COVID-19 : Le spectacle continue

Le confinement maintenant achevé, il est temps, en ce lendemain du jour où l’on célèbre l’effusion de l’esprit saint sur les disciples, de faire un bilan sur ce qui se passe pour aller prêcher la bonne parole dans l’asile à ciel ouvert qu’est devenue la France. Le mot est faible quand on voit le port du masque obligatoire un peu partout maintenant que le virus n’est nulle part, l’invention du concept ahurissant de plages dynamiques, les concerts et cinéma en voiture, les kilomètres d’adhésif au sol et autres inepties.

Dans la chronique précédente, nous avions argumenté sur le « nous sommes en guerre » émouvant de Macron qui nous annonçait le déferlement d’une vague de merde sans précédent sur notre pays incluant des centaines de milliers de morts, et tenté de mettre en évidence que c’est contre nous que Macron avait déclaré la guerre. Cette vague a emporté 30 000 français, c’est malheureux, néanmoins la guerre continue. On peut critiquer à volonté ce qui aurait pu être fait pour éviter ces morts en mettant tout le monde en cage tout en se sentant démocrate, mais on va plutôt s’intéresser à la soupe qu’on nous sert à défaut d’avoir un vaccin inutile ou une pilule Gilead à nous faire avaler.

La flûte enchantée du Mozart de la finance

Nos chers politiciens n’ont pas chômé pour rendre service aux intérêts privés qui leur ont permis de garnir leurs CV et leurs carnets de contacts. Au plus fort de la crise et plutôt que d’alimenter les pharmacies en masques au plus vite pour que les français se protègent quand le virus était assez présent (avant le pic épidémique qui était en fait un plateau, rappelons-le), le gouvernement a temporisé jusqu’à ce que les masques soient disponibles en grande surface. Personne n’a toussé à cette annonce.

Parlons désormais de la seconde vague. Le scénario était jugé « inéluctable« . C’était sûr. On nous a même parlé du scénario « Stop and go« , forcément un truc cool à l’américaine, avec une alternance entre vie et morts. Cependant, la science-fiction a laissé place au réel, si à l’évidence au bout de 3 mois de circulation le virus était présent un peu partout mais surtout à Paris, au bout de 2 semaines de confinement il ne circulait déjà plus qu’au sein du foyer, et au bout de 2 semaines de plus il n’existait plus que dans les hôpitaux. C’est logique, un virus vivant par définition grâce à un hôte, il ne risque pas de vous agresser dans la rue ni de se cacher sous votre lit. Donc plus de virus dès mi-avril, mais l’hymne à la peur ayant été joué un peu trop fort à la télévision il a fallu rajouter 1 mois de confinement pour ne pas donner l’impression de jeter dans la fosse commune les français visiblement plus satisfaits de toucher un chômage partiel qu’inquiets de toucher le chômage tout court.

Ce qui s’annonce, c’est plutôt un tsunami à l’envers, la vague ayant été encaissée dans la douleur maintenant au tour du séisme et des entreprises qui risquent de s’écrouler. Car en dehors des producteurs de gel hydroalcoolique et des fabricants de masques, le climat des affaires s’annonce caniculaire cet été, enfin surtout pour les petits vu que l’État va gracieusement aider les plus gros et laisser les plus petits disparaître comme à chaque crise.

Une aide au secteur de l’automobile a été annoncée, Macron entend les obliger à colorier leurs carnets de commande en vert tout en espérant au passage une relocalisation la production. Espoirs seulement, car Renault a déjà décidé de la fermeture d’un site pour réduire ses coûts mais va laisser l’État augmenter la prime écologique pour booster artificiellement ses ventes. Reste un petit effort supplémentaire à fournir sur la prime pour que l’État nous offre des voitures électriques à Noël avec nos impôts. Comme ça, les parents pourront payer des voitures télécommandées aux enfants et chacun jouera avec sa voiture à piles.

Mais revenons sur le sujet et parlons d’autres cadeaux. Parlons mieux : parlons Afrique. Le président Macron avait annoncé une annulation de dette africaine : c’est gentil.  Cela permettra aux États concernés de nous emprunter à nouveau de l’argent (que nous n’avons pas) pour lancer de grands travaux au bénéfice de grands groupes français jusqu’à la prochaine annulation de dette. Le braquage est tellement facile qu’on y a le droit tous les 10 ans, mais c’est humaniste, alors applaudissons la pièce ! Après tout, les Africains sont trop faibles pour payer leurs dettes. D’ailleurs ce n’est pas suffisant, l’UE va donner aussi, donc on va donner de l’argent deux fois, c’est sans doute ça laver plus blanc que blanc.

Les Africains sont aussi aux yeux de nos politiciens trop incapables pour ne pas se faire massacrer par le coronavirus. Imaginez une seule seconde qu’on ne vole pas à leur secours (étant acquis dans le paragraphe précédent qu’on porte secours au vol), nous serions alors coupables d’un désastre humanitaire. C’est pourquoi l’UE a envoyé dès début mai du matériel pour les aider. Il est bien vrai que les maladies virales ne leurs sont pas habituelles, d’ailleurs le virus Ebola était un canular chinois, le paludisme n’existe pas, l’âge médian n’y est pas inférieur à 25 ans, bref ils ne sont pas prêts à affronter le coronavirus et ont besoin de l’aide de nous qui y avons fait face efficacement grâce au confinement. D’ailleurs, s’il y a si peu de morts, c’est évidemment car ils ne savent pas les compter, l’hécatombe est invisible mais bien réelle, ces pays sont « dans le déni » face à la science et le QI supérieur des eurocrates !

La science est morte !

À défaut de résultats de l’essai Discovery qui aura eu le mérite d’être un énième exemple d’échec de l’UE, The Lancet a publié une étude massacrant la chloroquine au moyen du big data. Au départ simplement sceptiques sur l’utilité du traitement, puis critiques sur les risques cardiaques associés, les meilleurs experts twitter en médecine et scientifiques zététiciens aguerris que nous a produit la filière scientifique de l’éducation nationale jubilent : 9.3 % de mortalité dans le groupe contrôle, et de 16 à 24 % de mortalité avec un traitement à base de chloroquine. Niveau intubation, c’est pire : 13.2 % contre 28 à 34 %. C’est maintenant sûr même si les chiffres n’ont aucun sens : la chloroquine tue, Raoult est un assassin, il a du sang sur les mains ! Suicidez-le médiatiquement !

C’est The Lancet, c’est prestigieux, c’est la science, c’est véritablement vrai. Ils ne se rendent pas compte des ravages que la filière scientifique de l’éducation nationale a fait sur leurs esprits qu’ils pensent plus féconds que les autres, il suffit d’annoncer que la chloroquine double le nombre de morts du COVID-19 avec un tampon The Lancet et la messe est dite. Peu importe également qu’il s’agisse du protocole Raoult ou non. Ces prévôts de la vérité scientifique n’ont pas encore compris au bout de 2 mois et demi de débat que le virus est une affaire de gros sous et non de vérité : les enjeux financiers sont colossaux, vaccin comme traitement il y a potentiellement de quoi nourrir un pays pendant des dizaines d’années. Comme depuis toujours, toute découverte scientifique est matière à générer du profit, ainsi quelqu’un qui viendrait supprimer l’opportunité de s’enrichir doit être coulé. L’Homme est un animal politique doué de raison, et non un animal scientifique doué d’un baccalauréat.

Peu après la parution de l’étude, l’hydroxychloroquine a été interdite. Contrairement aux pays du Maghreb qui considèrent cette étude avec beaucoup de distance car satisfaits et convaincus du protocole Raoult qui a montré de bons résultats, nos politiciens ont décidé d’adouber le résultat foireux d’une société qui a fait des erreurs, qui ne rend pas reproductible les résultats, et qui sent l’entreprise bidon : l’un des docteurs a tenté un financement participatif pour un masque de stimulation neuronale bidon, l’éditrice scientifique est auteur de romans de science-fiction et la directrice commerciale est une actrice X qui dit être sans emploi. L’assassin qui a découvert les virus géants ne peut que s’incliner devant une telle démonstration de vérité scientifique !

Conclusion

Bref, c’est pas gagné. Le coq français a plutôt laissé sa place au pigeon parisien ces derniers mois. Avec l’UE qui annonce contracter des prêts en son nom, qui se prépare à faire de la santé une compétence partagée et qui prépare la mise en place furtive d’un funeste impôt européen, nous ne sommes pas tirés d’affaire. Au moins le virus ne circule plus.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur telegram
Partager sur vk