1% (si on calcule finement ce sera 1,2% en réel)

La Commission propose d’instaurer un «panier» de nouvelles ressources propres :

  • 20 % des recettes générées par le système d’échange de quotas d’émission de CO2.
  • un taux d’appel de 3 % est appliqué à la nouvelle assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés.
  • une contribution nationale calculée en fonction du volume des déchets d’emballages en plastique non recyclés dans chaque État membre (soit 0,80 € par kilo).

Source 

L’emploi en Pologne

La situation de l’emploi en Pologne est tendue. Elle ne peut que s’aggraver et mettre en péril la croissance de l’économie polonaise ininterrompue depuis la chute du communisme en 1989.

La génération des années 50, 800.000 naissances par an, est en train de quitter le marché du travail. Celle des années 90 qui arrive, représente environ la moitié de ce chiffre. S’y ajoute l’émigration de travailleurs qualifiés vers l’Europe de l’Ouest.

D’après les prévisions, à l’horizon 2030 un emploi sur cinq sera vacant. L’économie polonaise aura besoin de 20 millions de travailleurs, mais la population active tombera à 16 millions de personnes.

Dans le BTP, le déficit atteint d’ores et déjà environ cent mille personnes. Il arrive que les sous-traitants du BTP proposent de fournir des engins en précisant qu’ils n’ont personne pour les piloter. Il y a un manque de travailleurs pratiquement dans toutes les professions:  maçons, charpentiers, bétonniers, plâtriers, paveurs, chauffeurs, conducteurs d’engins. Les contremaîtres et les ingénieurs manquent aussi.

Le gouvernement veut favoriser l’entrée des professionnels qui manquent en Pologne, inciter les Polonais à rentrer au pays.

Certes, les étrangers n’ont pas attendu ces mesures pour affluer en Pologne, parfois sans permis de travail ni visa. Un million d’Ukrainiens travaillent actuellement en Pologne et ce chiffre augmentera de 200.000 à 300.000 au cours des prochaines années.

La Pologne a délivré l’an dernier aux étrangers plus de 235.000 permis de travail. Les Ukrainiens sont les plus nombreux, avec 192.547 permis, les Bélarusses suivent loin derrière, avec 10.518 autorisations. Le troisième groupe national sont, signe des temps, les 7.075 Népalais.

Source

L’UE est généreuse avec votre argent

Un ‘pass’ de transport gratuit sera offert par la Commission européenne à 15 000 jeunes européens de 18 ans cet été pour qu’ils parcourent l’Europe. Une deuxième vague de bénéficiaires pourrait en profiter à  l’automne. Cette initiative, née d’une proposition du Parlement européen, est dotée d’un budget de 12 millions d’euros en 2018.

Les candidats sélectionnés devront suivre un itinéraire prédéterminé, en train, en bus, voire en ferry et en avion dans certains cas. Leur voyage pourra durer « jusqu’à 30 jours » et comprendra « entre une et quatre destinations étrangères ».

Selon le twitter du Portail européen de la jeunesse, un quiz devrait permettre de départager les candidats et le jury sera chargé de procéder à la sélection finale des 15 000 premiers bénéficiaires.

Une deuxième vague de candidatures pourrait être ouverte au second semestre s’il reste des ressources budgétaires.

Vous qui n’avez pas les moyens d’aller en vacances, vous dont les enfants iront chez les grands-parents par manque de moyens, devenez collabo européistes et voyagez gratuitement aux frais des contribuables.

Source

Emplois industriels en France et dans l’UE

De 2000 à 2016 le nombre d’emplois industriels en France à décru de 28,1%. Sur la même période :

  • Portugal: -34%
  • Grèce : – 31,4%
  • Royaume-Uni : -33,1%
  • Espagne : -23,1%
  • Italie : -21,4%
  • Belgique : -21,1%
  • Pays-Bas : – 19,6%
  • Irlande : -17%
  • Allemagne  : -2,9%

Diminution dans tous les pays sauf la Pologne : +1% (la nouvelle usine de l’UE). Ces millions d’emplois, sont partis dans les pays à faible coût de main d’œuvre. Chine en tête.

Les constats de Jean-Marc Jancovici sur l’UE

Ingénieur conseil en énergie et en climat, chef d’entreprise, enseignant, conférencier, auteur et chroniqueur indépendant.

Nous vous conseillons de regarder cette vidéo en entier pour la culture (indispensable) mais surtout entre 23’38 » et 28’20 » pour une critique sans concession et solidement argumentée du modèle irresponsable de l’Union européenne.

Dans l’article 1 de son traité l’UE, veut préserver la paix.

Mais les traités disent aussi :

  • On fait un marché (dogme fondateur et irréformable). Or, marché + environnement contraint = destruction de capital. En effet, tous les « tuyaux » globaux  (transports, distribution …) ou autres monopoles naturels sont des adversaire de la paix.
  • On envisage une croissance continue (donc infinie,  donc divergente) : économique, agricole … Cet objectif est impossible à atteindre, dangereux et polluant. Par exemple la marché a fait évoluer le prix des quotas d’émission de CO2 de 40€ à 3€ la tonne, ce qui ne permet pas d’être régulateur et encore moins limitant. Et pour assurer la croissance, on fait croitre les quotas juste un peu moins vite que le PIB.
  • Aucun modèle économique utilisé par la Commission européen n’intègre les limites physiques dont les matières premières.

Dans ce cas on ne peut pas préserver la paix.

L’UE poursuit deux choses antagonistes : la croissance et la paix. Pour assurer la croissance nous aurons la guerre.

L’UE prise à son propre piège

Condamnées pour non-respect des normes européennes de qualité de l’air, Paris, Bruxelles et Madrid intentent une action contre la Commission européenne, lui reprochant d’avoir cédé aux lobbies automobiles.

Ces dernières lui reprochent, tout en semblant prendre des mesures pour lutter contre la pollution automobile via ce fameux règlement 2016/646 adopté dans la foulée du Diesel Gate, d’avoir accordé aux constructeurs des délais trop importants pour s’adapter progressivement aux règles RDE en conditions de conduite réelles.

Ainsi, alors que la limite de 80 mg/km d’émissions d’oxydes d’azote avait été arrêtée par le Parlement européen en 2007, à compter de septembre 2017, pour les nouveaux modèles et de septembre 2019, pour les nouveaux véhicules, les émissions d’oxydes d’azote pourront légalement dépasser cette limite à hauteur de 110 %.  A partir de janvier 2020, pour les nouveaux modèles et de janvier 2021, pour les nouveaux véhicules, les émissions d’oxydes d’azote pourront toujours dépasser cette limite à hauteur de 50 %.

Source

L’UE prise à son propre piège II

Les Européens sont accusés de ne pas avoir supprimé l’ensemble des subventions illégales accordées à Airbus. C’est le « verdict final » de l’OMC, ce qui ouvre la voie à des sanctions commerciales américaines qui pourraient atteindre des milliards d’euros. En clair, les jugements adressés précédemment par l’OMC à Bruxelles n’ont pas poussé l’UE à rectifier le tir, et les Etats-Unis ont         désormais le droit de prendre des mesures de rétorsion contre les produits européens.

Pour être complet, un autre dossier concerne Boeing. Des « subventions déguisées » épinglées dès 2012 par l’OMC. Si le gouvernement et Boeing n’ont pas changé leurs habitudes depuis, les Etats-Unis pourraient également se retrouver sanctionnés. Verdict final en 2019.

Source

Un vent nouveau en Allemagne

Signée par 154 économistes allemands, professeurs d’université, une tribune publiée dans le Frankfurter Algemeine Zeitung appelle au refus des propositions de réformes de la zone euro du chef d’Etat français, notamment en insistant sur l’idée de responsabilité.

La qualité des signataires est une forte charge technique et symbolique en Allemagne. Ils s’opposent en effet aux propositions d’Emmanuel Macron et aussi de Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, en faveur d’une union bancaire.

C’est le refus du partage des responsabilités bancaires dans la zone, après l’union monétaire, autrement dit de la réassurance en cas de crise.

Depuis ces années, l’inflation est la première peur des Allemands, et la source de cette inflation est le déficit. Le déficit est ainsi la conséquence d’une attitude individuellement irresponsable, donc la « coresponsabilité » ne corrige rien. Elle est au  contraire un encouragement (des pays latins) à la dette, autrement dit à la faute, par ceux qui n’ont pas de dette, donc ne sont pas en faute (les pays luthériens) ! Nous retrouvons, au-delà d’une analyse dite économique, des références religieuses, historiques, politiques et sociales qui portent donc beaucoup en Allemagne.

Source

Citation

J.M. Blanquer devant l’assemblée nationale :

« En effet, il est totalement prioritaire d’ancrer l’idée européenne chez les jeunes, en faisant bien comprendre qu’il s’agit de leur avenir. Cette question suppose une stratégie. Cette stratégie a été fixée par le Président de la République lui-même. »

Aveu de propagande d’Etat ?

La fausse Europe sociale de Macron

Emmanuel Macron avait décrété l’égalité femme-homme « grande cause » de son quinquennat. A peine un an après son élection comme président de la République, ces bonnes intentions commencent (déjà) à s’écorner. Alors qu’un projet de directive européenne vise à équilibrer le recours aux congés parentaux entre les hommes et les femmes dans toute l’Union européenne, la France s’y oppose avec la Hongrie et l’Autriche et pourrait faire échouer son adoption.

Source

GOPE 2018-2019

les Grandes Orientations de Politique Economiques sont les « conseils » économiques que la Commission européenne donne aux gouvernements des Etats membres de la zone euro.

Les GOPEs sont définies et rendues obligatoires par l’article 121 du TFUE dans le contexte général défini par l’article 4 alinéa 3.

Les grandes lignes des GOPEs 2018-2019

  • La baisse des dépenses publiques donc la poursuite de la baisse des dépenses sociales : Les aides, les bourses, l’ASS, le chômage, les retraites …
  • La dénonciation de l’existence de 37 régimes de retraite en France et l’harmonisation des régimes de retraites vers le moins-disant : La casse planifiée de tous les régimes spéciaux même ceux qui sont bénéficiaires.
  • La remise en cause du SMIC, fin du « coup de pouce » : plus d’indexation et éventuelle régionalisation.
  • Le démantèlement des professions réglementées, en particulier dans les services : Casser les corporatismes, introduire la concurrence dans tous les domaines.
  • La poursuite de la destruction du Code du travail.
  • La baisse de l’impôt sur les sociétés et des cotisations sociales.
  • L’accroissement de la concurrence dans le secteur des services. Sous-entendu : l’ubérisation de la société française et la privatisation rampante des services publics.
  • Une réforme éducative et de la formation : L’objectif est de les adapter aux besoins des entreprises. Les filières purement universitaires (sans débouchés professionnels) devraient mourir petit à petit.

Source

Citations

 Michel ONFRAY

« 95 % des media disent qu’on ne peut pas sortir de l’euro, c’est faux, on peut sortir de l’euro »

 « On est traité de complotiste par des gens qui ont tout fait pour que la démocratie ne fonctionne pas »

 Charles Sannat

 « L’Allemagne risque de laisser à l’Italie le soin d’écrire le faire-part de décès de la monnaie unique pour ne pas en être tenu responsable face à l’histoire bien qu’elle soit, avec la France, coupable à jamais de cette aventure qui s’avérera désastreuse. »

 Dominique de Villepin

 « Les Italiens ne veulent pas être pauvres et étrangers dans leur pays »

 Eric Zemmour

« C’est un échange de mots aigre-doux qui en dit long. Sur l’Italie, sur l’Europe et sur l’état de nos régimes démocratiques. Il y a quelques jours, le Financial Times, le grand journal britannique des milieux d’affaires et de la finance internationale, a dénoncé le nouveau pouvoir qui s’installe en Italie en le qualifiant de « nouveaux barbares ». Le patron de la Ligue, Matteo Salvini, a sèchement répliqué du tac au tac : « Je préfère être un barbare qu’un serf ». Salvini connait le sens des mots et des symboles politiques. Un serf, ce n’est pas tout à fait un esclave, mais ce n’est surement pas un citoyen. Un serf, au Moyen-Àge, a contracté des liens d’allégeance avec son seigneur qui lui permettent de vivre, mais font qu’il n’est pas un homme libre. Ce régime s’appelle la féodalité. »

 

Les informations contenues dans cet article (exceptés les liens vers des articles sources) sont la propriété de l’Association les Clés de l’Europe, et par conséquent n’engagent pas l’équipe de Soverain.

Sources : 

Les Clés de l’Europe

Ipso Facto Europa

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