Ils se sont trompés de statue

Préambule :

Cet article publié le 16 novembre 2018 sur le site du journal espagnol Libertad Digital a été rédigé par Jesús Laínz, juriste et écrivain né en 1965 à Santander, capitale de la Cantabrie, dans le Nord-Ouest du pays. Depuis 1998, il contribue régulièrement à diverses publications d’ampleur nationale, dont El Semanal Digital, El Mundo, ABC, El Diario Montañés, Razón Española, Cuadernos de Pensamiento Político, Noticiero de las Ideas, Altamira, etc.
Il intervient régulièrement auprès de divers cercles dans le cadre de conférences sur l’histoire et l’actualité politique et sociale de l’Espagne, notamment dans les athénées de Santander, Madrid, Gijón, Valladolid et El Ferrol mais également pour la Fondation Gustavo-Bueno, l’Université Saint-Paul CEU ou encore la Société Menéndez-Pelayo, parmi bien d’autres. Ses ouvrages parus à partir de 2004 se concentrent surtout sur le séparatisme basque et catalan, avec des titres comme Adiós España – Verdad y mentira de los nacionalismos (littéralement, Adieu, l’Espagne – Vérité et mensonge sur les nationalismes), España contra Cataluña – Historia de un fraude (littéralement, L’Espagne contre la Catalogne – Histoire d’un mensonge) ou encore El privilegio catalán – 300 años de negocio con la burguesía catalana (littéralement, Le Privilège catalan – 300 ans d’affaires avec la bourgeoisie catalane).
Dans cet article, Jesús Laínz revient sur le récent retrait d’une statue de Christophe Colomb à Los Angeles à titre de « réparation historique » face au génocide qu’il aurait commis à titre personnel dans le Nouveau Monde et aux exactions systématiques dont les Espagnols se seraient par la suite rendus coupables. Il cherche, comme d’autres chroniqueurs espagnols des dernières années, à revenir sur la « légende noire » de la colonisation espagnole en Amérique pour mieux la démonter.


Premier débarquement de Christophe Colomb en Amérique, peint en 1862 par l’artiste espagnol Dióscoro Puebla

Cela ressemble presque à un mécanisme physiologique, comme celui de la systole et de la diastole : après l’expansion sans précédent de l’Europe sur l’ensemble de la planète, à partir du moment où les intrépides navigateurs espagnols et portugais ont pris la mer au xve siècle pour tout découvrir sur Terre, est venue la contraction complexée dont nous souffrons toujours aujourd’hui. En vertu des jugements de la conscience démocratique universelle, les Européens sont coupables de tous les maux et doivent passer le reste de leur existence (qui, d’ailleurs, ne devrait pas être longue) à s’autoflageller.

La plus récente manifestation de ce phénomène s’est produite avec la démolition d’une statue de Christophe Colomb par la municipalité de Los Angeles, les élus locaux suivant en cela le chemin tracé dans bien d’autres lieux des Amériques. Le Venezuela de Chávez1, l’Argentin de Fernández de Kirchner2 et les États-Unis de Trump se sont unis dans la même croisade anti-européenne et antiespagnole. Tout est le fruit d’une initiative de la démocrate Hilda Solís, ancienne secrétaire au Travail d’Obama. Solís, dont les ancêtres sont nicaraguayens et mexicains, a qualifié cette démolition comme un « acte de justice restauratrice ». À ses côté s’est distingué l’un de ses compagnons de parti, Mitch O’Farrell, membre de la tribu wyandotte et promoteur du remplacement de la journée consacrée à Colomb3 par une journée d’hommage aux peuples indigènes. O’Farrell a laissé pour la postérité des phrases aussi savoureuses que la suivante : « Il est manifeste que Colomb n’a pas découvert l’Amérique car des millions d’indigènes y vivaient déjà ». Est-il si difficile de comprendre que « découvrir » signifie « connaître et faire connaître une chose dont l’existence était ignorée de tous » ? C’est ce qui explique que les Espagnols ont découvert l’existence des Américains – et ce ne sont donc pas les Américains qui ont découvert celle des Espagnols.

Il semblerait que la seule opposition à ce projet (bien vite balayée par la marée indigénistement correcte) ait été celle d’un conseiller municipal d’origine italienne, Joe Buscaino. C’est un fait digne d’être mentionné car les Italiens semblent être les seuls à désirer préserver le souvenir de Colomb, et ce pour la plus grande gloire de son pays natal. C’est un bon point pour eux mais cela en dit également long sur les complexes que les Espagnols nourrissent ces dernières décennies (sans même parler de ceux du gouvernement actuel4). Mais cela n’ôte rien au caractère injuste de la revendication italienne car affirmer que la découverte de l’Amérique est due aux Italiens en se fondant sur la probable origine génoise de Christophe Colomb (qui n’a jamais pu être démontrée) est une ineptie qui reviendrait au même qu’affirmer que le pays qui a le premier envoyé un homme sur la Lune est l’Allemagne car c’est un Allemand, Wernher von Braun, qui a dirigé la construction des fusées de la NASA. Christophe Colomb s’est en effet embarqué sur des caravelles espagnoles, avec des marins espagnols, dans le cadre d’un voyage organisé par des souverains espagnols et pour des motifs politiques qui leur étaient propres.

Le chaos mental du discours indigéniste et hispanophobe est épais mais j’aimerais que ces quelques lignes puissent réveiller le bon sens de Solís, O’Farrell et leurs compères. Il suffit de consulter quelques livres d’histoire de bonne facture pour constater que, parmi tous les empires qui ont traversé l’histoire, seul l’un d’entre eux a cherché à proclamer dès le départ la dignité des peuples natifs, a inventé le droit des gens (qui a ensuite donné naissance aux actuels droits de l’homme) et a limité le pouvoir des conquérants et des dirigeants coloniaux.

Dès le règne d’Isabelle la Catholique5, en 1503, la loi espagnole a établi l’obligation de traiter les indiens « comme des personnes libres et non comme des esclaves » (como personas libres y no siervos) et a interdit à « quiconque de leur faire du mal ou du tort et même de commettre des méfaits à leur encontre » (no consentir que ninguna persona les haga mal ni daño ni otro desaguisado alguno). En 1542, Charles Quint6 promulgue, entre autres mesures, l’obligation faite aux dirigeants coloniaux d’accorder « une très grande importance et surtout un soin tout particulier à la conservation, au bon gouvernement et au bon traitement des indiens » (muy gran atención y especial cuidado sobre todo de la conservación y buen gobierno y tratamiento de los indios). Il a également prévu un châtiment pour ceux qui violeraient la loi, afin de les traiter « avec toute la rigueur nécessaire et conformément au droit » (con todo rigor conforme a justicia). Et, en 1593, son fils Philippe II7  a ordonné que l’on « châtie avec une plus grande rigueur les Espagnols qui injurient, offensent ou maltraitent les indiens, tous comme si de tels délits étaient commis contre d’autres Espagnols » (castiguéis con mayor rigor a los españoles que injuriaren, ofendieren o maltrataren a los indios, que si los mismos delitos se cometiesen contra los españoles). Peut-on retrouver de pareilles dispositions prises par un autre empire, qu’il soit antérieur ou postérieur ? Comme l’a reconnu l’historien Leland D. Baldwin dans The Story of the Americas (1943), « la politique espagnole envers les indiens a été conçue et menée à bien avec une humanité presque totalement étrangère aux pionniers anglo-saxons ».

Les Lois des Indes (Leyes de Indias) tirent depuis le début leur inspiration de la nécessité de protéger les indigènes des abus commis par ceux qui, en vertu de leur pouvoir politique ou militaire, pouvaient succomber à la tentation de les exploiter. C’est pour cette raison que la Couronne a placé les indigènes sous sa protection directe. Et c’est aussi pour cette raison qu’a été créée l’institution du protecteur des indiens (Protector de los Indios), dont le plus célèbre a été le frère Bartolomé de las Casas8, qui est malheureusement passé à la postérité pour ses écrits extravagants, que plus personne ne prend au sérieux aujourd’hui – sauf les victimes ignorantes de la propagande bien intentionnée qu’il a véhiculée il y a un demi-millénaire.

C’est dans l’Espagne impériale que l’on a débattu, à la demande des autorités, sur le droit du pays à coloniser l’Amérique. Les théologiens et juristes espagnols (avec le fondateur du droit international, Francisco de Vitoria9, à leur tête) ont mis en cause la validité du don de l’Amérique fait par Saint-Siège car ils estimaient qu’il n’était pas le propriétaire de la Terre. Ils ont aussi discuté des justes causes qui pouvaient entraîner une déclaration de guerre et de la légitimité de la conquête de territoires préalablement habités. Y a-t-il eu un semblable débat dans un autre empire, antérieur ou postérieur ? Dans quel autre empire les autorités ont-elles ordonné à leurs armées de cesser leur marche pour discuter des années durant du droit que l’on avait ou pas de continuer à avancer dans les colonies ?

L’une des plus grandes injustices jamais commises à l’encontre d’une nation a donc consisté à dire de l’Espagne qu’elle s’était comportée de façon inhumaine en dépit de son comportement extraordinairement humain. Il y a un siècle, Pío Baroja10 se lamentait de la sorte : « Nous avons purgé l’erreur d’avoir découvert l’Amérique et de l’avoir colonisée plus généreusement que ce qu’en disent les historiens étrangers, qui suivent leur imbécile jugement protestant, souvent aussi fanatique (voire plus) que le jugement catholique ».

Dans un article publié en août 2017, Mitch O’Farrell, dont nous parlions plus haut, a affirmé la chose suivante concernant les missionnaires espagnols :

L’objectif des missions a été de soumettre les Américains natifs au pouvoir espagnol, de les convertir par la force au christianisme, de leur arracher leurs terres et de les réduire en esclavage afin qu’ils travaillent pour elles. Les indigènes de Californie n’ont disposé d’aucun droit et on les a considérés comme des sous-hommes. Des activités et divertissements sauvages comme la chasse aux indiens ont duré durant des siècles sous la domination de l’Espagne, du Mexique et des États-Unis.

Si l’on met de côté les deux derniers États cités, l’erreur concernant le pouvoir espagnol est facile à démonter dès lors qu’on s’appuie sur des documents historiques. Contentons-nous de donner la parole à la plus haute autorité concernant les territoires frontaliers entre colonies anglaises et colonies espagnoles, Herbert E. Bolton, professeur à l’Université de Berkeley, qui écrit la chose suivante dans The Mis-
sion as a frontier institution in the Spanish-American Colonies
, ouvrage publié en 1917 :

Les missions ont fonctionné comme des agences frontalières de l’Espagne. Le premier objectif de ces missions a été de répandre la foi. Néanmoins, aux côtés de cet objectif, l’on retrouve d’autres buts : explorer les frontières, promouvoir leur occupation et leur défense, mettre en place des installations coloniales, enseigner aux indiens la langue espagnole, les bonnes manières, les rudiments de la technologie européenne, de l’agriculture et même de l’autogouvernement. Mais tout cela va plus loin puisque les missions se sont occupées de la préservation des indiens, contrairement à leur éradication si caractéristique de la frontière anglo-américaine. Dans les colonies anglaises, les seuls bons indiens étaient des indiens morts. Dans les colonies espagnoles, l’on a considéré qu’il était important de préparer les indiens à cette vie et à la vie après la mort.

L’on ne peut oublier le rôle joué par les universités aux côtés des missions. L’on peut lire, à ce sujet, les explications données en 1971 par le célèbre historien californien Philip W. Powell dans Tree of hate :

Le record établi par les Espagnols de vingt-trois collèges supérieurs et universités en Amérique, avec leurs 150 000 diplômés (parmi lesquels des pauvres, des métis et même des noirs) rend la conduite des Hollandais dans les Indes orientales (et donc à une époque que l’on considère plus avancée) franchement obscurantiste. Les Portugais n’ont établi aucune université au Brésil, pas plus que dans leurs autres possessions d’outre-mer. Le total des universités créées par la Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne, la France et l’Italie à des époques plus récentes dans leurs colonies africaines et asiatiques apparaît assurément bien faible face au record établi antérieurement par l’Espagne.

Quant à l’esclavage des indiens auquel fait référence O’Farrell, il passe évidemment sous silence les Lois des Indes, bien qu’il s’agisse d’une litanie répétée chaque jour un peu plus de l’autre côté de l’Atlantique. L’historienne espagnole Elvira Roca Barea a récemment observé à cet égard :

C’est nous qui allons être blâmés pour l’esclavage passé. L’on n’observe pas encore beaucoup ce phénomène car il n’y a pas eu une grande production bibliographique à ce sujet de la part des universités anglo-saxonnes, mais vous verrez que ça arrivera. L’empire espagnol finira par être blâmé pour l’esclavage passé.

Concernant cette question si capitale, nous nous contenterons de mentionner les données démographiques recueillies par Alexander von Humboldt11 durant son long périple américain, de 1799 à 1804. Il indique en premier lieu que, même si l’Espagne a été la puissance hégémonique en Amérique durant trois siècles et même si elle a logiquement monopolisé une bonne partie du commerce transatlantique, les esclaves déplacés sur ses immenses territoires ne représentent que 6 % du trafic total des esclaves sur le continent. Les 94 % restants sont liés aux Anglais, aux Hollandais, aux Français et aux Portugais. Deuxièmement, dans les territoires espagnols, les esclaves représentent, en ce début du xixe siècle, 4 % de la population face aux 8 % des États-Unis ou aux 90 % des Antilles françaises et anglaises. Par ailleurs, le nombre d’esclaves affranchis était bien supérieur en Amérique espagnole (18 % à Cuba, par exemple) à ce qu’il était dans d’autres territoires (3 % aux États-Unis). Il faut en chercher la raison dans la coutume qu’avaient les Espagnols d’accorder la liberté à leurs esclaves dans leur testament. Humboldt souligne finalement que la législation négrière espagnole était bien loin du catalogue de tourments, de supplices et de mutilations prévus par les codes législatifs en France et en Angleterre. Prenant compte de la « douceur paternelle des codes législatifs espagnols à l’égard des noirs et de la nature patriarcale de la famille espagnole », Leland D. Baldwin, dont nous parlions précédemment, a signalé que les noirs ont vécu dans des conditions bien plus satisfaisantes sous la domination espagnole que sous toute autre domination, sans jamais organiser de révolte comparable à celles qui ont eu lieu dans les colonies britanniques, françaises ou hollandaises. Ils ont même combattu aux côtés de leurs maîtres espagnols contre les envahisseurs d’autres nations.

C’est ainsi que nous en arrivons à la principale accusation : le génocide, crime suprême. C’est que Mitch O’Farrell a proclamé que Colomb a entamé « le plus grand génocide de l’histoire ». De nombreuses études ont été réalisées sur la forte mortalité des Amérindiens en raison des maladies face auxquelles ils n’avaient aucune défense immunitaire, en raison de leur long isolement à l’égard du reste des terres habitées – c’est d’ailleurs ce qu’ont constaté de nombreux témoins directs. De plus, un génocide exige par définition une volonté d’exterminer la population, ce qui, dans le cas des Espagnols, serait tout simplement une affirmation délirante. Aucun ordre gouvernemental n’a été donné en ce sens et aucune initiative privée du pire des psychopathes n’a jamais existé en ce sens.

Commençons tout simplement par nous appuyer sur le bon sens. Les données démographiques nous disent que l’Amérique hispanique compte 425 millions d’habitants, auxquels il faudrait ajouter 57 millions de personnes qui en sont originaires mais qui se sont installées au Nord du Río Grande. Voici quelques pourcentages rendant compte du total des habitants indigènes et métis de quelques anciennes colonies espagnoles : 63 % en Colombie, 57 % au Venezuela, 47 % au Chili, 88 % en Bolivie, 92 % en Équateur, 82 % au Guatemala, 85 % au Mexique, 96 % au Honduras, 83 % au Nicaragua, 85 % au Pérou et 90 % au Panama. À dire vrai, les Espagnols ont donc été de bien piètres génocidaires. Du côté des États-Unis, sur 325 millions de citoyens, les natifs ne représentent que 1,2 %. Un contraste significatif. Comment peut-on l’expliquer ? Rappelons ici l’opinion du professeur à l’Université de Californie à Santa Barbara, Wilbur R. Jacobs (éminent spécialiste de la thématique indienne) exprimée en 1972 dans Dispossesing the American Indian :

La politique espagnole semble avoir été bien plus appropriée : développer et exploiter la surface de la Terre pour en envoyer le fruit dans la métropole. Les indiens devaient être conquis, convertis et utilisés. Comme dans le cas français, l’indien a trouvé une place dans l’organisation générale de l’empire. La politique britannique, en revanche, n’a laissé aucune place à l’indien. On ne l’a pas considéré comme une personne. Les Britanniques et les colons ont eu tendance à utiliser les indiens puis à les éloigner ou à les éliminer. Au final, aucune place n’a été laissée à l’indien américain.

Et, puisque nous avons mentionné plus haut la volonté comme élément constitutif de la définition d’un génocide, il ne semble pas superflu de rappeler que le président Andrew Jackson12 a affirmé face au Congrès, en 1833, que les tribus d’indiens « ne peuvent exister entourées par nos établissements et au contact de nos citoyens […]. Établis au milieu d’une race différente et supérieure, ils n’auront d’autres choix que de se soumettre à la force des circonstances ou de disparaître ». Rappelons aussi que d’influents religieux comme le puritain Cotton Mather ou le congrégationniste Solomon Stoddard ont pressé leurs compatriotes de persécuter les indiens jusqu’à les « balayer comme de la poussière au vent ». Ils ont même demandé aux autorités de les pourchasser comme des chiens, « ainsi qu’on le fait avec les ours ». Mais nous pourrions également rappeler Thomas Jefferson13, qui soutenait que le gouvernement devait « persécuter les indiens jusqu’à l’extermination ou les expulser vers des terres éloignées de nos yeux ». Ou encore parler de George Washington14, qui a affirmé que « l’extension progressive de nos établissements entraînera la retraite aussi bien des loups que des sauvages, qui sont dans les deux cas des bêtes féroces, même si leur aspect diffère ».

De semblables propos n’ont jamais été proférés ni écrits par un dirigeant, un religieux ou un roi espagnol. « Les seuls bons indiens sont des indiens morts ». Ces mots ont-ils été prononcés par un Espagnol ? Ou bien plutôt par le général Sheridan ?15

Serait-il donc trop osé de suspecter que l’utilisation passée et présente de la légende noire antiespagnole a servi et continue à servir pour masquer la responsabilité d’autres empires, d’autres nations et d’autres hommes politiques ?

Gore Vidal16 a rappelé il y a quelque temps que l’hypocrisie est une maladie typiquement anglo-saxonne et protestante. Ne lui donnez pas raison, messieurs les élus municipaux de Los Angeles : ne vous trompez pas à l’égard de l’Espagne ou de Colomb et réfléchissez à propos du pays dont vous êtes les dirigeants. Et si vous désirez vraiment faire honneur à la vérité et à la justice, peut-être devriez-vous commencer par déboulonner la statue de Washington.

Jesús Laínz

Source : Libertad Digital, traduit par Nicolas Klein


Références :

1 Président du Venezuela de 1999 à sa mort, en 2013, Hugo Chávez est mondialement célèbre pour son idéologie, le « socialisme du xxie siècle », et son opposition au bloc dirigé par les États-Unis d’Amérique. [N.d.T.]

2 Succédant à son époux à ce poste, Cristina Fernández de Kirchner est présidente de l’Argentine de 2007 à 2015. Elle était assez proche du Venezuela durant ses deux mandats. [N.d.T.]

3 Depuis 1929, le 12 octobre est célébré aux États-Unis sous le nom de Columbus Day, principalement sous l’impulsion de la communauté d’origine italienne. En Espagne, le 12 octobre est aujourd’hui fête nationale (en souvenir de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, en cette journée de 1492) et l’on y célèbre aussi la Fête de l’Hispanité. [N.d.T.]

4 Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez, chef de l’exécutif espagnol depuis le 2 juin 2018 (voir mon article à ce sujet, sur Soverain). [N.d.T.]

5 Reine de Castille de 1474 à 1504, Isabelle la Catholique contribue, par son mariage avec Ferdinand d’Aragon, à former la nation espagnole moderne et c’est sous son règne que se produit la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb. [N.d.T.]

6 Roi d’Espagne de 1516 à 1556, où il est connu sous le nom de Charles ier, Charles Quint est le premier souverain de la dynastie des Habsbourg à régner sur le pays. Son accession au Trône provoque l’entrée de l’Espagne dans une dynamique impériale à l’échelle européenne et mondiale. [N.d.T.]

7 Philippe ii règne sur l’Espagne de 1556 à 1598 et poursuit la politique de son père. [N.d.T.]

8 Le dominicain espagnol Bartolomé de las Casas (1474-1566) est connu pour sa défense acharnée des indiens, notamment dans le cadre de la controverse de Valladolid, débat qu’il a mené en 1550-1551 face à Juan Ginés de Sepúlveda. Sa Très brève relation de la destruction des Indes (Brevísima relación de la destrucción de las Indias), publiée en 1539, a eu un écho retentissant en Espagne et en Europe mais l’auteur y a volontairement exagéré ses chiffres et descriptions à des fins rhétoriques. De telles déclarations ont néanmoins été prises pour argent comptant par bien des commentateurs postérieurs, jusqu’à ce que l’historiographie ne démonte les mythes qu’il a aussi contribué à véhiculer. [N.d.T.]

9 Dominicain et professeur d’université, l’Espagnol Francisco de Vitoria (1483-1546) est l’auteur de nombreux ouvrages qui traitent du « droit des gens », ancêtre du droit international, dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler l’école de Salamanque. [N.d.T.]

10 Pío Baroja (1872-1956) est un écrivain espagnol, membre de la « génération de 1898 », dont l’empreinte a été forte dans les lettres de notre voisin ibérique. [N.d.T.]

11 Le naturaliste, géographe et explorateur allemand Alexander von Humboldt (1769-1859) a mené de nombreuses expéditions scientifiques sur la planète. [N.d.T.]

12 Président des États-Unis d’Amérique de 1829 à 1837, Andrew Jackson a été le premier à vouloir repousser la fameuse « frontière américaine » vers l’Ouest. [N.d.T.]

13 Thomas Jefferson a été le troisième président des États-Unis d’Amérique (1801-1809). [N.d.T.]

14 George Washington a été le premier président des États-Unis d’Amérique (1789-1797). [N.d.T.]

15 Philip Sheridan (1831-1888) a été l’un des grands généraux de l’Armée de l’Union lors de la Guerre de Sécession. Il a massacré de nombreux indigènes lors des guerres indiennes. [N.d.T.]

16 Gore Vidal (1925-2012) était un important romancier, acteur, scénariste et essayiste américain. [N.d.T.]

Agrégé d’espagnol et ancien élève de l’École normale supérieure (ENS) de Lyon, Nicolas Klein est actuellement professeur d’espagnol en classe préparatoire. Spécialiste de l’Espagne contemporaine, il est l’auteur d’un livre intitulé Rupture de ban – L’Espagne face à la crise (Perspectives libres, 2017), le traducteur d’Al-Andalus : l’invention d’un mythe – La réalité historique de l’Espagne des trois cultures, de Serafín Fanjul (L’Artilleur, 2017) et le rédacteur de nombreux articles sur les réalités espagnoles actuelles.


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