Convention de la Droite : entre espoir et exaspération…

Samedi dernier se tenait entre les murs de la Palmeraie, grande salle de réception située dans le 15ème arrondissement de Paris, la « Convention de la Droite ». Promue, imaginée et organisée par le magazine « L’incorrect », le jeune mouvement droitiste « Racines d’Avenir » et le think thank « Cercle Audace », l’évènement qualifié comme « celui de la décennie pour la droite française » avait une panoplie d’arguments en sa faveur pour séduire les souverainistes.
Premièrement, cette convention de la droite pouvait s’enorgueillir d’accueillir en son sein de très nombreux intervenants aux réputations sulfureuses et aux notoriétés croissantes ! Ainsi ont-défilés les Zemmour, Goldnadel, Robert Ménard et autres Jean-Frédéric Poisson ou Gilbert Collard ! Si ce cocktail idéologique aurait largement pu satisfaire l’électeur conservateur que je suis, le gout amer et démagogique qu’il à fini par me laisser résonnait comme un ras-le-bol général de cette droite bourgeoise, dresseuse de constats et incapable de dire autre chose que ce que son public désire entendre…
Toutefois, quelques touches plus sucrées ont su raviver une flamme d’espérance que la lourdeur des interventions précédentes étaient sur le point d’éteindre. Ainsi, le discours optimiste du Dr Laurent Alexandre, malgré la simplicité parfois naïve de ses mots, m’a conforté dans l’idée d’une science au service de l’écologie ! Puis, alors que la nuit tombait, la douce Marion Maréchal, par un choix des mots astucieux, à enfin réussi à cristalliser les attentes de la salle et à transmettre une force d’engagement qu’il manquait cruellement à cette « Convention de la Droite ».
Enfin, et il faut l’admettre, l’invitée star de l’évènement, l’ovni conférenciel, celle que les médias aiment à qualifier de « noire ultra-conservatrice », la proche de Donald Trump, Candace Owens est venu ressourcer en énergie toute cette assemblée droito-mollassonne. Grâce à une dialectique dynamique à l’américaine, la jeune Candace Owens à réveillé tout ce beau monde et prononcé un discours simple mais accrocheur, conclu sous les applaudissements du public.

Alors cette convention, fut-elle pour le jeune conservateur (si ce terme à encore un sens) optimiste et combatif que je suis l’occasion de faire le plein d’espoir et d’inspirations politiques ou fut-ce encore un évènement semi-mondain, mou et vieillot, incapable de fédérer une opposition réelle aux progressistes malgré ses bonnes intentions ?

Commençons par le commencement, si la droite zemmourienne à évidemment raison dans ses constats, et notamment par son « courage » d’énoncer le grand remplacement et le mondialisme morbide des macronistes, on ne peut que lui reprocher son approche fataliste, presque Greta Thundbergisante tant elle est encline au catastrophisme béant. On apprécierait, de la part d’Eric Zemmour ou de Marion Maréchal, une capacité à parfois être forces de propositions, à engager les jeunes de droites à l’action, à la mobilisation, eux qui finalement n’attendent que ça. Dresser des constats, établir des bilans ou jauger la gravité de la situation française est une chose, se faire le porte-parole des contre-attaquants en est une autre et malheureusement, c’est la seconde qui manque cruellement à ces gens-là. Ainsi l’on fustige, condamne, déplore et regrette, mais jamais l’on cherche à détruire, briser, combattre et vaincre. Et lorsque Marion Maréchal le Pen cite Soljenitsyne dès l’ouverture de son discours, il me prend à penser qu’elle n’a point écouté l’une de ses oeuvres les plus fortes : Le déclin du courage. Car au sortir de la Convention, c’est bien tel sentiment qui se fait maître de mon impression générale : le manque cruel de courage de la droite. Tous les stratèges l’ont écrit : pour vaincre son ennemi, il faut savoir le citer. Et pour vaincre l’idéologie dominante, il faut savoir se purger des traitres qui gangrènent son propre camps… Alors que faisaient tous ces étudiants encartés à l’UNI au sein-même du staff de la Convention ?
En bref, il est urgent pour la droite française de faire le tri dans ses rangs et d’assumer réellement ses idées, puissent-elles être mille fois qualifiées d’extrémistes et fascisantes par les tribunaux médiatiques.

Fort heureusement, le bilan d’un tel évènement ne peut être que négatif et le nombre des intervenants semble avoir donné une force certaine à la Convention de la Droite.
Ainsi les derniers à prendre la parole qu’étaient M. Laurent Obertone et M. Alexandre Pesey ont su condenser en eux une certaine rigueur intellectuelle. Obertone, content par la même occasion de promouvoir son dernier livre, Guérilla, le temps des barbares a dressé un sordide panel du néant juridique régnant sur l’Hexagone, on retiendra de lui l’affirmation suivante : « Le code pénal à été vidé de sa substance, la loi de son efficacité ». Vérité crue sur la situation actuelle du pouvoir législatif français, l’auteur de la France Orange Mécanique continue de nous émouvoir par son cynisme et de nous frustrer par ses vérités dérangeantes.
Quant à Pesey, directeur de l’IFP (Institut de Formation Politique), cherchant habilement à recruter les nombreux jeunots présents et issus des rangs de Racines d’Avenir, on lui reconnaitra son optimisme souriant, contrariant les mines grisées des discourants de l’après-midi.

Le point d’honneur du rendez-vous des droites fut indéniablement l’intervention de Mme Candace Owens. Accompagnée d’une cohorte de gardes du corps et suivie de près par les caméras, la jeune républicaine afro-américaine s’est lancée dans une diatribe enflammée contre les forces progressistes et mondialistes, arc-boutées selon elle, derrière le Parti démocrate américain. Forte d’une aura puissamment désignée et d’une énergie typiquement Trumpiste, Owens, par son américanisme inspirant, à semble-t-il conquis la foule et terminé son discours sous les applaudissements décoincés de l’assemblée.
À ce propos, un rapprochement concret et assumé avec Donald Trump et ses forces politiques d’Outre-Atlantique semble être une bonne chose pour les souverainistes français, désireux depuis trois ans maintenant de voir ses représentants daigner s’approcher de Donald !

En conclusion, loin d’être l’évènement sauveur de la droite française (où étaient les intellectuels, les vrais ?), la Convention de la Droite a le mérite d’assumer sa concrète opposition idéologique au gouvernement et à ses sbires tournoyants, sans toutefois établir une réelle stratégie de contre-attaque. C’est donc un mince mais réel espoir qui peut subsister dans les esprits des lutteurs conservateurs, malgré la dommageable absence d’une dialectique guerrière venant de la part des « élites de droite ». C’est pourtant bel et bien dans une situation de guerre culturelle et identitaire que la France se trouve aujourd’hui, et comme toutes les guerres, on ne la gagnera qu’en combattant.

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