Incroyable : la Grande-Bretagne du Brexit en haut du classement de la ligue de croissance du G7

La croissance du PIB de la Grande-Bretagne du Brexit est toujours de 0,4 %, contre 0,2 % en France et en Italie.

 

C’est officiel. L’économie de la Grande-Bretagne, terrassée, paupérisée et en implosion, a connu une croissance plus rapide au deuxième trimestre que la puissante et croissante zone euro. Ce n’était pas censé arriver.

Je ne craquerais pas encore une bouteille de notre excellent vin mousseux Kentish. Les exportations de marchandises ont été très décevantes. Les services étaient peu reluisants. Le peuple britannique épuise ses économies et vit au-dessus de ses moyens.

Nous devrions faire mieux avec le splendide stimulus d’une livre sterling faible (enfin se négociant près de son taux d’équilibre approprié, ou le taux de change effectif réel sur la référence du FMI).

Mais il n’en reste pas moins que la croissance du PIB de la Grande-Bretagne du Brexit est toujours de 0,4 %, contre 0,2 % en France et en Italie. Le chiffre instantané pour la zone euro est de 0,3 %. Ce sera probablement aussi le pointage allemand.

Les données sur la masse monétaire ont prédit le fort ralentissement de la zone euro cette année. Les événements se sont déroulés comme dans les manuels scolaires. Chapeau à Simon Ward de Janus Henderson qui l’a décrit parfaitement.

La perte d’élan était déjà écrite avant que Trump ne commence ses guerres commerciales. La tentative d’imputer tout cela à un choc externe est une justification a posteriori par des analystes qui ne suivent/comprennent pas les données monétaires et qui ont été pris par surprise.

 

 

Bref, l’année d’or de l’Europe en 2017 était une anomalie. Sa brève croissance en V est le résultat d’un triple stimulus – assouplissement quantitatif, assouplissement budgétaire et fin du désendettement des banques – dans une économie caractérisée par d’énormes écarts de production régionaux. Elle avait du chemin à faire pour se remettre de la Décennie perdue de Schauble-Trichet.

Cet effet de rattrapage a permis à la zone euro de croître plus vite que sa limite normale de vitesse de croisière. Une fois les écarts de production comblés dans la plupart des pays, la sclérose sous-jacente s’est réaffirmée.

Nous savons maintenant que pour les six premiers mois de l’année, la Grande-Bretagne a connu une croissance plus rapide (0,6 %) que la France (0,4 %). Vous vous souvenez de toutes ces histoires il y a trois mois qui nous avertissaient que le Royaume-Uni était en train de tomber dans le gouffre ? Rappelez-vous le refrain de la louange d’Emmanuel Macron, le garçon qui restaure Paris au centre de l’univers et libère l’économie du Tigre gaulois ? C’était de la fantaisie.

Comme le Royaume-Uni a également dépassé l’Italie et le Japon au cours du premier semestre de l’année – et qu’il a probablement égalé l’Allemagne et le Canada – il pourrait bien être en deuxième place au sein de la ligue du G7. Seuls les États-Unis sont clairement en avance.

Ainsi, chaque fois que vous entendez un commentateur, un politicien, un économiste ou un gouverneur de la Banque d’Angleterre affirmer – et réaffirmer ad nauseam – que la Grande-Bretagne s’est effondrée au bas de la ligue de la croissance du G7, jetez une brique à l’écran de télévision. Ils sont en train de jouer à des jeux politiques.

Ces fluctuations trimestrielles de la croissance relative du PIB ne seraient normalement pas une question qui mérite d’être discutée. Mais pendant la guerre civile autour du Brexit, ils ont pris une décharge électrique supplémentaire. Chaque parcelle de mauvaises données est exagérée à des fins politiques : soit pour discréditer le Brexit, soit pour créer un climat de peur et de défaitisme.

L’objectif est d’amener le peuple britannique à accepter le fait accompli du marché unique et de l’union douanière, et donc le statu quo de l’UE (bien qu’à des conditions intolérables, sans veto du Conseil de l’UE ni assentiment démocratique).

 

 

Oui, l’économie britannique pourrait encore s’effondrer dans la seconde moitié de 2018. Les investissements peuvent être gelés alors que les pourparlers du Brexit se dirigent vers un rythme orageux, bien qu’il ait remarquablement bien résisté au deuxième trimestre (+ 0,8 %). Tout est bien sûr possible.

Mais ce qui est manifestement faux, c’est que la Grande-Bretagne souffre actuellement dans un cercle dantesque de l’enfer économique. Elle est en bonne santé.

Res Ipsa Loquitur (Ndt : locution latine signifiant que « la chose parle d’elle-même »).

 

The Daily Telegraph ; traduit par Soverain





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