11 Novembre & Scrutage des réseaux sociaux – L’édito Rousseau #2

Le centenaire du 11 Novembre 2018 : bilan

L’on nous avait fait croire qu’il n’y aurait pas de cérémonie. Puis que les maréchaux Pétain et Joffre allaient être commémorés. Et finalement, c’est une cérémonie avec 70 autres chefs d’Etat qui a eu lieu ce dimanche matin.

Parmi les invités, l’on reconnaît Donald Trump et son épouse, mais aussi Vladimir Poutine, Angela Merkel, Justin Trudeau, Xi Jinping, le roi Felipe VI d’Espagne, le roi Mohammed VI du Maroc, le président turc Recep Tayyip Erdogan, Benjamin Nethanyahu, le Prince Albert, Jean-Claude Juncker et même les actuels président de l’Assemblée nationale et du Sénat, Richard Ferrand et Gérard Larcher. Tous furent d’abord conviés à onze heures sous l’Arc de Triomphe, amenés par un convoi de bus. Seuls quelques-uns sont venus par leurs propres moyens, et parmi eux MM. Trump et Poutine.

À l’heure de début de la cérémonie, les clochers de toute la France, et avec eux, ceux de Notre-Dame, ont sonné. La matinée est l’occasion pour de nombreux artistes d’interpréter chansons et compositions, ceux-ci venant de France (comme le violoniste Renaud Capuçon) et du monde entier (citons la chanteuse béninoise Angelique Kidjo). Des lettres de poilus sont également lues dans la matinée, qui se clot sur un discours du Président de la République, d’une vingtaine de minutes. Ce dernier ne s’articule pas autour de la victoire (après tout, on n’invite pas un chef d’Etat pour narguer son pays), mais du deuil partagé par les anciens Etats belligérants, et de la paix recouvrée. Emmanuel Macron en a bien sûr profité pour y mélanger une petite attaque du nationalisme et une distinction entre patriotisme et nationalisme, et, par ailleurs, une paraphrase du slogan qui hérisse les poils de certains de nos lecteurs, « l’Europe c’est la la paix ».

Après un déjeuner à l’Elysée, permettant la promotion des mets nationaux les plus recherchés, le Président Trump a rendu hommage aux victimes américaines de la Grande Guerre au cimetière américain de Suresnes, puis s’est félicité ce des deux jours de voyage en France. Se déroule en parallèle, à la Grande Halle de Paris la Villette, un forum sur la paix avec les autres responsables d’Etat, ou plutôt, la poursuite de ce forum initié deux jours plus tôt. L’on peut retenir, des interventions d’Angela Merkel et d’António Guterres (secrétaire général de l’ONU), une complainte à l’atteinte de la paix par l’attaque de l’Union européenne, et un dégoût pour les positions anti-migrants de ceux qu’ils considèrent comme ennemis du traité de Lisbonne. Sont donc ressorties les menaces du nationalisme et du populisme ; vrai pour le premier, en revanche l’on constate que le deuxième est toujours aussi utilisé alors qu’aucune définition précise ne lui est rattaché. Et la citation récurrente de ce mot là conjointement au premier, lui donne une connotation négative, alors que, là encore, l’on ne sait pas ce que cela veut dire.

Sources : LCI, RT France, France 24.

Attention à vos photos !

Gérald Darmanin annonce, et la presse l’a notablement repris, la surveillance des réseaux sociaux par le fisc. Le but, tel qu’il est annoncé par le ministre, est de repérer ceux qui déclarent de faibles revenus, mais s’affichent avec un train de vie supérieur.

« Nous allons pouvoir mettre les réseaux sociaux dans une grande base de données. Il y aura la permissivité de constater que si vous vous faites prendre en photo, de nombreuses fois, avec une voiture de luxe alors que vous n’avez pas les moyens de le faire, peut-être que votre cousin ou votre copine l’a prêtée, ou peut-être pas ».

Cette mesure va être compliquée à appliquer. La première entrave étant que les personnes qui s’affichent publiquement ne sont, au final, pas si nombreuses que ça. Vous connaissez la règle des 1% de Wikipédia : 1% de publicateurs, 9% de publicateurs moyens (Retweets par exemple) et 90% d’utilisateurs passifs. Donc nos amis de Bercy n’auront que peu de noms à se mettre sous la dent, en tout cas à l’échelle de la population française.

Deuxièmement, la science des réseaux sociaux n’est pas exacte. Si un compte ne contient aucune photo du visage de son possesseur (il arrive que certains prennent régulièrement des photos de ce qu’ils voient, allongés sur une belle chaise longue par exemple) et que ce possesseur a des homonymes, bien malin sera celui qui saura le rattacher à une personne physique. Sans parler de ceux qui prennent une photo de profil avec des cocotiers, simplement parce que l’image leur plaît ; donc aucun rapport avec le train de vie.

La mesure commence déjà à être critiquée par l’opposition. Après de nombreux utilisateurs et journalistes, Rafik Smati, président d’Objectif France, a tweeté une vidéo dans laquelle il soutient que Big Brother de George Orwell devient une réalité. Il y affirme aussi que cette mesure ne visera ni les fraudeurs fiscaux, ni les banques pratiquant l’évasion fiscale, puisque celles-ci ne s’affichent pas sur les réseaux sociaux… Alors qu’ils représentent la plus belle part des fuites de capitaux. Pour rappel, cette année, ce sont 100 milliard d’euros qui ne sont pas entrés dans les caisses de l’Etat, contre 80 à 85 milliards l’an dernier.

Sources : Franceinfo, Sud Ouest, RTL.

 

Olivier Rousseau.

Je m’intéresse notamment à la politique française, mais aime parfois m’évader vers des sujets sociétaux ou internationaux. Hors du clivage gauche-droite, mais ceux qui veulent m’y coincer de force devront me définir comme étant de gauche patriote. Rédige également pour www.infopremiere.fr


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