Deux points de vue sur le sommet Poutine/Trump

Rencontre Poutine-Bolton

Article de Paul Craig Roberts, sur Strategic Culture, traduit par Soverain

La rencontre que le Deep State s’est efforcé de rendre impossible avec des affirmations de type « Russiagate » fabriquées de toutes pièces et une « enquête » orchestrée par Mueller et mise en place par John Bolton, un néoconservateur du Deep State. Patrick Lang nous explique comment cela s’est produit.

Nombreux sont ceux qui voient les avantages de la réunion Poutine/Trump, par exemple.

Poutine lui-même voit des avantages à cette réunion, tout comme Trump. Poutine y voit un espoir d’amélioration des relations entre les deux gouvernements. Bien sûr, les « rapports tendus » sont entièrement imputables à Washington, qui a diabolisé à la fois la Russie et Poutine par le biais de fausses accusations et des actes hostiles tels que des sanctions illégales. C’était une erreur de calcul pour Washington de s’attendre à ce que la Russie abandonne sa base navale de la mer Noire suite au tour de force de Washington en Ukraine.

Sur quoi un accord pourrait-il reposer ? La position de Bolton est opposée à tout accord ou toute coopération, quelle qu’elle soit, avec la Russie. Du point de vue des néoconservateurs, la Russie fait obstacle à l’hégémonie mondiale des États-Unis. Selon leur doctrine de politique étrangère, l’objectif des États-Unis est d’empêcher le développement de tout pays qui pourrait constituer un frein à l’unilatéralisme américain. La Russie est un défi pour l’Ordre Mondial Américain car la Russie fait obstacle au monde unipolaire américain.

Pour que le sommet soit un succès, Trump aura besoin de rejeter cette doctrine néoconservatrice. S’il y arrive, avec Bolton assis à côté de lui, ses critiques paraîtront stupides. Bolton et l’État profond ont-ils un moyen de faire échouer le sommet, ce qui assurerait le maintien du statut d’ennemi de la Russie et qui soutiendrait par conséquent l’énorme budget et la puissance du système militairo-sécuritaire américain ? Trump est-il un surhomme pouvant surmonter ce puissant intérêt direct dont le président Eisenhower prévint les Américains en 1961 ? Comment ce système se porte-t’il, un demi-siècle après avoir été alimenté par des décennies de guerre froide et de guerres contre le terrorisme ?

Assad, et sans doute l’Iran, sont convaincus que les négociations avec Washington ne sont qu’une perte de temps. Assad a conclu : « le problème avec les présidents américains, c’est qu’ils sont les otages des lobbyistes. Ils peuvent vous dire ce que vous voulez entendre, mais ils feront le contraire. Voilà le problème, et c’est de pire en pire. Trump en est un exemple frappant. C’est pourquoi quand on parle aux Américains, discuter de quelque chose avec eux ne règle rien. Il n’y aura pas de résultats. C’est une simple perte de temps.

Le point de vue d’Assad a les faits de son côté. L’une des premières actions de Trump fut de le retrait unilatéral de l’accord sur nucléaire iranien. Il n’existe aucune preuve appuyant le point de vue optimiste de la Russie.

Il serait intéressant de dresser la liste de tous les accords que Washington a conclu au cours de l’histoire et d’en calculer le pourcentage conservé. Si Poutine ne veut pas être mené en bateau, il devrait se souvenir des paroles du Chef Joseph, chef Nez-Percés, résumant ses négociations avec Washington : « J’ai entendu parler et parler, mais rien n’est fait. J’en ai assez des discours qui ne mènent à rien. Ça me rend malade quand je me souviens de toutes les bonnes paroles et des promesses non tenues. »

Paul Craig Robert





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