10 ans, ça se fête ! Le jour où les élites françaises ont sauvé le peuple de lui-même

 

         

Il y a dix ans, le 4 février 2008, les parlementaires français réunis à Versailles, se sont prononcés par 560 voix pour (62,7 % des votants), 181 voix contre (20,2 % des votants), et 152 abstentions (soit 17,02 % des votants), en faveur de la modification de l’article XV de la Constitution de la Ve République permettant juridiquement à la France de ratifier le traité de Lisbonne le 8 février (1). Cette modification a pu être apportée grâce à l’article 89 alinéa 3 (4), qui permet aux députés et sénateurs, réunis en « congrès », de modifier la Constitution sans passer par la voie du référendum.

Rappelons que le Traité de Lisbonne est un copié-collé à 99% d’un autre texte, le « Traité établissant une Constitution Européenne », rejeté 3 ans auparavant par le peuple français, qui l’avait considéré à une large majorité ( 54,68 % des suffrages ) comme contraire aux intérêts du pays (référendum du 29 mai 2005) (2).

On aurait pu penser que les responsables français n’accepteraient pas de soumettre à nouveau un texte à l’approbation nationale, moins de 3 ans après un vote négatif sur un texte identique, qui plus est en utilisant une procédure permettant d’éviter le recours au scrutin populaire. C’était sans compter sur l’argument ultime utilisé par les européistes : les français avaient « mal » voté en 2005 et il fallait les empêcher de continuer à faire les mauvais choix en leur imposant les bons, et le leur  « expliquer » avec le concours des médias dominants et avec « pédagogie » (3.1)  , car les électeurs ne se rendent pas toujours compte des priorités que seuls les élus, l’élite de la Nation, sont capables d’appréhender dans leur globalité (3.2).

Démocratie vient de deux mots grecs, « demos » et « kratos » qui signifient respectivement « peuple » et « pouvoir », ce mot désigne donc un système politique où le peuple a le pouvoir et l’exerce, et  où ses choix sont donc respectés. Dans notre « démocratie » représentative, les élus sont appelés les représentants du peuple et en aucun cas ne devraient préjuger que leur choix est sur un pied d’égalité ou pire de supériorité par rapport au choix des électeurs.. L’article 3 de notre Constitution définit d’ailleurs explicitement le concept de Souveraineté (4): « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». La souveraineté appartient donc au Peuple, et puisque le Peuple a déjà donné son avis, les élus ne sont nullement fondés à contredire cet avis. Ici, les élus donnent sans surprise, au vu du peu de contre-pouvoirs restants après 24 modifications successives de la Constitution d’origine (5), un bel exemple de manipulation des textes juridiques en vue de les détourner de leur esprit d’origine.

Ce 4 février, les élus ont pris une décision contraire à celle du peuple. Ils trahissent donc leur fonction première. Si les représentants des deux assemblées étaient en majorité vraiment démocrates, même les élus ayant voté « oui » en 2005 auraient dû voter « non » en 2008 pour montrer leur attachement à la souveraineté populaire et au résultat du vote. Ce jour là, ils auraient dû déjouer le piège tendu à notre démocratie. Ils ont fait le contraire, confirmant une nouvelle fois la fracture béante séparant les « élites » de la « populace », leur totale déconnexion de la réalité, et surtout leur illégitimité.

Dix ans, ça se fête ! Combien se souviendront de cette date qui devrait pourtant figurer dans les livres d’histoire du futur ? Combien de médias d’envergure nationale ou même locale auront une pensée pour ce jour funeste, date officielle de la trahison du Peuple par ses élites, votant la fin de la démocratie dans notre pays, en assujetissant notre Constitution à des traités qui définissent eux-mêmes que les Peuples n’ont aucun pouvoir et doivent respecter les lois iniques de l’Argent Roi ?

Nous ne verrons probablement pas de feu d’artifice à la Tour Eiffel pour célébrer ce tournant dans notre organisation politique, ni même une allusion dans les « grands » médias, qui auraient pourtant une occasion en or de remonter le moral des troupes avec une grande séance d’autosatisfaction eurolâtre. Non, les principaux médias resteront cois car cette date est celle de la trahison du Parlement (à l’exception de 181 qui ont voté contre (6) ).

Il n’y aura pas non plus de tentative d’un bilan public et objectif des conséquences de ce tournant dans notre Histoire, alors que le Peuple subit de plein fouet depuis dix ans l’augmentation du chômage et de la dette publique, la précarisation, la destruction du Code du Travail, la remise en cause du principe de solidarité et de la Sécurité Sociale, la destruction du modèle démocratique hérité de la Révolution, la mise en place d’un régime policier, la participation active à des guerres d’agression, la mise sur écoute des citoyens et le flicage sur internet, la vente des intérêts de la nation à des capitaux étrangers, et tant d’actes d’autodestruction imposés par les diktats découlant directement de notre appartenance à l’Union Européenne, à l’euro et à l’otan. Ce peuple, pourtant en première ligne mais qui avait refusé cette mort programmée de la nation, bien conscient, lui, que ces injonctions sont à l’exact opposé idéologique et moral de ce qui a pu faire la fierté des français, ces trois principes indissociables : Liberté Egalité Fraternité.

Les Français, se souvenant que Français veut dire libre, doivent donc faire renaître la Démocratie directement depuis le corps social, puisque la tête semble ne plus en vouloir. Ils doivent maintenant se rassembler et choisir la seule solution qui leur permettra de retrouver la possibilité de choisir leurs politiques économiques, monétaires, militaires, sociales, environnementales, éducatives, et cela en sortant de l’Union Européenne, de l’euro et de l’OTAN.    

                                                                                 

Sources :

(1) : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-revisions-constitutionnelles/loi-constitutionnelle-n-2008-103-du-4-fevrier-2008.5079.html

(2) : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000447940&categorieLien=id

(3.1)     https://blog.francetvinfo.fr/bureau-bruxelles-france2/2009/05/20/idee-recue-n8-le-traite-de-lisbonne-est-une-copie-conforme-de-la-constitution.html

(3.2) :  https://www.youtube.com/watch?v=9iXY7LDD2xs

(4) : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html ( sous réserve de modifications scélérates, et en quasi-catimini par le Congrès après cette date du 4 février 2018, pour toute consultation, l’originale est ici : https://www.senat.fr/evenement/revision/texte_originel.html

(5) :   http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-revisions-constitutionnelles/les-revisions-constitutionnelles.5075.html

(6) :    http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo9000.asp

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