LA CATALOGNE, L’UE ET L’EURO – Que se passerait-il en cas d’indépendance ?

Ce dossier exceptionnel a été rédigé par le parti de l’Union Populaire Républicaine. Il envisage les perspectives d’une indépendance de la Catalogne sous les angles principalement monétaires et politiques. 

Introduction : Que penser de « l’indépendance » de la Catalogne ?

Les avis divergent quant à la volonté réelle des indépendantistes catalans de mener jusqu’à son terme leur projet annoncé d’indépendance.

Certains pensent que c’est bien leur objectif. D’autres pensent que l’objectif des autorités « indépendantistes » catalanes est plutôt de conserver à leur profit le pouvoir régional le plus longtemps possible, et non pas de faire de la Catalogne un État-nation souverain. En persistant à afficher l’objectif de l’indépendance, elles s’assureraient alors le soutien d’électeurs pour être reconduites régulièrement au pouvoir régional.

Dans ces conditions, si le référendum de novembre prochain a bien lieu – ce qui n’est pas certain – et si ce référendum donnait l’indépendance gagnante – ce qui est encore moins certain, les sondages récents donnant le Non assez nettement vainqueur -, cette indépendance pourrait ne pas devenir une réalité concrète, mais ne rester qu’une chose symbolique et un élément de rhétorique.

Quelle que soient les opinions, tout esprit scientifique, politique ou logique se doit néanmoins d’envisager toutes les hypothèses, et donc d’étudier ce qui pourrait se passer si l’indépendance de la Catalogne advenait réellement.

Il apparaît alors que cela poserait un problème monétaire assez délicat pour la Catalogne. Curieusement, c’est une question que l’on ne voit abordée dans aucun média ni par aucun dirigeant politique européen.

1 – Un problème méconnu : l’impact de « l’indépendance » sur l’appartenance de la Catalogne à l’euro

(partie rédigée par Vincent Brousseau)

La position de principe est la suivante : les indépendantistes affirment que la Catalogne restera dans l’euro, point.

Ils ne disent pas par quelle magie.

Or ce n’est pas possible, pour des raisons qui seront détaillées plus loin.

Ce qui risque d’arriver est que la Catalogne devienne « euroïsée ». C’est-à-dire qu’elle utilise l’euro comme monnaie nationale, mais sans faire partie de la zone euro, comme c’est déjà le cas pour deux pays des Balkans : le Montenegro et le Kosovo.

Une telle situation serait assez pénible pour la Catalogne, en particulier parce que son système bancaire serait privé de l’accès au refinancement par l’Eurosystème, chose qui, pour une économie avancée de cette taille, est un inconvénient lourd.

Nous présenterons plus bas une solution alternative, qui n’est seulement qu’un peu meilleure et qui laisse subsister cet inconvénient, sans doute inévitable dès lors que l’indépendance de la Catalogne est reconnue ou du moins que l’appartenance de la Catalogne à l’Espagne cesse d’être généralement reconnue.

Mais, ni cette solution – que l’on appellera la « demi-euroïsation » -, ni « l’euroïsation » au sens « ordinaire » du terme, n’étant des solutions satisfaisantes, il est probable que la Catalogne indépendante se verrait contrainte, à moyen terme, d’introduire une devise nationale catalane.

Un autre problème méconnu : l’impact sur la dette espagnole

Nous ne parlerons pas du partage de la dette d’État espagnole entre la Catalogne et l’Espagne rémanente, bien que cette question soit très légitime. Mais il conviendrait quand même de se poser, dès le début de l’indépendance, la question de la quote-part catalane dans la dette de la Banque d’Espagne envers l’Eurosystème, ce que j’ai appelé dans des articles précédents la « prime de sortie ».

Du fait de l’existence de cette dette de la Banque d’Espagne, et du fait qu’une partie est d’origine catalane, une éventuelle banque centrale catalane hériterait à sa naissance d’une dette envers la Banque d’Espagne. Il se peut que les autorités catalanes ne veuillent pas le voir. Mais il ne fait aucun doute que les dirigeants de l’Espagne rémanente le verront et sauront le leur rappeler….

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