Le double-jeu de la France en Libye

En soutenant un seigneur de guerre, Paris pourrait bien avoir misé sur le mauvais cheval. Elle s’est employée discrètement, au moins depuis 2015, à la montée en puissance du clinquant baron de Benghazi en uniforme dans l’espoir qu’il devienne l’homme fort capable d’imposer l’ordre sur le vaste mais peu peuplé territoire nord-africain producteur de pétrole et de sévir contre les groupes islamistes qui ont fleuri dans les espaces non gouvernés de l’État en faillite. Mais l’assaut de Tripoli se heurta à une résistance plus forte que Haftar ne l’avait prévue. Les milices n’ont pas changé de camp. Des dizaines de personnes ont été tuées et des milliers d’autres ont fui. La Libye pourrait être confrontée à un autre conflit de longue durée plutôt qu’à une prise de pouvoir rapide. Au-delà des dommages causés à la Libye et aux Libyens, il est difficile de voir comment cela aiderait la France à lutter contre le terrorisme ou les migrations incontrôlées.