La guerre de Corée : pourquoi est-ce probable que ça arrive

Bien que de nombreuses personnes dans mon métier (analyses économiques et géopolitiques) tendent à être accusées d’ « alarmistes apocalyptiques », je dois dire que personnellement, je ne suis pas un grand croyant de « l’apocalypse ». Du moins, pas dans le sens où les accusations peuvent aller. Je ne crois pas dans l’apocalypse, Armageddon ou la fin du monde, ni même, d’après les preuves, à un conflit nucléaire global qui nous frapperait. En fait, cela m’ennuie que tant de personnes semblent désespérées d’imaginer ces conclusions à chaque fois qu’une crise prend forme. Je pense que le concept d’ « apocalypse » est plutôt indolent – à moins que nous soyons en train de parler d’un scénario de film à gros budget, comme un météore de la taille du Kentucky ou bien de la pomme d’Adam de Michelle Obama se précipitant sur la terre. La civilisation humaine est plus probablement face à une crise qu’à sa fin complète.

Je crois plutôt en des changements considérables dans les sociétés et dans les dynamiques politiques. Je crois en l’effondrement des nations et des empires. Je crois en cela parce que je l’ai constaté perpétuellement à travers l’Histoire. Je vois des preuves constantes que ces changements considérables sont conçus par les élites du gouvernement et de la finance. Je vois des indices de psychopathie organisée et un agenda pour la centralisation totale du pouvoir. Quand je tombe sur un désastre potentiel, qu’il soit économique ou de guerre, je me demande toujours « quel est le récit raconté au public, quelle est la vérité qui est nous cachée et qui bénéficie vraiment de cette calamité ».

Dire que « toutes les guerres sont des guerres de banquiers » n’est pas une généralisation inique – non, c’est un pari sûr. Avant tout, clarifions quelques idées fausses de l’opinion publique par rapport à la situation en Corée du Nord. Selon les « sondages » (je rappelle à mes lecteurs ma grande méfiance des sondages), une majorité d’Américains soutient le déploiement de troupes en Corée du Nord, mais seulement si la Corée du Nord attaque en premier.

Je souhaiterais que vous vous rappeliez cette exception – la Corée du Nord doit attaquer en premier. Ce sera important pour la suite de l’analyse.
Malgré la large suspicion que les médias de masse battent les tambours de la guerre sur ce cas, je pense que dans la majorité des cas, c’est le contraire [NDLT : qui se passe]. Les médias de masse sont plutôt sortis de leurs habitudes pour minimiser toute chance que la rhétorique enflammée des deux côtés du Pacifique soit toute autre chose que de simples fanfaronnades qui finiraient avec un gémissement plutôt qu’avec un tapis de bombes. C’est l’une des raisons pour laquelle je pense que la guerre est imminente, les médias sont connus pour être des indicateurs a contrario. Tout ce qu’ils prédisent est généralement le contraire de ce qui est vrai ou pourrait arriver (regardez juste le Brexit ou l’élection de Donald Trump, pour commencer).

Une autre généralisation qui est un pari sûr, est que les médias de masse mentent le plus souvent, ou à tous le moins, ils ont généralement tort. Ceci dit, si nous prenons en compte les derniers sondages, malheureusement, une chose est claire : le peuple américain, des deux côtés du spectre politique, devient de plus en plus galvanisé dans le soutien d’un conflit potentiel avec la Corée du Nord. Pour l’establishment, la guerre est une « vente gagnante », du moins jusqu’à maintenant.

Bien sûr, je suis au courant que nous avons déjà vu tout cela. En 2013, les tensions étaient relativement fortes avec la Corée du Nord comme elles le sont aujourd’hui. La Corée du Nord avait aussi menacé d’une frappe nucléaire préventive sur les États-Unis  et à la fin ce n’était plus que de l’air chaud. Néanmoins, outre un soutien populaire plus important que jamais concernant un éventuel déploiement de troupes en Corée du Nord, quelque chose d’autre est différent par rapport à 2013. Principalement, la position de la Chine sur l’enjeu d’un changement de régime.

Dans le passé, la Chine a été constante dans les sanctions des Nations unies contre le programme nucléaire de la Corée du Nord mais elle restait inébranlable sur une guerre ou un changement de régime dans la région. En 2013, il était clair que la Chine était hostile à toute invasion américaine. En 2017, cependant, quelque chose a changé. La Chine est profondément liée au système bancaire international, leurs déclarations favorables au FMI et leur récente admission en tant que nation amirale des droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI rendent clair qu’ils travaillent pour l’agenda globaliste et non pas contre lui. Ceci n’est pas forcément un nouvel élément derrière le rideau ; la Chine a opéré sa soumission aux institutions globalistes depuis des décennies. Aujourd’hui cependant, la relation est affichée bien plus publiquement.

En 2015, c’était la Chine, pas seulement les États-Unis, qui avait tiré la sonnette d’alarme sur le programme nucléaire nord-coréen, indiquant que Pyongyang pourrait avoir une technologie au-delà des estimations américaines. C’était l’avertissement qui enclencha l’escalade vers les évènvenements quand le récit appela à un changement dans le script. C’est la Chine qui ouvre et ferme la porte de la guerre à la Corée du Nord, une Chine très coopérative avec le FMI et la poussée vers la globalisation totale.
En 2013, la Chine a posé la narrative d’une opposition maîtresse à l’invasion américaine. En 2017, la Chine a laissé la porte grande ouverte.

Les médias de masse et alternatifs ont cadenassé les récentes déclarations faites par Pékin proclamant que la Chine « n’autoriserait pas un changement de régime en Corée du Nord« . Ce que beaucoup d’entre eux ont oublié de mentionner ou d’enfouir dans leurs propres articles, était que ce n’était pas l’intégralité de la déclaration chinoise. La Chine a aussi affirmé qu’elle resterait neutre si la Corée du Nord attaquait en premier. Je ne peux pas trouver d’exemple dans le passé où la Chine fit une telle déclaration ; une déclaration qui se pose comme une note de permission.

Le public américain et le gouvernement chinois ont donné leur soutien à un changement de régime en Corée du Nord en donnant la condition d’une attaque sur les États-Unis ou leurs intérêts ainsi que ceux de leurs alliés. Alors, je vous le demande, qu’est-ce qui est le plus probable d’arriver ici ? Le monde et plus principalement les États-Unis sont sur le seuil d’une nouvelle phase d’un déclin économique grave d’après toutes les données fondamentales disponibles. Les États-Unis sont fixés d’entrer dans un autre débat sur le plafonnement de la dette avec l’aile conservatrice demandant à Trump et aux Républicains de ne pas se défiler cette fois-ci. Et, comme j’ai pu aborder dans mon article « Les tensions géopolitiques sont conçues pour distraire le public du déclin économique« , un conflit avec la Corée du Nord se pose comme étant la meilleure distraction possible.

Comment l’establishment rationalise l’augmentation du plafond de dette qui est contesté tout en détournant le blâme envers eux-mêmes du fait du déclin des États-Unis et des données budgétaires globales ? La guerre ! Pas nécessairement une « guerre mondiale » comme tellement de personnes peuvent imaginer si rapidement mais une guerre régionale ; une guerre prête à s’embourber et qui mettra le dernier clou sur le cercueil de la dette américaine et qui fonctionnera comme le bouc-émissaire parfait de l’explosion inévitable de la bulle des marchés financiers. Les banques internationales ont beaucoup à gagner et peu à perdre dans un scénario de guerre avec la Corée du Nord.

Je prédis qu’il y aura une attaque et qu’on accusera la Corée du Nord. Soit la Corée du Nord sera poussée vers une action violente, soit, une attaque sous faux drapeau sera conçue et attachée à Pyongyang. Souvenez-vous, pour la première fois, la Chine s’est abstenue à toute opposition d’invasion de la Corée du Nord à condition que celle-ci fasse une « attaque préventive ». Pourquoi ? Pourquoi n’ont-ils pas fait cette exception en 2013 ? Parce qu’aujourd’hui les banques internationales veulent une distraction et que la Chine est en train de la leur donner. Cette guerre se transformera-t-elle en une conflagration nucléaire globale ? Non. L’establishment a passé des décennies et des centaines de milliards cachés en construisant ses réseaux de contrôle biométrique et en échafaudant la structure monétaire globale avec notamment le système de DTS. Ils ne vont pas vaporiser tout ceci en un instant avec un échange de feu nucléaire. Ce qu’ils feront, cependant, c’est de lancer des guerres régionales mais aussi des guerres économiques. Ces personnes attendant l’apocalypse vont trouver quelque chose de différent mais selon mon opinion, quelque chose de pire – un déclin constant mais lent pour aboutir à une ruine économique et une centralisation globale.

Un jour ou l’autre, la Chine et les États-Unis ouvriront les hostilités mais ces derniers pencheront plus du côté de la finance que de la cinétique. La cabale de l’establishment fonctionne en étapes, pas en événements absolus. Une nouvelle guerre coréenne serait un désastre pour l’Amérique et pas de la façon dont les gens pensent. Est-ce qu’il y aura un événement nucléaire ? Oui. Si la guerre prend place en Corée du Nord alors il est probable qu’ils utilisent un dispositif nucléaire en représailles. Nous pourrions même voir un événement nucléaire sous faux drapeau catalyseur pour commencer une guerre. Ce ne sera pas une menace globale mais un champignon nucléaire au-dessus d’une ville ou un avant-poste américain est suffisant pour terroriser la plupart des gens. C’est l’effet recherché.

Est-ce que ceci signifierait la ruine pour le peuple américain ? Cela dépend de comment nous réagissons. Est-ce nous allons continuer à tenir l’establishment bancaire comme responsable de tous leur sabotage au préalable d’une guerre dans le Pacifique ? Ou allons-nous être emportés dans les courants de la fièvre guerrière ? Allons-nous questionner la source des attaques futures sur les États-Unis ou allons-nous immédiatement pointer du doigt l’ennemi que les médias ou le gouvernement nous auront montré ? Notre réponse est le plus grand facteur déterminant pour savoir si l’idéal de liberté américain tient bon ou s’effondre. Cette fois, je ne vois pas de paroles en l’air mais une brume répandue précédant le conflit. Cette fois, je crois que nous faisons face à la guerre mais la guerre est toujours un moyen d’arriver à une fin. La guerre est un outil de l’establishment pour l’ingénierie sociale à grande échelle.

Par Brandon Smith : article original en Anglais
Traduit par Soverain. 
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