Brexit – Les preuves que nous avons tous été dupés ne cessent de s’accumuler

Note de Soverain : Graham Vanbergen est spécialisé dans l’analyse de la propagande, de la désinformation et est à l’initiative de plusieurs médias indépendants. Dans cet article, il fait état de la possible collusion de plusieurs personnes qui auraient eu intérêt à ce que le Brexit arrive et auraient donc parié sur le résultat du référendum en ayant eu accès notamment à des informations illégales tels que des sondages le jour même du vote.  Des manipulations ont eu lieu, c’est certain et sourcé. Cet article rentre en collision frontale avec la ligne éditoriale de Soverain mais puisque notre slogan est « le média impertinent », nous accueillons avec plaisir cet excellent article qui révèle la part d’ombre des spéculations et manipulations qui ont eu lieu le jour du référendum. Bien sûr, nous rendons cet article à tout lecteur avisé qui saura se faire sa propre opinion. Aussi, nous aimerions que Vanbergen à l’avenir nous parle des manipulations du camp « Bremain » dans un prochain article (?) ou qu’il fasse état des sommes importantes investies par le milliardaire Georges Soros dans la campagne qu’il a lancé dernièrement afin de faire revoter les Britanniques. Vous savez, Soros, l’homme qui a fait sauter la banque d’Angleterre après avoir vendu à découvert 10 milliards de livres sterling mettant suffisamment de pression sur la devise britannique pour que finalement elle sorte du SME. Il en aurait tiré 1,1 milliard de dollars suite à cette opération. Ce que nous voulons dire, c’est que des manipulations existent partout, à gauche comme à droite, dans le camp du « Bien » comme dans le camp du « Mal ». Ces manipulations seront in fine, toujours dévoilées pour les plus avertis. Encore faut-il croiser les sources, et c’est donc ce que nous vous proposons aujourd’hui.

 

 

Article de Graham Vanbergen, paru sur TruePublica, traduit par Soverain

Par Graham Vanbergen : Depuis le référendum britannique sur l’UE, j’ai toujours été d’avis que la marge nécessaire pour faire basculer le vote a été manipulée et l’a été par ceux qui avaient l’argent, les moyens et la motivation pour profiter du chaos que le Brexit provoquerait. J’ai toujours affirmé que l’Amérique, soutenue par un puissant élément de droite des deux côtés de l’Atlantique, menace maintenant les principes les plus fondamentaux de notre démocratie puisqu’elle veut tirer profit de ses millions investis. Encore une fois, d’autres preuves sont venues étayer cette position.

L’année dernière, j’ai écrit un article intitulé « The Highjacking of Britain’s EU Referendum« . J’y écrivais : « Nous avons vu comment une mystérieuse opération mondiale impliquant de l’argent sale, de grosses données et des milliardaires américains a influencé le résultat du référendum européen. Si quelqu’un pense encore que le référendum européen qui a abouti au Brexit représentait la démocratie en action, il est temps de revenir à la réalité ».

J’ai aussi écrit l’article : « How Brexit Was Engineered By Foreign Billionaires To Bring About Economic Chaos – For Profit » et cité dans l’excellent article du Guardian de Carole Cadwaddre intitulé « The Great British Brexit Robbery : How Our Democracy Was Highjacked. »

Pendant tout ce temps, j’ai été convaincu à 100 % de la manière dont la technologie et les données ont été utilisées illégalement dans le processus de vote par référendum de l’UE en Grande-Bretagne. J’ai souligné très tôt que « Cambridge Analytica, a confirmé qu’ils utilisaient des opérations psychologiques – les mêmes méthodes que les militaires utilisent pour effectuer des changements de mentalité de masse ».

Je suis allé plus loin et j’ai impliqué des gens comme Peter Thiel, le cofondateur milliardaire de PayPal, Facebook, Google, le MI5 et d’autres intérêts particuliers tels que les fonds spéculatifs et les banques qui ont écrit cette histoire comme acteurs principaux dans ce qui deviendra finalement connu comme le Brexit – le plus grand hold-up politique de l’histoire. Le référendum européen a été planifié dès le départ et des centaines de millions d’euros y ont été investis depuis des années.

Aujourd’hui, Bloomberg news lance un autre pavé dans la mare. Confirmation encore une fois, comme si il était nécessaire d’aller plus loin, que le Brexit a bien été orchestré par des milliardaires pour profiter du chaos.

Dans leur article intitulé : « The Brexit Short : How Hedge Funds Used Private Polls to Make Millions » – une démonstration claire de cette vérité gênante est donnée.

« Dans les coulisses, un petit groupe de personnes complotaient – et des milliards de dollars étaient en jeu. Les fonds spéculatifs qui cherchaient à gagner gros sur les transactions ce jour-là avaient embauché YouGov et au moins cinq autres sociétés de sondage, y compris le sondeur préféré de Farage. Leurs résultats variaient, le jour même et les jours précédents le vote, tandis que les instituts de sondage vendaient des informations critiques, y compris des données qu’il était illégal de transmettre ».

Le rapport poursuit en disant que ces fonds spéculatifs étaient dans la position idéale pour gagner des fortunes en vendant à découvert la livre sterling. Ce que l’article ne dit pas, c’est que ces fonds spéculatifs et leurs amis milliardaires ont été les architectes de la première heure du Brexit. Ils parient des milliards de dollars – pas des millions -, sur ce qui était un pari sûr. Pas un seul membre du grand public ne connaissait le résultat réel de ce référendum avant plusieurs heures après la clôture officielle du scrutin, alors que d’autres avaient investi massivement dans une seule position.

La loi britannique interdit aux sociétés de sondage de divulguer les détails des sondages avant la fin du vote. Mais ils l’ont fait et même depuis un certain temps.

Et voilà le hic. Bloomberg a enquêté sur cette vente à découvert illégale de la livre sterling pendant plus de six mois. Et devinez ce qu’ils ont trouvé.

« Une des personnes dont certaines questions restent sans réponses est Farage, un ancien courtier en produits de base qui a également travaillé pour une société de négoce de devises londonienne après son entrée en politique. Il a dit deux fois au monde entier, le soir de l’élection, que le Leave avait probablement perdu, alors qu’il avait des informations suggérant que son camp avait effectivement gagné. Il a également changé son histoire au sujet de qui lui a dit quoi au sujet de cette information très précieuse.

Quant aux sondeurs, ils ont dit que le Brexit a été l’une des journées les plus rentables de l’histoire de leur industrie. Comme c’est gentil. Comme ils ont clairement enfreint la loi, pourquoi ne sont-ils pas arrêtés ? Et comme les gérants de fonds spéculatifs ont également enfreint la loi – où sont les hommes en bleu ?

L’article de Bloomberg confirme que les fonds spéculatifs qui ont embauché les instituts de sondage ont dégagé des centaines de millions de dollars. Et, si vous pensiez que cela pouvait être les agissements d’un couple d’escrocs dans la ville, ne vous y trompez pas. Bloomberg le confirme : « au moins une douzaine étaient impliqués, et potentiellement beaucoup plus. »

Farage lui-même « alimentait des sentiments spéculatifs dans les marchés » – clairement pour profiter de fait que la grande majorité du public, des commentateurs et des experts étaient convaincus qu’il s’agirait d’un résultat Remain.

Les relations entre les sociétés de sondage et les fonds spéculatifs avant le vote et le jour du vote ont créé ce que Bloomberg appelle un « conflit d’intérêts inhérent ». D’une part, les enquêteurs ont alimenté l’information publique qui a affecté le résultat et fait bouger les marchés. Avec l’autre, ils ont vendu des données privées à des clients en pariant sur les fluctuations du marché créées par leurs sondages publics. N’oublions pas ce que cela signifie.

Je vous encourage à lire leur rapport sur les profits scandaleux et les délits d’initiés qui ont coûté non seulement une fortune à notre pays, mais aussi ses perspectives d’avenir dans un monde en perpétuelle évolution.

Et puis, il y a une autre confirmation de ce que je dis depuis si longtemps.

L’article principal d’aujourd’hui dans le Guardian – « La démocratie britannique est menacée et la réforme est urgente, selon le régulateur électoral » nous amène tous à comprendre que la Grande-Bretagne a été détourné par des criminels spéculatifs endurcis.

« La Commission électorale a appelé à des réformes urgentes de la loi électorale après une série de scandales de campagne politique en ligne, reconnaissant que la démocratie britannique pourrait être menacée. Le régulateur des élections a demandé à Westminster et aux gouvernements décentralisés de modifier la loi afin de lutter contre la désinformation, l’utilisation abusive des données personnelles et l’ingérence étrangère dans les élections ».

Leur article poursuit en citant la commission : « Cela signifie que les personnes qui ne sont pas autorisées à s’inscrire en tant que candidats peuvent toujours dépenser de l’argent pour influencer les électeurs au Royaume-Uni, qu’il s’agisse d’États nations étrangers ou d’organisations et d’individus privés ».

La commission électorale est littéralement allée jusqu’à confirmer que la démocratie britannique est menacée par l’ingérence étrangère et a admis qu’elle était elle-même négligente lorsque les preuves s’accumulaient tout autour de sa porte d’entrée. Entre-temps, le grand public a été nourri d’histoires farfelues et distrayantes sur les agents doubles, les agents neurotoxiques et les agents russes – alors que les agents du plus grand crime viennent de la ville de Londres et de l’Amérique.

Nous savons que la campagne du Brexit a enfreint les règles de dépenses de ce document de la Commission qui a fait l’objet d’une fuite. Leave.EU a été condamné à une amende pour avoir fait la même chose. Arron Banks a fait don de 12 millions de livres sterling à la campagne. Le dépassement illégal des dépenses de la campagne par les conservateurs fait l’objet d’une autre enquête.

Et n’oublions pas qui d’autre est impliqué dans le scandale du référendum européen. Le propriétaire multimilliardaire de Facebook, profondément ancré dans la faillite de Cambridge Analytica, utilisait des stratégies militaires connues sur une population civile.

Trois autres campagnes soutenant le Leave : BeLeave, Veterans for Britain et le Democratic Unionist Party (DUP) ont été pris en train de dépenser 757 750 £ de plus. « La ‘coordination’ entre les campagnes est interdite par la loi électorale britannique, à moins que les dépenses de campagne ne soient déclarées conjointement. Ce n’était pas le cas ».

Il y a aussi d’autres acteurs comme Robert Mercer, Steve Bannon, AggregateIQ et Peter Theil, le propriétaire de PayPal.

David Miller, professeur de sociologie à l’Université de Bath et expert dans la guerre psychologique et de propagande, affirme qu’il est « un scandale extraordinaire que cette campagne (Cambridge Analytica/Facebook) soit si proche d’une démocratie. Il devrait être clair pour les électeurs d’où vient l’information, et si elle n’est pas transparente ou publique, cela soulève la question de savoir si nous vivons réellement dans une démocratie ou pas.

Dans un autre de nos rapports, nous avons écrit : « En février 2016, le journal The Independent a publié un article sur le rôle des think tanks et du Brexit intitulé : ‘Référendum de l’UE : les think tanks menant des recherches ‘indépendantes’ pour soutenir le Brexit‘ ont des liens étroits avec ‘Vote Leave’. Leurs conclusions ont révélé l’existence d’un réseau d’organisations de droite dont le personnel, les membres du conseil d’administration et même les locaux étaient liés à l’une des principales campagnes sur le Leave, en fait, Vote Leave. »

L’un de ces groupes de réflexion est l’Institut Legatum. Créé en 2006 par un autre multi-milliardaire étranger, Christopher Chandler qui n’est devenu milliardaire qu’en investissant dans des pays politiquement déstabilisés. Legatum compte Anne Applebaum, Giles Dilnot, Alexandra Mousavizadeh, l’ancienne chroniqueuse Christina Odone et Shanker Singham (avec un accès sans précédent aux principaux cabinets de ministres), ce dernier agissant en tant que président de la Commission spéciale du commerce de l’Institut, qui sert de couverture pour la propagande du Brexit.

Actuellement, Philippa Stroud, PDG de l’Institut, est au sommet de la hiérarchie Legatum. Précédemment elle a été directrice générale du Centre for Social Justice (CSJ), un groupe de réflexion de droite qu’elle a cofondé avec Iain Duncan Smith en 2004 – lui-même impliqué dans des sociétés de santé américaines qui élaborent actuellement une politique d’extrême droite sur les demandeurs de prestations d’invalidité au Royaume-Uni. Tony Baxendale est également co-fondateur, avec Steve Baker, du Cobden Centre, un groupe de réflexion libertaire sur le marché libre qui a fortement influencé Margaret Thatcher. Il existe des liens entre le Cobden Centre et le Cato Institute – une pensée de droite américaine financée par les frères milliardaires Koch. Les frères auraient dépensé près de 900 millions de dollars pour tenter d’influencer le résultat de la dernière course présidentielle qui a vu Donald Trump s’installer dans la Maison Blanche. Les liens entre Nigel Farage et Steve Bannon ne peuvent être niés par les déclarations de Farage selon lesquelles Bannon était « le plus grand penseur politique de l’hémisphère occidental ».

Les liens avec le Cobden Centre nous amènent à Matthew Elliott, qui se trouve être un membre senior de l’Institut Legatum et vous pensiez qu’il était le directeur général de la campagne du Leave ! C’est bénéfiquement incestueux, n’est-ce pas ?

Et pourtant, il y a un autre côté obscur du Brexit que vous ne connaissez pas. D’autres groupes d’intérêt mettent en exergue jusqu’où certaines organisations sont prêtes à aller pour réaliser des bénéfices, quel que soit le chaos qui en résulte. J’ai reçu ceci hier d’un journaliste :

« sur un réseau transatlantique de lobbyistes qui s’opposent à l’action sur le changement climatique et (dernièrement) pour le Brexit ? Ils sont tous basés dans un bâtiment au coin du palais de Westminster. Le réseau est financé par des élites de l’ombre au Royaume-Uni et aux États-Unis et fait pression en faveur d’une déréglementation rampante du marché tout en répandant le mythe selon lequel le changement climatique est un canular. Plus récemment, ces groupes ont fait pression en faveur d’un Hard Brexit, en espérant que le retrait du Royaume-Uni de l’UE entraînera un affaiblissement de ces réglementations environnementales gênantes qu’ils détestent tant. Les groupes sont également à l’origine du pacte Tory-DUP, qui maintient Theresa May dans son poste tout en permettant aux conservateurs socialistes d’Irlande du Nord de dicter des aspects importants de l’agenda politique du Royaume-Uni ».

C’est dégoûtant de lire tout ça. La liste des millionnaires, des milliardaires, des entreprises, des groupes de réflexion, des campagnes et d’autres organisations qui ont injecté des centaines de millions de dollars pour que le Brexit devienne une réalité est presque sans fin. Comme je l’ai dit au début de cet article et de bien d’autres, si vous pensez toujours que le référendum européen qui a abouti au Brexit était la démocratie en action – alors il est temps de revenir à la réalité. Ce n’est pas le cas – le grand public a été escroqué par ceux qui ont l’argent, les moyens et la motivation.

Article de Graham Vanbergen, paru sur TruePublica, traduit par Soverain